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Pour mener de front la biographie des diverses hranclies de la famille Pellicot, je dois placer ici les détails que j'ai pu recueillir sui* les deux frères d'Antoine. Je dirai, en outre, (iuehjues mots sur leur postérité, qui s'éteignit assez promptement : puis, je reprendrai, pour ne plus la quitter, la généalogie de la branche aînée , celle du Maître rational Antoine Pellicot, la seule qui soit encore représentée aujourd'hui.
/irrnardin Vdlirot, deuxième (ils d'Honoré, naquit à Seillans vers 141)7. 11 lit son droit à Aix, bit reçu docteur et revint ensuite exercer dans sa ville nalale la profession (\{\ notaire. Plusieurs de ses descendants ont occupé le même notariat, il se
maria à demoiselle Honorade Testanière , de Seillans, et eut sept enfants, quatre garçons et trois filles:
Jacques, moine de Samt- Victor, en 1 577, fait son testament le 17 février 1582.
Joseph, docteur en l'un et l'autre droit, chanoine de Saint-Sauveur d'Aix, et ensuite prévôt du chapitre métropolitain, vicaire général de l'archevêque, cède son canonicat à Joseph , fils de son frère Jacques et le prieuré de Saint-Lazare à Esprit, fils de son frère Honoré.
Honoré se maria le 9 mars 1578, à demoiselle Marguerite Caille de Bargemons. Il succède à son père dans le notariat de Seillans, et laisse plusieurs enfants, dont trois. Esprit, Antoine et Jean, qui entrent dans les ordres religieux.
Jacques (2*^ du nom) , écuyer d'Aix, se marie le 4 janvier 1604, à Glaire Darquier, de Marseille, a deux enfants, Joseph et Boniface , qui entrent dans les ordres et sont successivement chanoines de Saint-Sauveur. 'v,^rft!
Des trois filles de Bernardin, l'une , Madeleine, fut mariée à M. Gandin, avocat d'Aix ; la seconde, nommée Jeanne, épousa M. de Beaumont, qui fut trois fois consul d'Aix, et Louise, la dernière, s'unit à Honoré Pastouret de Seillans, frère du notaire.
Joseph Pellicot, dont il vient d'être parlé, el qui était déjà vicaire général de rarchevéque d'Aix, fut délégué en la même qualité le 17 avril 1611 par révéc[ue de Marseille pour assister au procès intenté à Gaufridi , curé des Accoules, pour crime de sorcellerie (1).
Il est inutile de rappeler ici les circonstances de ce procès célèbre rjui est raconté très-longuement dans toutes les histoires et chroniques du temps , et qui se termina par un arrêt , condamnant Gaufridi à être brûlé vif comme coupable de magie, sorcellerie, impiété et lubricité abominable ; le père Papon , notamment , est entré dans de grands détails sur cette affaire , qui produisit , il est vrai ,
(ij Autiquitc de Véfjlisc de Marseille, par Mf^ Belzunce. t. I, page 288 et 289.
(( Madeleine, dit l'auteur de cet ouvrage, fut exorcisée plu- » sieurs fois , en présence du conseiller Thoron et autres, » d'abord par le sieur Gavaudan , vicaire général de Tarche- » vêque d'Aix, et ensuite, après la mort de Gavaudan , par » Pellicot , son successeur, à qui l'évéque de Mai*seille, ipii » avait été requis d'assister au procès, avait envoyé des lettres » de vicaire général. » (t. 3, page 288)
Dans l'arrêt, on vise les pouvoii-s de Joseph Pellicot on ces termes : « Vu les lettres de l'évéque de Mai^eille à niessire » Joseph Pellicot, prévôt en l'église métropolitaijie du dit Aix, ») pour, en son nom, lieu et place faire juger et ordonn«'r à Ten- » contre du dit Gaufridi , son diocésain , tout ainsi que le dit » évoque pourrait faire si présent y était. » (t. m, page 28U.)
une profonde sensation (1). M. Roux-Alphéran , le savant et consciencieux auteur des Rues d'Aix , cite à l'occasion de ce procès , divers faits qui prouvent combien était grande encore, au commencement du xvn" siècle, l'influence des idées superstitieuses sur les esprits même les plus distingués :
« Antoine de Thoron , dit-il , fut l'un des commissaires chargés de l'instruction du procès de Louis Gaufridi ; voici ce qu'il raconte à ce sujet, dans ses mémoires manuscrits: « Or, il arriva, pendant qu'on j> travaillait à la visite du procès, une histoire plai- » santé. Plusieurs témoins de l'information avaient » déposé que Gaufridi se transportait au Sabbat, » après s'être frotté d'une certaine huile magique, » et qu'il revenait ensuite dans sa chambre par le » tuyau de la cheminée. Dans le temps qu'on lisait » ces dépositions , on entendit un grand bruit dans » la cheminée, et à l'instant tous les juges en virent » sortir un grand homme noir qui secouait sa tête. » Les juges s'enfuirent presque tous. Pour moi , » qui restai au bureau, je lui demandai qui il » était , et il me répondit fort effrayé , qu'il était un
(1) Papon. Histoire gén. de Provetice, t. iv , p. 430. — Bouche Histoire de Provence, t. ii, page 851. Voir toute la procédure et la copie de l'arrêt dans V Histoire des saint Évêques de Marseille^ par Mgr de Belzunce , t. m, p. 280 à 300. — Consulter égsàementV Histoire de Provence de M. Aug. Fabre, t. ni, p. 27.
