‹ Histoire d'une ancienne famille de ProvenceChapitre 13 sur 16 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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son jugement. Depuis qu'il est en cette ville, il nous a récité toutes les prédications qu'il a entendues mot par mot depuis le commencement jusqu'à la fin : aux conférences et aux thèses qu'il a argumentées, il a fait avouer aux plus doctes qu'il était le maître de la théologie. Dieu veuille qu'il continue à bien faire, n'étant que dans sa vingt-septième année depuis le 7 mars.

» Mon frère Philip, religieux de l'ordre de S'-Augustin, avoit donné des preuves de sa suffisance et nous faisait attendre quelque chose de plus relevé tant pour sa prudence, que pour sa science, que frère Thomas. Ayant fini son cours de philosophie, les religieux dudit ordre délibérèrent de le faire venir de Paris en cette province pour soutenir encore des thèses au chapitre général ; mais étant arrivé à Lyon les fièvres le prirent dont il en mourut le 26 août. Cette mort si soudaine nous surprit et nous fit avouer qu'il n'est rien en ce monde sur quoi l'on puisse faire un fondement stable. Nous espérions que ce religieux par son esprit relèverait la maison dans son lustre, et Dieu qui ne veut pas que nous ayions cette vanité et gloire dans ce monde , l'a voulu arrêter au commencement de sa course. Dieu lui aye fort miséricorde. Les religieux du couvent de Paris, et ceux de cette province ont extrêmement regretté cette perte, d'autant qu'ils ont perdu un religieux duquel ils attendoient être le premier de son ordre, et qu'il y procureroit beaucoup de biens pour avoir un fort libre accès avec les princes du sang. L'on jugeoit à le voir raisonner avec ces personnes si librement et souvent, qu'il étoit sorti de leur maison, il disoit par avance que lorsqu'il serait en âge d'être évêque, qu'il neluiétoitpasdifficiled'avoirunévêché,maisDieu l'a voulu priver d une chose dont il est bien difficile d'en sortir heureusement sans une grâce particulière. »

« Sur la fin de janvier le prince de Conti épouse une nièce du cardinal Mazarin.

» Frère Thomas a soutenu des thèses de théologie au chapitre général qui s'est tenu à Tarascon, au commencement du mois de may. Après la dispute qui dura quatre heures par quinze argumentants, parmi lesquels il y avoit des docteurs de Sorbonne , et autres doctes personnages, il répéta tous les arguments qui avoient été faits, ayant commencé par le premier argument jusques au dernier avec une mémoire si prodigieuse qu'd n'en oublia pas un et avec des solutions si doctes et des termes si advenans au sujet , qu'il fit avouer à toute l'assemblée que c etoit le plus capable de son ordre, et qu'il n'y avait pas un si docte théologien dans toute la province. Dieu veuille que ce soit pour sa sainte gloire et salut de son Ame. »

« Innocent XIII meurt. Après bien des disputes, Alexandre septième est créé pape ; il veut mettre la paix en France et en Espagne. »

« La reine de Suède vient en Fmnce et passe h Aix, le comte de Carcès meurt sans postérité. »

« 11 n'y a rien de remarciuable : il y a beaui'oup de troupes dans la province. >^

« Il y a une grande misère dans Aix ; plusieurs grands seigneurs sont mandés à la Cour à cause des troubles qu'il y avait. Marseille n'est pas plus en repos, puisqu'elle refuse d'obéir aux ordres du Roy. »

« Le premier président , deRagusse, a failli être tué; il y a eu des terribles séditions à Aix.

» Sur la fin du mois d'août M. Perret fut assassiné pendant la nuit, lorsqu'il promenoit sur le port pour attendre le sieur de Glandevès de Niouselles qu'il avoit appelé en duel. L'on soupçonna le sieur de Niouselles d'avoir donné cet ordre. Le Parlement informa sur cette affaire et décréta le sieur de Niouselles d'ajournement personnel. Il ne se présenta pas, monseigneur de Mercœur voyant que la justice ne pouvoit venir à bout de cette affaire, il y eut une lettre de cachet pour ledit Niouselles, afin qu'il eut à se rendre proche la personne du Roy, trois jours après l'intimation ; laquelle lettre lui ayant été baillée dans la maison de ville en présence des consuls, pendant qu'on en faisait la lecture il survint beaucoup de monde à dessein de tuer celui qui l'avoit apportée, il fut fort maltraité et il étoit perdu sans les consuls.

