‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 32 sur 48 · ÛÛ HISTOIRE D'UNE FORTERESSE · texte numérisé non relu

ÛÛ HISTOIRE D'UNE FORTERESSE

contraire, étaient disposes à se défendre c! que les femmes se tiendraient même, s'il était besoin, sur les remparts; que chacun savait comment les ennemis s'étaient conduits en Picardie, que la pire chose était de se fier à leurs promesses, et que s'il fallait mourir, mieux valait que ce fût en combattant, c. S'il en est ainsi, répondit le gouverneur, et si vos actes répondent à vos paroles, vous pouvez être assurés que les Allemands n'entreront pas ici; mais.... il faut au.il". Ave/.-vous dans la ville des artilleurs parmi les habitants?— Nous en avons quelques-uns; tous nos jeunes gens sont hardis et robustes et beaucoup savent se servir du mousquet et delà pique. — Kh bien, ramassez ce monde cette nuit, et demain matin, que tous les volontaires, armés ou non armés, soient avec vous sur la place devant le château. Quoi que vous entendiez ce soir, ne vous laisse/ pas distraire de ce soin, ne vous alarme/, pas. »

La nuit venue (et elle vient de bonne heure le 2 novembre!, Kincnurt lit atteler deuv petites pièces de Canon, fit monter deux cents hommes à cheval, — car il avait quelque cavalerie — avec quatre cents piétons, veilla à ce que les artilleurs fussent à leurs pièces dans les ouvrages de la

mes et ses deux pièces par la porte de l'avancée.

La nuit était brumeuse er parfai'.ei'.ien; obscure. Le gouverneur avait eu le soin de fiiii'e envelopper les roues deses deux canons de morceaux de drap et de toile, et de faire porter les leviers, cuillers ;\ poudre et rcfnuloirs par les servants, afin d'éviter le bruit. En sortant du ravelin, il fit diriger les ileux canons obliquement à droite et à gauclie, de manière à les maintenir à une portée de mousquet de la colonne du centre; la cavalerie les escortait. Pour lui, avec ses trois à quatre cents gens de pied, il marcha droit

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aux avant-postes ennemis. II tes rencontra environ à cinq cents toises Je l'avancée, qui faisaient ia soupe devant leurs feus. Tombant brusquement sur les sentinelles et les postes voisins, il se jeta au beau milieu des ennemis dispersés dans des vergers et tuant tout ce qui résistait, il poussa devant lui.

Conformément aux instructions qu'ils avaient reçues, les artilleurs mirent alors leurs pièces en batterie et firent feu à droite et à gauche vers les deus extrémités du campement. Les Impériaux se crurent alors attaqués sur toute l'étendue de leur front et mirent quelque temps à combiner leur défense.

Dès que Bincourt vit les ennemis se grouper en nombre devant lui, il déroba brusquement la droite et lagauc:ie des,i petite troupe vers les deux pièces et la cavalerie. Les Allemands alors s'avancèrent en masse compacte et quelque peu confuse, cherchant l'assaillant, et ne sachant pas trop s'ils devaient le poursuivre vers l'Est ou l'Ouest du plateau. Alors après une nouvelle décharge des pièces, les deux petits corps français, cavalerie et infanterie se jetèrent sur les lianes de cette colonne, tuèrent et prirent une centaine d'hommes et rabattirent vivement vers l'avancée, protégé:; par quelques voléus envoyées des liasliiins de h. tcnailL 1 , nu jugé.

Cette échatillou:\je émit terminée à minuit, sans pertes. Rincourt envoya ses hommes se reposer, et à trois heures du matin, sortit de nouveau avec les quatre cents piétons commandés pour cette heure; cette fois sans canon et sans cavalerie. Il longea l'arête occidentale du plateau, et lorsqu'il se vit à portée de mousquet desavantpostes, ayant étendu les mousquetaires sur une longue ligne, il leur lit faire une décharge générale; puis, se dérobant obliquement, il exécuta la même manoeuvre quelques instants après, du côté de l'Est, après quoi il se retira.

L'ennemi ne comprenait rien à ces attaques. Il avait pusse toute la nuit en alerte, et le malin il se décida à établir ses premières ligues à huit cents toises de la tcnnille. en plaçant dus postes a\ancé-, derrière des retranchements faits à la hâte. Il ouvrit dès lors la tranchée il quatre cents

Tout le jour, les grosses pièces montées sur les terrepleins de la tenaille envoyèrent dus boulets sur ces postes avancés, tuèrent quelques hommes et bouleversèrent les retranchements. Pendant la nuit du 3 au 4 novembre, lîincourt,qui avait reconnu qu'un corps assez, nombreux d'ennemis se portait le long de la rivière en amont, peut-être dans l'intention de la passer de nuit et d'attaquer à revers le front K' avec du canon, tit sortir deu\ cents hommes de pied, bien en minaudé-, par lu ravelin du l'avancée et sortit avec trois cents hommes par la porte d.: ce front lv. I! attaqua lus postes le lourde- la rivière, en même temps que la première troupe uscarmouchui: avec les avant-postes établis lu long dus rampes occidentales du plateau. Lorsque cette première troupe se vit trop pressée, elle descendit au pas de course la rampe occidentale pour rallier celle de Rincourt qui, de son cdté, battait en retraite, après avoir mis le désordre parmi ies ennemis.

Ceux-ci toutefois, étant sur leurs gardes, pnorsuivaiui-.t vivement et en nombre croissant lus tint] cents h mmes de la ville. Mais la chose avait été prévue par lu gouverneur, et un second corps de quatre cents hommes qui, pendant l'action sortait à son tour du ravelin, descendit les rampes occidentales au pas de course et se précipita sur le flanc des Impériaux.

Alors les cinq cents hommes commandés par Rincourt se retournèrent. Là encore deux à trois cents Allemusids

furent tués, blessas ou se jetèrent à l'eau. Les pertes des Français étaient insignifiantes.

Si ces alertes continuelles fatiguaient et déconcertaient quelque peu l'assiégeant qui ne croyait pas avoir devant lui une garnison assez, nombreuse pour oser prendre l'oflensive, elles rendaient confiance 4 l'assiégé et lui donnaient une haute idée do talent- militaires du irauver-

Rincourt.

Les Impériaux toutefois ne laissaient pas d'avancer la tranchée. Le soir du 5 novembre, elle était à dcn\ cent-cinquante toises du saillant et en arriére était établie une assez bonne place d'armes entourée d'un épaulemcnt avec canons aux angles et abatis d'arbres au bas de la plongée. Toutes les nuits, le gouverneur trouvait le moyen d'inquiéter l'ennemi, souvent a. deux ou trois heures d'intervalle, de manière à le tenir sans cesse en éveil. , Galas avait cependant tait pa^:' Jeu\ pièces de canon sur la rive droite du cours d'eau hors de la vue de l'assiégé , et le 7 novembre il les installait sur cette rive, de manière à battre à revers le front à crémaillère K'. Le pont de bois avait été brûlé par l'assiégé et le pont de pierre barricadé et armé d'un cavalier sur la rive gauche qui battait la rive droite. Derrière des maisons du fau-

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