Voir, fig. «7, coupe sur CD
îga histoirb d'une forteresse.
sât la place nécessaire a la manœuvre facile des pièces d'ar-
I] fut procédé de la même manière pour les côtés a c et b d. La largeur du lossc fut portée à 3o,oo et la grande demi-lune ! fut établie de telle sorte que ses faces eussent 100,00 et ses petits lianes ■•(j,<.>ù. Lus vieux bastions, rus-
HI5T01BE d'usé fobteresse. iq3
bonne maçonnerie avec contreforts dans le lerre-plcin, ainsi que l'indiquent les profils Je la figure O7 el la figure
D;s poternes établirent les communications entre les ouvrages. La place de la Roche- Pont n'ayant à redouter qu'une seule attaque sérieuse, le nombre des canons nécessaires à sa défense parut pruvnir être, relativement i: s : 11 étendue. ;i;u considérable. Ce nombre fui porté à trente pièces de vingt-quatre livres, à dix de douze et de quutrj pour armer les demi-lunes.
A la fin du règne de Louis XIV, les efforts Jjs coalisés se portèrent vers les frontières du Nord-Est, et la garnison de la Roche-Pont n'aperçut pas l'ennemi. Toutefois, pendant le cours du di\-huitié:ne siècle, cette place fut pas-
2f!4 IIISTOIBE u'l'NE FORTEBE55E.
dûment du prince do Schuarty.crnbeig, franchit le Rhin à Bàle, entre en Suisse et pénètre en France. La droite se dirige sur liellort, Colmar et Strasbourg, le centre marche sur Langres, la gauche sur Dijon. Le même jour, les Prussiens passaient lu Rhin à Mayencc. Soixante mille hommes an plus, échelonnés d'Épina! a Laiigros, devaient sYpposcr à l'invasion de l'Est, et ces corps n'étaient composes que de soldats découragés et de recrues sachant à peine se sen ir de leurs armes. L'armée du prince de .Scawart/.eniberg. qui du coté de la Savoie pouvait craindre une attaque des corps commandés par le prince Eugène, et qui savait que les débris de l'armée d'Espagne avaient ordre de se diriger en toute hâte vers Lyon, voulant assurer sa base d'opération, laissa des corps devant Hcsançon, Dôle, le long de la Saône et entre Dijon et Lan grès, avec ordre d'occuper les points stratégiques les plus favorables. La place de la Roclie-Pont dut être prise; le généralissime de
l'armée de Bohême ne pensait pas qu'elle i .'it en état de résister quarante-huit heures, car i! savait qu'elle ne renlermait aucune garnison et que les citadins n'étaient guère disposés à se défendre.
Parmi les habitants de la Roche-Pont, se trouvaient quelques famille-, royalistes, don; lui émissaires avaient assuré le commandant en chef de l'année île Bohème que la population tout entière attendait impatiemment l'arrivée des alliés pour se déclarer en faveur des Bourbons. Le prince de cichwarr/.embjig avait trnp de ■.'l)irvoya;;ce et savait assez à quelles illusions se laissaient entraîner le, royalistes, pouf croire sans restriction à Ces propos; Il tenait beaucoup à ne pas rencontrer d'obstacles sérieux pendant ses premières étapes, afin de se mettre le plus rapidement possible en communication avec ses alliés venant du Nord-Est. II fit donc savoir aux royalistes de la Roche- Pont, qu'il n'était pas opportun de provoquer une manifestation politique sur son chemin, et que le moyen d'assurer le succès des alliés était de se tenir tranquilles; que sus troupes, conformément à la proclamation lancée par les coalisés en entrant sur le sol iVar.çais, respecteraient lespropriéié-, qu'elles n'étaient point animées par un esprit de vengeance, et que leur gloire consisterait à conclure la paix le plus prompteineui possible afin de rendre i l'Europe le repos dont elle avait tant besoin.