» Monseigneur de Mercœur manda ordre aux consuls de faire sortir le sieur de Niouselles de la ville, ce que ne pouvant faire exécuter ils députèrent audit seigneur, mais il ne voulut voir ni entendre les députés.

» On députe au Roy qui ne veut point accorder audience , croyant qu'ils n'ont point d'excuse légitime de la

désobéissance du sieur de Niouselles. et du violement des ordres du Roy, que les consuls avoient reçus. On jeta le crime sur le peuple qui avoit empêché l'exécution et causé le déchirement des ordres du Roy. Le Roy prit la résolution de venir en cette province ; les consuls avertirent le sieur de Niouselles de quitter la ville, et qu'on vouloit se saisir de sa personne, ils croyoientpar ce moyen être à couvert. Voici les malheurs qui suivirent :

« Le 20 janvier 3L de Mercœur entre à Marseille à la tête de six mille hommes d'infanterie, et six cents de cavalerie , il interdit les consuls. Le 23, avant qu'on ouvre la porte , il fait ôter la pierre ou étoit écrit sub unius imperià summa libertas , en présence du prévôt de la maréchaussée et des archers. Le 26 il fait publier que tout le monde ait à apporter ses armes à la tour de S'-Jean dans trois jours, il fiiit abattre des murailles pour faire entrer le Roy par la brèche, et on commence à préparer les outils pour construire la citadelle. M. de Pilles gouverneur de la \ille assemble le conseil pour chercher les moyens de faire au plutôt la citadelle. Il répond h toutes les remonti-ances qu'on s'y prend trop tard. Je fus obligé de dire qu'on demanderoit au prince la grâce, si M. de Mercœur vouloit permettre qu'on députa, il dit qu'il ne falloit pas parler de cela ; je fus contraint de dire que je ne croyois pas que le peuple en demandant grâce au souverain lit un ciime, il se leva et on sortit. Le deuxième février il y a ordre de cesser à travailler à la citadelle. On publie à Ai\ la paix de la France avec TEspagne. Le Roy ayant fait chanter le Te Dcum dans Téglise de S'-Sauveur. est parti le \ pour la S'^-Biiume. — Le o il arrive un nouvel ordre de continuer

la citadelle, le 27 il arrive des fourriers du Roy à Marseille pour marquer son logement qui fut pour le Roy dans la maison de M. de Mirabeau , la Reyne fut logée dans la maison de M. le lieutenant de Valbelle. Le deuxième mars le Roy est arrivé en cette ville avec toute sa cour, M. de Pilles lui présenta les clefs de la ville tout proche la porte que l'on avait abattue, il ne fit que les toucher personne ne put lui parler pour la ville. Le Roy fit faire dans la maison de ville la publication du changement de l'état politique par lequel les gentilshommes sont exclus des affaires de la ville, et au lieu de consuls l'on fait deux échevins et un assesseur : et il fit bailler au sieur de Pilles le brevet de Viguier perpétuel et de Gouverneur. Le lendemain de son arrivée la Chambre et le Siège accompagnés du corps des avocats furent voir le Roy, le président harangua, et ensuite le lieutenant du siège, il prit plaisir à ces harangues, et leur répondit, je n^ai jamais douté de votre fidélité, et vous ne devés pas douter de mon affection tant que vous me servirés bien. La Chambre fit un arrêt par lequel il déclare le sieur de Niouselles roturier, condamne ses armes à être brisées sur un échafaud, ses biens confisqués au Roy, et aux frais que la ville a fait pour cette affaire, et à être pendu , les autres complices à être roués , leur tête mise en divers endroits de la ville, et celle de Niouselles au-dessus de la maison de ville. L'exécution fut faite le même jour, il y en eut plusieurs pendus en effigie, et toutes leurs maisons rasées. Le 12 juin, le Roy contracta avec l'Infante d'Espagne le mariage conclu par le traité de paix. Au mois d'août on commença à bâtir la seconde citadelle.

