‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 34 sur 48 · SORTIE DE NUIT · texte numérisé non relu

SORTIE DE NUIT

DigrtiTGfl by Goo;

et lui, sortant avec quatre cents hommes, continuerait l'offensive, si clic avait chance de réussir ou protégerait hi retraite. Ses hommes étaient armés de piques, de couteaux de brèche, de grenades et de pistolets.

L'assiégeant avait sur ce point douze àquinze cents hommes pour protéger les travailleurs.

La première (roupe des gens de la ville se porta résolument sur l'ouvrage commencé, le prenant sur son flan' droit, jetant des «reiuide. 1 - dans lus tranchées, hnu levers;! m les gabions et les fascines. Elle eut bientôt sur les bras in us lus AlîunifmJs jinsté-i sur cl' puint; niais sachant qu'elle allait être immédiatement secourue, elle tint ferme au milieu delà place d'armes, se servant de tout obstacle pour se retrancher. Ce combat n'était éclairé que par quelques feux de bivacs assez, éloignés et par les explosions des grenades. Tous les gens de la ville, pour se reconnaître, avaient mis des chemises par-dessus leur buffle ou leur pourpoint. Arriva hicntnt du côté de l'Est la seconde troupe qui mit ainsi une partie des assiégeants entre deux attaques. Ceux-ci se retirèrent, et se ralliant à cent pas environ en arriére de la place d'armes, ils attaquèrent à leur tour les gens de la ville par les deun flancs; le combat recommença avec acharnement, les Français ne voulant pas abandonner la place. Ils eussent cependant fini par être écrasés sous le nombre, si lîincourt ne fût survenu au milieu de la mêlée avec sa réserve de quatre cents hommes (fig. 63). Il se jeta sur un des flancs de la troupe nombreuse des Allemands, sans pousser un cri. Ceux-ci perdirent alors la tète et commencèrent à se mettre au retour assez vivement. Bientôt, malgré les officiers, la débandade fut complète et les fuyards s'en allèrent jeter l'alarme dans les postes voisins et jusqu'au camp, prétendant qu'ils étaient surpris par un nombreux corps de se-

Galas ne savait trop si ce n'était là qu'une sortie combi-

sous la main, faisant monta- à cheval Jcuv ouïrais cents cavaliers, il sl' dirigea vers les ouvrages abandonnés. Rincourt ne l'avait pas attendu, après avoir pâté la tranchée sur une longueur de cent pas. dispersé les gabions, mis le feu à des tas de fascines, encloué deux canons que l'ennemi avait abandonnés, crevé des tonneaux de munitions, enlevé les outils des pionniers, il avait battu en retraite avec son monde.

Cette sortie lui avait fait perdre une cinquantaine d'iiom-

Quand survint Galas, il n'y avait plus dans les ouvrais, que lus morts des Jeux partis el quelques blesses. Dans sa colère, il brisa sa canne sur le dos des premiers soldats qu'il trouva sous sa main, les traitant de lâches, de traitres et menaçant de l'aire décimer toute- la troupe chargée de !a garde de la tranchée. Le désordre ne pouvait être réparé en quelques heures de nuit. On ne se recounais-ait plus au milieu de ces gabions disperses. Je ces tranchées comblées sur quelques points, et quand le jour parut. Je la tenaille, les assièges envoyèrent trois ou quatre volées de boulets, au milieu de cette troupe confuse qui recula des lors jusqu'à la première piace d'armes.

Pour surcroît Je mécompte, vers di\ heures du matin, un message envnvé oc Saint-Jesu-Je- 1 .ostie apprit au généra! Je - Impériaitv que cette bicoque résistait, que les sorties continuelles de la garnis. ai baignaient les troupes, que le siège serait plus long qu'on ne le croyait d'abord et qu'enfin sa présence serait nécessaire pour diriger l'attaque et tenir tête au comte de Rantzau enfermé dans la ville.

La possession de Saint-Jcan-dc-Losnequc Galas croyait

déjà entre les mains de ses troupes, importait pius encore aux Impériaux que celle delà Ro che- Pont. Car Saint-Jeande-Losne assurait aux Allemands le passage de la Saône ; mais cette ville résistant, ils pouvaient être coupés par le prince de Condé qui, levant II- siège de Dt'.le ou prenant cette place, se jetterait sur les derrières de l'armée Impériale. Galas était donc fort soucieux. Lever le siège de la Rrcbc-Pjiit ïiw diriger avec :outes ses forces sur le prince

modifier un plan de campagne sur lequel les Impériaux fondaient ies plus brillâmes espérances; c'était abandonner cette conquête de la Bourgogne que l'on croyait assurée en Allemagne quelques jours auparavant; c'était un échec manifeste dès l'entrée en campagne.

Galas prit donc un terme moyen, ce qui à la guerre est presque toujours le pire; il résolut de laisser devant la Roche-Pont assez, de troupes pour ["investir étroitement, sachant que la place n'avait pas pour bien longtemps de vivres, et d'en finir avec Saint-Jean-dc-Losne. Cette place tombée, il pouvait ressaisir son premier plan.

Dès le soir du ii novembre, aprèi a'.nir dé-igné le commandant des troupes campées devant la Roche-Pont et laissé -es instn;c:i(i:i-, il quitta '.n camp punr aller reit ii'.dre l'armée devant Saint-Jean-dc-Losne.

Ces instructions portaient en substance : rétablissement d'une ligne d'investissement autour de la place et la continuation de l'attaque du saillant Nord, en se couvrant bien, en mettant le temps nécessaire aux ouvrages. De plus il fit tracer devant lui une batterie de mortiers de bombes. — Il avait fait venir quatre de ces engins pour bombarder la ville'. Le lieutenant de Galas était dVri^ine

i. On cmplrn-sit JJj.1 .!.;:■ s !. . k's w.mbci invunlJi'ï r-sr I» IM-

Page 1