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de chose, le typographe ajoute ou retranche quelques fines espaces entre les mots, de manière à allonger ou à raccourcir la ligne de la quantité nécessaire. Les mots se trouveront un peu plus espacés ou un peu moins, mais ce sera très peu sensible, et le lecteur ne s'en apercevra pas. Mais s'il a fallu retrancher ou ajouter un nombre considérable de caractères, on ne peut plus agir ainsi; il reste au bout de la ligne un mot de trop ou une portion de mot qu'il faut faire passer a la ligne suivante; ou bien il reste un vide, et il faut prendre à la ligne suivante un mot ou une portion de mot pour le combler. De la sorte, voilà l'autre ligne qui va se trouver à son tour trop courte ou trop longue. Souvent il faut remanier ainsi un assez grand nombre de lignes, faisant passer les mots de l'une à l'autre. C'est ce qui arrivera encore, tout naturellement, s'il faut faire (1. 43, 14) ou supprimer (1. 16, 17) un alinéa. Ces remaniements coûtent beaucoup de temps, de peine et de soin. Le compositeur est alors obligé de défaire son paquet, en écartant les lignes les unes des autres sur sa galée, avec beaucoup de précaution, pour ne pas mettre la composition en pâte! Puis il remanie, l'une après l'autre, ses lignes, avant de les réunir et de les rattacher.
Ce minutieux travail est achevé ; le typographe a rattaché sa page en paquet avec sa ficelle : on fait une seconde épreuve, pour vérifier si toutes les corrections indiquées ont été bien laites; on l'envoie, comme la première, à l'auteur, qui la relira avec grande attention. — Faisons de même. Comparez à la -première épreuve de notre page d'essai, qui était, comme vous savez, criblée de fautes, la seconde épreuve qu'on nous envoie. Les fautes ont dû être corrigées suivant nos indications; cela a-t-il été bien fait? Relisez, comme j'ai relu. — Est-ce bien? la page est-elle sans fautes? Peut-elle être imprimée ainsi? — Oui, dites-vous. — Quand fauteur a vérifié les corrections, et qu'il juge le texte correct, il le fait savoir en écrivant au bas de l'épreuve ces mots * Bon à tirer;
puis il signe. Or, puisque c'est nous qui prenons ici le rôle de l'auteur, — nous, c'est-à-dire moi d'une part, et vous aussi, mon jeune lecteur qui avez fait avec moi le travail de la correction, — nous mettons donc, au bas de la seconde épreuve, notre bon à tirer; et je signe pour nous deux, avec votre permissiou...
Sur cette seconde épreuve, nous n'avons pas trouvé de fautes; mais il n'en est pas toujours ainsi. Souvent les corrections n'ont pas été exécutées parfaitement; ou bien de nouvelles fautes se sont produites, par accident; ou bien enfin l'auteur juge convenable de changer encore certains mots. Il lui faut alors marquer en marge ces nouvelles corrections : le metteur en pages les exécutera, comme la première fois, et renverra à l'auteur une troisième épreuve, une quatrième s'il est nécessaire. — Puis observez bien ceci dans tout ce qui précède, voulant nous rendre compte du travail de la correction, nous avons supposé une seule page composée et corrigée. Elle est correcte : tout est bien, il n'y a plus qu'à l'imprimer, à en faire le tirage. Mais dans un livre il y a un grand nombre de pages, qui doivent être imprimées à la suite; le travail est plus compliqué. Or il s'agit ici, non pas d'une simple page, mais d'un livre, ou comme disent les typographes, d'un labeur ; l'œuvre est longue, en effet, et laborieuse. Le texte de l'ouvrage tout entier a donc été d'abord composé, puis mis en paquets; on en a fait des épreuves, qui ont été corrigées, d'abord par le correcteur de L'imprimerie, puis par l'auteur : les corrections onl été faites à mesure sur le -plomb, comme disent les imprimeurs, c'està-dire exécutées suivant les indications du correcteur el de l'auteur, sur tous les paquets de caractères. Cela fait, il reste à former, à l'aide de ces lignes provisoiremenl groupées en paquets inégaux, des pages égales et régulières.
2e Épreuve, 18 janvier 188 ï.
1 Les plus jolis, les plus légers, les plus
2 mignons de tous les oiseaux, ce sont les co-
3 libris, aussi appelés oiseaux-mouches. Ils
4 ne sont pas, en effet, beaucoup plus gros que
5 de gros bourdons... Rien n'est plus joli que
6 ce petit bijou d'oiseau : ses ailes, tout son
7 corps brille des plus vives couleurs. Il va,
8 vient, voltige, léger comme un papillon ; ses
9 ailes font entendre un petit bourdonne-
10 ment joyeux. S'il passe dans un rayon de so-
11 leil, son plumage étincelle comme le rubis;
12 s'il se pose sur les fleurs, on le prendrait
13 lui-même pour une fleur.
14 Le colibri se fait un nid, un joli nid,
15 suspendu à un léger rameau, ou même à une
16 feuille pendante. Ce nid ressemble à une
17 coquille de noix creusée ; il est lié à la
18 branche à l'aide de fibres délicates entre-
19 lacées, tapissé de mousses à l'extérieur, et
20 à l'intérieur de duvets moelleux ou de la
21 bourre soyeuse des cotonniers. (Récils
22 d'histoire naturelle.)