» Le sept du mois d'octobre mon frère François a été reçu Aumônier ordinaire de la maison de la Reyne, laquelle lui a témoigné qu'elle étoit bien aise de l'avoir à son ser-

vice, lui ayant dédié la traduction des lettres de S'*-Thérèse de l'espagnol en françois. Ce livre a été imprimé à Paris le premier septembre 1660, il est intitulé : Remarques sur les avis les plus importants de la glorieuse mère S"-Thé- 7'èse, composées en Espagnol par le très-illustre et excellent seigneur don Jean de Palafox, évêque d^Angelopoli, en Amérique, traduites en françois par François Pellicot, docteur en théologie, aumônier et confesseur de la maison de la Reyne; avec la vie de ce grand prélat, écrite par le même auteur. (1)

» 11 est dédié à la Reyne-Mère Anne d'Autriche, fille de Philippe III, roy d'Espagne. »

« Il y avait quelques mois que mon frère l'aumônier me pressait de l'aller voir. J'y allai avec les députés de la province pour faire remédier à certains abus qui se protiquaient par quelques personnes relevées en dignité.

» Le feu prit au Louvre le G de février ; le cardinal Mazarin mourut le 0 mars. M. de Fouquet est arrêté. Les députés obtiennent un airêl de rétablissement des judicatures. Le premier octobre, la Reyne accouche du Dauphin. Le 7 septembre je pars de Paris pour revenir en cette ville. »

« Le 5 février on procéda à rélection des judicatures de S*-Louis et S -Lazare, M. d'Ortigue fut fait juge deS'-Louis,

(i) A Paris, chez Georges Josse, rue IS'-Jacque^, à la Couroiino d'Épine.

et moy de S'-Lazare; charge que j'ai exercée jusqu'au premier novembre. Ma sœur Isabeau a rendu l'âme k Dieu le 27 décembre. »

ie«3.

« Le premier may, je fus fais recteur pour la seconde fois de la chapelle des pénitens de S^'-Croix, dont mon père est le fondateur. »

« J'ai contracté mariage le 22 mars avec demoiselle Magdalene de Meisserel, lequel mariage fut arrêté et accordé le 18 du même mois sur les neuf heures du matin, la veille du glorieux S'-Joseph. Je fus épousé le 23 dans l'église collégiale et paroissiale des Accoules, je prie Dieu qu'il soit pour longues années avec tout heur et félicité; le contrat de mariage est chez M' Campinon.

)) Le 14 may, le cardinal Flavius Chisires a passé k l'occasion des troubles de l'excès commis à M. de Créqui à Rome.

» Le 26 septembre ma mère est morte, Dieu l'aye reçue en son paradis. »

« 11 a paru une comète pendant trois semaines après le soleil couché, qui faisoit à peu près le même jour que le soleil. »

« 11 y a beaucoup de misère cette année.

» J'ai ('té fait juge de S'-Lazare pour la deuxième fois, j'ai prêté le serment et pris d'icelle charge le premier novembre, jour de Toussains. »

(( Les exactions des amendes des faux nobles et écuyers étoient si violentes, qu'on a eu recours au gouverneur pour y apporter un tempérament.

» Le Roy ayant dessein d'avoir le duché du Brabant, et aulres du Pais-Bas fait faire un manifeste des prétentions et droits qu'il a sur lesdits pais, lequel fait traduire en espagnol par mon frère l'Aumônier afin de le faire distribuer dans les terres d'Espagne, et il part le mois de juin à la tète de cinquante mille hommes après avoir fait vérifier au Parlement de Paris le code Louis touchant la reformation de la justice, ce qui va à la destruction des parlements et juridictions, et de tous les ofiiciers. Ton attend ce que les parlemens tairont. »

« ï*ar la faveur de M. de Lyonne, mon frère Boni face a eu un brevet du roi de lieutenant de la galère dite la Légère, qui est armée des gens de liberté pour ramer. »

« Le 17 du mois de mars, ma femme mourut. (1)

