CONSEILLER A LA SÉNÉCHAUSSÉE D'AIX
61 ses descendanls jiisqa'à la 3' 3ôDéraùoQ.
Antoine Pellicot , maître rational à la chambre des comptes , dont nous avons suivi l'existence dans le chapitre in , s'était marié à Magdeleine Sauvairc et en avait eu un lils nommé Jean. (1)
Jean Pellicot, né à Aix en 1 507 , était docteur en droit à l'âge de 20 ans. Il assista en cette qualité à une réunion de l'Université du 2G juin 1 558 , convoquée et présidée par son oncle Boniface Pellicot ,
(1) Cette filiation est établie par divers actes, et notammen^ par une reconnaissance des frères Prôcheurs, du 21 novembre 1559, not. Tiran, et par le testament de ce même Jean Pellicot, en date du i^^r janvier 1583, où il se dit fils d'.Vntoine, l'un des quatre Maîtres des comptes.
Primicier ou Recteur. (1) Il fut nommé par lettres patentes du 28 novembre de la même année , juge du Palais à Marseille. (2)
Jean Pellicot se maria le 21 novembre 1559, avec demoiselle Douce Fayette , fille de Denis Fayet , qui lui constitua une dot de 500 écus d'or , valant 48 sols pour pièce. La mère de Pellicot , de son côté , lui fit donation de tous ses biens , ne se réservant qu'une somme de 200 écus. (3)
L'avocat Boniface Pellicot , qui fut plus tard président au Parlement, assista au contrat et donna son consentement au mariage de son neveu et pupille. (4)
(i)Statuta univ. p. 66.
(2) Dans un certificat délivré le 15 mai 1788, par M. Bonsignon , notaire royal de Marseille , sur la demande de MM. de Glandevès et de Candolle , commissaires du corps de la noblesse de Provence , il est dit , que : « dans le protocole des » années 1558-1559, ont lit au commencement du folio 1060, » ce qui sUit : « Mariage avesques constitution de doct par » monsieur maître Jehan Pellicot, docteur ez droitz a présent » juge du Roy du Palais de la présente cité. »
Yoyez pour ces juges du palais , qui furent supprimés en 1564, V Histoire de la commune de Marseille, parGueindon et Méry. —t. ii. p. 138, t. iv, p. 362-363 et t. vi, p. cccxli.
(3) Copie certifiée du contrat.
(4) Par un acte en date du 5 août 1561, notaire Tiran, le même Boniface Pellicot, qui se qualifie : docteur en droit, en la cour du Parlement de Provence, et juge ordinaire des lieux de Lambesc et sabaronie, des Orgon, des Eisgallières et leurs appartenances et dépendances, «confiant entièrement de labone
Jean Pellicol fut élu assesseur de la ville d'Aix en l o(jo ; il prit rang et séance immédiatement après le premier consul , car les prérogatives obtenues en l;)5G par son oncle Boniface ne furent plus contestées aux assesseurs à partir de cette époque.
Jean Pellicot fut pourvu du premier office de conseiller à la sénéchaussée d'Aix , le 27 février i 572. (i) Le rédacteur des notes recueillies sur celte famille, dit qu'il jouissait delà plus grande réputation pour sa sagesse , sa piété et ses connaissances ; que ses rapports écrits étaient des chefsd'œuvre , et qu'il avait composé plusieurs ouvrages remarquables.
L'auteur du Dictionnaire des Hommes fllustres s'exprime à peu près dans les mêmes termes, sur Jean Pellicot et sur ses œuvres ; il loue son style élégant , et dit qu'il a fait preuve d'érudition et de piété en
» diligence predhomie de maistre Jehan Pellicot , son nepvou , » aussi docteur et avocat, faict, cstablit et constitue ledit » Maistre Jean Pellicot son lieutenant aux dictes judicatures de rt Lambesc et sa baronie, Orgon, etc., etc. (a)
(1)M. Roux-Alphéran dit que cette magistrature fut créée à cette époque et que Pellicot fut le prcnuer conseiller de la sénéchaussée. (Les Uucs dM/'.c. y). fil^O/.Mais CiueindcMi et Méry. dansr///«f. de la comm. de Marseille, t. ii, p. 1 WK disent que ce fut en 15G4.
