BRANCHE D'ESPRIT DE PELLICOT
/is/>//7 (le PelUcoi, écuyer, (l) lils de Jean ot (le demoiselle Jeanne Bércngnier, iKujuilà Seillans. le 8 octobre 1654. Il épousa le 1!) février KÛS.') demoiselle Marthe Vaille (î2).
Le 21 août 1693, Esprit de Pellicot fut nommé conseiller du roi et maire de Seillans ; mais l'année suivante et le 25 novembre 161)4, la communauté de Seillans ayant racheté cet office, il sollicita et obtint la charge de conseiller, commissaire particulier aux revues et logement des gens de guérie de Seillans, qu'il conserva jus(iu'à la suppression (\c ces charges , soit jusipi'à 1717.
Il eut de Marthe Vaille deux enfants : Thnms,
(1) N" .Vi tl(» r;»il)ic^éii(''aloj;i(iU(>.
(2) Conti-;it de inaria^o , rocu |>ai >!•• lU-n'iiL^er-Caill» notaiiv à Soillans.
qui mourut sans poslérité et Joseph, qui épousa une demoiselle Rebouilion et en eut plusieurs enfants. (1)
Marthe Vaille étant morte, Esprit de Pellkot épousa en secondes noces, le 21 août 1690 , demoiselle Jeanne de Bain (2), dont il eut 8 enfants : Ignace, Pierre , Henry , Antoine , Sylvestre , Jean , André et Anite, parmi lesquels trois seulement laissèrent delà postérité : Ignace , Sylvestre et André. (3)
Ignace dePellicot , écuyer (4), né le premier février 1698, épousa le 24 juin 1716 , demoiselle Anne Rosselly (5), il en eut sept enfants : Joseph, Ignace, Anne , Elisabeth , Pierre-César, Antoine, Marie- Madeleine. (6) Sa femme Anne Rosselly, mourut le 24 septembre 17o2, et, le 26 octobre de l'année suivante, il épousait demoiselle Dorothée Pellicot Seillans , fille du sieur Joseph co-seigneur de Seillans, née le 5 mai 1717. (7). Il en eut 17 enfants ; ce qui,
(1) V. aux pièces justificatives le tableau généalogique.
(2) Contrat de mariage du 20 août, passé chez Me Pastoret, notaire à Seillans.
(3) V. le tableau généalogique.
(4) Ce titre est dans son contrat de mariage en secondes noces avec demoiselle Dorothée Seillans du 26 octobre 1733.
(5) Contrat de mariage reçu Me Rosselly, notaire à Seillans.
(6) V. le tableau généalogique.
(7) Ce Joseph dePellicot, co-seigneur de Seillans devait être un descendant de Bernardin, frère du Maître rational Antoine et du Président Boniface , Bernardin était notaire à Seillans en 1579. Sa descendance n'a pu être constatée.
joint aux 7 de sa première femme, forme un joli total (le 2i enfants. H est vrai qu'il en perdit un grand nomljre en bas âge. Voici les noms des 17 enfants issus de son second mariage: Elisabeth, Thérèse, Esprit- Joseph , Anne, Marie- Madeleine, Jeanne-Marie , Eléonor, N., Joseph, Marie-Thérèse, Honoré , Lucrèce, Etienne, Claire- E lisaheth , Marrjwrite, Thomas- Auxile et Claire-Dorothée.
Le père de celte noml)reuse famille , Ignace de Pellicot, acheta le 18 septembre 175'i, (t) deux mois de la juridiction de Seillans : mai et avril. Le 7)0 novembre suivant il rapporta le droitdeprèlation du roi. Le 7 février 17.*)0il prêta hommage , le ;> mars il donna laveu et le dénombrement, {±) le 7 novembre suivant , il acheta encore deux mois do la même juridiction : septembre et octobre et linil par en posséder huit mois, (ô)
Ignace de Pellicot et son beau-père Joseph de Pellicot-Seillans, étaient aussi en possession de la
(1) Notaire Valentin clo Drap:iiifrnan.
(2) Arrhives do la Cour clos Comptes. — Roi^istro Fontenoi folio 334, armoire B.
