I5I4-IS
Boniface Pellicot, troisième fils (VHonorc et frère (lu maître des Comptes, Antoine Pellicot, fntnn des avocats les plus célèbres de son éixxjue. Les historiens de Provence parlent avec admiration de son éloquence et de son mérite comme jurisconsulte ; il dut d'ailleurs à ses talents et à son caractère irètre choisi pour remplir les fonctions de Procureur [général dans un moment difficile, et lorsque, plus lard, il fut nommé Président au Parlement, on ne vit dans cette élévation que la récompense des services (lu'il avait rendus au pays.
Le journal de Bernardin Pellicot renferme des détails curieux, et dits surtout d'une manière originale.
sur cet avocat distingué , qui avait , selon Nostradamus, la langue singulièrement bien pendue, qu'il qualifie ailleurs d'avocat fameux et que Bouche, renchérissant, appelle très-fameux.
Je lis dans ce journal , auquel je ferai de fréquents emprunts, le passage suivant où Bernardin, après avoir parlé de la fortune considérable que son oncle avait acquise en peu de temps , raconte combien était grande sa réputation^ et comment il parvenait à satisfaire sa nombreuse chentèle : « Cet excellent » personnage, dit-il, qui a été l'oracle de son siècle, » prit si grande peine en la fonction d'avocat, qu'il » gagna soixante mille écus en vingt années. J'en » faisais doute, mais ce que j'ai ouï dire souvent à » mon père m'en donne toute assurance. (1) Il avait » connu des avocats qui lui avaient fait le récit » comment notre oncle était parvenu en si peu de » temps : premièrement qu'il ne plaidait que des » choses relevées et difficiles, et la faculté qu'il avait
(1) Bernardin avait en effet tort de s'étonner de cette grande fortune ; le fait était assez commun. Voici ce que dit à ce sujet M. Ch. Giraud dans sa Notice sur Duhreuil. « Quoi qu'on en ait dit des fortunes brillantes du barreau moderne, il paraît que celles de l'ancien barreau, n'étaient ni moins rapides ni moins considérables. » La femme de Pierre Decormis disait : « que s'il n'eût pas donné 20,000 livres de sa charge d'avocat, et qu'il eût resté au barreau, les clous de laiton des chaises de sa maison auraient été d'or. » Dupérier s'applaudissait de ce que le Duc
y de parler jointe à son éloquence et savoir, don-
)) naitdc l'admiration aux auditeurs; de façon que
» l'on avait grand'peine de l'avoir pour avocat et
» par la force de l'argent ; secondement que le Par-
D lement faisait grand état de son conseil ; ses sen-
1) timents, consultes et écrits passaient pour des
» prodiges, et ne pouvant survenir à tant d'écrits
» qu'il devait faire, il avait des avocats qui les dres-
)) saient, et lui n'avait que la peine de les corriger
» et signer. »
Ceci ressemble un peu à la grande fabrique de romans d'Alexandre Dumas et G'*^ dont on a tant parlé ; mais on comprend qu'à une époque où il était d'usage d'écrire les plaidoiries il eût été difficile à un avocat aussi recherché que l'étail Boniface Pellicot de les rédiger toutes lui-même : il devait avoir, ainsi, du reste, que cela se pratique encore aujourd'hui, de jeunes avocats qui débrouillaient les dossiers, étudiaient l'affaire et préparaient des conclusions ; puis, parcourant ce travail, il le transformait.
tle Guise n'avait point obtenu cette charge pour lui, disajit qu'il aurait ainsi quitté le barreau de bonne heure et serait bien pauvre. Décormis l'un des auteurs de la correspondance que nous citons si souvent, jouissait, simple avocat, de 50.(X)0 livres de rente sur la tontine, qu'il distribuait presque entièrement en bonnes œuvres. C'était le fruit des économies de trois générations d'avocats. [Notice fdstoriquc sur Vancini ordre judiciaire en Provence , et sur M. Dubreuil, — p. XLiv.)
en y introduisant ces aperçus lumineux, ces étincelles qui n'appartiennent qu'au génie et qui faisaient du tout une œuvre à lui. Je ne crois pas que nos célébrités actuelles du barreau parisien puissent agir autrement.
La somme de soixante mille écus à laquelle on évaluait la fortune acquise par Boniface Pellicot, pendant vingt ans de postulation, ne parait point exagérée, quelque considérable qu'elle soit, quand on tient compte des acquisitions immobilières qu'il fit et des sommes qu'il donna ou qu'il laissa à ses enfants. Sa fille Marguerite, mariée au sieur d'Agoult , seigneur de Rognes, reçut une dot de 2,000 écus d'or. Il acheta les fiefs de Saint-Paul-la-Durance et de Saint-Paul-de-la-Paille, et fit bâtir un magnifique hôtel, qui fut plus tard acquis par la commune d'Aix pour être affecté au logement du duc de Guise, gouverneur de Provence (1).
