‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 21 sur 48 · î HISTOIRE D'UNE FOR T EH ESSE · texte numérisé non relu

î HISTOIRE D'UNE FOR T EH ESSE

tes, frère Jérôme plaça dans la poche de la pic-mère bandée un barillet muni d'une mèche et, en donnant l'ordre de décliquer la verge de l'engin, il mit le feu à la mèche avec un charbon tiré d'un récha.id Lslkiir.é '■.■■.;.'[■;.■;.

En sifflant, l'extrémité de la verge traça un arc de feu et le barillet s'échappa en laissant derrière lui une longue traînée lumineuse ; il frappa la tour de bois et, se brisant, répandit une gerbe de flammes blanches qui semblaient s'aCiiTclsL't' ,tuv diarpe:u;s. L'engin, ba/idé de nouveau, envoya un second barillet et un troisième. I -a tour de bois ressemblai; :ibrsà une fournaise (iig. 40).

Grand fut l'émoï dans le poste des assiégeant? et, des rciiip;iri-,li-sdé'(.'ii-.eu:'s puuvi:ie;n enlaidie leurs cris. Profitant de ce trouble, Anseric se lit ouvrir la barrière des lices, ci, suivi de Jeux cents homme-, se dirigea au pas de course sur la contrevallation, franchit la porte du milieu qui était à peine gardée, et tourna sur sa gauche, longeant l'intérieur du terrassement ennemi.

Les lîourg irions s'étaient portés vers la tour pour essayer d'éteindre l'incendie. Les assiégeants se ruèrent sur ces gens en désordre, la plupart sans armes.

Le baron Guy était sorti aussi avec une deuxième troupe pour protéger la retraite de son neveu. De l'abbaye, le duc entendit les clameurs, vit le feu, et donna aussitôt ['ordre de marcher en avant.

Mais pendant ces dernières heures de la nuit, les hom-

le poste de guet de la contrevallation. Il put donc rentrer dans les lices au petit pas et sans avoir perdu un seul de ses combattants; que loues- uns seulement étaient blessés.

Le jour parut pour montrer au duc les re^t:; fumants d'une de ses tours.

HISTOIRE D'UNE FOBTEHE55E.

Cette sortie exalta le courage des assiégés ; aucun d'eux, si ce n'est ceux qui avaient fait la guerre outre-mer, ne connaissaient les effets du feu grégeois. Ils se considéraient dès lors comme invincible.;. C'était bien là-dessus que comptait le baron Guy en combinant celle altaquc, qui n'avait au total, pour les assiégés, qu'un résultat insignifiant. .

A la place de la tour de bois brûlée, le duc fit élever ur.c terrasse, composée de clayonnages et île gazon, sur laquelle fut placé un bon plancher de poutres pour recevait- un trébuchai qui bannit les lices ut allemand presque la bai'bacLHie. Puis, une autre terrasse, au milieu même du front de la conlreva liât ion avec un mangonneau dont les projectiles tombaient en plein dans cette barbacanc. Les assiégé-) contrc-bniniient ces engins avec le premier trébuche: et avec un autre dressé dans la barbacanc:. De part et

la verge de IV.igin opposé, ils se gavaient. Les assiégea ms tlargirent la terrasse centrale et alors purent y installer trois mangonneaux qui parvinrent à briser entièrement le trébuche: des assiégés installé dans la barbacanc, les palispalissades indéfendables et les crénelages suffisamment détruits, l'assaut fut ordonné (a5 mai).

D'abord, couverts par desmanteleis ou leurs payais, les archers et arbalétriers s'avancèrent jusqu'à soixante pas de la barbacanc, formant autour d'elle un arc de cercle, ies archers en avant, les arbalétriers derrière. Sitôt qu'un défenseur se montrait sur le chemin de ronde, il était touché. Ccus-ci, garantis comme ils pouvaient par les débris des nierions et par leurs pavois, ripostaient de leur mieux, mais sans succès, car ils étaient fort gênés. Ne voulant

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pas risquer la vie de ses hommes Inutilement, Anseric les fil coucher à plat-ventre sur la chemin de- ronde pour être prêts au momctii de l'assaut.

