Vuir la cane iO|>r.LjT., Il", t
Quant à l'assiège, sou artillerie se composait de :
Bombinla. Cmlcuireùm.
Sur les plates-lormes des trois grosses
Dans les batteries casemaiées de ces
Sur l'épaulcmcnl en avant du boulevard du Nord
Dans le boulevard du Nord
Dans les boulevards B, C, H, I, K.
Sur le cavalier commandant le pont.
Réserve dans l'abbaye et le château.
I. a siégeant iommunai dis le ro septembre un cavalier cri fer à cheval à "Sun pas du boulevard E, vers le Nord- Kst, atin d'enfiler sa gorge [fig. 53) en A. Ce cavalier fut armé de deux bombardes et d'une spirale. Au Nord, sur le cûté de la route, un second cavalier B fut armé aussi i bombardes. Puis un épaulement oblique avec
s fut
uboi
la défense émit armé d'une bombarde et de deux couleu- Vtin.Es; deux autres coulcuvrines flanquaient le retranchement C, D. Le i- septembre au matin, les quatre bombardes de l'assié^ant en v< .virent dans le boulevard des boulets de pierre de 200 livres; lesquels endommagèrent fui !a ^on;ii et déini'iuirent vers le milieu du ]our la bom- . barde et une des coulcuvrines. L'assiégé avait répondu de son mieux aussi bien du boulevard que de- dens grosses tours G, H. Mais, seuls, les boulets de la bombarde mon-
ques hommes, car l'as^é^é emoyait contre les travailleurs de gros boulets de pierre et balles de plomb lancés par la bombarde de la tour G et par des traits à
Le 18 septembre, dès la pointe dj jour, les bombardes îles cavaliers A et B redoublèrent leur feu contre le boulevard, puis, messire Charles d'Amboise ayant fait masser une troupe de quatre cents hommes à la pointe 1, converti par des gabions et fascines posés pendant la nuit, à un .■■i^nal donné, s'eut iroejX' .-.'élança sur le liane G qui fut vigoureusement défendu pendant une heure. Après quoi, le -ire de Mouiller, «jv;i:it que l'assiégeant envoyait continuellement des renforts sur ce point, fit retirer son monde dans la barbacane K et dans le boulevard E. Ce qui permit aux artilleurs postés dans la tour G, de tirer force coupa de leur bombarde et de leurs traits à poudre contre l'assaillant.
Du boulevard lî, les a^iié^és. malgré les projectiles qu'ils recevaient à revers, en s'abritant du mieux qu'ils purent, envoyèrent des volées de pierres avec leurs deux couleuvrines sur le point occupé par l'ennemi. Celui-ci se dérobait en descendant quelque peu au-dessous de la crête du plateau ; mais il n'en était pas moins exposé là aux feus de la tour G. Il amenait des gabions, des fascines, et
chôment, et filant au pas de course le loni; des rampes, l'ennemi essaya de prendre â revers les défenseurs. Cette attaque réussit mal. Les bombardiers et coule uvriniers de la tour H envoyèrent à propos contre cette colonne d'assaillants des volées qui firent de longues trouées dans les bataillons. Puis, les gens retirés dans la barbacane, venant à la rescousse, précipitèrent sur les pentes ceux des
ennemis qui avaient déjà débordé le retranchement; le combat cessa vers te soir, l'assiégeant n'occupait que la pointe Csans pouvoir s'avancer. Il cherchait à s'abriter là, tant contre les projectiles que contre un retour offensit Los gens de la ville n'avaient perdu que quelques hommes et une couleuvrine. 1. "ennemi comptait cent cinquante nions et bon nombre de blesstis.
Pendant la nuit, le sire de Montcler lit sortir des fascines, des tonneaux, des débris de charpente avec lesquels il établit une première barricade réunissant la barbacane au boulevard le long de la route et une deuxième rattacha m l'extrémité oriental:: du retranchement D. à la fausse braic de la tour H, le long de l'arête du plateau. Il fit approcher une des coulciierines de réserve et la mit en batterie au centre de la première barricade, puis avec des gabions il renforça les abris et parados du boulevard. La bombarde fa: lam bien nue mal remise en batterie el dirigée contre le point C du retranchement.
la plate-forme de la tour G.
inactif. Au point i, un terrassement lut élevé avec i^honnades et deu\ bombardes y fi:ren[ amenées. La pointe conquise fat renforcée de ;;ms gabions bien couverts par des fascines et bien munie de traits à poudre. Ces travaux étaient à peine terminés quand le jour parut (ty septembre). Ce furent les assieds qui commencèrent a. tirer du boulevard E avec leur bombarde contre la pointe C.
Aussitôt une des bombardes de la plate- forme 1 riposta, pendant que l'autre eu voyait des boulets sur la tour G dont ies pièces ne lardercia pas à répondre. Puis se mirent delà partie, les bombardes des cavaliers A et B contre le boulevard, comme la veille. I-es feus convergents de ces cinq pièces tirant â la fois sur ce boulevard eurent bientôt
bouleversé les gabïonnadcs, tué la plupart des artilleurs c: démonté (nie seconde fois la Imml-aide. Celte défense n'était plus guère tenabk. Toutefois le gouverneur ne voulait pas encore abandonner l'ouvrage avancé; faisant abriter son monde du mieux possible le long des talus intérieurs, il envoya quérir cinq cents Allemands tenus en réserve dans l'abbaye et quand il les eut sous la main, à
en batterie sur le boulevard, tirèrent à la fois sur la poinre C, cl aussitôt >e mettant à la tète des Allemands et d'une Centaine de volontaires parmi lesquels se trouvaient la plupart des yens d'armes Hourguignons, il franchit la barricade et ^e précipita au pas de course contre le logement de l'ennemi, qui, surpris pur cette attaque hardie, se détendit assez, mollement et fut en partie jeté sur les rampes du plateau. .Mcssire Charles d'Amboîse qui était sur la plate-forme 1, voyant ce désarroi, jeta dcu\ grùi bataillons tenus en réserve derrière l'épaulement contre le retranchement entre le point Cet le boulevard.