Cependant Napoléon, en apprenant l'entrée des troupes
sants dans le Bourbonnais, l'Auvergne et la Bourgogne, pour lever au plus tôt les conscrits et les diriger sur Paris, En même temps les dépôts du Dauphiné, de la Provence ainsi que les conscrits de l'Est, durent être réunis à Lyon pour fermer à l'ennemi les débouchés Je la Suisse et de la Savoie et au besoin opérer sur ses derrières.
Les préfets de la Bourgogne, de la Picardie, de la Nor-
mundie.de l;i Tuiiraine e; de la Bretagne lîurtnî s'ajrvs-er communes pour former -lu:, compaïiiies de gardes nationales d'élite qui seraient dirigées sur Paris, Meaux, Montereau et Troyes.
Il était bien tard pour que ces dispositifs pussent présenter un obstacle sérieux" au\ e:i\ahis-curs. Devant les
s de la eoalitii
viles et les troupes
à Vincennes pour être l-Jlii-.î> au grand dépôt central qje l'empereur organisait dans cette place, et quelques délachemen"- de diverses armes se dirigeant v.ir Dijo:i pour de là pousser vers Troyes, >e trouvèrent sur le liane de la Colonne de gauche de l'armée do Mohémc. Ils rebrous.èrent chemin, lireul lus anse/. lnn« déniai r~pé;;mi déborder la droite des ennemis et rejoindre la route de Troyes par Beaune, Semur, Montbard et Châtillon-sur-Seine ; maïs pris par le mauvais temps et la neige pendant une marche de nuit dans les momagnes de la G'ite-d'Or, ils s'égarèrent et tombèrent le matin à Saim-Scînc déjà occupé par un corp. d'éckircui''- ae.triciiiens. Les l-'rar.cais n'avaient qoe très-peu de mmmioiîs. pa- d'anilierie. Ils ne purent lorcer le passage, furent obligés de se rejeter dans le val Su/.on espérant encore trouver libre la route de Dijon à Langres. Mais à Thil-lc-Chàtcl ils se heurtèrent de nouveau contre un corps ennemi et durent rabattre vers la petite place de la Roche-Pont, car ils étaient évidemment coupés. Le colonel oui commandait cette petite colonne avait pour instruction, dans le cas où il serait dans l'impossibilité de gagner Langres, de prendre position à Auxonne ou a la
Roche-Pont, de s'y tenir et de former un noyau jusqu'à l'arrivée du corps d'Ac:;crcau qui devait marcher de ! .yon par Mâcon, Châlon et Gray pour tomber sur lus derrières du prince de Schwamemberg.
Voici quels étaient lus événements survenus dans la ville du la Roche-Pont pendant eu temps-là. Conformément aux derniers ordres transmis par te préfet, des compagnies de gardes nationales avaient été organisées promptement. Les habitants de la Rocile-Pont, ainsi que leurs voisins d'Auxonne, de Dôle, de Saint-Jean- de- Losne conservent des habitudes militaires et possèdent, non sans motif, ainsi qu'on l'a vu, la tradition des sièges. Il y a toujours eu à la Ruche- l'ont , pendant le moven àee . des Compagnies d'archers et d'arbalétriers, puis plus tard de bombardiers et d'artilleurs. Sous le Consulat, la place de la Roche-Pont avait servi de dépôt à l'armée concentrée entre Dijon et la iVoi.licrc Sui.se pour passer le Saint- Bernard, et des munitions y avaient été accumulées : quelques pièces de siée,e y lurent déposées et y de aie are t'en t. A l'approche de l'armée du prince de Schwart/cmberg, la population de la Kochc-l'otit s'émut, et même a\ant l'arrivée des instructions préfectorales, trois coalpaiiKies de gardes nationales
. Iléioiutloi: ou de hetnes arn-.es de chasse. I.a ville basse, occupée en grande partie par de riches familles, parmi lesi|uelle- plusieurs étaient avouées à la ruyauté, ne parta- ^^.:it point ces eh-p ■titiu-!;, ^ aerricrcj. Quelques indiscrétions firent découvrir à la population de la ville haute les intrigues pratiquées par les royalistes. Le maire était un homme qui s'était fait remarquer par son dévouement pour l'Empereur tant que l'Empire avait été le plus Ion; mais qui, voyant les choses tourner mal, se rapprochait chaque jour des royalistes.