{a) Acte original , déposé dans les papiers de famille de M. rolliiot, de Toulon.
publiant divers traités sur des questions religieuses et de jurisprudence. (1)
Un autre écrivain , M. Roux-Alphéran , après avoir dit, dans les Rues cVAix, que : « Jehan Pellicot , » célèbre avocat, assesseur d'Aix en 1565, avait » été nommé premier conseiller à la sénéchaussée » d'Aix , lors de la nouvelle création en 1 572 , » ajoute que le dernier des ouvrages publiés par cet avocat « fait époque comme étant le premier livre » imprimé à Aix. (2) »
La nomenclature complète des manuscrits et des ouvrages imprimés , laissés par Jean Pellicot , se trouve consignée dans son testament :
a Quant aux dicts livres et papiers , dit-il , et extraits par moi faicts des procès d'importance jugés au dict siège à mon rapport , étant attachés à plusieurs maisons , veux être baillés à mon fils
(1) ACHARD. t. II, p. 450.
(2) (c Le premier livre imprimé à Aix est intitulé : Traicté de VÉglise de Dieu contre les Calvinistes et autres qui se sont séparés et divisés d'icelle pour faire secte à part; petit in-8o, devenu très-rare, imprimé à Aix en Provence, par Pierre Roux, 1575, au devant la grand' église St-Saulveur. La dédidace à Monseigneur le comte de Carcès , est datée d'Aix , le 1er juillet 1574, et est signée par Jehan Pellicot, qui était un conseiller à la sénéchaussée, mort en 1583. » Rues d'Aix, t. ler, p. 283 et 620.)
)) Boniface après qu'il aura achevé ses éludes , tant
)) pour la conservation du bien quant aux dits actes
» et papiers , que pour son instruction au faict de la
» pratique judiciaire, quant aux dicts extraits et
» pour senir tant à lui que aux autres de nos dits
» enfants masles cpii suivront les loix , et surtout
» prie ma dite femme de conserver audit Boniface
» deux miens traités et livres écrits de ma main,
» l'un en philosophie intitulé : LibcUns deaniniô, et
» l'autre en lois, intitulé : de Primitiis principisju-
» ris , lesquels deux livres lui serviront grandement
» quant à la doctrine et érudition , et aussi à nos
» autres fils cfui tiendront le chemin et profession
» des lettres ; la priant , en outre , de faire conti-
» nuer audit Boniface ses études , et après , le faire
• passer docteur afin qu'il puisse régir et conduire
• la maison et s'aider à mettre les autres au chemin » de vertu et surtout ({u'il tienne la foi et religion j> catholique et romaine : telle (jue nous et nos an- » cétres l'avons toujours tenue et ainsi qu'ils en » pourront être asseuré et acertorês par trois nôtres » livres et traités, l'un intitulé : Confession (7<7V- » tienne et catholique de la vertu du S^- Sacrement de » l'autel, imprimé à Avignon en i5Gj ; le second , » intitulé : Traité de la rémission des péchés, justifica- » tion pé-nitenie et bonnes œuvres , imprimé audit Avi- » gnon, l'an ioOO, et le tiers, intitulé : Traite de » rTijlise de Dieu contre les Calvinistes et autres rpti se
» so7it Séparés et divisés dHcelle pour faire sectes à part, » impriméà Aix, 1574. »
Jean Pellicot mourut dans les premiers jours de février 1584. (1) Son oncle, le président Pellicot , qui Tavait guidé dans sa carrière et qui espérait lui laisser sa charge , lui survécut un an. (2)
Jean Pellicot , laissa cinq garçons et deux filles :
1« Honorade , mariée le 9 avril 1 578 à Jean Roux, écuyer de Marseille , (3) dont le fils Cosme Roux fut chevalier de l'ordre de S'-Jean de Jérusalem , et se distingua dans plusieurs circonstances.