(3) Le 17 novembre 1775, Ignace de Pellicot, co-seipnour do Seillans donna procuration à son fils E!ipr{t-Josc})ti , pour prêter hommage devant la Cour des Comptes , à Toccasion du joyeux avènement do Louis XVI , cl à cause des 8 )nois qu'il possède de la justice huutc , ntoycnne, basse, mère, iïnjKdre , tnijcte et imjniire île Seillaths.
majeure partie de la juridiction seigneuriale de Seillans .mais le surplus était divisé à l'infini.
« Les seigneurs de Seillans, dit l'auteur de la no- » tice publiée sur cette localité, dans la Géographie » de la Provence, n'ont que des droits honorifiques » et la juridiction qui est divisée entre deux sei- » gneurs principaux et une foule de co-seigneurs » qui n'en jouissent que pendant quelques heures. » (1)
En 1754, la communauté de Seillans croyait avoir à se plaindre des prétentions de cette multitude de co-seigneurs ; elle consulta deux avocats distingués, Latouloubre et Julien , sur la conduite qu'elle devait tenir ; il lui paraissait qu'eUe pouvait s'opposer à l'exercice de certains droits honorifiques. Cette opinion ne fut pas partagée par les deux jurisconsultes qui formulèrent leur avis en ces termes :
« Le conseil soussigné, qui a vu les déhbérations prises par la communauté de Seillans , les 28 et 50 mars 1754, estime que la dite communauté n'a aucun intérêt, à disputer, aux co-seigneurs certains droits honorifiques , ou à exiger qu'ils se règlent entr'eux pour fixer la manière de laquelle ils doivent en jouir ; tels sont par exemple le droit de recevoir l'encens et l'eau bénite avec distinction ,
(1) AcHARD, Dictionnaire de la Provence, géographie t. ii. p. 352.
celui d'être recommandé aux prières et celui d'une litre ou ceinlurc funèbre dans l'E^^dise. Si on était autorisé à leur disputer (lue^iu'un de ces droits ce ne serait pas à la communauté à l'entreprendre. La juridiction estlasource des droits honorifiques, ainsi que l'observe Deroze dans son traité dejurib. honor. lib. V.
» Le droit d'avoir un banc placé préférablement et au-dessus de ceux des habitants, la préséance aux processions et le droit d'y porter un flambeau, présenté [)ar les marguilliers ou les prieurs, sont les seuls qui puissent exciter l'attention de la connnunauté. Elle doit accorder à tous les co-seigneurs les bancs, en réglant entr'eux pour la place ou piéférence, relativement à la portion de juridiction que chacun d'eux possède ou au temps de l'exercice.
M II en est de même à l'égard de la préséance aux processions , etc. , etc . » ( 1 )
On conçoit la confusion qui devait résulter des prétentions de cette multitude de co-seigneurs , non seulement au point de vue des préséances mais encore et surtout en ce qui concernait la distribution de la justice. Ce qui se passait à Scillans à ce
(1) V. aux pièces justificatives cette consultation, »iui est très-intéressante au point de vue des droite honorifuiues exercés parles seigneui-s à la lin du dernier siècle.
sujet devait se présenter dans la plupart des autres communes. L'auteur de la notice sur Seillans signale ces inconvénients :
« La justice est exercée à Seillans par un juge gradué , un lieutenant de juge ou bayle et un procureur fiscal ou juridictionnel. Ils ont en sous ordre un greffier et un huissier. Ces officiers sont nommés par le seigneur en exercice qui réunit alors tous les droits. Mais, dans le temps de l'exercice de ces coseigneurs, qui n'ont que pour quelques joursou quelques heures de juridiction, on connaît peu leurs officiers. La plupart n'en nomment point , les autres en nomment sans pouvoir leur désigner l'époque de l'exercice de leurs fonctions. S'il était permis de corriger ces abus , je dirais hardiment qu'il serait digne de la sagesse du Gouvernement de réunir au domaine du prince toutes ces juridictions spéciales. » (1)
Une chose singulière , c'est que celui qui écrivait ces lignes en 1788 , était précisément un des principaux co-seigneurs. Je vois en effet par une lettre de l'auteur du Dictionnaire historique , M. Acliard , qu'il avait demandé à M. Esprit- Joseph Pellicot , avocat et co-seigneur de Seillans , (2) une notice sur cette
(i) AcHARD, Dictionnaire historique de la Provence. Géo- ^ro 25/iîe,t. II page 352.
