‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 45 sur 48 · H I ST O I B E D'UNE FOBTE1.ESSE · texte numérisé non relu

H I ST O I B E D'UNE FOBTE1.ESSE

l'écraser, puis les projectiles /, g. II sur l'engin m et le détruire, et ainsi de suite.

De plus, ces appendices ont eii:<ce cet avantage de donner des vues de tlanc sur l'enceinte elle-même et Je décou-

Ce principe régit et régira toujours l'attaque et la. dc- .fense-, seules, les distances en modifient les applications.

Plus la défende e-t excentrique, plus elle oblige l'attaque à s'éloigner, à occuper un périmètre plus étendu; mais aussi plus la défense- s'étend et plus elle prête ses flancs à l'attaque, il faut donc que ces lianes puissent aussi se défendre et soient eux-mêmes défendus, car tout obstacle qui n'oppose à l'attaque que sa propre force, sans être protégé par l'action d'un obstacle voisin, est bientôt détruit.

Qu'il s'agisse de fortifications ou de plans de bataille, c'est toujours l'application de ce même principe. « Toute partie doit défendre la partie voisine et être défendue par elle. » 11 est clair que la solution du problème devient de plus en plus ditlicile en raison de la plus grande portée des armes de jet et de l'étendue des fronts de fortifications ou de combat.

Vauban, en raison de la portée de l'artillerie de son temps, avait résolu le problème, ainsi que la plupart des ingénieurs, ses émules et ses successeurs.

Soit un hexagone (fig. 79}, fortifié d'après la première manière de Vauban, il est évident que tous les points de la circonférence à une distance de 1000 mètres et jusqu'à 1 800 mètres même sont battus par les courtines, par les faces des bastions et des demi-lunes. Si la place s'élève en ruse campagne, l'ennemi ne peut se placer sur un point quelconque de cette circonférence sans être touché.

Pour établir sa première parallèle et ses premières batteries, il lui fallait commencer ses travaux à la limite de la portée des pièces de rempart et, comme on l'a vu dans

la figure 70, il d-svait élever ces batteries assez près de la piiKu p'Hir que le tir eût une action cflicacc sur les défenses c'est-.'i-Jire à 7 0.; x.ao mirres. A cette distance, on battait les courtines, on enfilait les; faces; et les; llancs/on

bouleversait les parapets. Les projectiles arrivant ou de plein fouet ou sous un angle de 10° environ lorsque le boulet ricuchiiii, l'assiégé pj.1-ven.1it à s'en garantir pendant fort longtemps et à rf lintenir intacte sa propre artillerie.

Mais la ponte des pièces de siège aujourd'hui s'étendant â 7 ou 8000 mètres, les conditions pour l'assiégé et l'assiégeant sont bien différentes. Alors [fig. 80) l'ennemi établit ses batteries sur deux ou trois points de la circonfé-

renec en profitant d'un pli de terrain, d'un mur, d'un bois pour masquer ses travaux, puis, lorsque tout est prît, il démasque ces batteries et couvre un segment de la forteresse d'une quantité de projectiles cxplosibles qui, arrivant

suivant un angle de ï5° à 3o°, éclatent, n'importe où, dans h tas, pour employer une expression vulgaire, ne tenant compte, à cette distance, ni des flancs, ni des faces que l'assiégeant ne distingue même pas. En admettant que l'assiégé, snus cette pluie de fer qui arrive de face et sur ses flancs, puisse maintenir son artillerie et riposter; il tire sur des points excentriques qui peuvent varier, qu'il ne reconnaît qu'à la fumée des pièces, et sur un ennemi qui, profitant d'un espace indéfini pour disposer ses approvisionnements et couvrir ses hommes, conserve toute sa liberté. Mais pour maintenir son artillerie, préserver ses hommes, ses munitions, l'assiégé ne se meut que dans un espace relativement restreint; il est bientôt encombré de débris de toutes sortes; tout mouvement lui est ditlicile, la place lui manque même pour réparer les dégâts. Il se fatigue sans grands résultats. Si l'attaque a maintenu son tir à longue portée pendant plusieurs jours, il a mis une telle confusion sur une bonne partie des défenses qu'il peut en deux Ou trois nuits commencer sa pr^mére parallèle à 1000 mètres environ, la bien armer, la protéger par des batteries en retraite et des tranchées-abri, de manière à décourager les sorties et cheminer pour couronner les chemins couverts. En quel état sont alors les ouvrages de l'assiégé : Les Hancs des bastions sont aussi bien endommagés que leurs faces, les demi-lunes sont intenables, les fossés en partie comblés ; de tous côtés le désordre et la confusion. Aucune brèche n'est pratiquable certainement ; mais tous les ouvrages sont compromis sur troiiou quatre fronts, et à i ooo mètres ; la brèche peut être faite et largement ouverte. La garnison peut jusqu'au dernier moment soutenir l'assaut, vendre chèrement les débris de ses ouvrages ; mais quand on en est là, le résultat final n'est pas douteux.