En 1 556, Boniface Pellicot fut élu assesseur de la communauté d'Aix ; mais, comme il reconnut que la
(1) (( Entre la maison de Forbin la Fare , dit M. Roux- Alphéran, et les bâtiments de l'Archevêché, est un bel hôtel qui appartenait en 1789 à Foulque, marquis d'Oraison. C'est là qu'habitait lorsqu'il venait d'Aix, le duc de Guise gouverneur de Provence depuis 1594 jusqu'à 1631. — En 1600, le conseil de ville acheta cet hôtel et le vaste et beau jardin qui en dépendait et sur lequel on a bâti depuis le grand séminaire.
situation plus que secondaire qui était faite aux assesseurs ne convenait pas à la dignité de la robe ({u'û portait, il crut devoir protester. Il déclara rpi'il n'accepterait cette charge qu'autant que lui et ses successeurs dans l'assessorat auraient voix délibérative dans le conseil, tant pour les afTaires de la ville, que pour celle du pays ; qu'ils auraient le deuxième chaperon et qu'ils remplaceraient en cas d'absence le premier consul.
Anciennement les assesseurs avaient eu les prérogatives que l'avocat PelUcot revendiquait en ce moment ; mais depuis longtemps déjà , et après avoir successivement supprimé et rétabli l'assessorat, on en était arrivé à reléguer cet oflicier municipal, qui était toujours choisi parmi les avocats , au quatrième rang , c'est-à-dire après tous les consuls et on lui avait enlevé le privilège de siéger dans les conseils de la commune. Les consuls n'aimaient pas à avoir |)armi eux un homme sachant parler et (pii ne tardait pas à prendre une tro[) grande prépondérance dans les alTaires de la cité : on craiLniail , dit de
Cet hôtel appartenait à Henri deRaffcllis, nouvellement marié à Julie d'A^^oult ; Henri de RalTollis l'avait lui-même acquis de la succobsion d'un célt'hro avocat que son mérite avait fait entrer dans la magistrature : Boniface Pellicot assesseur d'Aix en 155G, et conseiller au Parlement en 1573. » {Les lîucs dWix, t. i,page 458.) M. Roux-Alphéran aurait pu ajouter (\nc Jean de Raffellis avait épousé la petite fille de Boniface Pellicot.
Haitze : « qu'au lieu d'un conseil le premier consul » eût un compagnon, et il fut statué (en 1549) que » les gens de robe longue (avocats) ne pourraient )) plus être assesseurs, de peur que leur esprit de » chicane et d'empiétement ne finit par absorber » toute la puissance consulaire. (1) »
Les partisans de l'assessorat disaient de leur côté que l'on avait besoin d'hommes d'affaires. A la suite d'une députation à la tête de laquelle se trouvaient Alexis Gaufridi et Melchior Guiran , on avait rètabU de nouveau l'assessorat (en 1554), mais au même rang que précédemment, c'est-à-dire après les consuls , et sans droit de séance.
La question soulevée par Boniface Pellicot n'était donc pas nouvelle ; cependant elle fit grand bruit, à cause de sa réputation et de la fermeté avec laquelle il soutint les prérogatives de la robe. L'affaire fut même portée devant le Parlement , s'il faut en croire l'auteur du Dictionnaire des hommes illustres de la Provence. Je fis en effet, dans cet ouvrage, que Boniface Pellicot attaqua la délibération qui avait été prise à cette occasion par le conseil de ville et « qu'il plaida » avec tant de force sa cause et celle des avocats , » ses confrères , qu'il obtint un arrêt par lequel il
(4) Histoire manuscrite d'Aix, par de Haitze. (Manuscrit communiqué par M. de Lagoy.)
» fut ordonné que les assesseurs auraient rang im- » médiatement après le premier consul. » (1).
Je n'ai trouvé nulle autre part la trace de ce procès ; de Haitze , lui-même , qui se comptait dans les détails, n'en fait aucune mention. Il dit seulement en parlant des consuls dans son Histoire manuscrite d'Aix, année 155G : « les fastes de ces magistrats » politiques, d'où je tire leurs noms, mettent l'as- » sesseur nommé en cette élection , qui fut Boniface » Pellicot, en rang aprez le premier consul ; et nous » laissent à deviner le sujet de cette innovation , D qui ne peut être que ce que nous avons vu que les » gens d'épée et de robe courte avaient appréhendé )) de ceux de robe longue. (2).
Les gens d'épée et de robe courte, avaient toujours redouté l'impatronisation des avocats , des gens de robe longue , dans les conseils de la ville ; ils craignaient leur iniluence. Boniface Pellicot fit donc une petite révolution municipale. Les conséquences n'en furent pas regrettables; car , dès ce moment'on vit se succéder dans l'assessorat les hommes les plus distingués , qui , tour à tour , rendirent de grands services au pays et illustrèrent la municipalité d'Aix. Et si même la Provence conserva si longtemps ses
(1) Achanl, Dict. do la Prov. Uist. tics lionDucs illustres. t. 11. page 449.
