‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 36 sur 48 · J6 tllSTOlKE D'UNE FORTERESSE · texte numérisé non relu

J6 tllSTOlKE D'UNE FORTERESSE

même, il n'en était pas de même du côté des Impériaux. Forcia s'empressa de Taire savoir aux troupes allemandes qu'il était pourvu du commandement général; il réunit les capitaines cl se crut obligé de leur faire un discours quelque peu long et emphatique, accompagné de gestes théà-

Cefa fit un médiocre effet sur l'esprit de ces officiers, la plupart vieux routiers, et qui ne tenaient pas Forcia en uv-- nnoik estime, retournèrent dune dans leurs quartiers l'oreille basse, et n'augurant rien de bon des suites de ce siège. Suivant les instructions que lui avait laissées llalas. Forcia donna des ordres pour investir entièrement

Déduction faite des pertes subies depuis le commcnccrr.e:it Ji: siège et des d^ernuns, Forcia ne disposait guère, lorsque le commandement lui fut remis, que de cinq mille hommes. Il s'agissait de conserver sur le point d'attaque un corps assez nombreux pour ne pas avoir à craindre les sorties de la garnison, et de répartir autour de la cité des postes assez, bien reliés et défendus pour empêcher toute communication de la ville avec les dehors ; car il était certain que les lialviauls iraient rédui-.s à l;i lamine au bout de quelques jours.

La prudence e\i ; ;eait dure d'établir me lij;r.e de contrevallation, de la munir d'artillerie, de faire bonne garde et de donner assez d'occupation à la garnison, pour lui ôter l'idée d'entreprendre de fortes sorties. Cette tactique amenait infailliblement la reddition de la ville, dans un délai peu éloigné. C'était là, en substance, les instructions de Galas. Mais Forcia prétendait mieux, i! trouvait ces moyens lents, peu dignes de lui, et, en idée, il se voyait au bout de quelques jours possesseur de la place, envoyant â Galas la nouvelle de la capitulation, dans un message digne de la Rome antique.

H n'osait cependant se meure en contradition formelle

bien ne s'y soumettre que pour la forme, voulant montrer à l'année comment on mène un siège, quand nu possède les connaissances d'un ingénieur de premier ordre. Il pensa que trois mille hommes lui suffiraient pour tenir l'assiégé en respect du côté du Nord, pour mener vivement les travaux d'approche et emporter la place. Avec deux mille hommes, il comptait intercepter toutes les communications des habitants avec les dehors. En conséquence, il établit un poste de deux cents hommes le long de la rivière {rive gauche), â Cent toises de l'angle de la courtine IC. Un deuxième poste de deux Cents hommes sur la rive droite, en face du pont de bois O détruit; un troisième poste de cent hommes, en face de l'ancien pont P; un quatrième poste de trois cents hommes, à cent toises du pont de pierre: un cinquième poste de trois cents hommes, le long du ruisseau au Sud-Est de l'escarpement du château; un sixième poste de deux cents hommes, en arrière de la chaussée des moulins de l'Est; un septième poste de trois cents ho m mes, en amont de l'étang vers le Nord-Est : total ni lie six cents hommes. Quatre cents hommes durent être .-ba-,;és de relier ces postes principaux, ou de les renforcer au besoin. Le rempart L', empêchant l'assiégeant de filer entre l'étang et la place, tes postes cinquième, sixième et septième ne communiquaient avec le quartier général qu'en faisant un long détour, et ne pouvaient être soutenus par les postes de la rive droite, que si on établissait un pont en aval du pont de pierre; c'était là un gros inconvénient. Forcia ne songeait pas à s'emparer du pont de pierre par un coup de main, ce passage étant commandé par un cavalier et par les bastions \'a château; il préféra

î-]8 HISTOIRE D'UNE FORTERESSE.

établir mi puni en aval, afin tic meurt ses postes tu coin-

Voulant réserver toute; son artillerie pour fou broyer la place et faire brèche pmnpKme'.ir, il ne munit aucun de ces postes de canon, et se contenta de leur recommander de se bien palissader et d'ék-.ver quelques cpaulcmenis pour s'abrite]-. Ses iiisiruc:ious iiunquticiit île précision, tnaisil citait fréquemment et César et Véiièce et l-'roiitiri, et quelques-uns des e.rauds capitaines qui avaient illustré l'Italie au siècle précédent. Tout en recommandant la vigilante à ses capitaines, il alla seulement reconnaître le terrain avec eux, pour installer leurs postes; mais ne se préoccupa pas autrement de savoir si ses ordres étaient compris et ponctuellement exécutés. 1 .'ii-,vc"-tisseme!it n'était qu'une contes avaient été faiblement conçus tl conduits; propos qui tut bientôt rapporté à Galas.

