I. Voir 11 ligure
assaillants, se divisant en deu\ colonnes, vinrent appliquer leurs échelles sur les deuï flancs du boulevard.
Presque au même instant le deuxième, retranchement était attaqué vigoureusement, e: pour faciliter cette attaque
d'où semblaient sorlir ks Fiançais cumule des ombres noires. Le .sire Je Monlcler courait à clieval d'une attaque à l'autre, anima it son monde. s'e\pusan; au\ projectiles, et les deus assauts étaient bien soutenus. Du bâtiment de l'abbav.', les .ubalél;k:'s et des poileur» de trait» à poudre faisaient subir des pertes très-sérieuses ans assaillants, qui désespérant de forcer le retranchement sur ce point, se portaient vers la jonction M N '.
Il était évident, pour le brave gouverneur, que la place était perdue et qu'il n'avait plus qu'à 'rallier les restes de la garnison dm» le château s'il pouvait y arriver. .Mais il voulait faire payer à l'ennemi cette retraite. Il envoya donc une réserve qu'il tenait dans l'abbaye pour renforcer les défenseurs du boulevard ]!'. Celie réserve n'était que de cent lu'inm.'S tout au pins - mais c'é'.ai.T.t de braves gens ;
s'ils étaient dé'xirdés de rentrer au plus tôt dans le château, d'en lever le pont et de ne l'abaisser que quand ils le verraient revenir avec les restes de la garnison, à travers les ennemis, sur le corps desquels il passerait.
Puis il se mit réwilùnenl à la tête des J:bris qui défende- murs Je l'abbaye, il recula ('as ,ï pas, obl^e m: l'ennemi à taire le :ié;;e Je charnu m;iîs: de chaque clos, profitant des ruelles, des pasvige- p:>ur reprendre l'iilfensive cl faire subir des pertes aux l-'rancais. Ceux-ci, exaspérés, mettaient le feu aux maisons qu'ils ne pouvaient forcer. L'abbaye résista encore plus de deux heures après que l'assiégeant eût pris le retranchement. Les défenseurs
car la poterne était occupée eu dehors par une grosse troupe. L'église et le- principaux bâtiments étaient en flammes.
Le sire de Momclcr mainvhil l'attaque dans les rues et maisons de la ville jusqu'au jour, puis déboucha avec quatre ou cinq cents hommes qui lui restaient sur la place devant le château. Il la trouva presque entièrement occupée par l'ennemi que quelques braves maintenaient.
Il rallia cette troupe très-réduitc et entra dans le château dont le pont fut levé aussitôt. La ville était prise, mais <t fort gâlée, » ainsi que l'avait prédit mesure Charles d'Amboise. Celui-ci donna les ordres les plus sévères pour couper l'incendie ci arréicr le pillage, el pour sauvegarder la \ie Jes habitants iu.ai armés. .Mais il v ai ah l.vaiiC.uip de victimes. Les ble-sé- el les ma h des cn'ermes dans l'abbaye avaient péri dans les flammes ; des femmes, des vieillards,
'J oute cette ;iiuriiée dit •eptemere et celL du 2* firent env-luvées par les Français à rétablir l'ordre dans les troupes mêlées pendant le combat de la nuit, à enlever les blessés et à enterrer les morts. Messlre Charles d'Amboise, pendant les deux journée, précédentes, avait perdu un millier d'hommes; il lui tardait d'en finir. Il fit donc, pendant la nuit du 2S au ztj, amener douze bouches à feu
en face du château, les lit munir de gabionnades ei envoya de nouveau un héraut pour sommer la garnison de
T. a réponse fut que la garni' -n n.' se rendrait qu'autant qu'elle i-e verrait J.;:ii- !'in)p' i— ■ il'ili'.é de Cniuinuer la lutte.
Le 20 au matin, le- douze pièces comme: itèrent donc à ouvrir le feu contre l'ouvrage de la porte. Les assiégés ne pouvaient répondre à celte attaque qu'avec de petites pièces mises en batterie sur le sommet des tours. Mais le soir tous ces couronnements étaient ccrêtés, les combles percés, les mâchicoulis détruits.
Pendant les journées du ïo septembre et du i" octobre, quatre grosses bombardes furent, en outre, établies contre •la tour externe de la porte. Le soir cette tour s'écroulait dans le fossé.