Ses hommes franchirent l'obsucle assez promptement, maigre les ,"b et les défenseurs po.lés sur ce point et attaquèrent la troupe des assiégés en liane et à revers. Au milieu de ce;:e mêlée, les artilleurs, de part et d'autre, ne pouvaient tirer; c'était un combat à l'arme blanche. Le sire de Montclcr se trouvait fort compromis quand, de la barbacane et du boulevard, les hommes qui assistaient au combat, bien qu'ils eussent reçu l'ordre de ne pas quitter leurs postes, vinrent fondre à leur tour sur la troupe des assiégeants. Partageant immédiatement son monde en deux batailles, avec l'une, le gouverneur sut maintenir les assaillants jetés sur les rampes, et avec l'autre, il se retourna contre les Français pris à leur tour entre deux attaques. La mêlée fut sanglante. Les assiégeants acculés contre
2Ï2 HISTOIRE 0*UHE FOBTKRESSE.
k retranchement, ne pouvaient se déployer ni manoeuvrer. Mesure Charles dAmboi;e envoya du renfort, mais les bombardiers de la toar <). quitte à tuer quelques-uns de> leurs, envoyèrent sur ces nouvelles troupes des boulets de pierre et balles Je plunin par-dessus le retranchement. Quelques coups bien pointés mirent le désordre dans ce kuiiillnn qui ne voyait pas ee qui se passait à l'intérieur e; qui recevait, en outre, des projectiles lancés par des défenseurs remontés sur le saillant du retranchement.
Ces derniers venus ne firent au total que faciliter à leurs camarades une retraite devenue fort périlleuse.
1,'avancée était uVix reprise par l'as-iéj'é ; pouvait-clie être gardée?
Mcssirc Charles d'Amboise voyait bien qu'il n'était pas prudent de brusquer une attaque et qu'il fallait se décider, en face d'une garnison résolue, à procéder méthodiquement. Aux dernières lueurs du jour, lesassiégcantsavaient tous repassé le retranchement conquis la veille et laissaient sur le champ du combat plus de cent mort*, des blessés et des prisonniers.
Ils avaient dû abandonner la couleuvrine dont ils s'étaient emparés. [.es blessé- furent trai--punés dans labbave
l'étaient ceu\ des assiégés. Quant aux prisonniers, on les enferma dan- le chiiteau où ils furent bien traité-, l'armi eux étaient quelques Suisses.
11 en coûtait au sire de Monlclcr d'abandonner l'avancée après ce succès; mais il était évident que i'as.iégean; ferait de nouveaux efforts pour s'en emparer, puisque la place n'était abordable que de ce côté et que, pour garder cet ouvrage, il fallait sacrifier beaucoup de monde. Or, la g.irnisun avr.il, pendant ce dernier combat , fait des pertes équivalentes au moins a celles de l'ennemi, et ces pênes ne pouvaient être réparées, tandis que les troupes du roi de
France recevraient des renforts, s'il était nécessaire. Les prisonniers suisses interrogés n'avaient pas caché que ces troupes devaient compter sur un nouveau corps de cinq cents de leurs compatriotes, avant peu.
La nuit venue, le' gouverneur réunit Jonc les capitaines des quartiers, les seigneurs bourguignons et leur parla ainsi : « Messieurs, nos gens ont montré, pendant cette journée, du cceur et l'entente de la guerre, ce qui nous assure le succès avec l'ai Je de Dieu. En nombre inférieur à l'ennemi, nous avons défendu ul repris l'avancée, nous punirions donc la garder. Toutefois, nous ne le pouvons faire qu'en portant sur ce point tous nos moyens de résistance et en donnant une rude besogne à la garnisan. Nous épuiserons rapidement nos forces, tandis que l'ennemi, beaucoup plus nombreux que nous, peut agir chaque jour avec des in jupes 1 raidies, 11 paMi.rait sage, peut-être alors, d'abandonner cette avancée, exposée aux batteries Je l'ennemi, et de nous retirer derrière le> remparts; mais, outre qu'il n'est guère dans le sentiment des gens d'honneur de se retirer après un succès et de ne pas chercher à profiter de leurs avantages, si nous abandonnons le boulevard,
par Jeux rc'.rai'.cricmenls qui seror.t Manqué-, par les tours. Dès cette nuit, il faut travailler à ces ouvrages et si nous ne les avons terminés demain matin, défendre le retranchement actuel pour nous laisser le temps d'achever le nouveau. Veuille/ donc l'éunir les gens Je la ville Jans chaque quartier et, avant une heure, les disposer sur le terrain pour travailler auxJi'.s retranchements. »
Les ordres du gouverneur étaient précis, et, vers neuf heures, quatre cents travailleurs et des femmes même sortaient par la porte du Nord pour faire les terrassements
ï34 histoire d'un-e forteresse.
tracés sur le terrain par l'ingénieur .lig. ?.[\ Ce retranchement consistait en un pu;i; :u -c avec ér-aulemcnt couronné de pieux, de débris pmvenant des déjim'iticijis de la ville, de fascines et de tonneaux remplis de terre.