Rincourt profita du répit que lui laissait l'assiégeant pour organiser plus fortement sa petite garnison. On a vu i;u"il avait si\ cents humilies Je util ire us Jhpouihles pour agir, au besoin, en dehors des remparts. 11 s'occupa de

château contenait une centaine de mousquets qu'il distribua aux hommes de ce corps qui savaient le mleuv. se servir de cette arme et qui n'en possédaient pas. Pour les outres, il les munit de bonnes piques, de couteaux de brèche et de pertuisancs. Indépendamment des artilleurs, il lui restait sei/e cents soldats, dont trois cents cavaliers, qu'il forma en quatre corps de quatre compagnies de fantassins, de quatre-vingts hommes chacune, commandas par un capitaine, et en trois compagnies de cavaliers de cent hommes d'effectif.

La ville contenait trente-deu* pièces de canons de divers calibres. Il y en avait sei^e en batterie dans l'ouvrage du Nord; deux sur le cavalier en arrière du pont; une dans le bastion du donjon ; deux dans le bastion F ' et une dans chacun des sept autres bastions, total : vingt-huit. Deux furent placées sur la tenaille du château et deux tenues en réserve. Les dispositions prises par l'ennemi furent bientôt connues du gouverneur, soit par ses espions, soit par les r^;nnriais«anccs qu'il l:iisait l'aire la nuit par ses meilleurs otiidiTi ii-j qu'il l'usait lu: mciii;: i! se s>arda bien Je aéiier leur établissement et se contenta de doubler le poste du pont, lequel fut porté à deux cents hommes.

Dans la nuit du 1 1 au ta novembre, Foras fit ouvrir une seconde tranchée et traça les travaux d'approche, ainsi que l'indique la ligure 114. Indépendamment des deux places d'armes A et B déjà tracées, il en projeta une irniiième C à laquelle on arriverait par une nouvelle tranchée D, puis deux batteries en G et en V pour quatre pic.-es chacune et une batterie pour deus mortiers H. Il fît prolonger la première tranchée en I avec une pièce à son extrémité, battant la porte de la courtine K. r)eu\ pièces montées dans la place d'armes H commandèrent la batterie F et les alentours. Une pièce montée en E commanda la batterie Cret une pièce montée dans la place d'armesC battit le dehors en avant de ia batterie de mortiers. ]| pensait ainsi parer à toutes les éventualités. Si l'assiégé vimlait tenter quelque coup hardi, il ne pouvait aller loin, et s'il parvenait à s'emparer d'une des deu\ batteries G, F, il pouvait le foudroyer. Les deux batteries G et F étaient destinées à éteindre les feux du saillant Nord-Ouest et de la moidé de gauche de la tenaille. Cela fait, il pouvait, — dénié des l'eu y Je droite — cheminer jusqu'à la contres-

disposer des abris dans les terre-pleins. D'ailleurs, il ne cessait de faire tirer sur les travailleurs, si bien que ceux-ci ne pouvaient guère avancer que pendant la nuit. Tantôt, à dis heurts du soir, tantôt à minuit, à deux heures ou

du résultat final, mais qui fatiguaient singulièrement les assiégeants.

Ces sorties étaient opérées par une ou deux compagnies pendant que les autres se reposaient. Ainsi exerçait-il les miliciens, et les habituait-il au métier.

Le i5 novembre, les travaux des assiégeants n'étaient guère avancés. La place d'armes G était faite cependant, ainsi que la parallèle qui la réunissait à la place d'armes 15, et on commençait les tranchées qui devaient aboutir au* deux batteries. Les mortiers de bombes étaient montés et commencèrent à tirer vers le soir. Mais ces projectile- faisaient plus de bruit qu'ils ne causaient de dommage à l'assiégé. Le tir de ces mortiers était mal réglé, et la plus grande partie des bombes éclatait trop tôt ou trop tard. Les assiégés s'y habituaient et se défilaient dès qu'ils les vnyai.n; arriver. Tour une douzaine de bombes tirées la première soirée, deux hommes avaient été blessés et un affût endommagé.