2^^ Marguerite, mariée le 12 février 1594, (4) à Pierre Moren, de Marseille, à qui elle apporta une dot de 800 écus, que son père lui avait laissée sous la condifion de faire un mariage convenable.
5« Boniface, l'aîné des garçons, qui épousa Jeanne de Chavignot , le 4 août 1596. (5)
4« Denis, qui épousa Marguerite Darquier , le 23 octobre 1588 , de laquelle il n'eut pas d'enfants. Il
(1) Cela paraît résulter de l'acte constatant l'ouverture de* son testament qui eut lieu le 20 février 1584.
(2) Le président Pellicot mourut le 1er août 1585.
(3) Contrat de mariage. — Me Paris , notaire à Marseille.
(4) Contrat de mariage. — Me Pierre Boyer, à Marseille.
(5) Contrat de mariage. — Notaire Yaugier, d'Aix.
— oint donation de tous ses biens à son frère Roniface [)ar testament du ôO septembre 1;)95. (I)
^"^ Jean, qui entra dans l'ordre des An^^aistins et qui institua également Boniface son héritier universel , par testament du 26 août \ o9 1 . (2)
6° Joseph . qui mourut en bas âge.
7° François, qui épousa, le 4 février 1010, Anne deRevest, de Marseille.
Des sept enfants de Jean Pellicot, conseiller au siège général de la sénéchaussée d'Aix, fils d'Antoine Maître rational à la Chambre des comptes , deux , seulement : Boniface et François, eurent de la postérité. J'épuiserai d'abord la branche de François qui s'est éteinte vers la fin du dernier siècle , et je reprendrai ensuite la généalogie de Roniface poui' ne plus l'abandonner jusqu'à nos jours.
François de Pellicot , (5) écuyer de Marseille , né le 30 novembre 1 582 , épousa Anne de Revest , le 1 0 février 1610. Son frère Roniface. docteur en droit , assista à ce mariage.
Il eut d'Anne de Revosl, qui mourut le 26 se[)tembre 1664 , seize enfants parmi lesquels il faut distin<?uer :
(1) Not. AiuvUi, dos Marti^ues.
(2) Xot. Collas, d'Aix.
(3) N» 3iî de l'arhre généalogique.
l** Gabriel et François, ecclésiastiques. Ce dernier , dont il sera parlé plus loin ; devint aumônier de la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XIV.
2° Philippe et Boniface , qui entrèrent dans l'ordre des Grands- Augustins.
5° Boniface, deuxième du nom, qui vint au monde probablement après la mort de son frère le grandaugustin.
4° Bernardin , avocat et auteur des mémoires que j'ai eu occasion de citer plusieurs fois, juge de S'-Lazare, et plus tard de S'-Louis, à Marseille.
Sur les 16 enfants, de François Pellicot, deux seulement : Bernardin et Boniface, (1) eurent de la postérité.
L'avocat Bernardin est le premier des Pellicot , qui ait eu la pensée de joindre à son journal ou Livre de raisons , quelques mots sur l'origine de sa famille ; j'ai puisé dans ce document la plus grande partie des renseignements que l'on vient délire. Voici maintenant les détails qui le concernent personnellement; je le laisse parler:
« Je naquis le 15 janvier 1619 , mon nom est Bernardin. En octobre 1622, Louis treizième fit son entrée à Marseille,
(1) Numéros 40 et 49 de l'arbre généalogique.