Du côté de l'Ouest, il s'appuyait au boulevard en N et venait joindre lu Ibwé du la courtine en L, laissant un passage de quatre Uiise- entre son cMrérr.ilé et ce fossé. Du côté de l'Est, il touchait en O à l'entrée du boulevard et suivait la ligne O M avec passage de même en M. En R
HISTOIRE d'usé FORTERESSE. 23
CI P,deu\ couleuvrincs étaient mises en batterie, protégées par de bonnes gabionnades. Du coté de l'ennemi, un épaulement avec plate-forme et gabions avait été établi en S fit les deux bombardes du cavalier B étaient mises en batterie sur cette plate-forme. En T, messire Charles d'Amboisc avait fait placer une couleuvrine protégée par une gabion nade.
Les bombardes du cavalier B étaient remplacées par trois vcuglaires pour écras.r la batterie S, si, par un mouvement offensif, l'assiégé essayait de s'en emparer.
Le 20 septembre, au matin, les travaux des assiégés étaient presque achevés, ou du moins présentaient assez de relief pour opposer un obstacle à l'assaillant. Pendant celle n-:émc nuit, le boulevard E avait été bien garni de fascines et Je gabions. I.a bumbarde, remise en bai'.eric,
seurs, dès [a pointe du jour, avec Irait- à poudre el bonnes arbalètes à tour. Sur les flancs Vet X les barricades étaient renforcées. Dans le boulevard E, le sirede Montclcr envoya lieux cents hommes avec urdi'c Je sj bien couvrir, de ne se
m: ne hem eut était fo'cé. I .'atlaq-.:e ourimença vers six heures. Les Jeu\ boir.barde- S envi lyèrcut des boulets de pierre sur le sJÎLi!'.'. du retranchement et sur le boulevard; en même temps tirèrent les deux pièces I et T contre l'épaule C, et l'intervalle S T fut occupé par des arbalétriers et porteurs de traits à poudre, couverts par des mantele:s. Du cavalier A, les bombardes continuèrent d'civvovcr des boulets à la volée sur le boulevard E comme les deux joiirs précédents. De la plate-forme de ce cavalier A, messire Charles d'Amboise avait vu le retranchement que les assiégés avaient élevé dans la nuit, aussi résolut-il de porter tout l'effort de l'attaque sur le saillant et sur le boule-
HJSTOJRE D'UNE FORTERESSE. 2J7
uns des leurs atteignirent le parapet, mais ne purent s'y maintenir. Ils ne reculaient pas cependant, et la plupart d'entre eux, animés par le combat, n'écoutant pas ou n'entendant pas la vois de leurs capitaines, s'avancèrent le long du nouveau retranchement N, L, espérant le forcer, car il était faible. En elfct, au bout de quelques instants, cette défense fut franchie et les assaillants essayèrent alors de prendre le boulevard par la gorge. Les défenseurs postés de O en M, se voyant pris à revers, se réfugièrent, les uns dans le boulevard, les antres dans li bar'racanc K. On se battait corps à corps dans ce triangle. De la courtine, les gens de la ville n'osaient tirer au milieu de cette mêlée. Alors le sire de Montder, qui se trouvait dans la barbacane, se mit à la tête de* siens, les encouragea en leur di-
défonseurs, en criant : Bougonne! iioargo^ne! 'fig. 55}. [.es ouvrages de ce boulevard étaient commandés pnr un capitaine de sang-froid qui sut empêcher ses gens de se hisser troubler pur ce combat livré derrière cm et, soutenait toajoiu's l'a-saut qui d'ailleurs mollissait, il poussa
hommes elfarés accumulés sur ce point. Les Français durent alors battre en retraite, comme ils purent, non sans laisser K-iucouo des leurs sar le carreau. Il n'était pas moins évident que le boulevard E ne pouvait résister plus 1 ■: ■■ : 1 1 ■-■ : i ![!■-. iïu v a naines. Knoinré de feux, le retranchement c\:é[\cur pris, un aouve! Escaut le ferait tomber au pouvoir de l'enneiui. Ses parapeis étaient bouleversés, ses trois pièces hors de service. Toute la nuit les assiégeants se tinrent des deux côtés des retrsncheineors N, L.O, M, et ne cessèrent de tirer pour empêcher l'assiégé de renforcer cette défense. Le sire de Montder se décida, bien qu'à
ï3S HISTOIRE D'UNE FORTERESSE.
regret et pour ne pas compromettre inutilement la vie de ses hummes, à donner le* ordres nécessaires pour faire rentrer dans la ville les pièce-* qui pu u valent creore servir. Il dut abandonner la bombarde dont les assiégeants, d ailleurs;, ne pouvaient plus faire usage. Des cinq coulcuvrine--, liais Turent placées sur les plaie-formes des deux grosses tours, et les trois autre, sur des terrasses élevées derrière la courtine, ainsi que trois pièces prises dans la
Le -il septembre, au matin, les a-sicr;eanis trouvèrent l'avancée abandonnée; mais, pour s'y loger, ils essuyèrent le feu des deux grosses bombardes des tours et de dix couleuvrines qui ne cessaient de tirer sur le boulevard et le retranchement.
Vers le soir, il- c:aier.t parvenus cependant à ouvrir une large brèche dans le boulevard, â l'opposite de la gorge, et â fermer celle-ci. Toute la nuit, ils travaillèrent à rétablir 'sl-s plongées et parapets en face de la ville, à élever des plateformes et A mettre sur ce boulevard trois bombardes en bat le rie.