» ramoneur qui . après avoir ramoné la cheminée i) de MM. des Comptes , dont le tuyau joignait celle » de la Chambre Tournelle , s'était mépris en des- » cendant et avait passé par la cheminée du Parle- » ment. »
a D'autres mémoires ajoute M. Roux-Alphéran, ne rendent pas le même témoignage à la bravoure de Thoron , et prétendent que s'il ne s'enfuil pas comme ses collègues (1), à l'apparition du prétendu spectre, c'est que sa robe se trouva embarrassée dans le bureau et l'empêcha de les suivre. Ce ne fut, disent-ils , qu'après avoir imploré l'assistance du ciel , et fait sur lui-môme force signes de croix , qu'il se hasarda à parler au ramoneur (2).
L'autre anecdote n'est pas moins curieuse. « Peu de mois après, (c'est toujours M. Roux-Alphéran qui parle,) les bonnes religieuses de S'^-Claire , s'imaginèrent que les esprits malins s'étaient emparés de leur couvent. Elles demandèrent à en sortir , et avec
(1) Voici les noms des magistrats qui figurent dans cette alTaire; ils ont été extraits de la minute de l'arrêt du 30 avril IGil, déposé dans les archives de la Cour: Présents, y est-il dit, M. Duvair, premier président; MM. L.Cliaine et L. Coriolis, présidents; MM. \\. Bernard, C. Arnaud, A. Esmenjaud, Il.Chailan, 1\ Puget . 11. de Saint-Marc, L. Laydet, A. Scguiran, A Thoron, J. Authelmy, et J.-P. Olivier, rapporteur. [Rues d'Aix, t. i, page 180.)
(2) Rues d'Aix, t. i, page 480.
-Sala permission du Parlement et de l'archevêque, elles se mirent en marche , le jeudi 20 octobre , à 1 heure après minuit, rangées en procession et accompagnées par les Pères Observantins. Elles se retirèrent à rarchevêché pour y demeurer , disent les registres de S*-Sauveur , jusqu'à ce que Dieu, par sa honte et miséricorde , y eut mis la main , en les délivrant des troubles et infestations des démons. Le lendemain les consuls , suivis d'un grand nombre de personnes de distinction, furent prier le Chapitre d'ordonner des processions pour la guéri son de ces nonnes, ce qui leur fut accordé , et pendant trois jours consécutifs le Chapitre mena processionnellement après lui , dans toute la ville , les consuls et le public qui s'intéressaient de bonne foi à la triste situation de ces religieuses. Le 25 mars 1612, jour de l'Annonciation , une nouvelle procession eut lieu, et le vendredi, 17 avril , à dix heures du soir , les religieuses munies de la bénédiction de l'archevêque, rentrèrent dans leur couvent que les démons avaient heureusement abandonné. (1). »
Les papiers de famille dans lesquels j'ai trouvé de nombreux détails sur les faits et gestes des Pellicot, ne disent rien de cette singuhère histoire , des rehgieuses du couvent de Ste-Claire, qui s'en vont loger
(1) Les Rues cVAix, t. ler, page 149.
chez l'archevêque pendant une année , après s'être promenées à minuit dans la ville, en compagnie des Pères Observantins.
Joseph Pellicot en sa qualité de vicaire général de M'^' l'archevêque , et son neveu, Joseph , prévôt de S'-Sauveur, durent intervenir pour que le Chapitre ordonna des processions pour la guérison des Nonnes; cependant le fait n'est pas relaté dans le journal de leur cousin, l'avocat Bernardin, qui écrivait vingt ans après l'événement. D'un autre côté Roux- Alphéran était infiniment trop consciencieux et avait trop de goût pour publier cette relation , si l'authenticité des faits singuliers qu'elle contient ne lui avait été parfaitement démontrée. Du reste , il cite à l'appui de ranecdolc , un passage des registres de S'-Sauveur qu'il serait facile de retrouver au besoin.
En 1G16, le vicaire général, Joseph Pellicot, complimenta, à la tête du clergé d'Aix, et en l'absence de l'archevêque , le premier Président du Vair, (juand il fut nommé garde des sceaux, (l .)
Le jour où il avait été promu vicaire général et officiai de l'archevêché d'Aix , Joseph Pellicot , avait résigné la prévôté de S'-Sauveur à son neveu Joseph, fils de Jacques Pellicot et de Claire d'Estienne.
(1) Ilist. mamisc. du Parlement de Provence, p. G10-G30.
Boniface Pellicot , également neveu du vicaire général Joseph , -- et frère du prévôt Joseph - succéda à ce dernier quand il mourut. (1) Il fut chargé en ladite qualité de prévôt , de complimenter , dans l'éghse de S'-Sauveur , le prince de Condé en 1631 .
La postérité mâle de Bernardin Pellicot, s'éteignit avec cet ecclésiastique.
(1) Gallia Christiana, t. i. TU. eccles. aquensis. page 343, nos 38 et 40.
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