Il faut donc qu'en raison de la longueur de la trajet-

toirc, la défense éloigne ses diFpositifs dtiensifs du cen-

Si chaque front de ladékn-i: du V;n:Hn était environ de trois cent quatre-vingt mètres, il doit être de douze à irjtzc mille mùlrcs aujourd'hui ;iig. Wi). (^est-a-dire que

[' hexapode qui avait trois cent quatre -vingts mètres de côté d'un saillant de bastion a l'autre devrait avoir treize mille mèlivs. Huit A, le corps de place, supposé en plaine; des forts seront établis en B et en C, la zone d'action de chacun de c;s ouvrages étant de huit mille mètres, ils se pro-

HISTOIRE Il'UNE FORTERESSE.

La figure H-> pr ij^-lli t u; l'ensemble de chacun du eus finis !î et C sur la disposition intérieure desquels on reviendra. .Mais un allongeant ainsi démesurément les capitales, les fons B (fig. 8il peuvent être battus sur toute ['étendue de l'arc de cercle a b iplus du tiers du la circonférence), ils

sont en flèche et l'un d'eux, éun: pris, permettrait à l'ennemi de battre deux des forts C. Il est donc nécessaire sur un rayon étendu de multiplier lus défenses et de faire qu'elles su protègent d'une manière plus efficace. C'est ce qu'indique la figure 83.

Ici c'est un dodécagone. Chaque fort de la zone extrême est distant l'un de l'autre de sept mille mètres, les ouvrages A se flanquent réciproquement; une seconde zone de

forts B bat au besoin ceux-ci et la /.une d'action de ces seconds ouvrages s'étend au delà de la ligne des forts extrêmes. Des chemins de fer doivent nécessairement relier les

HISTOIBE D'UNE FOHTERESSK.

noyau central.

La 7onc intérieure se composerait d'ouvrages permanents, formant une enceinte de préservation, ligne de forts à intervalles suffisamment garnis en cas de guerre par des ouvrages de campagne.

La zone extérieure consisterait en l'occupation de point! sratégin, jus bien ciioiflsct étudiés à l'avance, formant des petits camps protégés par des ouvrages passagers et permettant à une armée nombreuse de se couvrir, sans que l'ennemi puisse épier ses manœuvres.

La dépense occasionnée par un pareil système défensii est énorme sans aucun doute. Mais il semble qu'à cet égard on ne veuille pas se faire une idée exacte de la si- La dépense occasionnée par tous les svstùsie- Jélcilr-i^.pu

L'enceinte bâtie par Philippe-Auguste autour Je Paris ne coûterait pas,lemètre courant.ee que coûterait l'enceinte de Charles V; celle-ci ne coûterait pas ce que coûteraient les fronts bastionnés de Louis XIII, cette enceinte enfin, serait loin d'exiger la dépense (toujours au mètre Courant et en tenant compte des forts détachés) occasionnée par la fortification de Paris, élevée sous Louis- Phi lippe. De même l'établisscmeni des quatre ou cinq trébuchets et les beffrois qu'exijfeaient l'attaque d'une place jusqu'au moment de l'emploi de l'artillerie à feu, n'atteindrait pas la somme qu'exigerait la fabrication de l'artillerie employée au siège de Turin eu 1 5 35. Celle-ci serait bien loin de coûter ce qu'a coûté l'artillerie française et anglaise au siéiic de ùébastopol. Si à l'époque des canons h âme lisse on pouvait battre une place avec une soixantaine de pièces, il en faut cinq fois plus aujourd'hui puisqu'il faut opérer sur un périmètre beaucoup plus étendu.

La guerre est donc un jeu qui tend à devenir de plus en plus cher et surtout la guerre de sièges. Est-ce à dire que les nations se débouteront de ia faire à cause des effroyable. Jqvi A.-- quelle e m raine: Ce riV^i pas à croire.

