LA VIEILLE PORTE NORD BATTUE PAR L’ARTILLERIE A FEU
donnant au-dessous du front de l’abbaye à l’Ouest, et, filant le long des remparts, attaquerait vigoureusement le cavalier C1, la batterie A, enclouerait les pièces et ferait tout le dégât possible. Elle devait se retirer par la même voie, sous la protection des remparts de l’Ouest.
Messire Charles d’Amboise était un homme de guerre trop expérimenté pour ne pas profiter de ses avantages. Il savait que le succès final, surtout dans les sièges, est acquis à celui qui ne laisse pas de repos à l’ennemi et qui ne s’endort pas sur un premier avantage. Le front du Nord de la place était réduit à l’impuissance ; mais, en une nuit, un bon gouverneur de ville peut accumuler bien des obstacles, trouver cent chicanes et singulièrement gêner l’attaque définitive. Charles d’Amboise avait donc résolu, vers six heures du soir, de faire porter des fascines par un millier d’hommes, dans le fossé, à quelques toises de la grosse tour du coin G, et de tenter une échelade, pendant que les pièces, battant cette tour, tireraient au jugé et empêcheraient les défenseurs de couronner de nouveau la plateforme. Il avait reconnu l’embrasure du flanc de cette tour qui enfilait le fossé, et il avait commandé une vingtaine d’hommes, munis de matelas et de pièces de bois pour la masquer. Quant à la fausse braie, elle était en pièces et ne pouvait présenter un obstacle sérieux.
Le sire de Montcler n’était pas sans redouter une attaque de nuit ; mais il comptait prendre les devants et agir avant que cette attaque se dessinât : « Quoi qu’il advienne, avait-il dit à ses troupes commandées pour les sorties, agissez suivant vos instructions, ne vous laissez pas détourner par une tentative d’assaut, au contraire, exécutez rigoureusement les ordres donnés. Nous sommes encore assez nombreux pour soutenir une attaque. »