Aux deux épaules du retranchement C D ils firent deux cavaliers gabionnés, et placèrent sur chacun d'eux une bombarde et deux veuglaires.
Lc2i septembre, ces travaux étant terminés â midi, malgré le feu des assiégé;, une- des bombardes du boulevard envoya ses boulets de pierre sur la porte, les deux autres Contre les deux tours. Kn même temps, les veuglaires des
bombarbes avec leurs boulets de pierre. Ces projectiles ne laissaient que de faibles traces sur les maçonneries, mais bouleversaient souvent les Liabionnades, les parapets, et démontaient les pièces [fig. 5fi) '.
1. Dans cuti- ti.;un-, li-i [unius un l'mi-u indiquent II- ouvrigi-s ul-cijlii!î [îir l'assicgciiin t't In (iiiiiiitin ik sts foui.
Ce combat d'artillerie dura jusqu'au soir; de part et d'autre, des pièces avaient été démontées ou étaient hors de service, toute la nuit fut employée chez l'assiégé comme chez l'assiégeant à remettre les canons sur leurs affûts réparés ou à faire arriver de nouvelles pièces.
Messire Charles d'Amboisc était mécontent, les choses traînaient en longueur. Il avait déjà reçu des lettres du roi, pressantes, car Louis XI craignait qu'une résistance prolongée ne décidât les autres parties de la Bourgogne, re-tées fidèles à la cour de France, à se déclarer pour la jeune duchesse. Il savait que des émissaires de Maximilien parcouraient la province et essayaient de persuader aux autorités des grandes villes que l'armée du roi était faible, découragée, puisque depuis vingt jours, malgré une artillerie formidable, elle n'avait pu entamer la petite cité de la Roche- Pont.
Bien que les feux du l' assiégea m fussent convergents, le nombre des pièces qu'il avait mises en batterie était infé rieur à celui des canon- de l'assiégé. Les boulets de pierre des bombardes ne causaient pas grand dommage aux défenses. Messire Charles d'Ambroise fit donc, pendant la nuit du 22 au 2Ï. élever un cavalier en A', solidement aabioniié et terrassé, et l'arma de n'ois pusses couleuvrincs. Ce matin du l3 septembre, la tour du coin G reçut les boulets de fer de cinq pièces et les boulets de pierre d'une bombarde. Après deux heures de feu, toutes les défenses de la plate- Surine ^ les tr.'is pièces étaient boulever-
fenscurs tués ou blessés. Alors l'ordre fut donné de ne plus tirer sur cette tour qu'avec deu\ des pièces du cavalier C, et les trois couleuvrincs du cavalier A, ainsi que les trois bombardes du boulevard, cuncentrèrent leur feu sur la
34° HISTOIRE d'l'NE FORTERESSE.
porte et sa barbacane. Vers la fin du jour, cette belle porte présenta ir l'aspect que donne la figure b-]. Le soir, les pièces de l'assiégeant qui n'avaient pas été démontres. c'està-dire deux coulcuvrines de la batterie A, un veujjaire du cavalier et une des bombardes du boulevard firent converger leur tir sur lu terras-eP de- assiégés ' . A la nuit, la muraille lm:: écr^ue, les !!abim;:!,'.des renversées, et des trois Coulcuvrines, une souSu pouvait encore tirer. Toutefois, ii n'y avait pas de brèche et on ne pouvait tenter l'assaut.
Le sire de Montcler crut alors qu'il fallait à tout prix retarder au mnins lui prières de l'assiégeant. 11 supputait qu'en deux jours l'ennemi pourrait pratiquer une brèche, soit par le canon, soit par la mine, et qu'alors la cité était prise; car on ne pourrait longtemps se défendra derrière les retranchements intérieurs. Pendant la canonnade des jours précédents, le sire de Montcler avait perdu peu de monde, et ses réserves n'avaient pas eu l'occasion de donner. Il les fit donc mettre sous les armes vers neuf heures, commanda une troupe de cent cavaliers bien montés et donna les ordres suivants : les cent cavaliers ac^inijMirïés de cent coutillie:'s à pied sortiraient par la porte de l'Est, attaqueraient le poste établi aux moulins, se jetteraient sur le petit campement installé dans les prés, au-dessous, se replieraient par la route longeant le plateau à l'Est, s'en iraient escarmoucher aux extrémités du camp des Français, ou passeraient su- le ventre des po-'.es qu'ils rcnC' indevait se tenir à la civ.is, au-dessus des moulins pour protéger leur retraite. Pendant ces attaques, qui attireraient l'attention de l'ennemi sur sa gauche, une troupe de cinq cents hommes à pied sortirait par une poterne masquée
i. Voirlig. s*.
