‹ Histoire d'un regimentChapitre 112 sur 135 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

« Puissent de tels exemples faire condamner par nos contemporains cet amour du bien-être à tout prix qui menace de fausser notre jugement des devoirs militaires! Qu’une guerre survienne, ce n’est qu’un concert de cris et de lamentations dans certains journaux, si les vivres n’arrivent pas à l’heure dite, et si les malades manquent des premiers soins. Malheur très grand sans doute, mais inévitable en campagne. Cependant, c’est à qui les analysera de la façon la plus navrante, pour donner de la couardise à toute une nation.

« En paix, mêmes récriminations. Des mères de volontaires écrivent aux journaux pour se plaindre des corvées imposées à leurs fils; certains volontaires eux-mêmes croient être des héros d’abnégation, et livrent à la publicité le récit de leurs infortunes de caserne. Pendant l’automne de 1881 , un journal n’a-t-il pas poussé la sensibilité jusqu’à s’attendrir sur la marche

d’un régiment qui avait fait, sous la pluie, l’étape de Lagny à Courbevoie!

« Dans une classe plus relevée, n’ai-je pas entendu, en plein salon, un écrivain de talent déclarer que le métier des armes était abject, et que les Français feraient bien mieux de prendre à leur solde une armée d’Allemands, que de se faire tuer bêlement par eux! Simple paradoxe, me dirat-on, mais il est des paradoxes aussi humiliants que des aveux. On a ridiculisé dans le chauvinisme l'exagération enfantine du patriotisme; craignons le ridicule contraire, qui serait infiniment plus dangereux. Il est temps de mettre son orgueil à savoir souffrir. A ce prix seul, nous pourrons redevenir aussi forts que nos anciens*. »

Qu’il nous soit permis de terminer par une pensée d’espérance. Nous avons une histoire, souvenons-nous-en, soyons-cn fiers. Le Livre d’or du Régiment contient, encore des pages blanches; d’autres les rempliront dans l’avenir. Cet avenir, chacun le rêve beau et glorieux; tous le préparent par le labeur ingrat et incessant du temps de paix.

Il faut dire et penser, mes camarades, comme Junot en 1808 : « J’ai de bons soldats; ils feront leur devoir, je ferai le mien. » Et alors, jaloux des exploits de leurs anciens, les jeunes sauront, un jour, bien mériter de la Patrie. Pleins d’émulation, ils s’écrieront : « Nous aussi, nous aimons la France, le Drapeau et le Régiment; il y en a encore du 52e! »

G. P. 50 mars 1890.

1. Celte page éloquente de l’auteur du Journal de marche du sergent Fricasse correspond si bien à nos sentiments et à la situation morale de notre temps, que nous l’avons citée textuellement.

Composition du 32° ci-devant Bassigny, 1791.

1er BATAILLON, A BREST; A TOURS, LE 15 MAI.

Colonel, M. de Suffren, 1 1 novembre 1782. lor Lieutenant-colonel, M. de Pagi, # 22 février 1785. Quartier-maître-trésorier, M. Cassard, #, rang de lieutenant. Adjudant-major, M. Ch. de Mousin.

CAPITAINES

LIEUTENANTS

SOUS-LIEUTENANTS

de Ronsenac, # 20 juin 1758.

Reroze, # 5 mars 1772.

Bardon, # 15 juin 177G.

Fompitou, # 28 avril 1778.

Voyou, # 15 août 1779.

de Seyssel, #21 août 1781.

Desulmes, # 25 novembre 1782.

Castillon, # 10 juillet 1789.

Vimeux, # 1er janvier 1791.

de Saint-Sauveur.

Beaupuy Michel (de) de Verdun, de Lavernée.

de Fromental cadet, de Berrangcr.

de Vaudrecourt.

de Nanclars.

de Naujac.

de Courtonne.

de Saulnier, de Besnard.

de Solier.

de Saint-Palais, de la Bruyère, de la Saumonière, Picot.

Chaumac.

2e BATAILLON (EN AMÉRIQUE, LA MARTINIQUE)

Second lieutenant-colonel, M. Baussancourt, # 15 octobre 1789. Adjudant-major, M. de Borel.

CAPITAINES

Goguet, # 2 mars 1775.

de Mousin, # 28 avril 1778.

Chapelle, # 5 juin 1779.

du Garreau, # 1er janvier 1780.

de Fromental, # 16 juin 1782.

d’Elpeyrou, # 18 juin 1782.

de Cressieux, # 6 juillet 1786.

Narbonne, # 10 juillet 1789.

Montozon, # 1er janvier 1791.

LIEUTENANTS

Court #.

de Janviès.

d’Aché.

de Maillan, * cbr de Malte de Sontange.

de la Pallu.

de Corsac.

SOUS-LIEUTENANTS

d’IIeliant.

Mayat, #.

cl’Euvezin, * chevr de Malte. Desfrenes.

de Magalon.

de Champeron.

Despictières.

de Cuming.

Martinet.

Nota. — #, Creix de Sain^Louis.

Composition du 32% ci-devant Bassigny, 1793

1er BATAILLON, A i/aRMÉE DU UIIIN.

1er Lieutenant-colonel , Vimeux.

Quartier-maître-tre'sorier, Cassard (rang de capitaine) Adjudant-major, Roujon (rang de lieutenant).

Adjudant, Duchemin.

CAPITAINES

Saint-Sauveur.

Baupui, grenadiers.

Court.

Labruyère.

Picot.

Cousot.

Meyer.

Duclos.

Lamartinière.

LIEUTENANTS

Ainesy.

Tourron.

Laperrigne.

Moutier.

Gosse.

Petitot.

Klein.

Blanc, grenadiers.

Bussière.

SOUS-LIEUTENANTS

Lalanne.

Lauron.

Boubée.

Bravet.

Larcher, grenadiers.

Bappin.

Iluard.

Delcros.

La rue.

2e BATAILLON (LA MARTINIQUE) .

Colonel, Baussancourt.

Second lieutenant-colonel, Goguet.

Adjudant-major, Martinet.

Adjudant, Dupin (rang de sous-lieutenant).

CAPITAINES

Mousin.

Chapelle.

Fromental.

Delpeyrou.

Seyssel.

Narbonne.

Daché.

LIEUTENANTS

Maillan.

Janvres.

Pontange.

Berranger.

Lapallu.

Dheliant.

Mayat, grenadiers.

Deuvezin.

Desfresnes.

SOUS-LIEUTENANTS

Cuminge.

Ménard.

Dugarreau.

Marcel.

Loppin.

Rouxau.

Baubois.

Ducasse .

Nota. — Comparer l’orthographe avec la pièce justificative n° 1 ; plus de particules, plus de croix, altération des noms.

Aperçu des dispositions tactiques en vigueur pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire.

Nous aurions voulu faire une élude pratique et résumée des procédés lactiques employés au cours des campagnes que le Régiment a faites. Les documents que nous avons eus en main ne nous l’ont pas permis; nos conteurs, qui avaient appris à tirer et à combattre sur le champ de bataille môme, semblent s’ètre peu souciés des règlements en vigueur. Claude Nugues est le seul qui se plaigne de ne pas trouver de théories pour les apprendre ; les autres se battent bien, mais ils ne disent pas comment.

Nous avons fait choix de certaines prescriptions du règlement du 14 juillet 1789, de quelques instructions inspirées par l’expérience des guerres, qui permettront au lecteur de se faire une idée du mode de combat employé pendant la Révo lution et l’Empire; elles compléteront les quelques observations éparses dans le récit.

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