(2) P. G. dr Haitzo. Ili^l. yiwïu d'Aix. 1. vil, eh. Mj, \i\\oôCk
prérogatives dont elle était justement fière, elle le dut autant aux efforts réunis des communautés , qu'aux administrateurs, aux assesseurs, qui prenaient aussi le titre de Procureurs du pays. Mais pour bien comprendre toute l'importance administrative et politique de lassessorat , il faut lire la remarquable étude que M. de Ribbe a publiée en 1854 , sur La fin de la Constitutioii Provençale. « L'assesseur, y » est-il dit , supportait particulièrement le poids de » l'administration. Il était en quelque sorte le Pro- » cureur g(^néral des États , dans les séances desquels » il faisait la relation des affaires du pays. Le droit » de proposer tout ce qu'il jugeait utile à la pro- » vince , lui appartenait. Le barreau , grâces à un » si remarquable privilège , était placé à la tête de » la province. Les membres les plus distingués , à » toutes les époques, avaient mis un dernier sceau à » leur gloire dans l'exercice de ces fonctions patrioti- » ques . Les Gaufridi , les Mourgues , les du Périer , les » Boniface , les de Bèzieux , les de Cormis, les Sau- » rin, les Gensolen, les Julien, formaient, selon une » expression heureuse , cette colonne assessorale, qui » était celle même de notre droit public ; illustres » devanciers de Pascalis, ils semblaient lui tracer sa » marche. Cette hérédité de la science et de la vertu » est digne de toute notre admiration. » (1)
(1) Pascalis. Etude sur la fin de la Constitution Provençale. par M. Charles de Ribbe. 1 vol. in-8o, Paris, Dentu. Page 44.
Oui sans doute , cette colonne assessorale rjui , pendant plus de deux siècles soutint le fardeau des affaires publiques, et qui défendit pied à pied , jusqu'à l'échafaud , notre ancienne constitution , est une des gloires de la Provence. On pourrait dire que Pellicot lut la base de cette colonne et que Pascalis en fut le faîte. En effet , l'un , en 1 556 , fit attribuer à l'assessorat le rang qu'il devait occuper et rjui appela à cette charge tous les hommes distingués du barreau , et l'autre , après avoir rempli les mêmes fonctions avec le plus grand dévouement , paya de sa tête, en 1790, les efforts courageux qu'il tenta pour sauver la constitution provençale du naufrage où elle succomba bientôt après. (1)
Boniface Pellicot lit une chose utile, en revendiquant pour les avocats une place dans les conseils de la ville. Cette lutte des gens d'épée et de robe courte, contre les gens de robe longue est très intéressante. Elle n'eut pas lieu seulement à Aix, les archives de toutes les villes provençales en fournissent plus d'un exemple. Il serait curieux de suivre année par année les élections municipales et de se rendre compte de l'impulsion dilTérente donnée aux affaires de la cilé, suivant qu'il y avait à la tête de l'administration, des avocats, des notaires etdesmédecins,*ou des nobles,
(4) Pascalis. {Etude sur la fui de la Constitution Provençale} , page 284.
des militaires et des bourgeois. Les archives de la commune de Toulon contiennent à ce sujet des détails fort curieux; il m'a paru résulter des documents que j'ai pu consulter que l'admission des gens de robe longue, c'est-à-dire des avocats, dans les conseils de la cité n'avait pas été extrêmement nuisible aux affaires , loin de là. Cependant un préjugé tenace les écarta très-souvent de l'administration communale. L'histoire intime d'une ville aussi ancienne que celle de Toulon , dont les archives municipales remontent au xni" siècle, offrirait un vaste champ aux études de mœurs ; on y trouverait plus d'un enseignement utile.
Mais revenons à l'avocat Pellicot.
Boniface Pellicot, qui était membre de l'Université d'Aix , en sa qualité de Docteur en droit, avait été un des rédacteurs des statuts de cette illustre compagnie. Le 1^' mai 1558, il fut élu primicier ou recteur, dans la chapelle de S'^'-Catherine à S*- Sauveur, où s'étaient réunis, selon l'usage, les doctes électeurs. Son installation fut précédée des formalités assez singulières prescrites par les anciens statuts. Le jour de la Pentecôte , six étudiants désignés par lui , se rendirent en grande pompe et à cheval, précédés du bedeau portant la masse de l'Université, et suivis d'une foule de mimes ou ménétriers également à cheval , chez le révérendissime archevêque
Jean de S'-Romain, chancelier de l'Université (1), chez tous les chanoines , les docteurs , les licenciés endroit, les officiers temporels et spirituels, les nobles et les syndics de la ville , pour leur notifler que le lendemain entre sept et huit heures du matin , le nouvel élu , le révérend seigneur Boniface Pellicot , recevrait les marques de sa dignité à S'-Sauveur. Les mêmes jeunes gens se présentèrent ensuite chez les dames ( fwnestis mulieribus ) , pour les inviter aux danses qui devaient avoir lieu le soir au palais, et à la collation qui leur serait offerte. Ils convoquèrent en outre les frères directeurs des divers couvents de la ville. (2)
Depuis longtemps déjà, à cette époque, la
(i) Le chef de rUniversité portait le titre de chancelier et était élu à vie. Thomas de Puppio , archevêque d'Aix fut nommé chanceUer lors de la première élection en 1414, et depuis lors jusqu'à la Révolution , les archevêques ses successeurs , ont rempli les mêmes fonctions. (Roux-Alphéran. Les Rues d'Aix, t. I. p. 285.)
