‹ Histoire d'un regimentChapitre 3 sur 135 · Anti-Machiavel (Frédéric le Grand · texte numérisé non relu

Anti-Machiavel (Frédéric le Grand

INTRODUCTION

Une circulaire du général de Cissey déterminait, en 1872, les règles précises suivant lesquelles la généalogie d’un régiment devait être recherchée et déterminée : « Les officiers, chargés de la rédaction des historiques, devront analyser l’historique des demi-brigades et des régiments dont, par suite de transformations successives, leur corps porte aujourd’hui le numéro, de manière à faire du tout un ensemble qui renoue et complète pour chacun la chaîne des traditions. »

C’est donc l’histoire du numéro que nous avons écrite. En voici le plan.

Sous la Monarchie, les régiments ont un rang de bataille variable. C’est le 1er janvier 1791 qu’une ordonnance du ministre de la guerre, Duportail, établit :

Aut. 1er. Les 79 régiments d’infanterie française quitteront leurs noms actuels, et ne seront désignés à l’avenir que par les numéros du rang

INTIIODI CTIO.N.

qu’ils occupent parmi tous les régiments d’infanterie de ligne, ainsi (ju’il suit....

Dans la nomenclature des régiments d’infanterie, le régiment de Bassigny’ porte le numéro 52. L’cn-téte des registres matricules de l’époque est ainsi libellé : 52e régiment d’infanterie de ligne, ci-devant Bassigny (créé par ordonnance royale du 20 avril 1775. (le régiment a été formé des 2" et 4" bataillons du régiment d’Aunis. Aunis, sous le nom de Yaubècourl ’, a fait les campagnes cy-après : en Allemagne, 1757, 1758, 1759, 1709, 1701, 1702). Le colonel, le drapeau, les l"r et 5e bataillons d’Aunis ont formé le 51e; c’est donc à ce dernier numéro qu’appartient l’histoire antérieure.

Celle de Bassigny ne commence qu’en 1775. 11 y a des régiments dont les lettres de noblesse sont plus vieilles; il n’en est pas dont le passé soit plus glorieux.

Le 52° de ligne ne subit pas le premier amalgame (décret du 12 août 1795). La 52e demi-brigade d’infanterie de bataille n’a jamais existé. Le 2e bataillon du 16e régiment d’infanterie, qui en devait faire le noyau, est à Saint-Domingue; le 2e bataillon du 52e est à la Martinique. Pour cette raison, le régiment conserve son intégrité et sa solidité de vieux régiment.

C’est seulement à la suite du décret de nivôse an IV (1er février 179G) que les éléments en sont dispersés, et qu’il apparaît un autre 52e, composé d’unités nouvelles d’origines diverses. Les morceaux en sont bons : c’est l’immortelle 52e demi-brigade d’infanterie de ligne.

Nous suivons ce nouveau corps jusqu’au 5 août 1815. A cette date, la Restauration rompt brutalement avec le passé, disperse dans tous les départements les débris mutilés des soldats de l’Empire, et crée une légion par département.

L’ordonnance royale du 5 octobre 1820 rétablit la dénomination de régiment et la désignation des corps par un numéro. C’est la légion du Pas-de-Calais qui est constituée à 5 bataillons sous le titre de 52e régiment d’infanterie de ligne. Il était logique de renouer la chaîne brisée à la création même de cette légion, c’est-à-dire au 10 novembre 1815.

1. Bassigny, petit pays compris aujourd’hui dans le département de la Ilaute-Marne. Chaumont était le chef-lieu du Bassigny champenois; Yaucouleurs et Bourmont les lieux principaux du Bassigny lorrain.

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