‹ Histoire d'un regimentChapitre 55 sur 135 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Traits principaux d’organisation.

(18 Février 1808. — 30 Avril 1814.)

Le sous-lieutenanl Ravy a laissé le 52e aux environs de Berlin, au camp de Napoléonbourg. Le Régiment y séjourne pendant tout le printemps de 1808. 11 en part le 10 juillet, arrive à Wesel le 12 août, et à Paris le G septembre.

Dans les récits d’Allemagne, nous avons montré une des façons de prendre la guerre. Il en est une autre qui n’exclut pas l’héroïsme et le sentiment du devoir. Un jeune sceptique de Fontainebleau nous la fera connaître. Il envisage la guerre « au point de vue des coups à donner et des femmes à recevoir » : il professe un profond dédain pour les questions d’organisation et pour tous les détails administratifs.

Les transformations que subit le Régiment, à cette époque, sont trop profondes pour être négligées ou reléguées aux pièces justificatives. 11 a donc fallu consacrer un chapitre aux modifications que des décrets successifs apportent à sa constitution. Ce chapitre mettra en lumière le merveilleux génie de Napoléon, que tous les événements trouvent prêt, et qui fait face partout à la fois.

Par décret du 18 février 1808, les régiments à 5 bataillons sont portés à 5 : 4 de guerre et 1 de dépôt. Les bataillons de guerre sont à 6 compagnies:

1 de grenadiers, 4 de fusiliers, 1 de voltigeurs.

Le bataillon de dépôt compte 4 compagnies. Un capitaine, désigné par le Ministre sur la présentation de trois candidats faite par le colonel, commande le dépôt sous les ordres du major, et, en même temps, une des 4 compagnies. Il y a en outre au dépôt : 1 adjudant-major et 2 adjudants sousofficiers'.

1. Chargés d'instruire les recrues, et elles seront nombreuses jusqu’à la fin de l’Empire. De 1803 à 1814, le 52° a incorporé 17 717 hommes, soit 1 G10 par an, en moyenne. Il en a reçu 5700 en 1813.

Un cadre de recruteurs est toujours en route. Il parcourt les régions qui fournissent les conscrits au Régiment, et les amène au dépôt, tambour en tète.

L’effectif de toutes les compagnies est de 140 hommes : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant; 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporalfourrier, 8 caporaux, 2 tambours, 121 grenadiers, voltigeurs ou fusiliers.

Quand les six compagnies d’un bataillon sont présentes, on agit toujours par division ou groupe de deux compagnies. Il y a quatre sapeurs par bataillon, pris dans la compagnie de grenadiers, ainsi que le caporal.

Il entre dans la composition de l’état-major du Régiment: 1 chirurgienmajor, 4 aides-chirurgiens, 5 sous-aides chirurgiens1 2.

Il ri y a plus qu'un drapeau par régiment. Il est confié à un portedrapeau ayant le grade d’officier.

Le premier porte-aigle, du grade de lieutenant, a 12 ans de services, et a fait les quatre campagnes d’Ulm, Austerlitz, Ién a et Friedland : il reçoit la solde de lieutenant de lr0 classe. Il lui est adjoint « deux braves, pris parmi les anciens soldats non lettrés, et qui ont 12 et 15 ans de services » avec le titre de 2e et 5e porte-aigles. Ils ont le rang de sergent, touchent la solde de sergent-major et en portent les galons. Ils portent les épaulettes de grenadiers, c’est-à-dire écarlates, et un casque de carabiniers ; la chenille du casque du 2e porte-aigle est rouge, et celle du 5P blanche*. Ils sont armés d’un esponton formant une espèce de lance de cinq pieds de haut, auquel est attachée une banderole rouge pour le 2'1 porte-aigle, et blanche pour le 3e. D’un côté était : Napoléon, de l’autre le N° 523. Les trois porte-aigles, nommés par l’Empereur sur la présentation de trois candidats par corps, faisaient partie de l’état-major du Régiment.

L’aigle était là où il y avait le plus de bataillons réunis. La nôtre sera en Espagne jusqu’en 1814.

Chacun des quatre bataillons de guerre a une enseigne confiée à un sous-officier choisi par le chef de bataillon. Elle porte d’un côté : L’Empereur des Français au 52e Régiment d’infanterie de ligne, et au revers : Valeur et discipline, tel bataillon.

On mettait l’aigle à droite et l’enseigne à gauche du bataillon où était l’aigle.

L’aigle n’a plus de destination tactique en analogie avec celle des

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