‹ Histoire d'une forteresseChapitre 28 sur 70 · LE CHAT · texte numérisé non relu

LE CHAT

inclinées et couvertes de terre et ' de matelas mouillés, laissaient glisser à droite et à gauche les pierres, poutres et barillets. Des gens postés dans le chat, avec de longues fourches, repoussaient au loin les projectiles incendiaires pour qu’ils ne missent pas le feu aux parois de la galerie. Celle-ci résistait donc, malgré les efforts de l’assiégé; les mineurs, protégés par son toit, s’attachèrent au pied de la muraille.

La nuit suivante, le baron Guy.résolut de faire une dernière tentative pour incendier le chat. On entendait le travail des mineurs. Sous la porte B1 de la baille, il existait une bouche d’égout qui rejetait les eaux pluviales de la cour dans le fossé. Cette bouche avait été en grande partie murée au moment où l’ennemi s’était présenté devant la place. Le tablier du pont, en tombant, l’avait d’ailleurs masquée aux assiégeants. Le baron la fit démurer sans bruit, avec des pinces ; et quand l’ouverture fut assez large pour permettre à un homme de passer, il choisit trois gaillards déterminés qui, avec frère Jérôme, se glissèrent dans le fossé. Montant en rampant sur le remblai qui portait le chat, ils glissèrent sous sa galerie deux barillets de feu grégeois. Allumant les mèches à l’aide d’une préparation que le frère portait dans une boîte, ils se retirèrent comme ils étaient venus -, la bouche de l’égout fut de nouveau murée.

Du haut des tours voisines, les assiégés eurent alors la joie de voir les barillets répandre des gerbes de flammes blanches qui, s’attachant aux bois de la galerie, y mirent le feu.

Plus les assiégés jetaient de l’eau sur ces flammes, et plus elles prenaient d’intensité-, ils apportaient du gazon, de la terre. Du rempart, les gens du château recommen-

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