(1) 11 raconta dans cet omiroit que soiunariago avoit été fait iniranileusement ; elle iivoit accouchée de deux lilles qui étoient mortes en venant au monde ; il y avoit trois ans qu'ils étoient

» Le 17 juin, mon père rendit l'âme à Dieu après avoir beaucoup souffert. Il avoit vécu en grand homme de bien. Il prophétisa le jour de sa mort, et mourut en odeur de sainteté. »

ç J'ai passé à des secondes noces avec demoiselle Magdalene de Chambon, fille de Joseph Chambon et de demoiselle Louise de Deidier, le 23 février 1670, par acte rière M« Campinon notaire , et le 25 du même mois j'ai été épousé à S'-Laurens, Dieu veuille que ce soit pour longues années et pour sa sainte gloire.

» Le jour de S»-Simon Mgr. le comte de Grignan lieutenant du Roy de cette province, par ordre du Roy, fit publier des patentes de l'élection des échevins, capitaines et juges, ayant le Roy fait élection de Moy en la fonction de juge de S*-Louis. »

« Le 18 février sur les 11 heures du soir ma femme est accouchée d'une fille, elle a été baptisée le lendemain 19 à l'église des Accoules , et a été appelée Thérèse. Sieur Jean Deidier oncle maternel de ma femme , a été le parrain et sa marraine a été demoiselle Louise Deidier sa grand'mère. Dieu la fasse une sainte par sa sainte grâce. »

mariés. Il dit qu'elle est morte de la mort des justes, et qu'elle lui apparut plusieurs fois ainsi qu'à son confesseur comme une sainte. — [Notes mises en marge du journal./

« Ma femme est accouchée le 30 décembre 1672 sur les 3 à 4 heures après midi d'un garçon qui fut baptisé une heure après dans l'église paroissiale de S -Laurens et fut apellé François à la considération de mon frère l'Aumônier, son parrain tut François Captelin, sa marraine demoiselle Magdalene de Curiol , ayeule maternelle de ma femme. Dieu le fasse un grand saint pour sa sainte gloire. »

ie94.

« J'ai été fait le premier may recteur des Pénitens de S'*-Croix, dont mon père est le fondateur, et ce pour la troisième fois. »

tG95.

« Le 23 du mois de mars, ma femme est accouchée d'un garçon sur les neuf heures du matin, qui a été baptisé le même jour, dans Téglise paroissiale de S'-Lauiens, et a été appelle Joseph. Son parrain a été sieur Joseph Deidier, et sa marraine a été demoiselle Anne de Férino, ma cousine. Dieu le fasse un grand saint pour sa sainte gloire. »

Ici finit le joiii*nal de Bernardin Pellii'ot. Le manuscrit que j'ai sous les yeux, n'esl qu'une copie . ou noies laissées par cet avocat et recueillies par lui (lèses neveux, peu de lemps après sa inorl. Mais le! qu'il est ce documenl m'a paru olîrir assez diiilérét pour être publié. On aime à suivre pas à pas

dans ces écrits, les événements de la famille, et quelquefois aussi les événements politiques. Les récits contenus dans ces Livres de raisons, ont toujours un cachet de vérité qui inspire de la confiance. Cependant il faut tenir compte du milieu dans lequel vivait celui qui raconte, car suivant qu'il était plus ou moins mêlé aux événements ou même quand il en était trop éloigné , il a pu voir ou apprendre les choses d'une certaine manière. Mais , en résumé, il y a toujours à glaner dans ces notes , écrites pour la famille et sans prétention , par les personnes qui se bornent à raconter ce qu'elles ont vu.