Deux troupes de Bourguignons s'avancèrent alors munies d'échelles à crochets et de planches qu'ils Jetèrent sur le peut fossé de la palissade. Quelques hommes déterminés la détendirent; niais elle était tellement prisée par les projectiles, que ses défenseurs dorent l'abandonner. Alors une

uens du château parvenaient à décrocher les montants et précipitaient les assaillants en bas; d'autres, se servant des débris des trierions, les écrasaient. Ceuï de ces assaillants qui parvenaient jus.ju'à la crête étaient reçus à coups de fauchards, d'épicu* et de leviers.

Le pied de la barbacane était déjà couvert de morts et de blessés, de débris d'échelles et de pierres. Des tours de la porte de la baille, de bons arbalétriers, bien abrités, touchaient la plupart de ceu\ îles assaillants qui parvenaient à enjamber les restes du parapet. L'assaut, trois lois renouvelé, fut trois fois repoussé, avec des perles considérables chez les Bourguignons. L'assaillant avait brisé la porte de la barbacane; mais le baron, voyant qu'on ne pouvait défendre les lices, avait fait barricader Cette porte en ne hissant. qu'une étroite issue pour permettre aux derniers combattant .les palissades de rentrer, Sii<": ceux-ci eu dedans, des chevrons, des tonneau.'; furent accumulés contre cette porte. Sur ce liane, les assaillants étaient e\p'.y.Cù ptvjec.iLs lancés des tours et courtines de la baille. Ils parvinrent cependant à établir des mantelets pour se protéger, et jetant du soutre et de la résine sur ces débris de la porte, ils y mirent le feu. L'incendie se communiqua à la barricade; mais les défenseurs y apportaient ik débris de bois, et la nuit vint sans

que l'ennemi eût pu occuper l'ouvrage. Il n'eu resta pas moi:i-. installé autour Je la Lv.'bacane, se menant à couvert derrière des fascines et dus mantelcts, ut a^aimulaiu contre ses murs Jjs ti':>:ic< d'arbre-, des meutes de gazon, des paillasses prises dans les maisons isulées. pendant qu'un trébuchet ne cessait d'envoyer des pierres sur ie terreplein de la défense. Les assiégés l'avaient abandonnée dès

entrée dans la baille. ' P

Au lever du soleil (26 mai;, les Bourguignons purent donc franchir sans résistance les murs de la bnrbueane ; mais ils se trouvaient exposés directement aux projectiles lancés des défenses Je la baille garnies de hourds. Ce ne fut pas sans perdre du monde que l'assiégeant put se I. >yer dans cette barbacane, dont il fit tomber un grand pan de

Puis, après avoir déblayé la brèche, i! se mit en devoir .le faire avancer un -:h.il qui avait élé charpenté à l'avance, h.-'i's déportée de trait, à quelque distance de la contrevallation, pendant qu'on élevait deux terrasses extérieurement au.\ murs de la barba;anc et s'a ppuyant sur ceux-ci Il'ig. 41].

Les Bourguignons ne pouvaient entreprendre, une nouvelle attaque avant d'avoir complété ces ouvrages. Le baron Guy voulut employer utilement ce répit. Derrière la courtine de gauche de la porte de la baille, il fit établir sur une plate-forme de charpente les deux trébuchets qui lui restaient, puis réunir par une bonne palissade avec fossé l'angle de la chapelle à l'angle du bâtiment D des écuries 1 . Le,-, trébuchets étaient montés en dedans de cette paii.-ade formant retranchement intérieur. Les bois des hourds furent bien mouillés et enduits, autant que le tir de l'ennemi le permettait , de terre détrempée. La précaution

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