‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 46 sur 48 · HISTOIRE DUNE FORTERESSE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DUNE FORTERESSE

ou de ne s'avancer qu'avec une extrême prudence par les routes de Lunévillc ce Nancy sur Paris.

Si au Nord est établi un échiquier défensif de même importance, une pointe duviuiit t ri s -dan^ereu se, surtout si hi capitale est pourvue d'une enceinte de préservation, et d'une enceinte de combat permettant à une armée de mail faudrait alors trois cent mille hommes pour masquer l'échiquier Je lS(>urgo!;ne, et autant pour masquer celui du Nord, et quatre cent mille hommes pour investir Paris;

saires pour conserver les communications entre les trois armées et garder la base d'opérations.

Alors le moindre échec peut entraîner un désastre.

L'armée de Met/., sous les remparts de cette ville, ne pouvant manoeuvrer, a immobilisé pendant deux mois deux cent mille hommes employés à la bloquer.

tre de cent kilomètres, bien approvisionnée, clic eût immobilisé trois cent mille hommes, puisque les Allemands,

est bon d'être au. moins deux contre un, en bataille rangée. Il semble donc que l'art de la guerre aujourd'hui, contre un envahisseur, consiste, non plus à essayer de défu;n]i ■.: Lits liants ri—élu ruines q.ii peuveni èire prises et

de lignes funéjs en arrière, pouvant présenter une longue résistance, et qui forcent l'ennemi, ou à se diviser pour les masquer ou s'en emparer, ou à prêter le flanc à une attaque s'il les néglige, ou à se voir couper de sa base d'opétion s'il se porte en masse sur l'un d'eux, sans masquer les autres....

-Mais, il faut bien le dire, nous ne croyons que médio-

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crement à la valeur de ces immenses développement de la fortification. Il est certain qu'ils sort ruineux, il n'est pas certain qu'ils aient une efficacité proportionnée à l'énorme dépense qu'ils occasionnent.

Les hommes d'armes du quinzième siècle bardaient de fer eus et leurs montures pour résister aux quarreaux d'arbalète, aux coups de lance, de masse de hache et d'épée. L'artillerie à feu qui d'abord ne prétendait à autre chose qu'à substituer la poudre au mécanisme des engins a contrepoids ou à cordes, et n'envoyait comme ceux-ci que des boulets de pierre, se païcaior.ne et emploie des bon-

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Un jour, on fabrique des canons dont les boulets percent de part en part les bordages de bois d'un vaisseau. Aussitôt on s'empresse de barder de fer ces bordages. Les boulets de la veille s'amortissent sur les parois, mais ceux du lendemain les traversent. Les plaques de fer sont doublées.... on augmente la puissance pénétrante du projectile. Les plaques de fer sont remplacées par des lames d'acier. On dépense millions sur millions et toujours le projectile a le dernier. Mais voilà que pendant un combat naval un amiral lance à toute vapeur son navire sur le travers d'un vaisseau ennemi et le couL ! C'est donc par la rapidité des :s et la facilité de la manœuvre que l'on peut

vaincre sur mer, aujourd'hui, bien plus que par l'accumulation des plaques préservatrices.

Eh bien ! dans l'an de la fortification, nous en sommes où en étaient ces hommes d'armes de la fin du quinzième siècle, qui, en face de l'artillerie à feu, endossaient plaies sur plates. L'an de la fortification doit tendre â se transformer.

On objectera qu'un navire et un cavalier se meuvent mais que la foriuvs-i; cm immobile , qu'on ne peut, par ouv-équent. remplacer ici l.i force passive par la force active ou l'utilité, (.'.'est une erreur. Si la f( ni ères se ne se meut pas, le système défensif d'un territoire peut et doit être étudié en prévision de diverses occurences. La fortification passagère doit et peut, ù la guerre, dorénavant remplir le rûle principal. En d'autres termes, une armée doit pouvoir se fortifier partout en profitant de tout. C'est donc la fortification passante qu'il convient de rendre facile, prompte, efficace, afin de déjouer les combinaisons étudiées à l'avance par l'ennemi, de le réduire, en certains cas, à la défensive lorsqu'il crovah attaquer, de :;.-ti!;r sl-s grands mouvements par une résistance imprévue sur un point qu'il prétendait déborder, de l'obliger â modifier sans cesse ses plans par des dispositions rapides de dé-

Les forteresses de Vauban ont fait leur temps, qui sait ce que donnera, lors d'une guerre future, le système défensif dont un vient de voir un spécimen?

