‹ Histoire d'un sous-maîtreChapitre 9 sur 10 · Vieux Temps · texte numérisé non relu

Vieux Temps

voyait les petites mains aller et venir autour de la grosse écuèlle.

Ainsi se passaient les choses au a bon vieux temps » : les moines et les seigneurs avaient tout, le peuple n'avait que Tespoir en Dieu!...

La Révolution a changé tout cela : elle a détruit les privilèges, fondé Fégalité civile et donné aux paysans la terre qu'ils cultivaient depuis douze siècles pour le prêtre et le noble. Pourquoi donc les paysans ne votent-ils pas comme les ouvriers des villes, pour l'accomplissement des droits de l'homme et pour la République contre les rois? Est-ce qu'ils regretteraient le servage, la gabelle, le champart, la grande et la petite dîme, la corvée, la taille, le four, le moulin, le pressoir banal, la subvention du roi et mille autres redevances qui écrasaient leurs grands-pères avant 89 ? Non ! mais les malheureux ne connaissent pas l'histoire de notre grande Révolution; on ne leur a rien appris que le catéchisme et l'histoire sainte^ et c'est là

Le Bon Vieux Temps, 275

que le bât nous blesse : Instruire le peuple^ lui raconter l'histoire de ses anciens^ c'est fonder la Démocratie sur le roc de la Nation. Hors de là point de salut!

A Tœuvre donc, tous les hommes de bonne volonté. Ecrivons et parlons pour le peuple des campagnes, dans une langue simple, familière et forte qu'il comprenne.

Défions-nous des belles phrases, des grands mots et des finesses d'académiciens. En vérité, je vous^ le dis : de tous les livres qui se publient dans notre pays de France, il n'y en a guère qu'un paysan puisse comprendre. On a fait des études, on écrit pour lès malins, et le peuple, qu'on laisse dans l'ignorance, votel pour les intrigants et les ambitieux qui l'exploitent ! Voilà le secret de tous nos malheurs depuis soixante-dix ans I .

LA

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