J4 HISTOIRE D'USE FORTERESSE
iia'k'iiii'o et >c juimm.u: l'mcia. c'[:::i un homme impétueux, bon pour un coup de main, grand causeur, assez habile ingénieur, mais qui manquait de ténacité, de suite, et changeait d'idée à chaque instant. Par ses flatteries et l'admiration qu'il manifestait à tout propos pour les talents militaires de Galas, il était parvenu à persuader à celui-ci que personne mieux que Furcia n'était eu état Je suppléer le général, d'entrer dans ses projets, de mettre à exécution ses plans militaires. Fureia avait doue paru pénétré de la profondeur des vues de Galas et avait corn peu dieu sèment promis de suivre mot à mot toutes ses instructions. Cependant il n'est pas de Hatteur si habile qu'il soit, qui ne laisse dans l'oprît de eelui qui l'écoute — pour peu qu'il soit homme de sens — un sentiment de méfiance. Aussi Galas, en quittant le camp Je la Roche-Pont, avait .recommandé à un jeune lieutenant qui lui servait Je secrétaire et qu'il lai--.au prés de Forcia, de tout voir et de lui rendre compte des moindres détails, à lui. Galas, par des mes--;i!;es fréquents.
Pendant la nuit du 9 au 10, Rïncourt fit reposer son monde, car la moitié de la garnison avait donné la nuit précédente. Le matin du 10, un des espions qu'il entretenait soigneusement dans la campagne et jusque dans le camp de l'ennemi, vint lui apprendre que Galas était parti la veille au soir avec une assez faible escorte, et que 1er troupes impériales étaient placées sous les ordres d'un de ses lieutenants. Cette nouvelle donna fort à réfléchir au
core, et il entrevit la vérité! Tout dévoué au comte de Rantzau, il sentit que mieux que jamais son devoir était d'occuper si bien l'ennemi, qu'il ne pût avoir la pensée de réduire le nombre des troupes réunies autour de la Roche-Pont, pour renforcer celles occupées au siège de Saint- Jcan-de-Losne.
La garnison était pleine de confiance el d'ardeur, et les miliciens de la ville demandaient aussi à participer aux
Ces miliciens formaient un corps de douze cents hommes environ, qae Rincuurt ai ait divisé par compagnies de cent hommes, commandées chacune par les dizainiers et un capitaine. II avait divise ces compagnies en deux batailles de six cents hommes chacune. La première était compus'Je des hommes les plus robustes et connaissant quelque peu le métier des armes; la deuxième comprenait les pères de famille , les hommes d'âge mûr ou peu expérimentés. A ceux-là incombait spécialement la gardo des remp^Ms les rondes de jour et de nuit, et la police intérieure. Avec les troupes régulières, le gouverneur pouv ait donc, même après les pertes subies et en laissant dans la ville les artilleurs nécessaires au service des pièces, disposer de deux mille deux cents hommes en-
et die-, étaient chargées de porter !es m an nions, de préparer les vivres, de réparer les harnois de guerre, de faire des fascines et des sacs.
Depuis l'arrivée de l'ennemi, le gouverneur avait pu faire entrer dans la ville quelques bestiaux, du grain et des fourrages, ce qui donnait encore sciie jours de vivres.
Il espérait bien, avant l'expiration de ce délai, être débarrassé des Allemands. La population était, d'ailleurs, rationnée comme la garnison et, sous peine d'être passés par les armes, les habitants avaient dû remettre aux magasins de la ville toutes les provisions eu vii res qu'ils possédjiuil chez eux. Les deux églises de la ville haute, avaient été converties en hôpitaux pour les blessés.
Si le moral de la garnison se soutenait et s'élevait