(2) Voyez pour ces détails, le recueil des statuts de l'Université, imprimés à Aix pour la première fois en 1067 , sous le titre de Almœ Aquarum Sextiamim uniuersitati^ vetn'a et novasatiitu. p. 21, 34 et 30. Voyez également Les Rues d'Aix, t. ler, p. 285, et spécialement pour l'élection de lionifaco Pellicot, les statuts publiés en 1670 : Aliiid Aquanon Sextiarum etc. pages 61 et 66. On lit dans ce dernier recueil (jue le collège fut convoqué le 26 juin 1558, mandato R. P. domijii Bonifaci Pellicoti primicerii.
Provence était en proie aux troubles religieux qui mettaient le pouvoir tantôt entre les mains des protestants tantôt entre celles des catholiques. Le parlement lui-même n'avait pas su résister à ces entraînements ; il prenait parti alternativement pour les uns ou pour les autres , versatilité qui lui était, pour ainsi dire , commandée par les ordres contradictoires venant de Paris. En dernier lieu, cependant, il se dessina trop carrément pour le parti catholique, abandonné en ce moment par la politique de Charles IX , et n'ayant pas voulu réintégrer dans leurs charges les conseillers religionnaires dont les offices avaient été récemment supprimés , il fut suspendu par un édit du mois d'avril 1664.(1)
Il paraît que l'avocat Pellicot , qui par son talent comme orateur , et par la haute position qu'il s'était acquise , aurait pu jouer un rôle dans ces mouvements politiques , eut la sagesse de rester neutre ; car , lorsque la commission royale , composée de 14 membres appartenant aux cours de Paris et de Grenoble, vint à Aix pour exercer la justice, pendant la suspension du Parlement , il fut le seul provençal que l'on appela dans le sein de cette commission pour
(4) Voyez Rouchon, Résumé de Vhist. de Prov. p. 356 ; Cabasse , Essais sur Vhist. du Parlement de Prov. t. i. p. 190 et tous les historiens.
prendre part , en qualité de Procureur général , à sa mission difilcile et délicate.
Cette exception qui fait le plus grand honneur au caractère de Pellicot , est signalée par tous les historiens de Provence , avec des paroles d éloges pour le célèbre avocat. Honoré Bouche, que l'on aime à citer , car il est peu d'écrivains aussi bien informés et aussi consciencieux que lui , raconte ce fait dans les termes suivants :
M Deux iours après, le li auril, les nouuaux
» officiers avec leur robbe rouge assis en la place
» des anciens firent lire tout haut, et à huis ouvert
» en la salle de l'audience , ces patentes de suspen-
)) sion, au grand élonnement de tout le monde. Ils
» firent aussi lire les ordonnances et prêter le ser-
» ment aux aduocats et procureurs à l'accoutumée.
» Et estant entrez dans la chambre du conseil ,
» mandèrent venir Boniface Pellicot , aduocat très-
» fameux , à qui ils commirent par prouision , ius-
» que à ce que par le Boy ou par la cour en fut
» autrement ordonné , l'office et la charge de Pro-
» cureur Général, pour l'exercer tant en ce (l'ii
» regardait la conseruation du di'oit royal, qu'aux
« réquisitions nécessaires au buMi de son service, et
» à l'administration do la iuslire: luy défendant
» p;u*licnliénMn(Mil de plaider en laueur d'aucune
» sorte de personnes, qiiov (juils luy permissent de
» consulter et d'écrire es causes où sa charge ne » recevrait aucun intérêt. (1) »
Nostradamus dit la même chose , mais dans un style plus naïf encore , et rappelant l'interdiction de plaider qui avait été faite à l'avocat Pellicot , devenu Procureur général , il ajoute : « Ce personnage n'eût » plustôt donné le serment en tel cas requis , qu'il » receut défense expresse d'ouvrir sa bouche , ny » d'employer sa langue qu'il auait merueilleusement » bien pendue , durant sa charge en faueur d'au- » cun plaidant; combien qu'il luy fut permis de » consulter et d'escrire, si bon luy semblait es causes » et matières , où la majesté qu'il représentait ne » recevait nul intérêt. (2) »
Le Parlement provisoire montra une grande modération , et fit des règlements qui , par leur sagesse , méritèrent l'approbation générale. (5) Le Procureur général Boniface Pellicot , familiarisé avec les mœurs du pays , fut un guide éclairé et prudent pour ses collègues et les empêcha de faire fausse route dans la mission délicate qu'ils avaient acceptée. Lui-même se signala par une grande impartialité dans l'exercice
(4) Hist. de Provence, t. ii, p. 646.
(2) Histoire et Chronique de Provence de Cœsar de Nostradamus viiie partie, année 4566, page 1075.
(3) Cabasse. Essais sur Vhist. duParlem. t. i, p. 496.
(Je ses (lifliciles lonctions (1). el lorsque six mois après l'ancien Parlement étant rétabli . il dut céder la place au Procureur général Rabasse , on comprit que le jour où il voudrait entrer détlnitivement dans la magistrature , les portes du Parlement lui seraient ouvertes à deux battants. Plus tard, en efTet , il y fut admis. En ce moment, non-seulement il n'y avait pas de vacances, mais aussi il désirait travailler encore pour laisser une fortune considérable à ses enfants. Sa famille s'était augmentée. Marié en secondes noces avec demoiselle Catherine Fabri , il en avait eu trois enfants, un garçon nommé Jean, et deux filles : Marguerite et Anne. De son premier mariage avec Anthonie de Guigonnesse, il ne lui restait qu'une fille nommée Madeleine.