HISTOIRE D'USE F 0 HT Eli ES S E. 2.(1
donnant au-dessous du franl de l'abbaye à l'Ouest, ci, filant le long des remparts, atla.|uerait vigoureusement le cavalier C, la batterie A, cnclouerait les pièces et ferait mm le dégât possible. hlle devait se retirer par la même
Mcssîrc Charles d'Amhoise était un homme de guerre trop la" péri mente pour ne pas profiter Je ses aivunnges. Il
quis à eel.ii qui ne lais-;; pas de repos à l'ennemi etqui ne s'endort pas sur un premier aviium^e. Le frunt du Nord de la place était réduit à l'impuissance; mais, en une nuit, un bon gouverneur de ville peut accumuler bien des obstacles, trouver cent chicanes et si n^ulie -e Tient gêner l'attaque déliniuve. Charles d'Amboise avait donc résolu, Vers six heures du soir, de iaîre porter des fascines par tin millier d'hommes, dans ie fossé, à quelques toises de la grosse tour du coin G, et de tenter une échelade, pendant que les pièce-, battant cette tour, tireraient au juge et empêcheraient les défenseurs de couronner de nouveau la plateforme. Il avait reconnu l'embrasure du liane de cette tour qui enfilait le fossé, et il avait commandé une vingtaine d'hommes, munis de matelas et dj pièces de bois pour la masquer. Quant à la fausse braie, elle était en pièces et ne pouvait présenter un obstacle sérieux.
Le sire de Montder n'était pas sans redouter une attaque de nuit ; mais il comptait prendre les devants et agir avant que cette attaque se dessinât : » Quoi qu'il advienne, avait-il dit à ses troupes commandées pour les sorties, agissez suivant vos instructions, ne vous laisse?, pas détourner par une tentative d'assaut, au contraire, exécutez rigoureusement les ordres donnés. Nous sommes encore assez nombreux pour soutenir une attaque. ■
du coin Gel examina attentivement l'attitude de l'ennemi.
Les feux qu'il avait allumés étaient tîrti^nJs ; cependant, en prêtant l'oreille, il entendit tomme un sourd murmure le long des ouvrées Je l'a—i^eant. Le ciel était Couvert et il tombait quelques noi.uo-. ilo pluie. Le sire île .Moiucler descendit dans la batterie basse, tomes les embrasures fui-
brées de débris. L'embrasure du liane était intacte el la peiiie pièce qui la t;arn:s->.iit en bon é;at. Il la lit charger devant lui de clous et de ferrailles, et donna Tordre aux
«urtinc, plaça lui-même ses hommes armes de longs faucharts, de bonnes dagues et de haches. Il visita la porte ruinée. Elle présentait un tel amas de décombres que l'ennemi ne pouvait la franchir la nuit, toutelois, il posta dans tous les coins Je- humilies, avec ordre de ne laire usage de leurs armes que l"fM]u"ils se trou 1 . oraie it face à face avec l'ennemi, d'observer le plus grand silence et de ne pas crier pendant le combat. Cela fait, il plaça une réserve de deu\ cents hommes derrière le retranchement intérieur, et cinquante hommes munis de bottes de paille goudronnées sur la crêle de ce retranchement, avec ordre de les allumer des qu'ils entendraient le cri « Bourgogne ! •
Vers dix heures trois quarts, le sire de Montclerc remonta sur [a plate-forme de la tour du Coin et reconnut la préneiicc Je l'ennemi à quelques toises du fusse. Malgré l'ob-celité. il vnv.tit u:le i:ia--.o noire se dé\eLp;'er en sil.'iice, puis il entendit les tascines rouler dans le fossé,
les bois craquer sous les pas des hommes. En quelques minutes, une cinquantaine J'écliciles fure:it dressées contre la courtine, et chacune d'elles se couvrait d'ennemis. Ces échelles é-.aicul armées Je crochets A la tète et J'étais le Uni;; Je le.i:' m^rta m s, de telle sut'ic que les défea-curs ne pouvaient les renverser. Deux tombèrent cependant, entraînant avec elles les assaillants.
A ce moment les petites pièces Je flanc de la tour tirèrent et les cris des blessés retentirent dans le fossé, trois autres échelles brisées tombèrent encore. Le flot des assaillants débordait sur le chemin de ronde, et au cri de : Bourgogne 1 les feux avant été allumés, le combat à l'arme blanche présentait, sur cet étroit espace, le plus étrange spectacle.
L'artillerie de l'assiégé tirait alors sur le flanc de la courtine. et sur les dehors des couronnements de la tour du Coin; mais de cette batterie, des cris s'élevèrent, les cinq cents Bourguignons composant la sortie de l'Ouest attaquaient, et les troupes qui se disposaient à renforcer l'assaut tournèrent le dos à la ville pour se jeter sur cette attaque.
