‹ Histoire d'une collaborationChapitre 18 sur 34 · FOUGÈRE · texte numérisé non relu

FOUGÈRE

Chef de la composition à celte époque, je certifie que le feuilleton du jour a été composé sur la copie de M. Maquet,

23 Janvier 1808.

TOIVENELLE.

Timbre postal : 23 Janvier 1808.

M. Maquet, 12, rue de Bruxelles.

Il faut avouer que l'homme susceptible de reconstituer tout un feuilleton au pied levé le

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portait évidemment tout entier dans son cerveau, qu'il l'avait primitivement conçu et écrit ; il aurait été incapable, en changeant seulement c( une trentaine de mots x», de pouvoir le reproduire au courant de la plume avec cette fidélité.

D'ailleurs Dumas ne reconnaissait-il pas très loyalement cette paternité de Maquet, lorsqu'il écrivait : <( Vous inventez tous les jours. »

A propos du Vicomte de Bragelonne, je retrouve cette note de Maquet qui relate un amusant anachronisme fait par Dumas dans un développement ajouté par lui à la hâte au moment d'envoyer le feuilleton :

SIECLE j4 mars 1849.

Vicomte de Bragelonne

Il y a eu duel, on veut le cacher au roi Ixiuis XIV. On lui fait accroire que les coups de feu tirés ont été tirés à l'alTiU.

— A l'airùt de quel animal! (demande le roi.)

— Du sanglier, Sire.

— El quelle idée a eue Guiche d'aller comme cela tout seul à Tallût du sanglier P... U avait donc eu connaissance de la bete ?

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— Oui, Sire. Des paysans l'avaient vue dans leurs pommes de terre.

Le lendemain, lettre de Maquet à Dumas :

Cher ami, est-ce possible? Pommes de terre! sous Louis XIV ! et la Heur de Parmentière à la boutonnière de Louis XYl ')

Aussi M. Dumas fît-il rectifier, et on lisait dans le Siècle (le i5 mars 1849) •

Par une erreur de copiste une faute s'est glissée dans notre feuilleton d'hier ; au lieu de pommes de terre, lisez : pommes d'amour.

Mais le roman est suspendu faute de copie, ce qui place le Siècle dans un cruel embarras. Aussi Louis Perrée, le directeur-gérant, s'adresset'il à Maquet directement pour obtenir de lui qu'il écrive la fin du Vicomte de Bragelonne. Mais Maquet, pour donner à un des derniers chapitres sa véritable couleur historique, avait voulu auparavant visiter le château de Vaux.

Louis Perrée, tout en comptant sur le zèle de Maquet pour achever le roman, avait répondu au sujet du château de Vaux :

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Journal a LE SIÈCLE » 20 août i849-

Louis PERRÉE, directeur-gérant

Mon cher Maquet,

Les jours passent, et je ne vois rien venir. Je me suis cependant expliqué assez franchement avec vous pour pouvoir compter sur votre empressement à nous livrer la fin du Vicomte de Bragelonne. Fixez-moi, je vous en prie, un jour qui nous permette d'annoncer la reprise d'une manière positive.

Je me suis occupé de la permission que vous désirez pour visiter le château de Vaux; il faudrait vous adresser à M. Cenac, ancien chef de division au ministère du commerce, qui est actuellement chargé des affaires de la famille Sébastian!. M. Cenac demeure rue de Monsieur, n" 2. La famille tient surtout à ce qu'on n'exploite pas dans la publicité la triste célébrité qui s'est attachée à cette propriété depuis la mort du duc et de la duchesse de Praslin. J'ai dit qu'il ne s'agissait pour vous de visiter le château et le parc qu'au point de vue des souvenirs historiques du temps de Fouquet. On m'a dit qu'en le disant, vous obtiendriez sans peine l'autorisation que vous désirez.

Voilà, mon cher Maquet, le résultat do mes démarches. Prouvez-moi, vous aussi, votre bonne

volonté eu m'euvoyant de la copie, beaucoup de copie, et surtout le nioi fin, après lequel je soupire. Mille amitiés.

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