Boniface Pellicot continua à exercer la profession d'avocat. La position qu'il venait d'occuper . l'estime qu'il s'y était acquise par sa conduite prudente , augmentèrent la considération dont il jouissait déjà , et sa clientèle, suivant la même progression, il devint très recherché. C'est alors , sans doute, qu'entouré déjeunes avocats , qui travaillaient avec ardeur sous un tel maître, il dut prendre une situation tout exceptionnelle dans le barreau et conquérir cette immens(» réputation dont son petit neveu Rornnrdin
(\) Ilist. tuaindicritr du Parlcivcnt. \). 37*2.
Pellicot paraît ébloui et si justement orgueilleux , quand il dit, dans son journal, que : « cet excellent » personnage , l'oracle de son siècle , donnait de Vadmi- » ration aux auditeurs. » La postérité a, du reste, confirmé ce jugement. L'auteur de la Statistique du Var , M. Noyon, après avoir rappelé que Boniface Pellicot fut regardé , à l'époque où il vivait , comme l'aigle du barreau de Provence, ajoute : « on a dit, 3> avec trop d'exagération sans doute , que ses plai- » doyers et ses mémoires feraient honneur aux plus » grands orateurs de l'ancienne Rome. (1) »
Au milieu de ce tourbillon d'affaires dans lequel il vivait , Boniface Pellicot trouva encore le temps de se consacrer à la défense des intérêts publics. En 1571 il était nommé de nouveau assesseur de la communauté d'Aix , et s'occupait avec dévouement de l'administration de la cité. (2)
Peu de temps après , jugeant sans doute que sa fortune avait atteint un chiffre assez élevé pour assurer l'indépendance de ses enfants , Boniface Pellicot, abandonna le barreau. Il fut pourvu, le 12 mai 1573 de l'office de conseiller au Parlement, vacant par le décès de Claude de Panisse , et le trois décembre de la même année il était élevé à la charge
(1) Statistique du Var, page 489.
(1) Hist. de la ville d'Aix. par Piton, p. 147.
de président à mortier , en remplacement de Louis Puget qui venait de mourir. (1)
A peine installé dans ces hautes fonctions , Boniface Pellicot fut chargé de plusieurs missions qui témoignent de la confiance que le roi avait en lui. Ainsi le 5 janvier 1574 (il avait été reçu président le 5 décembre 1575) . il fut désigné par lettres patentes pour aller avec Jean Trouchon , premier président au Parlement du Dauphnié et divers autres magistrats , faire exécuter l'édit sur la levée des droits de franc-fief. (2)
L'année suivante , le roi ayant voulu étendre à Grasse la faveur d'avoir un] siège de sénéchal , qui n'avait été accordée en principe qu'à Draguignan, à Digne , à Forcalquier et à Arles (5) , il fut commis par lettres du Tl janvier 1575, pour installer les nouveaux officiers. (4)
Le Président Pellicot fit partie en 1578 d'une députation que Gaufridi qualifie de célèbre et qui eut lieu en effet dans de graves circonstances.
(1) Reg. Lucerna, f. 419 et 46-4. Iliat. manusc. du Parlement, p. 629, 722, 724.
(2) V. Les lettres patentes aux archives de la Cotii- des Comptes, lor ni'g, du Roi. f. 29. v. arni. A.
(3) 15:^.'). (JArKRini. Hist. de l^rov. [>. 4,'U.
(4) Almanacli de Provence, pour l'aniK^e 1770, p. UX).
La Provence était déchirée par deux partis , qui en venaient aux mains à chaque instant : les catho- Uques, ayant à leur tête le comte de Garces , d'une part, etdeTautre, les protestants, protégés par le maréchal de Retz , Gouverneur de Provence. L'exécution de l'édit de pacification récemment rendu (septembre 1577) , était le prétexte de ces dissensions ; mais la véritable cause des troubles avait sa source dans la rivalité qui existait entre les deux chefs de parti. Le maréchal de Retz était jaloux de l'influence que le comte de Garces avait su obtenir et ce dernier, qui avait eu pendant longtemps le gouvernement de la Provence en l'absence du titulaire précédent (le comte de Tende) , ne pouvait se résigner à n'occuper que le second rang. De là des tiraillements et des froissements de part et d'autre. Le maréchal de Retz, fatigué de cette lutte et voyant que la noblesse prenait fait et cause pour le comte de Garces , résolut de se retirer ; mais au lieu de laisser le champ libre à son adversaire , il traita de son gouvernement avec François delà Baume, comte de Suze , et le roi ratifia cet arrangement. (1)
Les catholiques ne furent pas satisfaits de cette solution ; Garces surtout se montra très humilié de voir arriver un gouverneur dont la noblesse était,
(1) AuG. Fabre. Hist. de Prov. p. 224. G\UFRIDL Hist. de Prov. p. 573.
selon lui, inférieure à la sienne. Il persuada aux Provençaux qu'ils ne devaient obéir qu'à un Prince du sang , et que le duc d'Angouléme , frère naturel de Charles IX , Grand-Prieur de France , qui venait d'être chargé de remplacer provisoirement le maréchal de Hetz, était seul digne de commander dans une province aussi importante.