La matinée du i 5 novembre, le temps, qui avait été beau jusque-là, changea brusquement. Une neige fine tomba vers <) heures et fut bientôt suivie d'une pluie diluvienne accompagnée de rafales. Pendant la nuit du i 5 au tû, les hommes do garde dans les tranchées étaient dans l'eau jusqu'aux genoux ; il é:.ii; impossible de travailler. La pluie continua égale, serrée, pendant toute la journée du 16. Rincourt mît à profit ce fâcheux état de l'atmosphère. Le pont qui avait été établi sur la rivière par les Impériaux, en aval du pont de pierre, consistait en un tablier

d'une toise de largeur, posé partie sur des chevalets, partie

fort mal entendu, car le niveau de la rji i ère, venant à minier, les latteajx s' éiuvaier.! d'autant el il t;;i;: Ji:licik de maintenir l'union entre le tablier posé sur ces bateaux tt celui p"sé sur les dlL-vaiels. Ainsi, malgré la pluit:, les assiégeants avaient-ils travaillé pendant toute la journée du iG pour éviter la rupture de ce pont. Le gouverneur qui, toute cette journée, ne cessa d'examiner les alentours de la place, avait reconnu du haut de la plate-forme du cavalier la siluali >n précaire .lu pa^ag; oVs nssiegeant.-,, et, à la nuit, il fit jeter à l'eau, par-dessus les parapets du pont de pierre, quelques gros troncs d'arbres qui vinrent heurt.'t les bateaux, les chevalets et faire obstacle au courant qui montait toujours. A minuit, une vingtaine de ces troncs d'arbres s'étanl accumulés contre les bateaux, le niveau de la rivière s'élevant encore, le pont fut emporté. Une lumière qui apparut un instant sur un point de la vallée d'Abonné avertit Rincoun de la destruction du pont. Ce signal était donné par un de ses espions.

Certain dès lors de ne pr ai voir être coupé sur sa droite par les Impériaux, !e gouverneur li: sortir tmis cents miliciens et trois compagnies de soldats, tenus sous les armes après le souper, par la porte de l'Ouest, voisine du château; trois civils autres miliciens et Jeux compagnies par la porte de 1 Kst. Cette seconde troupe avait pour mis-ion de se jeter sur !a levée de l'étang, d'attaquer le poste ennemi établi au delà de cette chaussée, de le tourner par sa droite et de le pousser, l'épèc dans les reins, le long du ruisseau. Rincourt prit le commandement de la première troupe de six cents hommes. Il descendit la rampe du pont, traversa le ruisseau au moyen de madriers et de chevalets qu'il avait fait préparer derrière le cavalier et attaqua le poste de trois cents hommes établi à cent toises en aval du pont de

pierre. Ceux-ci. se voyant iissaillis par une troupe très-supérieure en nombre à la leur, quittèrent précipitamment leurs bivacs et se dirigèrent le long de la rive gauche do ruisseau pour se réunir au second poste de trois cents hommes, établi entre eux et la chaussée, puisque le pont était rompu. C'est bien ce sur quoi comptait Rincourt. En même temps, et en sens inverse, fuyait II' poste du ta chaussée do l'étang poursuivi par la seconde troupe des assiégés, comptant s'appuyer sur ie poste du ruisseau et sur celui du pont, puisqu'ils étaient tournés sur leur droite. Ces deux postes, du pontet de la chaussée, se repliant aussi vite que le terrain le permettait, en sens inverse sur le poste du ruisseau, celui-ci crut à une attaque et tira quelques arquebusadessur les deu* troupes amies. ( )n eut Je ta peine à se reconnaître et, ces huit cents hommes ainsi réunis, en désordre, se virent attaqués de deux cotés par Rincourt et la seconde troupe des assiégés. Le combat ne dura guère, tant Ù cause du désordre que de l'infériorité numérique. Peu résistèrent, beaucoup se jetèrent dans les marais, deux à trois cents mirent bas les armes et demandèrent quartier. De ceux qui s'étaient jetés à droite et à gauche dans les marais, une centaine put rejoindre le camp au jour, les autres furent tués par les paysans.

Forcia, prévenu de l'attaque de ses postes du Sud-Est ' au milieu de la nuit, fit prendre les armes à un millier d'hommes. Maïs le temps continuait à être affreux ; les capitaines obéissaient à contre-cœur; ils avaient perdu toute confiance, et ce ne fut qu'au jour que le lieutenant de GalSs put descendre dans la vallée. Ses trois postes étaient enlevés, et il trouva de deux à trois cents hommes tués et blessés le long du ruisseau.