je me ressouviens de 1 avoir vu étant à une des fenêtres de notre maison, proclie les Augustins. — En 16*28, mon frère Boniface se iit religieux de l'ordre des Augustins déchaussés, et on le nomma Grégoire. En 1620, naquit un autre frère du nom de Bonifare. En 1611 , M. le comte d'Alais leva sa compagnie d'ordonnance pour aller assister les Catalans qui avaient quitté le roy d'Espagne. Nos frères Guillaume et Denis furent levés pour maîtres de cette compagnie. »
« Etant à présent dans la vingt-troisième année de mon âge, et ayant fini mes études avec grande difficulté, j'entre en moi-même pour prendre une résolution. Quel chemin dois-je suivre ; mais comme notre amour-propre, qui nous aveugle et qui nous porte à la vanité et à l'hypocrisie, nous empêche d'avoir une connaissance parfoite de nous-mêmes, il me donne sujet de déclarer mes défauts à un personnage capable , qui sur le récit que je lui en fis me dit, que je devois passer docteur en droit, étant plus utile à la maison qu'autrement, nonobstant mes imperfections que je lui avois mis en notice , qui étoient grandes pour la fonction d'avocat, sçavoir: timidité, difliculté déparier, la voix basse, les poulmons foibles , facile à apprendre et à oublier , et finalement que \^ lecture me causait un grand mal de tête, qu'à peine pouvais-je faire un étude continuel ; néanmoins suivant ce conseil , je passe docteur en droit en l'Université d'Aix, le 9 février 1612. Mes parrains ont été iM. le président de Forbin, seigneur de la Roque ; M. le président de Foresta, seigneur de la Boquete; M. le président de Paule. M' Boniface Pellicol, mon oncle, m'a donne le bonnet, et iM* Pasteur a été le parrain professeur en cette action. Outre mes parrains y a assisté des MM. du Parle-
ment; M. Dagut; M. Thomassin ; M. deLeydet; M. de Fometon, M. de Brémond seigneur de Penafort; M. Leydet de Legoye ; M, Guérin ; M. Ollivier ; M. Dandré des Comptes ; M. d'Arnaud ; M. Descrote ; M. de Lintdau, et M. de S -Jean; plusieurs MM. du Siège, et tous MM. de S- Sauveur, à la considération de feu MM. les Prévôts Pellicot. Il y a eu plus de cinq mille personnes à la maison, je n'ai payé que la moitié des droits, attendu que mon ayeul avoit pris ses degrés de doctorat en ladite Université . Le jeudi treizième du même mois, j'ai été reçu avocat en la Cour, le cousin Mourgues m'a "présenté, étant comparus au préalable au Parquet de MM. les gens du Roy, et sur la connaissance que ledit M. Mourgues leur donna que j'étois sorti des magistrats, M. de Baye, adjudant du Roy, dit que M. Ballon fils, qui avait été reçu huit jours auparavant, n'avait pas été exempt du droit de la chapelle, pour y avoii' arrêt, et l'exemption n'étoit que pour les enfants des présidents tant seulement. Ledit M. Mourgues répliqua qu'il n'avoit pas dit cela à la considération dudit droit, mais pour montrer que je désirais suivre la même trace que mes prédécesseurs, en quoi il loua l'action. Je fréquentai le barreau quelques mois dans Aix, mais parce que j'étois ordinairement malade, l'on conseilla à mon père de me tenir quelque temps à Marseille et peut être que l'air me seroit plus favorable ; je partis d'Aix la veille de S'-Laurent, et me fis recevoir au siège dudit Marseille le 14 août, et le 30, mon oncle mourut. Le 7 mars 1642, mon frère François a pris l'habit de religieux des Pères de la S''-Trinité. »
((. Le 20 février je plaidai ma première cause pardevant M. le lieutenant de Beausset, et comme de coutume, il me
(loîina quelques louanges :flisant(|ue j'avais un avjintage pai' dessus lesaulres, sçavoir que jVHoissorlid une famille oii il y avaiteu de grands personnages, faisant mention delà prudence et sagesse de mon ayeul, de l'éloquence de M. le président Pellicot, de sa vertu et honneurs quil avait eu, et de sa vie, et même de MM. les prévôts de S'-Sauveur dont toute l'audience en fut étonnée, considérant que je n'étais que simple avocat ayant perdu tout cet honneur et gloire du monde, mais en vivant bien, l'on est toujours en même estime.