Aujourd'hui, comme jadis, cequi coûte le plus, c'est d'être battu. Avec un milliard bien employé en France, avant la guerre de 1N70, et un ou deux milliard-, pour la Llhy,i"ious n'eussions probablement pas payé les dix milliards que nous coûte cette guerre et nous n'eussions pas perdu deux provinces qui valent certes plus encore que cette somme.

Les économies m: lii.iires, en des temps de ni' idilirations profondes comme le nôtre, sont donc ruineuses.

cune dépense superflue; mais faire toutes celles qui sont nécessaires. Puis, est-il bien Certain qu'un bon système défeasif du territoire soit aussi di-petldicm; que plusieurs le prétendent ?

S'^k-ii de quelque chose comme d'une muraille de la Chine sur nos frontières de l'ia-t ? Croit-on que si quelques bonnes positions rendues imprenables sans trop de travaux permettaient de tenir une armée d'observation de deux cent mille hommes a l'abri de toute surprise, dans les hautes vallées bornées par les chaînes qui, du Jura, se dirigeai sur Belforl, Rcmiremont. Lpmai, l.^n^res, Dijon, et côtoyent la rive droite de la ijaime jusqu'à Lyon, les Allemands s'empresseraient de faire une seconde trouée sur Paris. Pour peu que sur ce chemin ils subissent le moindre échec, qu'ils fussent arrêtés même, que deviendraient-ils!

Ce qu'il importe, c'est donc de bien choisir les positions à mettre à l'abri de toute insulte sur les flancs d'une invasion et de ne pas gaspiller des sommes fabuleuses à prétendre tout défendre. Supposons que Metz eût été rendue imprenable ou du moins défendue de telle sorte qu'elle put

Et certes la chose était pos

>ible — D'a-

is, la guerre.

malgré notre inlï

Ucric, eût pu

utre tour. Elle exigeait Je la

part de l'en-

ncmi plus de sacrifices, plus de prudence, pli

is de monde

contraindre a une paix acc

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lui la guerre avec des armé cla est merveilleux lorsque

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trouve devant ell .sérieux, lorsque I,

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et que les opératii

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avec une parfaite précision comme on pourrait le faire sur une carte dans le cabinet. Mais ces énormes agglui-:é:'a-

Jauger terrible, après un échec grave sur un des flancs. On ne peut faire avancer, vivre et combattre de tulles masses, qu'à l'aide d'un mécanisme très-compliqué, par conséquent délicat et facile à déranger. Les Allemands prétendaient que nous avions une pointe sur l'Allemagne par la pu-session de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine. Aujourd'hui, ils ont presque une enclave engageante chez nous. L'avenir montrera si c'est li pour eux' un grand avantage- On a vu, en 1870-1871, ce qu'a pu faire la petite place de Belfort qui, seule peut-être, entre nos places fortes, possédait quelques pièces à longue portée et une garnison bien commandée et décidée à se défendre.

Elle a continuellement gardé l'olleiisive sar un périmètre de vingt à vingt-cinq kilomètres, grâce à quelques canons rayés qui garnissaient les remparts et protégeaient les sorticsdansunraj'Onde quatre à cinq mille mètres. Pendant unmois,ellc a empêché l'établissement des batteries de siège

et, malgré un bombardement de soixante-treize jours, dans les derniers temps, la ville n'a eu que quatre maisons brûlées. Cette défense est un enseignement et montre que l'ancien système défcnslf a fait son temps.

Pendant ce siège, les batteries des assiégés ont à peine souffert et ont eu recours au tir indirect, c'est-à-dire, ont tiré par-dessus les casernes de la gorge du château sans voir k but, mais en se réglant à l'aide d'un observateur. Ce tir indirect, qui ne tenait nul compte du tracé des crêtes de la défense et qui permettait ainsi d'accumuler sur un point quelconque un feu puissant, indépendamment des faces, produisait un grand effet sur les batteries de l'ennemi qui, de sou côté, ne pouvait voir ces pièces et ne sa-

La question reste donc indécise, et si la l-ngi;e portée donne à l'attaque des feux plus enveloppants contre chaque ouvrage, chaque batterie de l'assiégeant peut être soumise au feu d'un plus grand n> ■:nh:c du piéêes de la défense. A. Paris, les forts, nullement tracés en vue du tïr actuel à

surlies avee siucès à une dislaace de ;]u;i::i; mille mitres 1 .