beaucoup de dillicultés dans la formation des cumpaeuiies de gardes n.ui' maies d'élite, clierc! uni à eagner du temps. La petite citadelle du là Roche- 1 \>ut était occupée par une compagnie de -ui\aiilc \é;éraus, la plupart inlirmes, mjlis les ordres d'un i ictl\ capitaine iln génie, uiancl'a il, qui avait fait à peu près toutes les campagnes de 1" Empire, A la nouvelle de l'entrée de- ennemis sur le territoire Iraucais, le capitaine Allaud c'était son nom — avait demande A Dijon des ordres qu'il ne rc,;ui pas. Cependant il emplira ses hommes à me:ire le petil arsenal en émt. 11 jouissait dans la ville haute d'une certaine autorité. La population mâle de la cité, composée en grande partie d'anciens soldats — toute la jeuncs.e était partie des les premiers mois de 1H1 3 — n'appelait le capitaine Allaud que « le gouverneur d et s'était adressée à lu: pour former les compagnies, ne demandant que des munitions. Or, l'arsenal de la Roche-Pont renfermait une bonne provision de poudre, de boulets, une vingtaine de vieilles pièces de bronze de petit calibre, six pièces de vingt-quatre, deux obusïers, quatre pelilsi Huniers et une tel liai ne de Ui-.il-. llursde service. Dès les premiers jours de janvier, les six gendarmes qui demeu-
Le capitaine Ailaud demanda des hommes de bonne volonté pour mettre les armes en étal, faire des gargousses. et des cartouches, réparer les parapets, les traverses et les épaulements, fabriquer des gabions ei fascines.; les femmes firent des sacs à [erre, connue s'il eèl été possible de soutenir un siège avec les soixante vétérans ei les trois compagnies de gardes nationales lurmant un total de deux cent soixante hommes. Le préfet de Dijon avait transmis l'ordre de l'aire replier ces compagnies d'éiile de gardes nationales sur Langres, mais cet ordre n'était pas parvenu. Les royalistes levaient les épaules en voyant ces deux cent
1MSTOIBI-: d'une fobteresse. 2(19
soixante «ardes nationaux s'mrtcr sur le terre-plein de l'ouvrage avancé, et allèrent jusqu'il plaisanter dans les liens publics sur la garnison du capitaine Allaud. Celuici n'entendait pas raillerie et dkiil hautement à ses hommes qu'il fallait passer lu sabre au travers du corps des plaisants. Il y eut des disputes, des rixes même dans les cafés. Le maire prétendit interposer son autorité: il fut
trigues ourdies par les royalistes. A la nuit, le capiiaine faisait fermer les portes de la cité, et à chaque heure l'antagonisme entre la ville haute et la ville basse s'accentuait davantage. 1 SI les Autrichiens arrivent, disait le capitaine, les premiers boulets seront pour les maisons de ces traîtres royalistes ! » Les esprits s'éc'aaulïaient de part et d'autre, et le maire eut l'imprudeuee de denvmJcr au
qu'il n'y a ici d'autre ollieier que ir.ûi, ci que la Roche- Pont est une place forte..., •
o Pour vous le prouver, je vous arrête! » et il fit conduire le maire dans la citadelle. Grande fut l'émotion dans la ville, mais les royalistes étaient en faible minorité et n'osèrent remuer. On cria : « Vive le gouverneur! u dans le; cabarets. La popul.iee vi>-.iii:t piller la maison du maire, située dans la cité, et c'est à grand'peine si le capitaine put arrêter le désordre. — « Tas de gredins! » criait-il à ■ces drôles qui déjà brisaient les portes de la maison. « Je vais vous faire fusiller comme des chiens. Sacrebleu! vous avez des bras pour enfoncer des portes; nous verrons si vous taperez d'aussi bon cceur sur les Alleman Ji! Allons! ajouta-t-il en se tournant vers une douzaine de vétérans qui le suivaient : Balayez-moi cette canaille! » et donnant l'exemple il distribua lorce coups de plat d'épi: sur le dos des pillards.