» Le 25dudit mois je partis de cette ville pour Lyon et Grenoble, y ayant quelques affaires, je fus de retour le neuvième avril, quelques jours après mon frère le cadet arriva de Catalogne ; il a été par deux fois au siège de Tarragone et à celui de la ville de Perpignan jusqu'à ce qu'elle fût prise. (1) »
» Mon frère le cadet est parti pour ritali(; à la suite de M. de St-Chamon, ambassadeur extraordinaire j)our sa Majesté, il y a demeuré sept ou huit mois, jusqu'il la création du pape Innocent (jue les Français furent obligés de sortir de Rome sous prétexte qu'ils étaient de la faction d'Espagne, les cardinaux Barbarin furent obligés de sortir de l'Italie et se réfugier en France pour éviter la justice de Sa Sainteté. »
(1) Ici il fait mention do la mort de M. de Deaussct, lioutenant de Marseille, du roi Louis XIII, et de celle de M. de Gault, évoque de Marseille: de qui il parle comme d'un saint que les cardinaux et plusieurs «iraiuls porsoniiages sont vimuis visitei-. ^Sotr «Vfjsprit Prlliml'.
« Mon frère le cadet a été au siège de Roses, qui a duré deux mois, étant capitaine d'une compagnie d'infanterie. »
tB40.
« Le 7 août mon père m'a émancipé, et par icelle émancipation il s'est démis de la grande maison que nous avons à la place des Prêcheurs de la ville d'Aix, ensuite du fidéicommis fait par mon ayeul, l'acte a été dressé par M' Laure, notaire. »
a Le mois d'octobre le Roy fait un édit portant que le Parlement de Provence sera semestre, et quelques jours après toutes les autres juridictions de France. C'est un commencement de guerres civiles. Dieu nous en préserve par sa sainte grâce. Mon frère Jean est mort le 27 décembre ; Dieu l'aye reçu en son paradis. »
« C'est le temps des guerres civiles de Paris à l'occasion de l'édit ci-dessus. Le Parlement de Paris tient ferme, il y a eu une belle harangue de M. de Talion, qui fut cause qu'il fut mis à la Rastille. La Reyne est obligée de faire une paix générale par une déclaration qui est enregistrée le 24 octobre ; on fait de grandes réjouissances. »
« Au commencement de l'année le comte d'Alais allume la guerre civile dans Aix, en augmentant ses troupes, voulant empêcher l'exécution de la déclaration en révocation
de ledit des semestres, sur le fondement que le Hoy étoit mineur: il ordonne à plusieurs seigneurs de sortir de la ville, il veut que tous les consuls de la province viennent prêter nouveau serment de iidélité, et cela pour intimider le peuple. Le 18 les MM. du Parlement, crainte de surprise des gens de guerre du comte d'Alais, se barricadèrent dans S -Sauveur : tout le peuple prend les armes.