Messîre Charles d'Amboise, avant de donner l'assaut, envoya encore oll'rir au gouverneur de capituler.
Celui-ci alors se montra sur les ruines, et déclara que si on le laissait sortir lui et ses hommes, vies et bagues sauves et enseignes déployées pour se rendre où bon leur semblerait, il rendrait le château.
Charles d'Amboise vint alors sur la brèche de son côté et donna sa parole qu'il l'entendait ainsi. Les deux capitaines alors se rapprochèrent et se tendirent la main.
La ville et le château de la Roche-Pont étaient rentrés au pouvoir du roi Louis XL II ne restait plus au sire de Montcler que cinq cents hommes en état de combattre; encore y en avait-il un bon tiers de blessés.
Messire Charles d'Amboise leur donna un sauf-conduit, leur fit délivrer des vivres et traita à sa table le sire de Montcler et ses capitaines. Le surlendemain, ceux-ci prenhient le chemin des Flandres avec ce qui leur restait de troupes
En i6i)(ï, Henri IV était pan eau à maîtriser les factions religieuses et féodales qui avaient mis h France en péril depuis plus de trente ans. Il nourrissait Je grands desseins nue s:i poliii.jue habile, son aille patriotique, ses laletils
lorsqu'il pressentit que le moment était proche , ("intervenir vlan-, les allâmes ci' A llemagne, dont une partie avait les yeu.ï (kes sur kl France e: n'attendait qu'un signal parti du Louvre pour se soustraire ;lu.n rivalité - incessantes djs princes et aux luttes religieuses, il prit ses mesures non-seulement en prévision d'une intervention à l'étranger, mais pour renforcer ses frontières, établir des dépôts et des centres d'approvisionnement. Assuré de l'amitié des
î58 histotpe d'lne forte ressh.
Suisscs, tranquille du côté de l'Italie, grâce aux alliances qu'il s'hait ménagées dans la Péninsule, et voulant agir à la fois vers l'Hsi et du côté des Pyrénées, il s'occupa des défenses du Roussillon et de la ligne qui réunit la Bourgogne à la Champagne.
Henri IV avait fait la guerre de partisan ; mais alors, il n'avait à risquer que sa tête. Comme souverain, il ne croyait pas qu'il dût courir les aventures, et avant de se lancer dans les grandes entreprises qu'il méditait et qui pouvaient changer !a lace Je l'I-iurope, il voulut mettre de son côté toutes les change-. Depuis plus de six ans, de concert avec son ministre Sully, il n'avait perdu ni un '( jour ni une heure pour préparer a la France, déchirée et envahie à la lin du seizième siècle, un avenir plein de grandeur et qui pouvait lui ouvrir les plus belles destinées, si la main d'un assassin n'avait, du jour au lendemain, détruit ces espérances fondées sur une sage politique et la
Ce prince savait par expérience qu'un échec est toujours possible à la guerre, même quand on a ou qu'on croit avoir toutes les chances pour soi et que le talent d'un général consiste à trouver des ressources nouvelles après un revers. On est d'autant plus assuré du succès dans le métier des armes, qu'on a tout prévu pour éviter qu'un premier revers ne se ehaui;.' eu i!é-.as;:'e. Henri IV disposait donc, derrière l'armée qu'il comptait diriger en personne vers l'Est, une bonne ligne de retraite et de ravitaillement. Il fit mettr; en état de défense les villes et points stratégiques importants de Cliùlon-sur-Saônc, en passant par lïeaune, Dijon, Langrcs sur le cours de la Haute-Marne, de Langres àChnumont, Saint-Dizier, Chûlons, Reims, Laon, Peronne et Amiens. Verdun et Met/, avaient reçu sa visite et éveillé sa sollicitude. A Metz, il avait commandé des ouvrages assez importants. La ville de la Roche-Pont
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était comprise dans la portion de cette ligne (II- défense entre Dijon et Langres. L'ingénieur Errard de liar-le-Duc avait dû s'occuper de ces ouvrages, en commençant par Ch à Ion-sur- Saône. Il avait mérité d'ailleurs la confiance que lui marquait le roi, car c'était un homme de ressources et qui avait fait ses preuves.