Le sire de Montclur entendait au loin du côté du Nordllst des clameur-, puis il vit une grande lueur à travers la brume. 11 descendit alors p lur pot ier ses réserves sur la courtine. Cependant, les Français parvenaient ' couronner le rempart et gagnaient 'a tour du Coin. Les que!ques lioiime- qui co.rorr.ai.:it la plate-ion;:.: bo.ilcicrsee hâtèrent L>r vem.et |jt.|.: ae nioni-.i: où '.i r : sv.-vc, envoyée par le gouverneur, montant la rampe de l'artillerie, vint fondre sur les Français et les refouler sur le chemin de ronde de la courtine. Les assaillants, se formant alors en colonne fur ce chemin de ronde, poussèrent une vigoureuse attaque contre la tour. Du retranchement intérieur, on leur envoyait de flanc force traits d'arbalètes,
ilèchcs et traits à poudre, et bien qu'ils fussent pavaiaés, les Français perdaient beaucoup des leurs. La tète de la colonne, à cause du peu de largeur du chemin de ronde, ne pouvait présenter que trois hommes de front et se heurtait contre uni: masse compacte de défenseurs; elle n'avançait pas, les -oUat- en arrière recevait: de- irLiiis Je liane, pou -raient ceav qui étaient devant eux pour forcer la plate-forme et combattre. Plusieurs, dans celte presse, tombaient en dedans de la ville, mutilés. Un des couleuvriniers de la tour, pendant la lutte, était parvenu, aidé d'une douzaine d'hommes, à debarraiser une coulcuvrine
chargée, au milieu du groupe des Bourguignons qui défendaient le passade. Poussant la gueule de la pii^e e:urs leurs jambes, il mit le feu a la lumière; le boulet et les pierres, dont l'âme de la couleuvrinc avait été remplie, firent une effroyable trouée dans la colonne compacte des Français; les uns sautèrent dans la ville, d'autres coururent vers les tours de la porte, plusieurs emjambèrent le narapet pour reprendre les échelles. Les liouriruiir.-ions s'élancèrent de nouveau sur le chemin de ronde tuant
Mais alors débouchait par la porte de la batterie de la tour une grosse troupe de Français. Ceux-là, à coups de pics, de leviers, étaient parvenus, après avoir comblé le fossé avec des fascines , à agrandir les ouvertures de deux des embrasures, déjà ruinées par le canon, puis, jetant par ces ouvertures des boules de paille et de goudron enflammées, mêlées avec de la poudre de manière à éloigner les défenseurs, ils s'étaient coulés à l'intérieur au risque d'è'.re surloq-acs eux-mêmes par la fumée, et se précipitant vers la porte, tuant les quelques hommes demeurés dans la batterie, ils avaient brisé les vantaux et fait passer leurs camarades par le même chemin. Ils dé-
bouchaient donc dans la ville et montaient la rampe au pas de course'. Aux cris de victoire des Bourguignons, répondirent les cris de : « France! d'Amboise! » A ces clameurs, les Français, demeurés sur le chemin de ronde,
Montclcr jeta ses dernières réserves sur ces nouveaux venus, mais ils débouchaient loueurs de phin-pied et se Comportaient vaillamment. Leur nombre croissait à chaque seconde et Ils purent refouler les réserves sur le retranchement. Les Hourguignons., accules sur la plate-forme de la tour, après avoir perdu la moitié des leurs, se rendirent. Mtssire Hurles d'Amh.isc voulut qu'ils fussent honuraHeir.cr.t traités. La tour du saillant Nord Ouesi était au pouvoir de l'ennemi, ainsi que toute la courtine de cette tour à la porte du Nord.
Le jour se faisait au moment où cessa le combat; de part et d'autre quelques heures de repos étaient nécessaires. La tour du Coin était perdue pour l'assi^é i le t'nuvci-ucu:' lit barricader kciemcm la tour à la suite,
sur les courtines et de déborder, sur sa droite surtout, le retranchement qui s'appuyiik à l'ancien mur de clôture de l'abbaye et allait rejoindre' la tour du Coin Nord-Est 1 .
Peu avant la fin de la lutte, les deux corps chargés d'opérer des sorties rentraient, les piétons par la poterne de l'Abbaye et les tiens d'armes, no.: par la porte de l'Est, mais parcelle voisine du château à i 'Ouest. La troupe des gens de pied ramenait une centaine de prisonniers; pour
.. Voir 11 fi s „iï 5 o.
i. Vuîr 11 lip.rc 48.
les cavaliers, il--, avaient perdu un tiers des leurs. Voici CC qui Était arrivé à ces deux troupes : celle des gens de pied opérant sur la paiurhc, était arrivée sans êire aperçue, lilant dans les brous-ail les Je la rampe occidentale ilu plateau, jusqu'à 'a l'.it;;-- île la batterie ennemie < '. ', s'était précipitée sur le poste, avait tncloix le- pièce-., pais, profitant du désordre, avait pris la colonne d'att.kpic eu liane, était entrée dans la batterie A dont elle avait de même encloué les pièces, et, se voyant trop aventurée, avait battu en retraite en descendant les rampes droit vers l'Ouest. N'étant pas sérieusement poursuivis, Ces gens étaient entrés dans la ville basse, avaient surpris deux postes qu'ils avaient enlevés, mis le feu à des baraques construites par les assiégeants et étaient rentrés en ville. Charles J'Ambuise, d'abord surpris par l'audace de cette attaque, mais reconnaissant bien vile qu'elle ne pouvait l'entamer sérieusement, avait donné les ordres les plus sévères pour empêcher son monde de se déiourncr de l'assaut, et s'était contenté d'envoyer contre la troupe des assiégés dent ou (rois cents hommes, afin de la maintenir et de la rejeter sur les rampes, sans s'amuser à la poursuite. Les gens
dessous des moulins, puis laissant là les coutifluTs pour achever la besogne (eeuv-ci étaient rentrés vers deux heures du matin par la porte de l'Est], ils avaient suivi la route tracée au bas du plateau, étaient arrivés sans encombre jusqu'à la limite du campement français, se précipitant, bride abattue sur les postes, droit devant eux.
Cette attaque avait mis la confusion dans cette partie du camp occupée par le- hi^a^es. les chariots et valets. Le feu avait pris pétulant le désordre à des meules de four-
rages. Mais bientôt les ;is~;iii!:ii][s s'élaienl vus sur les bras trois à quatre cents cavaliers. iU avaient piqué alo's droit vers le Nord et s'étaient enfoncés dans les bois, serrés sur leur droite; ils avaient appuyé à eveache, étaient armés sur les bord-, ila cours d'eau dont ils avaient suivi la rive j;a»!.Hie sans é:re inquiétés, miiis avant perdu un tiers de leurs camarades épurés, prisonniers ou tués. Ils croyaient avoir affaire à des Français dans la ville basse, et se préparaient à la franchir au gai. ip, quand ils s'étaient rencontrés avec les i'.ens vie pied bourguignons.