Dès que Ton apprit que le comte de Suze était en route et qu'il venait prendre son gouvernement , Carcès et le Grand-Prieur s'éloignèrent d'Aix. Le Grand-Prieur remit le gouvernement entre les mains du Parlement et se retira à Marseille. Le comte de Carcès alla s'enfermer à Salon avec des troupes. (I)
Les États et le Parlement comprirent (jne l'arrivée du comte de Suze serait le signal de nouveaux troubles. On résolut de lui envoyer une députation pour le prier de différer son entrée en Provence, jusqu'au moment où le roi aurait répondu aux supplications du pays et aux remontrances du Parlement. Le Président Pellicot partit avec le Président Coriolis et deux conseillers. Leurs instances furent inutiles. Le comte de Suze qui venait d'apprendre l'insuccès des démarches faites auprès du roi , déclara qu'il allait se diriger sur l;i Provence avec des forces redoutables, et qu'il sauiail bien ramener à l'obéissance les
(1) CixuFRiDi. page 575.
sujets rebelles. Cependant il consentit à demeurer huit jours encore à Avignon , où il se trouvait en ce moment.
Le 8 novembre K)78 , le comte de Suze faisait son entrée à Aix. U ne tarda pas à reconnaître la sagesse des observations qui lui avaient été faites par les présidents Pellicot et Coriolis ; et malgré les efforts du Parlement qui s'employait avec un grand zèle au rétablissement de la concorde, la guerre civile, que l'on avait voulu éviter, éclata de toutes parts. Bientôt les C ar cistes , aux prises avec les Razats , (1) remplirent la Provence de meurtres et de ravages. Les carcistes vinrent attaquer le comte de Suze presque dans la capitale de la Provence, et les habitants d'Aix, excités par les partisans du comte de Carcès, forcèrent le nouveau gouverneur à s'éloigner. Il prit la fuite le 14 janvier 1 579, et courut de grands dangers.
Par suite de ce départ le gouvernement de la province incomba au Parlement , qui crut devoir
(1) Papon. Hist. deProv. t. iv, p. 429. On appelait Carcistes les partisans du comte de Carcès, et Razats les protestants qui avaient d'abord reconnu le maréchal de Retz pour chef. On dit que ces derniers s'appelaient ainsi du nom de M. de Retz, d'autres rapportent que cette désignation leur avait été donnée parce qu'ils étaient dépouillés, rasés et en provençal Razats. AuG. Fabre, Hist, de Prov. t. m, p. 224.
assembler les Étals. Il les réunit à Lambesc le 22 février 1579, sous la présidence de Coriolis et de Pellicot, assistés des conseillers Somatet d'Arcussia, et du procureur général Piolenc. Celte assemblée après avoir longuement discuté sur les moyens les plus propres à ramener la tranquillité, délibéra d'envoyer une députalion au comte de Carcès, pour le prier de faire cesser les troubles en modérant le zèle aveugle des catholiques. Les présidents Pellicot et Coriolis furent mis à la tête de cette députalion , qui se rendit , le 25 février , à Salon , où se trouvait le comte de Carcès. (1)
Tout en se montrant très flatté de la démarche qui était faite auprès de lui , et en protestant d'une manière générale de son désir de concourir au rétablissement de la paix , le comte de Carcès ne voulut rien i)romeltre de précis. Avant tout il fallait donner satisfaction aux catholiques et aux ennemis du comte de Suze. Le gouvernement de la Provence fut donc retiré au comte de Suze , qui déjà s'était désisté en prenant la fuite. Le duc d'Angouléme, Grand-Prieur de France le remplaça. Le nouveau gouverneur dont les provisions furent vériliées au Parlement le 12 juin 1571), fit son entrée à Aix le 25, accompagné des principaux seigneurs do la l»rovince.
(i) Papon. Hist de Pt'ov. t. i\, 1'. '2i>'.
Pendant ces troubles le président Pellicot n'avait pas cessé d'user de son influence personnelle pour pacifier les esprits à Aix, notamment lorsque le cardinal d'Armagnac , envoyé par le roi , vint dans cette ville pour essayer de concilier les deux partis. « Les présidents de Lauris et Pellicot , dit l'historien » Pierre Louvet , apaisèrent les affaires aigries , et » ceux que la populace ombrageait s'en retournè- » rent en leurs maisons. Le vendredi saint, 19 » avril , le cardinal partit de Lambesc , se rendit » dans Aix, accompagné des sieurs présidents de » Lauris et Pellicot, le peuple les receut avec » joye. (1) y>
Le président Boniface Pellicot mourut à Aix , le 14 août 1 585. (2) Peu de temps après , le roi fit don à ses trois enfants du second lit : Jean, Marguerite et Anne, par lettres patentes du 8 mars 1 586 , d'une somme de deux mille écus, en considération, y était-il dit , des services rendus par le président et par ses prédécesseurs. (3) Sa fille du premier lit , Madeleine,
(1) Hist. des troubles de Provence^ ire partie, p. 334.