Errard de Bar-le-Duc s; servait des murailles anciennes, les considérant comme enceintes propres à la défense rapprochée, mais il établissait en dehors de:: euvraacs qu; commandaient la campagne et fn|\\iii.-i[ l'assiégeant à ne commencer ses opérations qu'à une distance de cinq à six cents toises, (l'étui i encore le système des boulevards, seu- Lviiciu ceux-ci, au lieu de n'offrir qu'un obstacle isolé, se défendaient les uns les autres en croisant leurs feux et étaient déjà de véritables bastions.
Les trois grosses tours rondes du nord de la cité de la Roche-Pont étaient alors fort délabrées. Errard les fit terrasser, puis les enveloppa d'ouvrages en terre avec escarpe
truire une grande tenaille avec double fossé ei ravelin. La ligure fip lionne le plan Je la cité après les travaux ordonnés par Errard. Indépendamment des ouvrages dont nous venons de parler et qui sont indiqués en A, 13, C et D, l'ingénieur du roi fit élever les bastions E, F, G, H et I qui croisaient leurs feux et dont les orillons masquaient de petites pièces destinées à flanquer l'ancien rempart.
La plupart des vieilles tours furent dérasées et terrassées pour recevoir du canon. Le vieux château, dont il ne restait plus guère que le donjon et quelques logis, fut entouré d'une enceinte bastionnée, ai ec tenaille du côté de la ville.
La ville basse, vers l'Ouest, quoique réduite à des dimensions restreintes, subsistait à peu près telle que nous l'avons vue précédemment. Quant 1 la ville haute, après
l'incendie causé par 1- dernier siège, cll-j s'était rebâtie assez pativrcmer.t. Sous l'Yanaiis l' T , l'abbaye avait été sécularisée cl son ancicsKc égl;-.e était des-ervie par un Chapitre. Lu vieux pont Je pierre MiKi-iait toujours prés lie l'embouchure du ruisseau et, en O, était un second po:it de bois reliant les deux rives. Quant au pont P, il était ruiné et n'avait pas été reconstruit.
Du bastion B à la rivière et du bastion D à l'étang.
Errard fit élever deux fronts K et L à crémaillères, pour commander les rampes du plateau à droite et à gauche et empédier l'assaillant de se louer sur les liants K,t i a Ouest de la cité.
de fortifications : « Ce qui se défend doit être défendu, » était passablement observé déjà. La figure lîo donne l'ouvrage nord qui était destiné à balayer le plateau et à
rendre difficile l'approche Je la ville très-accessible Je ee côté. Cet ouvrage se composait d'un rave lin A, dont le relief, au-dessus du niveau du plateau, ne dépassait pas une toise; puis d'une première tenaille B avec orillons, dont le relief émit de trois toises au-dessus du plateau et d'une seconde tenaille C, dont le relief était.d'u tic dcmi-lnise
iiu-Jessïis du nive.iu de la tenaille U; de deux bastions, I) et F, qui enveloppaient les deux grosses tours,Gct H, terrassées. I .es pliite-liir-iies Je celles-ci s'élevaient d'une demitoise au-dessus des plate-formes des deux bastions. Iji porte I, du quatorzième siècle, avait été conservée et réparée et les courtines K terrassées pour recevoir du canon.
La voie passait sur la face droite du ravelïn et, de celui-ci. S'.- djïi;e,:it pi-i'piMilii'uhiirement sur le milieu des tenailles. Un hrge fn^é K protégeait les ouvrage-, eitérieurs cl un second lossé L, la courtine de la seconde tenaille.
La figure G i représente le tracé perspectif du bastion F'. Ces défenses toutefois ne furent utilisées que trente ans environ après leur construction.
i. Un plan ^iidrjl,
Vers le commencement de juillet ttjljij, la France, gouvernée par le cardinal de Richelieu, voyait ses frontières envahies vers le nord par le trop célèbre Jean de Wccrt et par une armé. J'Hispano-Hd^es, à laquelle l'Krnpire avait joint une nombreuse cavalerie légère composée de Polonais, de Hongrois et de Croates. Ces troupes alliées s'avancèrent jusqu'en Picardie, et Paris crut un instant qu'il allait être assiégé, mais l'ennemi s'attarda au siège de Corbie, et avant plis cctt* ville dans laquelle il laissa une s'arnisn». il se retira dans la crainte d'être pris à revers par les Hollandais.