L'avocat Bernardin dut mourir peu d'années après la dernière date de son journal. Il est dit en effet dans une ordonnance du 22 juin 1706, (relative à la noblesse de son fils) qu'il avait fait son testament le i 7 mai 1 677 . — Il laissa deux fils : Joseph etFrançois et une fifie nommée Thérèse. Joseph, mourut célibataire, François épousa le 30 juin 1 672, demoiselle Anne de Roland , dont il n'eut pas d'enfants , et Thérèse qui eut ainsi toute la fortune de cette branche fit un riche mariage ; elle épousa le sieur Deidier Curiol , trésorier général de France. Ils eurent quatre enfants, deux garçons et deux filles , qui furent mariées l'une à M. de Vaccon et l'autre à M. de Foresta, conseillers à la Cour des Comptes. Des deux fils , un seul est connu , c'est celui qui hérita du marquisat de Mirabeau acquis par sa mère et qui fut l'un des

membres les plus distingués du Pniiomenl de Provence, (l)

Voici maintenant ce qu'il advint des deux frères de l'avocat Bernardin Pellicot : François et Boniface. L'un fut aumônier de la reine , et l'autre lieutenant du Port de Marseille. Je transcris textuellement , en ce qui concerne Taumônier François , les notes laissées par Esprit de Pellicot, son petit neveu :

« François de Pellicot , fils de François et d'Anne de Revest , naquit le 8 mars 1627. 11 se fit religieux réformé (le la Trinité le \ mars 16Î2 et fit sa profession le 8 mars 16i3. Il voulut en sortir, il passa chez les Mitigés : il en sortit également et se fit prêtre séculier en 1649 à Carcassonne.

» II alla étudier trois ans à Salamanque , fut reçu docteur en théologie et vint professer la philosophie au couven^ des Mitigés de la Tiinité d'Arles, il alla ensuite professera (Grenoble, et de là il se rendit en Allemagne auprès de M. de Lyonne ambassadeur de France, pour l'élection de TEmpereur, en 1658.

» Le 16 octobre 1660 la Reyne le fit l'aumônier ordinaire de sa maison. Le 10 novembre 1661 , il obtint un rescrit du vire-légat d'Avignon pour la cassation de ses vœux detrinitaire. Le 27 avril 1662, il en obtint un second, et fit casser ses vœux , comme émis avant la seizième année de son <àge, par sentence du 17 mai 1()62. 11 dédia la

(i)Voir lo tcstainont de Thérèse Pellicot épouse Deitiier Curiol, en date du 17 février 1719, et les Gùivres de A. Décormis, t. ii, cliap. xcvi.

même année, à la Reyne, un livre intitulé : Remarques sur les avis les plus importants de la glorieuse mère Ste- Thérèse de Jésus , composées en espagnol par le trèsillustre et très-excellent seigneur Don Jean de Palafox et MendocCj du conseil de S. M. Catholique^ évêque d^Orma et ci-devant dWngelopoli. Paris. (1)

» Ce fut François Pellicot qui traduisit en espagnol le manifeste que Louis XIV publia sur les droits de la Reyne Marie-Thérèse , son épouse , pour calmer les plaintes de toutes les Couronnes , lorsqu'il menaça d'attaquer le roy d'Espagne. (2)

» Il fit construire dans l'église des Trinitaires de Marseille , une chapelle sous le titre de Notre-Dame-des- Affligés. (3)

» Par son testament du 18 octobre 1675, il institua son frère Bernardin et à son défaut son fils aîné. Il mourut en

(1) Le rédacteur de cette biographie qui parait avoir été copiée par Achard, {Bict. des Hommes Illustres.) ajoute : « J'ai « ce livre dans ma bibUothèque. » Puis à propos du titre d'aumônier de la Reine qu'il donne à François, il dit : (( Cette qualité est » établie par le registre en parchemin intitulé : Maison de la » Reyne, — 1662, — où on lit au no 33 du chapitre des confesseurs » ordinaires de la Reine , Mre François Pellicot , confesseur du » commun de la Reine, employé pour six vingt livres pour ses » gages. » J'en ai l'extrait, et cette qualité est en outre établie par une procuration pour exiger les revenus faite à Paris le 30 septembre 1670. Notaire Fabri.

(2) V. le Siècle de Louis XIV. — t. i. chap. vu. p. 140 et 141, — et VHist. de Louis XIV. t. m. p. 380.

(3) Testament d'Antoine Pellicot son frère , du 3 mai 1676. Notaire Claude Alphéran.