(2) Cette date est relatée dans l'ordonnance du 8 octobre 1668 qui déclare nobles les descendants du président Boniface Pellicot.
(3) Ces lettres, en date du 8 mars 1586, furent enregistrées à la Cour des Comptes le 14 juin suivant. Reg. Discordia^ folio 113, vo. Elles sont visées dans l'ordonnance de maintenue de noblesse précitée. Le roi, fit ce don : « En considération des
n'est pas nommée clans ces lettres. Elle n'est pas comprise dans le don royal parce que , sans doute , le rang qu'elle occupait fit supposer ([u'elle n'avait nul besoin de secours. Elle avait épousé, enefTet, le 27 juillet 1570 , Honoré d'Agoult, seigneur de Rognes , riche gentilhomme appartenant à une des premières familles du pays. Le président avait constitué à sa lille , le jour du mariage une dot de 6,000 livres d'or, et 1000 livres de hardes. (l)
Les autres enfants du président recueillirent des biens assez considérables. En outre, le jour même de sa mort il déclara, par un acte dont j'ai la copie authenthique sous les yeux, vouloir résener à sa fille Marguerite , une dot de 2000 écus d'or . soit (JOOO livres, somme égale à celle qu'il avait donnée à Madeleine. (2)
» services rendus à nous et aux rois nos prédécesseurs, audit » état de président, et par ses prédécesseurs, afin que ses » enfants ac ressentent de sea talents, vertus, et qu'ils puissent » s'établir. » — Déjà en 1575 et par lettres patentes enregistrées au Reg. libra^ folio 306, le roi lui avait accordé une pension de 200 livres flor. sur les amendes. Au registre Cometa n« r2, folio 172, il y a encore une pension de 2(^) livres en faveur de Boniface Pellicot pour le travail extraordinaire qu'il a fait à la Tourndle.
(1) Notaire Barrili, folio 1122.
(2) Extrait des registres des insinuations du sit'ge d'Aix. de 1585, folio 705.
Cette demoiselle Marguerite qui élait née le 2 juin 1566 , (1) épousa le 28 septembre 1585, c'està-dire deux mois après la mort de son père , messire Annibal de Grasse, comte du Bar. Le mariage allait probablement se conclure lorsque le président mourut, et c'est ce qui explique la constitution de dot qu'il dicta et signa quelques heures avant son agonie. (2)
Anne, seconde fille du président, était née le 1" mars 1564 (3), elle se maria avec l'avocat Martelly.
Jean, dernier enfant du président, naquit le 17 juillet 1570, et fut baptisé à S'-Sauveur, il assista , le 28 septembre 1585 , avec Catherine de Fabri, sa mère , avec Anne et Marguerite , ses sœurs , à l'inventaire des biens de son père , dressé par le notaire Chavignot. (4)
Madeleine, fille du président Pellicot et d'Anthonie Guigonnesse , eut de son mariage avec Honoré-Vincent d'Agoult , seigneur de Rognes , un fils nommé Bernard d'Agoult , qui mourut en 1 588 , et une fille nommée Julie, qui fut mariée le 5 janvier 1597 à
(1) Elle fut baptisée à St-Sauveur.
(2) L'acte de donation est du 14 août 1585, jour même de sa mort.
(3) Baptisée à St-Sauveur.
(4) Folio 1006 du registre de ce notaire. Jean est qualifié Ecuyer dans cet acte.
Henri de Raphélis, seigneur de Gourmes. Par suite de la mort de Bernard et des dispositions testamentaires de Madeleine sa mère , les terres de Rognes , de S'-Martin et de S*-Paul , ainsi que les autres biens de cette famille parvinrent cà Henri de Raphélis , époux de Julie. (1)
Madeleine fit son testament le 12 mai 1620. Elle déclare par cet acte qu'elle désire être enterrée dans le tombeau de son père à l'Observanc-e , devant le grand autel. Elle fonde une messe à perpétuité lejour des Morts, et deux messes également à perpétuité, qui devront être célébrées toutes les semaines, les lundis et vendredis , à Téglise de S'-Sauveur , autel de la Madeleine ; elle fait un legs à son neveu Pierre de Pellicot , fils de Jean , et constitue pour héritière universelle sa fille Julie d'Agoult , dame de Rognes.
Marguerite , fille du Président et de demoiselle de Fabri , avait épousé Annibal de Grasse , comte du Bar ; mais ce mariage ne fut pas heureux , il y eut séparation. Par son testament en date du 20 mai 1614, elle laisse à sa sœur Anne de Pellicot. tous
(1) Voyez pour la famille Vincent d'Agoult de Rognes, le Nobiliaire de Provence do Robert, t. 1, p. 240, et pour celle de Raphélis de (iournies, les Ihics d'Aix, t. !•"'", p. 488 et (. ii. p. 401.
ses biens, sauf un legs en faveur de Boniface-Jean , son fils et celui dudit comte de Bav. (i)
Anne , sa sœur, n'est connue que par son mariage avec M. Martelly, avocat de mérite.