» Les barricades de S'-Sauveur s'approchent de la place des Prêcheurs, ceux qui y étaient se retirent dans le palais à la place de la Magdelene et sont obligés de sortir de la ville en désordre après avoir perdu plusieurs hommes. Le Parlement fait supplier le comte de revenir, jusqu'à ce que le Roy ait accordé audit Parlement ce qu'il demandait, on fiiit un régiment d'infanterie pour le garder, dont le cousin Pellicot, seigneur de S'-Pol, fut major, et mon frère le cadet, capitaine d'une compagnie. Le 23 février sont arrivées les patentes du Roi, portant cassation du semestre et le rétablissement des officiers du Parlement ; alors on reçoit la nouvelle que les Anglois ont justicié leur roy. M. de Meaux, conseiller du semestre, assassine le lieutenant particulier advocat du Roy et greffier du siège de Draguignan. Le Parlement fait faire le procès. Le comte d'Alais veut s'opposer h la sortie des troupes qui accompagnoient les députés pour prendre l'information ; le Parlement le destitue de son gouvernement jusques à nouvel ordre du Roy, et condamne le chevalier de Vins qui s'étoit saisi de BrignoUes, à avoir la tête tranchée. A une lieue du val, il y eut un rude choc entre les troupes du comte de Carcès et de M. de Rugny. Le 22 juillet la peste est à Marseille. MM. d'Estampes et S -Agnant apportent des lettres patentes du Roy portant que le traité fait avec M. le cardinal de Rigni, sera exécuté, que la ville d'Aix et le Parlement congédieront
les troupes ainsi que le comte d'Alais, que l'amnistie générale seroit publiée dans cette province, et que l'on procéderoit tout présentement à l'élection consulaire. Le cousin de S'- Pol a été second consul. Le 14 septembre on commande quarantaine à ceux qui étoient aux infirmeries, on parfume la ville; le 28 octobre la ville prend quarantaine ; le 5 décembre on donne entrée à tout le monde, et le 26 on fait une procession générale. »
« Le peuple prend les armes à Marseille pour faire nommer les consuls ; le comte d'Alais se campe au plain de S - Michel, on ne veut pas le recevoir dans la ville, qui étoit parfaitement bien gardée et armée ; plusieurs voulaient se défaire du comte. Le 20 avril le Parlement d'Aix s'en va à Salon à cause de la contagion.
» Il y a encore des troubles à Marseille, le Roy mande ordre au comte de Carcès et au comte d'Alais de sortir du pais pour suivre la cour, le comte de Carcès obéit, et l'autre se retranche dans Toulon, attendant le succès de Bourdeaux, dont le roi vint à bout ; il réitéra l'ordre au comte qui obéit ; on fit des feux de joie; M. d'Aigues-Bonnes fit son entrée à Aix le 18 décembre, et il y fut bien reçu. »
« La sédition commence encore à Aix le 16 janvier. Le 8 on voulait mettre le pétard à la maison de M. d'Aigues' les consuls eurent bien de la peine de l'empêcher. Le 10 on lève les barricades de la maison de ville, et tout est en paix. Tous les parlements s'unissent pour l'élargissement des princes, et pour la destruction du cardinal Mazarin, et le
parlement de Paris porte la parole au Roy par la bouche du premier président. Le Roy se fait déclarer majeur le 9 septembre Le comte de Carcès retourne dans Aix ce qui ranime les esprits séditieux, qui rappellent le sieur d'Aigues-Bonnes pour s'y opposer, mais il ne peut rien.
» Le conseil fait arrêt qui ordonne au cardinal Mazarin de sortir du royaume dans quinzaine, autrement poursuivi partout où il sera. »
« Les troubles continuent toujours entre le cardinal Mazarin, et les princes. Le duc de Mercœur est fait gouverneur de la Provence. »
« Le Roy fit faire prisonnier le cardinal.
» Mon frère Philip, nous envoyé des thèsesde philosophie qu'il a dédiées à M. le duc d'Angoulémeà Paris dans son couvent des Augustins. »
» Mon frère Thomas arrive de Salamanque où il a soutenu des thèses publiques qu'il a dédiées à son général ; pour ces thèses on donne un an de préparation, celui qui avoit été nommé tombe malade le onzième mois, mon frère Thomas fut le seul en état, il se prépara dans un mois. Il y avoit mille religieux à ses thèses et plusieurs autres personnes capables, on l'argumenta pendant cinq heures, un docteur l'argumenta pendant une heure et demie. Thomas avant de donner la solution répéta tous les ari;uments> à chaque argument, il disait ce qu'il avoit nié ou distingué, et en rapportiiit la preuve si fidèlement que tous les assistants en furent étonnés, et admiraient tant sa mémoire que
UnïvëfâïïïJ'