Rincourt était remonté tranquillement dans la ville avec ses deux troupes et ses prisonniers par la porte du château, vers trois heures du matin. Il n'avait perdu qu'une cin-

quantainc d'hommes tués, égarés ou blessés. Forcia reprit le chemin du camp, vers dix heures du malin. Mais du haut du donjon, des les premières lueurs du jour, le gouverneur avait vu défiler la troupe des Impériaux vers les postes enlevés. .Sans perdre un instant, se mettant à la tête de quatre compagnies fraîches de piétons et de ses trois cems cavaliers, ei après avuir fail lirer quelques salves sur les ouvriuies des assiégeants, il sortit bravement par le ra-

surpris, sans commandement, découragé, lâcha pied, et Riucourt put encloticr les canens des deux places d'armes avancées, enclouer et jeter les mortiers le long des rampes, briser des affûts, bouleverser les gabionnades et enlever quantité d'outils de travailleurs.

Quand [''orcia rentra, ce fut pour apprendre ce nouveau désastre. .Ses capitaines murmuraient tout haut. Il les traita de lâches et d'ignorants, ceiivci ré pi a) lièrent incrément; on en vint de part et d'autre aux injures. Heureusement pour Forcia, le soir art'iia un riessiiger de Galas v; ci cnioi^i:ai; de lev^r le siège de la Roche-Pont et de SC replier, sans perdit une heure, sur la Saône.

tiaint-Jean-de-Losne avait résisté et la place n'avait pas été entamée; les Impériaux, surpris par les inondations, craignant d'ê'tre coupés par l'armée française, se décidaient

Si cette armée française avait eu à sa tète un Rantzau et un Rincourt, pas un Allemand n'eût repassé la frontière; mais le duc de Wcimar et le cardinal de La Valette qui pouvaient détruire les envahisseurs, les poursuivirent assez mollement. Les Impériaux, toutefois, dans cette expédition, dont ils espéraient tirer le plus éclatant profit, perdirent tous leurs bagages, bonne partie de leur artillerie et un tiers de leur effectif.

Né à Saint- Léger de l'oucherets, en pleine Itouny'p:::. Va Liban, q ui aimait et connaissait bien cette belle province, eut plusieurs fois l'occasion de visiter la Roche-Pont. L'assiette du lieu, sa position stratégique, attira son attention et fut une occasion d'études qui teliai;.nt celle pctiie place à une ligne s 'appuyant à Besançon, passai» par D61e, Au\onne, la Roche-Pont, Langres, Ncufchatcau, Toul, Pont-à-Moesson. Mut/. T!iionvi!k\ Lo:ig-.vv, Montméiiv. Scd^n, .\lc/icrcs, Rocrov, Avcsncs, M^ubLii^L-, Valenciennes, Lille-, pour finir à Dunkcrquc. C'était alors en i l'ifio, une seconde ligne. Plût au Ciel qu'on l'eût toujours conserv ée et entretenue par des ouvrages mis en rapport avec les moyens d'attaque; mais si les Français savent prendre, ils n'ont souci de garder.

La place de la Roche-Pont n'était attaquable que par le plateau du Nord, et l'artillerie du temps de Vauban ne pouvait l'entamer sérieusement que de ce côté, puisque la ville, sur ses deu.\ flancs Est et Ouest, était protégée

ruinas par l'artillerie de !a ville, ou, pour atteindre le niveau des remparts, devaient s'en éloigner de neuf cents toises, hors de portée. Yauban résolut donc d'établir au Nord, en dehors de la ville ancienne, un grand ouvrage qui commanderait le plateau. Toutefois — car il était économe de l'argent de l'État — il pensa qu'il pourrait

Ouest, et perfectionner la défense du château qui deviendrait ainsi un bon réduit. De plus, il traça des ouvrages, seulement revêtus à la base, le long de la rivière, pour protéger la ville basse. Du côté du ruisseau, il traça tellement un Iront liar.qué pour île la moo-.pietei'u: afin d'éviter de ce côté toute insulte et de conserver des terrains utiles, soit pour cultiver des légumes en cas de siège ou faire paitre des bestiaux. Un barrage établi à l'embouchure du ruisseau, avec éclusage, permettait d'inonder les prés situés à l'Est de l'escarpement.