La plus sûre forteresse est encore, pour un pays, une bonne armée, bien commandée, une population instruite, brave, intelligente et résolue à tous les sacrifices plutôt que de subir l'humiliation d'une occupation étrangère...

Les canons du capitaine Jean contenaient beaucoup d'autres appréciations générales qui ne sauraient trouver

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leur plîic ici. Ces déciment* i-diquent a»w que quoi qu'on m ai; ci::, parmi n<- < h c!crs. il tr. ér.-.i: un ccriailt nomb c >| i: H .* ' mu, h ;ji.cu:p qi:i presi-cntuient les dangers auxquels ncus exposaient une confiance aveugle en i;utic valeur, ci une ignorance complet des progrès de nos ennemis. En clTct, parmi ces papiers du capitaine Jean, des nuits n> mbreii-es datées de i Nijiî, i Siij ut 1 NuH font ressortir l'insuffisance de noire système défensif d'a- Icrs, el la nécessité de pourvoir nos places fortes d'ouvrages en rapport avec les progris récent. Je l'artillerie.

La ville de Roche-Pont verra-t-ellcsc réaliser les projets du capitaine Jean ou son rôle militaire est-il à jamais lini? C'est ce que l'avenir démontrera.

En attendant, elle cultive ses vignes, et ses faubourgs envahissent de nouveau les rampes du plateau à l'Ouest et au Sud. On voit encore la souche de son donjon du d.iu/.ième siècle <ji:i se détache au-dessus des escarpes de la -Viiie cladclie, el les an iquaires aperçoivent sur quelques points de son enceinte des soubassements romains. En fouillant des caves de maisons, parfois on trouve des monnaies gallo-romaines, des débris de patries rouges et noires, du bois carbonisé et même des haches de silex.

Ces témoins de l'antiquité de la cité sont déposés dans un petit musée qui renferme aussi des sculptures provenant de l'abSvo et du château.

Si vous aile/, à la 1! l'Ciic-Pont, moine/, sur les re.-tes du donjon. De ce point élevé, la vue, par une belle matinée claire de printemps, est admirable ; vers le Sud, elle s'étend jusqu'à la Saône et découvre la petite rivière d'Abonné, ferpciitani au fond du val à travers les prés et les vergers. Au Nord, le plateau .s'élargit couvert de bouquets de bois, et n'est borné que par les silhouettes bleues des collines de la Haute-Marne. A vos pieds, la ville avec ses remparts semble un vaincu amarré à ! "extrémité d'un promontoire.

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c^s clameurs qui, un: de fois, ont i'rijppJ :cs murailles....

Cependant la nature, est toujours la même, les pris s'émaillcnt toujours de [leurs et revêtent d'un manteau charmant les débris entassés par la fureur de l'Iitimme. On se sent alors envahi pal' un profond senti nu :t de tristesse, et tout bas on se dit : ■< A quoi bon : — A quoi bon ': réplique aussitôt une voi\ au fond iln «cur.... — A quoi bon l'indépendance! A quoi bon l'amour du sol: A quoi bon le souvenir des sacriliecs ': Ne blasphème pas, philosophie de l'cgoisme ; tais-toi devant des siècles de luîtes, devant ces Couches d'ossements et ces débris entassés qui ont fait le sol de la patrie. Dévastée, cette colline n'a jamais été abondonnée par ses habitants; plus elle a subi d'outrages et plus ses enfants se sont attachés à ses flancs, plus ils

plus ils ont de haine pour ceux qui prétendraient les détacher de ce tombeau. Cela s'appelle patriotisme ; c'est la seule pas-ion hianahïe qui puisse être iiuaiinée de sainte. La guerre fait les nations, la guerre les relève lorsqu'elles s'allaissent sous l'influence des intérêts matériels « des intrigues de partis. La guerre, c'est la lutte et la lutte est partout dans la nature, elle assure la grandeur et la durée au plus instruit, au plus capable, au plus noble, au plus digne de la perpétuité. Or, aujourd'hui, plus que jamais, le succès à la guerre est le résultat de l'intelligence- et de c; qui développe l'intelligence; le travail.

Le jour où ce qu'on appelle la fraternité entre les peuples deviendrait une réalité, le rèene de la barbarie sénile et des hontes de la décadence ne serait pas éloigné.

Devant ce rocher sur lequel plusieurs générations ont combattu pour défendre leur indépendance, pour résister

à la. force oppre^iv-,:, pour ih'i^ner l'étranger avide, ce ne sont pas des recrois tju'il f;iut exprimer, c'est un hommage qu'il fout, le cceur plein de reconnaissance, rendre aux nions. Ils ne demandent pas des pleur.;, mais nous convient à les prendre pour modèles.

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