L'armée française vint hientùt asr-iéger à son tour et reprendre Corbie. Une attaque avait été combinée en même temps par les troupes impériales contre la llourgognc, pendantque l'armée de Condé assiégeait Dôic qui tenait pour les Kspagnols. [/armée des Impériaux toatefuis, n'ayant reçu c,ue tardivement les renforts nécessaires, ne dirigea pas sa pointe en même temps que celle des Hispano-lielges et ne franchit la frontière que le 22 octobre, ce qui donna le
temps de faire passer en Bourgogne les troupes françaises employées :iu siège de Corbie, de réunir les milices de la province et de recevoir les renforts amenés au prince de Condé par le duc de Wcimar et le cardinal de La Valcltc. Ne pouvant faire lever le siège de Dôle, les Impériaux se
corps pour s'emparer de la petite cité de la Roche-Pont, dont la prise leur permettait de se diriger, soit sur Dijon, soit sur Langrcs, et d'isoler le prince de Condé. La ville de la Roche-Pont était médiocrement munie d'artillerie et ne renfermait qu'une garnison d'un millier d'hommes, lorsque les Impériaux si- pr^er tL-rent devant ^es murs, le î novembre. Ces troupes étaient au nombre de six mille hommes et amenaient une artillerie de trente bouches à feu, dont douze de gros calibre. Kllcs étaient commandées par Galas et comptaient bien emporter la place en peu de jours, car lescapitaïnes savaient par leurs espions que la garnison était faible, mal approvisionnée ci n'était pas préparée à une attaque.
Cependant, le comte de Rantzau avait été envoyé par le; généraux l'raiLca's pnur ravitaille;- place-, de .S;>i]i;-.)eande-Lnsne et de la Roche-Pontet mettre un capitaine expérimenté dans cette dernière ville. Le comte arriva devant la Roche-Pont deux jours avant les Allemands; il y laissa un millier d'hommes et Rincourt comme gouverneur, des munitions d'artillerie et un convoi de vivres-, puis n'ayant plus avec lui que deux à trois mille hommes, il ne crut pas pouvoir attaquer le corps d'armée des Impériaux et se dirigea sur Saint-Jean-de-Losne où il entra, le ï novembre, à la barbe des Allemands qui investissaient déjà la ville. Dès son arrivée devant la Roche-Pont, Galas fit sommer la place, en promettant â la garnison les conditions les plus avantageuses, et aux habitants de respecter les personnes et les propriétés. L'oiftcier du général des Impériaux fut
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renvm i comme il était venu, et on se prépara de part et d'autre à l'attaque et à la défense.
Rincourt était une de ces natures d'apparence nonchalante et froide, aïmant le repos, ne paraissant jamais pressé, de taille moyenne avec quelque peu d'embonpoint. Sa ligure pale, se- cheveux blonds et ses yeux d'un bleu sans éolat, ne •■eiiibkiien: pas cach-r un cœur trempé, mais une âme sans ressort, un esprit hlasé on trait ai; moini i:idillé-
eepenJant, et le comte de Rantzau, qui s'y connaisse- il, l'estimait fort. En le laissant dans la place, il lui avait donné ces simples instructions : ° Tenez, ici jusqu'au dernier homme : d'ailleurs, faites pour le mieux. » Au messager de Galas, Rincourt avait répondu : « J'ai pour instruction de défendre la place et je la détendrai. ■>
la défense et en se fripant rendre compte des approvisionnements, sentait bien que s'il se laissait enfermer tout d'abord dans la ville, l'ennemi, en moins d'une semaine, aurait fait brèche, et que la prise de la Roche-Pont était au plus l'affaire de quin/e à vingt jours. Les approvisionnements en vivres permettaient à peine une aussi lur.pie
investi. Le «oui-cmeii:- tés .lut donc de prendre l'initiative et de faire que les travaux d'approche subissent des empêchements tels que l'ennemi, pour peu que h saison devînt mauvaise, eût fort à faire de se maintenir dans ses loge- Il fit venir le mayeur et les notables de la ville, et leur demanda ce qu'ils comptaient faire et si les habit:Lii:s demeureraient les bras croisés dan.-. Iti::s maisons pendant que les gens du roi se battraient pour défendre la ville. Ceux-ci lui donnèrent l'assurance que les habitants, au