Charles d'Ambei-e. à la première nouvelle de cette attaque vers la qaeue du camp, s'était Ion inquiété, eroviuu à l'arrivée d'un corps de secours; mais bientôt renseigné, il avait euvové des gens d'armes pour culbuter oe parti d'enfants perdus, et s'était d'au tant plus Lt.'.luiné à l'assaut.
Messire Charles d'Amboise avait pjur habitude (qualité assez rare chez les hommes de guerre de ce temps de s'entourer de jeunes capitaines instruits et vigilants qui, à chaqae instant, le renseignaient sur [ont ce qui se passait dans le camp pendant la marche et le combat. Lorsque les renseignements fournis se trouvaient être exacts, donnés Je sa;!f; froid et saus exagération. Charles d'Amboise louait ces jetines officiers devant tous ses capitaines et les récompensait largement. Si, au contraire, les renseignements donnés étaient fau\, ou enfichés d'exagération, ou incomplets, il infligeait un blâme sévère et public à ces jeunes gens, et leur imposait quelque emploi subalterne et humiliant, comme de garder les bagages ou de surveiller les valets.
dommages causés à la limite du camp par quelques gens d'armes bourguignons, la perte de ses hommes campés au moulin et dans la ville, basse, l'enclouage de six de ses pièces, il ressentit un vif déplaisir, mais ne put se tenir de
dire à sus capitaine : ■ Nous avons affaire à de braves gens cl qui se défendent bien. Je vous prie, Messieurs, de Tenir la main il ce que leurs blessés et prison nier* soient traités avec tous lus égards que l'on doit à des solda:* qui font leur devoir. - Puis, vers la deuxième heure du jour, il envoya un héraut devant le retranchement du l'assiégé, qui demar.da à parler au y .avei'iieur. Le sire Je Momcler
■:i .Sire goaverneu'i mon-dù;:ieji' Charles d'Amboisc. cummandant l'armée Je notre sire le roi de France, m'envoie vers vous, à cette fin de tous demander de rendre la ville et le château de la Roche-Pont que vous détenez, contrairement aux traités, et défende/, contre leur légitime seigneur. Désormais ladite ville est au pouvoir de l'armée de
mon-ei^neur Ourles d'Amboisc vous laissera sortir, vous et vos gens, vies et bagues sauves. Que Dieu vous ait en garde, et vous inspire une sage résolution! » — « Sire messager, tvpnndii le i\< iiiverneur. mo-ire Charles J'Auiboise est un capitaine trop expert en matière de combats, pour se croire maître de la ville et du château de la lîoche- Pont, parce qu'il s'est emparé d'une tour et d'une courtine, il sait ce qui lui en coûte pours'étre avancé jusqu'ici. Or, il y a encore loin de ce retranchement au château, et le château est bon et défendable. Je ne reconnais d'antres seigneur* iégi limes de la 1 '., iarg' g:ie el de celle cilé en particulier, que la duchesse de Bourgogne, tille du noble et pni— anl duc r.liark'-. el Min iliu-li'e épou\ Ma\iniilieii. -le suis ici pimr défendre envers ei contre ton-, leur bien, et le [l. : fer.drai uni qu'il nie re.ieia une épée dans la main. Toutefois, dilesâ mes>ire (iliarlc- J'Air,h'"ù-c que s'il veut échanger les prisonniers, tête pour tète, je suis prêt à le
HISTOIRE DUNE FOHTERESSE. 249
faire. S'i! préfère laisser les choses en l'état, je lui donne ma parole qim ses gens sont Util traités, »
« Allons, " dit Charles d'Amboisc, quand le héraut lui eut transmis cette réponse, « ce sera une cité gittJc pour
Pendant la journée du 24 septembre, la pluie ne cessa de tomber à torrents. Assiégeants et assiégés étaient à cent pas de distance les uns des autres. On s'occupait à enterrer les morts, qui étaient surtout nombreux du côté des [■'rançais, et de part et d'autre on se préparait à une nouvelle action, quoique le mauvais temps gênât Ion les travailleurs. La figure 58 montre quelle était la position dus assiégés et îles assiégeants '.
Après les pertes subies depuis le commencement du siège, ia garnison Ut -.111111.1 il plus guère que deu\ mille hommes valides, car ic typhus exerçait déjà des ravage* dans kl 1 iilc : ics trois quarts des blessés accumulés dmis
leur /vie à les soigner, nniis e.n-mèmes payaient un large tribut à la contagion, et sur cent cinquante religieux, il
semblait que les progrès de l'assiégeant ne lissent qu'exciter l'ardeur des habitants, et les femmes s'employaient aux travaux avec ardeur. Kilts étaient les premières à faire home à ceux des uclcn-eiirs qui r.ianifctaicir. du dée: m rage meut.
Pendant la nuit du 24 au 2 5, le sire dcMontclcrlît renforcer le retranchement. Il s'appuyait de A en B 1 à l'ancien mur de clôture du verger de l'abbé, alors occupé par des habitations, lin B, une terrasse reçut une couieuvrinc. De C en D, le retranchement, élevé avec de la terre et les
a. Figure SB.
25û HISTOIRE D'UNE t'OSTlLUESSI:.
débris des maisons démolies sur ce point, fut arme de trois
De leur cf.té.les Kraïuiais avaient dJWayé la plaie- ferme de la tour G conduise, avaient bien gabitnu-.é le parapet, et mis en batterie trois pièces dirigées contre le retranchement, et une -pirolu dirigée contre la unir K restée au pouvoir des Bourguignons.
