‹ Histoire d'une forteresseChapitre 27 sur 70 · Voyez la figure · texte numérisé non relu

Voyez la figure

n’était pas inutile, car les Bourguignons envoyèrent bientôt sur ces hourds, avec leurs arbalètes à tour, des traits garnis d’étoupes trempées dans du goudron et enflammées. Les assiégés, armés de perches auxquelles étaient attachés des morceaux de couverture mouillés, éteignaient ces projectiles sans trop de peine, car cette flamme n’avait pas l’intensité du feu grégeois et ne s’attachait pas au bois. Parfois même les étoupes s’éteignaient pendant le trajet.

Les trébuchets des assiégés furent montés en douze heures et commencèrent à projeter des pierres de soixante et cent livres sur la barbacane occupée par l’ennemi, et même au delà, ce qui le gênait fort, car, ne voyant pas les engins, il ne pouvait, avec les mangonneaux qu’il avait établis sur les terrasses, les contre-battre qu’au jugé, et tous les projectiles passaient bien au-dessus de la tête des défenseurs. Pendant trois jours la situation de part et d’autre ne changeait pas-, cependant les Bourguignons étaient parvenus à combler le fossé à la gauche de la porte de la baille, et ils avaient tant lancé de pierres avec leurs mangonneaux contre les hourds des tours voisines, que ces défenses de bois tombaient en pièces ; mais en arrière, les crénelages de pierre demeuraient intacts, et les défenseurs étaient encore parfaitement abrités derrière leurs nierions, d où ils envoyaient force carreaux d’arbalètes et traits d:arc.

Quand le fossé fut comblé (3o mai), le chat s’avança roulant sur des madriers en passant entre les deux terrasses, par la brèche de la barbacane. Puis, le remblai du fossé ayant une inclinaison vers la courtine, le chat vint de lui-même frapper son museau ferré contre la muraille (fig. 42).

Aussitôt les assiégés jetèrent sur son toit à double pente d’énormes pierres, des poutres, des barillets de feu grégeois. Mais ce toit était solidement ferré; ses pentes, très-

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