Jean de PelUœt , seigneur de S'-Paul , leur frère, était né en 1570 , il épousa le 25 mars 1590, à lage de vingt ans demoiselle Margueritede Gravier, dont il n'eut qu'un fils nommé Pierre.
Pierre de Pellicot , sieur de S'-Paul , officier distingué , fit plusieurs campagnes. Il se maria à Aix , le 20 mars 1630, avec demoiselle Marguerite do Valbeche. En 1G34, il fut nommé second consul d'Aix. (2) En 1656 , cette communauté lui confia le commandement de 6 compagnies d'infanterie qui prirent part à l'attaque et à la reprise des îles de S'^-Marguerite et de S^-Honorat occupées par les Espagnols. (3) Il fut élu consul pour la seconde fois,
(1) Cet acte fut enregistré au greffe d'Aix le 20 janvier 161 G. Il paraît que Annibal de Grasse , comte du Bar , avait plaidé en séparation et avait même cherché à décliner toute paternité à l'égard de cet enfant. — Testament du 11 juin 1607. Xot. Olitrani, à Aix. folio 458 du reg. de ce notaire.
(2) Hist, d'Aix. p. 151. Le titre de deuxième consul est relaté dans la déclaration de noblesse.
(3) La lettre missive par laquelle les consuls confient ce commandement à Pierre Pellicot, est visée dans l'acte de déclaration de noblesse. — Voir aussi l'Histoire manuscrite du Parlement^ t. ii, p. 172.
en 1049 et nommé majur li'un régiment qui devait protéger le Parlement pendant les troubles suscités par TEdit des Semestres. (1)
Par une ordonnance en date du 6 octobre 1668 , rendue par les commissaires députés pour la vérification des titres de noblesse en Provence, Pierre de Pellicol , petit fils du président Boniface , fut délaré noble cl issu de noble race et lignée; la même ordonnance déclara que : « Lui et sa postérité jouiraient » des privilèges des nobles et qu'ils seraient mis et » insérés par noms , prénoms et armes , dans le car. talogue des nobles suivant la déclaration de Sa » Majesté. (2)
Pierre de Pellicot eut pour héritier son fils Boniface, qui fut recteur de l'Université d'Aix en 1 672 , (ô) et deuxième consul de cette ville en 1682. (4)
(-1) Voyez le récit de ces événements dans les Histoire de Provence, et notamment dans l'ouvrage de M. Cabasse sur le Parlement, t. 2, p. 315.
(2) Voyez aux pièces justificatives, l'extrait de cette ordonnance qui fut vérifiée à la Gourdes comptes le 2 juin. — Rcij. des syndics de la noblesse, folio 604. Cette déclaration est rapportée dans Boniface, t. icr, liv. m, titre vi, chapitre ii. p. 21>1.
(3) Catalogue de l'Université. -- Certificat délivré par le recteur, du 28 mai 1788.
(4) Hist. d'Aix, p. 151. Nobiliaire de Provence, par lahbé Robert de Briançon. —t. ii. j). 448.
Boniface ne laissa pas d'enfant mâle ; ses biens et la seigneurie de S^-Paul passèrent , par alliance, dans la famille d'Arquier. Ainsi s'éteignit la branche des Pellicot issue du Président.
(fartroil de larbn 9»i<iilo9iji,. lit la famille PelliMI)
Noi.lo Mi' AXTOINE PELLICOT
Mailn ralioiial S la Chambre des Comptes
M, M' JEAN PELLICOT
Né a Aix en 1537. — Docteur en droit en 1558. — Juge royal du Palais
a Marseille en 1558. — Marié le 21 novembre 1559iM"'Douce Fayet.
Nommé Ji:>o ï Lambesc le 5 août 1561. — Assesseur d'Aix en 1565 — Conseiller
à la Séuécbaussée d'Aix le S7 février 157Î.
Auteur de livers ouvragos et notamment du premier qui fut imprimé a Aix, eu 157t.
Mort en février 1584.
HONORADE DE PELLICOT Mirii^e Ie9 avril 1578 i Jean Roux,
MARGUERITE DE PELLICOT
n'>e le 30 janvier 1577.
Mariée le lî février 1594
:i Pii'irr Morin do Marseille.
BONIFACE DE PELLICOT né à Aix le 18 février li66.
Docteur en droit enlb'JK
DENIS DE PELLICOT marié le Î3 octobre 1588 à Marguerite d'Arguier — sans postérité.
Laisse ses biens h son frère
Itoiiifaop le 20 si'plomhre 1595.
J. -FRANÇOIS DE PELLICOT
né le Î3 mars 1661.
Heligieux de l'ordre des Augustins
donne ses biens il son frère
Bmiiface le S6 août 1591.
JOSEPH DE PELLICOT
né le j juillet 157Î
ssns postérité.
FRANÇOIS DE PELLICOT
110 le 30 novembre 1884.
Mario le 4 février 1610, à Anne
do Revpsl de Marseille.
Oïl
E. DE PELLICOT
né a Seillans ' le 8 octobre 1664 Conseiller du roi maire de Seillans le SI août 1690 marié deux fois.
bi