» A la mort de Bernardin, ses tVères Gabriel et Antoine s'opposèrent à la prise de possession des biens de François par la dame Chambon, en sa qualité de veuve dudit Bernardin et de tutrice de Noble François de Pellicot neveu et héritier de messire François de Pellicot, piètre et .îumônicr de la Heine. — Ils appelèrent comme d'abus de la sentence qui cassait les vœux sur ce que messire François avait laissé passer les cinq ans sans les attaquer, mais la sentence fut confirmée par arrêt du 11 avril 1680, sur ce motif que messire François avait joui de son état depuis 16G2. (1) »

Boniface de Pellicot , écuyer , fils de François et frère de l'avocat Bernardin, né en 1G50, nommé lieutenant des galères le 8 janvier 1 GG8 , se maria le 25 fèviler 1672 avec demoiselle Jeanne Du Pont , fille du sieur J.-B. Du Pont, ancien échevin de Marseille. Il fut commissionné en qualité de sous-lieutenant du port de Marseille le r^ juillet IG8G.

Le lieutenant Boniface de Pellicot reçut le 4 mai 1697 un commandement, qui Tubligeail à payer une somme de 2.000 livres, pour avoir usurpé le litre de noblesse qu'il portait. Il s'y refusa. Le 11) on vint pour saisir ses meubles, mais il forma opposifion et obtint le 50 du même mois de mai , une ordonnance

(1) Tous CCS détails sont dans Boniface, t. m, liv. vu, titiv \iv, chap. I, pages 8G2 et suivantes. — Il sont égaloniont dans le Journal du Palais^ t. ii, p. 138 et suivantes. — rt ilans les Mémoires du Clergé, t. iv, § wvii, page 37.

de M. Lebrel , Intendant de Provence , qui , par application de la déclaration royale du i septembre 1696 , prescrivit de surseoir à toute poursuite, vu la qualité d'officier dudit sieur Pellicot.

Le 2 mars 1 706 , le lieutenant Boniface de Pellicot, reçut de nouveau Tordre d'avoir à payer les 2,000 livres de taxe sur les faux nobles. Le même jour, son neveu François, fils de l'avocat Bernardin, était également condamné à payer la taxe de 2,000 livres.

Lorsque le lieutenant Boniface de Pellicot avait été poursuivi pour la première fois , en 1697 , il s'était borné à invoquer sa qualité d'officier et on l'avait laissé tranquille. Mais dans cette circonstance le fils de son frère était également attaqué et, du reste, la persistance des poursuites commandait d'en finir. L'oncle et le neveu se mirent en instance pour obtenir la vérification de leurs titres de noblesse. Ils produisirent à cet effet les divers actes qui établissaient leur descendance d'Antoine Pellicot, Maître rational à la Chambre des Comptes , et frère du Président à morUer Boniface Pellicot, dont les petits enfants avaient été maintenus dans leur noblesse par une déclaration du 8 octobre 1688.

L'affaire fut promptement instruite et le 20 juin 1706, M. Lebret, Conseiller du Roi, Maître des Requêtes et Intendant de Justice, Pofice et Finances en Provence , rendit une ordonnance en faveur du

lieulenanl Boniface de Pellicot et de son neveu François. (1)

Tandis que le lieutenant Boniface Pellicot faisait constater sa noblesse, son cousin germain, Jean de Pellicot , arrière pelit-fils comme lui du Maître rational, était secrétaire de la communauté de Soillans , et continuait à prendre la qualité de nojjle qui ne lui était pas contestée. Les descendants de ce dernier , après avoir joui des prérogatives de la noblesse pendant deux générations , cessèrent, à partir de 1 789, d'ajouter la particule à leur nom, et depuis cette époque ils ne l'ont plus reprise.

Mais, avant de faire connaître cette brandie des Pellicot, je dois dire ce qu'il advint de celle du lieutenant Boniface.

Le lieutenant Boniface de Pellicot épousa, le :2ô février 1672, M"' Jeanne Du Pont, et en eut douze enfants, savoir:

Antoine, religieux Augustin déchaussé.

François, avocat à Aix, et plus tard à Constanlinople, où il mourut.

Louis, Ange et Jean, morts en bas âge.