La figure lo présente le plan <h l'en rouble des ouvrages tracés par Vauban, 11 avait d'abord songé à établir au Nord, en avant du front fortifié par Errard de Bar-le- Duc, un ouvrage à corne, devant une demi-lune; mais il ne pouvait bmirs if:k'.,ice:rn;!i[ tes peint- divergents

du plateau. Il s'arrêta donc au tracé que donne la figure Gi, en se servant d'une partie des revêtements du Nord d'Errard .de Bar-le-Duc. En avant de ce front Nord, à la place des défenses étroites et trop resserrées d'Errard ', il fit une grande demi-lune A (lig. 65), avec tenaille en arriére, puis l'ouvrage bastionné B qui battait tout le plateau. Pour le reste de la ville, se servant des

. (. Voir fia. ifo.

viens bastions, il leur Jonna Je bons lianes et disposa le réduit tomme l'indique le tracé D. Les voies de la ville haute furent élargies, améliorées et les maisons isolées des remparts. L'ancien pont en C avait été détruit par une crue de la rivière, il ne fut pas rebâti, maisenP,on construisit vers 1673 un nouveau pont de pierre avec une tëtc de pont terrassée. En O était encore en nïSo une passerelle de bois. La ville s'était de nouveau étendue sur la rive gauche et l'importance de la cité haute tendait à di-

La figure (3*5 présente, à une plus grande échelle, le tracé de l'ouvrage avancé construit par Vauban. Devant les trois fronts de cet ouvrage, des demi-lunes avec tenailles en arrière défoulaient les approches.

Quatre casernes f Lirait construites en j. Des cavaliers s'élevèrent sur les bastions et les chemins couverts avec leurs places d'armes furent garnis de traverses. Cet ouvrage étant pris, le corps de la place pouvait encore tenir quelques jours.

La figure (17 donne les profils de ces ouvrages qui étaient revêtus et présentaient une bonne défende qu'un siège en règle pouvait seul entamer.

Mais il est utile d'indiquer les motifs qui déterminèrent letracé de cet ouvrage et la méthode adoptée par l'iilustre ingénieur.

Vauban fortifiait en raison de la place et n'était point

Lesforteresses qui, comme celle de la Roche-Pont, sont situées à l'extrémité d'un promontoire et ne présentant à l'assiégeant qu'un front étroit, donnent ccrlaincrnsnt à la défense certains avantages puisqu'elles n'ont guèr^ à redouter qu'une seule attaque et ne sont abordables que d'un côte; mais cette disposition ne laisse pas d'avoir ses

alors l'assiégeant couvre les défenses de feux convergents au.xquels l'assiégé ne peut opposer qu'un front étroit dé-

pourvu de grands fi un que me nts. Du côté de l'Est, le gros bastion, au milieu duquel Vauban avait bisse subsister la tour du quinzième siècle, qui lui donnai! ainsi un bon cavalier revu:, Manquait passablement la crête orientale du plateau extérieur; mais Ju côté de l'Ouest, ce flanque-

par le promontoire. Pour parer a ce désavantage, Vauban inclina sa capitale quelques pas vers l'Est'.

Il avait pensé d'abord à supprimer les flancs Sud des dcu\ bastions eMrémes, mais alors les prolongements de; faces Est et Ouest Je ce.; bastion; eussent élé trop obliques pour battre efficacement les arêtes du plateau, tandis que les deux counir.es "empiisjaiem cet objet. Puis, l'ennemi ne pouvait, sans risques, commencer alors ses tranchées sur les rampants de ce plateau et armer rapidement devant des fronts insuffisamment flanqués. Vauban établit donc le tracé du grand ouvrage avancé d'après la méthode suivante (fig. 68). Il donna au cûié extérieur 180 toises ou 35 1 mètres *. Au coté Ouest, a, c, 340 mètre.*, et au côté Est, b, d, 3ao mètres; c'est-à-dire qu'il plaça les points c et *{ en raison de l'arête du plateau ; les deux angles .1 et £ étant égaux entre eux. Sur le milieu du coté a b du polygone, il éleva la perpendiculaire e f, ayant commclongueur, le sixième de a b. De ce point extrême /, furent tirées les lignes de défense a g, b h, sur lesquelles les longueurs des laces du bastion a b i furent portées égales à deu\ septièmes du côté extérieur a b. Pour trouver les llaacs Ju bastion, d'après \~. méthode adoptée ordinairement dans ses défenses des points k et i", il décrivait des arcs de cercle I; !, en prenant ■ i h comme rayon. Le point d'intersection de cet arc avec la ligne

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