(2) No 93 de l'ordre généalogique.
communauté pour son diclionnairo. Il lui écrivait le !27 mars 1788 : a Monsieur , vous m^ivcz promis si » oijligeammcnt l'article de Seillans pourmoiidic- » tionnaire géographique, que je me crois autorisé » à vous rappeler votre promesse. Les imprimeurs, » comme vous le savez très-bien , n'aiment pas à » se reposer au milieu d'un ouvrage et le mien est » assez avancé pour que je doive désirer que vous » me rendiez au plus tôt le service que j'ai droit d'at- » tendre de vos bontés. Je me flatte que vous allez » vous occuper de moi et acquérir de nouveaux » droits sur ma reconnaissance.
» J'ai l'honneur d'être etc., etc.
« Signé : AchardD. » (i)
Ce qui me fait supposer que l'avocat Pellicot , se rendit à la prière de M. Acliard, c'est que dans l'article très-soigné et assez long sur Seillans, le nom des Pellicot n'est pas cité une seule fois ; tandis que la notice sur cette même communauté publiée dans le Dkiionnaire d'Expilly, très souvent copié par Achard, il est dit que les Pellicot étaient co-seigncurs de Seillans, et on les nomme comme faisant partie de la principale noblesse du pays.
Par sa position et par suite d'une circonstance l)articulière l'avocat Pellicot, se trouvait obligé à
(1) Cette lottiv est adressée a .M l»ellu<>t dr Seillans, avocat au parlement à Aix.
une grande réserve. Voici ce qui lui était arrivé Tannée précédente. Le fait est assez original et mérite d'être mentionné.
M. Achard avait publié dans la partie de son Dictionnaire des hommes illustres , réservée aux auteurs vivants, un article sur l'avocat Pellicot. Celui-ci fut contrarié d'avoir été mis en évidence ; il écrivit une lettre très-curieuse pour se plaindre du ridicule qu'on voulait jeter sur lui, en le faisant figurer dans un dictionnaire des grands hommes. Sa lettre fut publiée le 30 juillet 1787 dans le Journal de Provence dirigé par M. Beauregard. Achard ou plutôt les auteurs du Dictionnaire de Provence (car lui n'était pas encore en nom) , répondirent le 4 août d'une manière assez piquante. (1)
On comprendra que cet échange de lettres avait placé M. Pellicot dans une situation embarrassante , qui ne lui permettait pas de prononcer son nom dans un article relatif à la communauté dont il était un des co-seigneurs.
A cette époque îgnace dePeUicot était mort depuis longtemps et l'avocat Esprit- Joseph Pellicot son fils, dont il vient d'être parlé, lui avait succédé. (2)
(1) V. aux pièces justificatives, la copie de ces deux lettres.
(2) Ignace de Pellicot mourut le 8 novembre 1779. L'Eglise de Seillans lui rendit les hommages auxquels il avait droit, en sa qualité de co-seigneur.
Esprit-Joseph Pdlicot , qui était né le (> février 1718, et qui avait été reçu avocat au Parlement le 17 juin 1755, mourut célibataire au commencement de ce siècle. Le dernier acte le concernant que j'aie pu découvrir, est un exploitendate du 2 1 mars 1 789 , par lequel , « à la requête du Procureur du roi au siège de Draguignan , M. Esprit Pellicot , avocat à la cour , seigneur de ce lieu de Seillans , est assigné à comparoir le 27 mars , en personne ou par procureur fondé de son ordre, pardevant le lieutenant général , à l'assemblée des Trois Etals qui sera tenue àDraguignan, à 8 heures du malin , pour concourir à la rédaction du cahier des doléances, i)laintes et remontrances, et procéder à la nomination des députés aux Etats généraux. Et lui avons donné copie du présent exploit au principal manoir de son fief, en parlant à la dame sa mère. »
Il paraît qu'il ne put pas assister à la séance du 27 mars 17(S!) ; car je ne trouve pas son nom dans le catalogue récemment publié par xMM. Louis de la Roque et Edouard de Barthélémy ( I )
Esprit de Pellicot avait racheté la maison élevée à
(1) C4atalogiie des rjentilshommcs de la Provence qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux niemlrres de la noblesse pour l'élection des député.^ auw Etats (jénéraux de ilS9. Paris, 18151.