Jean-Baptiste, capitaine dans le régiment de Va- Ion, tué en Espagne à la bataille de Villa-Viciosa.

(1) Voyez, à rapixMulioo. la ropi»» de rOrdoimanco do vôrilication et do déclaration de noblesse rendue par M. Lcltret.

Bonif ace- Honoré, qui épousa Magdeleine Cavalier, eutplusieursenfants, et neconservaqu'un fils nommé Joseph-Alexis; (1)

Guillaume' Hugues , marié à Catherine Cauvin , mourut sans postérité;

Thérèse, morte en bas âge ; Elisabeth, mariée à M. Claude Beuf, et morte de la peste en 1 720 , avec trois de ses enfants ;

Anne, morte à l'âge de 12 ans ; Marie- Anne, morte jeune Me.

Revenons à la descendance du Maître ralional Antoine, qui seule est représentée aujourd'hui.

Boniface de Pellicot, fils du Conseiller Jean et petitfils du Maître rational Antoine, naquit à Aix le 18 février 15G6, il fut reçu docteur en droit en 1591 et assista en cette qualité aux réunions de l'Université d'Aix des 25 avril 1595, 21 mai 1599, 31 mai 1655 et 18 octobre 1658. — Il décerna le doctorat à Bernardin, fils de son frère François, le 9 février 1 642.

Dans les procès-verbaux des deux premières réunions son nom est latinisé : Bonifacius Pellicoti, et

(1) Ce Joseph-Alexis épousa M^e d'Amalric Ducliaffault , et eut un fils nommé Alexis-Léon-Valère , qui fut un peintre de mérite. En lui s'éteienit la branche de François Pellicot.

dans les dernières on a traduit ieiirénoin en conservant lortho^naplie française du nom de famille • Bonifacius Pcllicot. A cette époque on commençait à attacher de l'importance à tout ce qui touchait aux noms propres et aux titres et qualités des personnes, soit pour éviter la confusion , soit par vanité. C'est de ce moment, je crois, c'est-à-dire du commencementdu Nvu-^siècle, que date l'emploi de la particule comme signe de noblesse.

Boniface reçut de ceux de ses frères qui moururent sans postérité, les biens qu'ils avaient recueillis de l'héritage paternel, en sorte qu'il devint propriétaire de la totalité de la maison que son aïeul Antoine avait fait bâtir à Aix. (t)

Roniface de Pellicot , n'eut de .leanne de Chavignol, qu'il épousa le 4 août !;)!)() (2), qu'un lits nommé Jean.

(1) Dans son testament du mois de janvier 1580 Jean Pellicot, déclare que , « conformément à la volonté de feu messire Antoine Pellicot , son père , fondateur de sa maison d'habitation située près du Palais , il entend que cette maison demeure inaliénable entre ses enfants ou leurs descendants maies , ou à iiMir (létaut à leurs fdles, avec défense d'aliéner leur portion à d'autres qu'à leurs frères. Il permet à Boniface, son fds air.é de la retenir en entier, en remboursant à ses co-héritiers leurs l^ortions en arirent ou en autres biens, pendant 5 ans après (pi'il sera gradué. ^> Ces disi)Osit:ons testanuMitaires sont dig!ies d'attention.

("2) CoMti at (1(> inaria^M» . rct^ii par M^' .lean Aubier, notaire.

Jean de Pellicot naquit à Aix , le 22 septembre 1602, et fut baptisé à l'église de la Magdeleine. Il épousa le 18 mai 164G la demoiselle Jeanne Bérenguier de Seillans. (1)

Jean de Pellicot, (2) s'établit à Seillans après son mariage. La communauté le désigna le 20 janvier 1659 pour remplir l'office de trésorier. Il refusa; mais comme il avait été appelé à cet emploi par l'élection il dut solliciter un arrêt du Parlement pour être dispensé de l'exercer, et, en effet, il obtint cet arrêt le 26 mars de la même année. Il mourut le 25 décembre 1670, laissant trois fils : Esprit, Joseph et Louis et deux filles : Marguerite et Anne.

(1) Contrat de Me Pastoret, de Seillans.

(2) No 25 de l'arbre généalogique.

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