Les femmes, les enfants, les vieillards furent occupés
lès le matin du 'iû septembre, l'assiégeant ouvrit le 1 antre le retranchement. La position dominante de la te
colonne de piétons, I. Voir la figure 48-
belle ordonnance. Mais de la p lai; -ferme de la tour F, demeurée au pouvoir des lionrituigmons, deu\ couleiivrines tirèrent simultanément sur cette colonne. Messirc Charles d'Amboise avait cru que les pièces de cette tour étalent mises hors de service; aussi l'étaicnt-elles. Mais pendant la nuit, le sire île Mi nucler, par les [mus de vofacs, avaii fait monter trois des petites pièces de la batterie basse, et
extérieur, au pouvoir des Français, se mirent à tirer à leur tour sur !a plateforme de cette tour F, et eurent bientôt fait taire les spirales bourguignonnes.
L'assaut fut dur, bien donné, bien soutenu, pendant que du dehors les Français ne cessaient de tirer sur la porte et la tour F. Si bien que les gens de la ville, restés dans les ouvrages supérieurs de celte porte, durent les abandonner
Messire Charles d'Amboise, debout sur la brèche a b. ne cessait d'envoyer des renforts am assaillants, et quand il voyait se-: liens trop fatigués, il les remplaçait par des troupes iraiclie-. Les lîoii;^Lii^]:n::s sf a valent pas assez, de mou, le pour Procéder de celte façon, aussi vers quatre
lilcr le lor.it dits rcm;\nt>. 1 n coup de vigueur enleva enfui le centre du retranchement et les Français poussèrent en avant dans la rue longeant l'ancien mur de l'abbaye. Le sire de Montcler faisait battre en retraite en bon ordre toutefois, en trois colonnes, deu.v le Ion:; des remparts et la troisième par lu voie intermédiaire. Quand il vit ses i;ens abrités derrière le second retranchement, il fit tirer le picrrier placé en .M et la couleumnc montée en I, si bien que les assaillants reculèrent en désordre. Alors, entraînant quelques braves gens avec lui, sa dernière réserve, il se
jeta sur les Français arrivant le long de l'abbaye et du rempart de l'Ouest. Du haut de ce rempart, les assaillants recevaient en même temps une grêle de traits. La nuit venait; les braves gens attachés aux pus du gouverneur poussaient devant eus, prétendant reprendre te premier retranchement. Beaucoup de Bourguignons, retirés derrière le deuxième rclrii utilement, voyant l'ennemi reculer, sortaient à leur tour, remplis d'une nouvelle: ardeur.
Mc-slre Charles d'Amboise inaimeiuiit touteiois son monde sur le premier retranchement, y luisait amener de petites pièces qui liraient surles groupes de Boerguiennns que le crépuscule permettait encore de distinguer.
Le combat dura ainsi pendant deux heures encore, au milieu de 1:1 ci infusion, ei le sire de Munie 1er dut taire soucieux parts le silence se lit; !e sire de Moiuclcr, retiré derrière le deuxième retranchement, fit rentrer tous les hommes restés sur les remparts au delà de ce retranchement, et se disposa à détendre vigoureusement cette dernière ligne, après laquelle il n'avait plus que le château comme refuge. Mais, en faisant la revue de son monde, il vit qu'il manquait un corps de cinq cent; Allemands qu'il avait maintenus dans l'abbaye pour pr. -léger la retraite des défenseurs du premier retranchement.
Ces Allemands, voyant les choses tourner mal et profitant de la confusion générale pendant le dernier combat, étaient sortis par la poterne de l'abbaye.
étaient par son ordre enfermé- dans le château; mais peu furent la dupe de ce dire, car il était évident pour tous que les Allemands, depuis la prise de la tour du Coin, n'étaient
guère soucieux de se battre pour une cause qui les intéressait [ncditicrcinem ci qu'il-, regardaient comme perdue.
Le sort de «s fuyards fui, d'ailleurs, assez triste. Pour vivre, ils se mirent à piller dans les environs, furent surpris par un corps de gendarmerie française qui battait l'estrade autour du camp, et passés au lit de l'cpée ou pendus Ci'iHmi: larm:i-. Le peu q-ii pur. h il à s'édupper périt sous les coups des paysans armés contre ies coureurs.
n'ayant plus nuire à ménager les vivres de fa ville, il lit donner double ration à ses gens et les encouragea par de bonnes paroles, conservant son entrain et sa bonne mine au milieu d'eux. Il leur dit qu'un secours devait bientôt arriver, et qu'eu résistant quelques jours encore, Charles
Après avoir examiné le retranchement, posté des hommes dans les maisons en retraite et dans le bâtiment nord de l'abbaye, le sire de Montcler se disposait à prendre quelque repus, quand on vint lui dire que le long des rampes, au-dessus du pont, les sentinelles postées sur les boulevards croyaient apercevoir un mouvement de l'ennemi.
noire qui semblait envahir la pente comme une marée montante, en face du boulevard B '.
Faire sortir la garnison du château et la disposer sur ce boulevard —elle se composait de deux cents hommes seulement — fut l'affaire de quelques minutes. L'escarpe de ce boulevard, dont le terre-plein se trouvait au niveau du fossé du château, offrait peu de relief au-dessus des rampes (deux toises environ). Avant que l'assaillant n'eût disposé ses échelles, le gouverneur rit tirer sur cette masse