Aixen 1539, par son aïeul Antoine Pellicot , Maître rational. Il l'habitait lorsqu'il mourut vers l'année 1818 ; mais de ses vingt-quatre frères ou sœurs , il ne lui restait que Thomas-Auxile , (1) qui résidait à Paris, oii il était connu sous le nom de l'abbé de Seillans et où il remplissait les fonctions d'aumônier général de la Salpétrière. Il légua à ce frère unique tous les papiers de famille qu'il avait pieusement recueillis et annotés. Lorsque l'abbé mourut, il laissa ce précieux héritage à M. André-Martin Pellicot , docteur ^n médecine , le plus jeune des fils de son cousin germain Antoine. (2) Aujourd'hui ces papiers sont entre les mains de M. Pellicot, Président du Comice agricole de Toulon , qui a bien voulu me les communiquer.
Jamais lecture ne m'a plus vivement intéressé.
Ce n'est pas sans émotion que j'ai pénétré dans l'intimité de ces existences d'une autre époque, se transmettant les unes aux autres les mêmes sentiments , les mêmes goûts , les mêmes devoirs. J'ai voulu connaître quel avait été le lien assez puissant pour maintenir , pendant plus de trois siècles , ces générations dans la même voie. Je ne sais si je me trompe , mais ce lien doit s'appeler l'esprit de
(1) No 106 de l'arbre généalogique.
(2) No 82 de l'arbre généalogique.
famille : c'est Tesprii de famille ffiii a porté les descendants du Président Honiface Pellicot, avocat célèbre et ma{,nstrat distingué , et ceux de son frère, le Maître des Comptes Antoine Pellicot , à suivre la carrière du barreau ou de la magistrature. C'est sous l'influence de réducation chrétienne et des bons exemples qu'ils avaient reçus du chanoine Joseph Pellicot , vicaire général de l'archevêque d'Aix . que ses neveux et ses petits neveux sont entrés dans les ordres sacrés.
Si nous consultons, en effet, l'arbre généalogique de cette nombreuse famille, nous voyons comme point de départ, trois frères reçus docteurs en droit au commencement duxvr siècle, puis, les fils de ceux-ci, avocats ou prêtres, et, trois cents ans après. leurs héritiers sont représentés par Espritde Pellicot, docteur en droit , qui meurt à Aix eu 1818 dans la maison édifiée en 1659 par un de ses ancêtres; les papiers de famille, religieusement conservés pendant plusieurs siècles , sont laissés par ce dernier à son frère, l'abbé de Seillans, aumônieigénéral de la Salpétrière , petit neveu de François Pellicot , aumônier de la reine de France , Aime d'Autriche , mère de Louis XÏV.
Je devrais tenniiicr ici ccWv étude hiographiijue ; car, avec la Uévolution . a disparu le culle du liasse,
dont la famille Pellicot donna un si bel exemple. La recherche des rameaux épars de cet arbre est chose difficile, je le sais; mais quelque aride que soit cette tâche je ne dois pas l'abandonner ; je ne puis après avoir suivi pas à pas l'existence des Pelhcol pendantdix générations, renoncer à faire la connaissance des représentants actuels de cette ancienne et respectable famille. Je me bornerai cependant a en donner l'énumération. (1) Du reste ce tableau lui-même de la génération moderne , pourrait former par la comparaison, les éléments d'une étude de mœurs , qui ne serait pas sans utilité.
(1) Voyez les notes généalogiques.
NOTES GENEALOGIQUES