Avec de bonnes troupes, on pouvait alors en une nuit élever des ouvrages qui eussent permis de reprendre l'offensive et de pousser plus loin, de couper la ligne de contrevallation et de mettre l'assiégeant dans un grand embarras. Il n'est donc pas prouvé que les longues portées donnent plus d'avantages à l'attaque qu'à la défense, et on peut admettre au contraire que la longue portée des canons rayés est favorable à la défense? mais c'est à la condition de tracer les ouvrages en vue de l'action nouvelle de Parti Llbitiille de CliampiEny IVÏÎtpOIti lu UglU i quairù Jcmx «nu radrts du fon de 11 Fiiswdttie.

HISTOTRE D'UNE FORTERESSE.

35o, HISTOIRE D'UNE FOR TE R ESSE.

tillcrie et non, suivant d'anciennes traditions, si glorieuses qu'elles soient. !..a puissance destructive des projectiles uxplosibles ne permet que dillicilemcnt les cheminements de l'assiégeant et, de Taît, nous n'avons vu, nulle part, dans la dernière puetre, err.piover cet ancien mode d approclus pour battre en brèche et traverser le fossé.

Les Allemands n'ont pas été si sots que d'employer ces procédés classiques. Ils su sont établis sur les points favorables et souvent dominants, à trois mille rinq centset quatre mille mitivs, autour du uns places, qui s'en tenaient au vieux système déiuusii" du-tm é i: dus portées du dcu\. mille mètres au plus ; et ont couvert d'obus nos ouvrages et les villes qu'ils étaient censés protéger, sans risquer un sapeur. Nous avons trouvé cela odieux, exorbitant, comme eus châtelains du quinzième siècle, qui trouvaient -abominable qu"n:i fi; brèche à leurs nids l'éodau\ avec des bombardes, et déclaraient qu'on gâtait ainsi lu métier de la guerre. Mais, en supposant qu'on oublie un jour de lever les yeux au ciel, s'il s'au.it du médire dus anciens fronts ilanqué-s, et que la nouvelle génératir.n dV'iliciers du génie su décide à accepter l'artillerie à grande portée et à en profiter, il est

destinés à remplacer les saillants de nos anciennes forteresses î Ils doivent permettre l'installation large d'un grand nombre de feuv, même indirects au besoin, par conséquent des faces étendues et de courts llanqucments, c'està-dire le moins de profondeur possible, et des gorges parfaitement ciiuietLUS. Ils doivent protéger ellieacutnent les travaux de contre-approches et ne considérer la défense rapproches que comme accessoire, car bien rarement aura-t-on à en faire usage, si jamais le cas se présente, ce qui est douteux.

Si l'on se report; au système difensif général indique dans la figure 83, et que l'on veuille tracer un des forts A, on obtiendra la ligure donnant l'ouvrage au niveau inférieur en C et au niveau des but taries un IX La contrescarpe doit être revêtue au moins jusqu'à cinq mètres audessus du fond du fosse.

L'escarpe sera faite en terre coulante. Les ouvrages de maçonnerie doivent être tous couverts et défilés, ils forment à rintJrieur des casemates E. Sous les terrassements, les poudrières F, [es passage pour communiquer aux otseatix ou orillaits bas G. protégés par la contrescarpe et

tente le passage du fossé. Les [aces et les lianes sur les dehors sont tracés sur des anales assez ouverts pour croiser leurs feux. Les deux faces, dans le tracé (n'y. S.i;, peuvent elle armées Je huit pièces et les lianes de six pièces. Cet ouvrage est séparé de celui de la gorge pur une traverse qui protège eliie.i;"en!e:it ce::e gorge, laquelle possède ses lianes, armés de quatre pièces et ses orillons.

De l'ouvrage de la gorge, on communique dans le fort par une canonnière couverte formant traversa suivant la capitale, La gorge est défendue par une courtine pour des fusiliers et, an besoin, pour de petites pièces d'artillerie. Au besoin aussi, sur le terrc-pleia Je l'ouvrage Je la gorge, peuvent être mises en batterie Jes pièces à longue portée, donnant un tir indirect sur la circonférence d'un demi-cercle par-dessus la grande traverse H, si les parapets des faces sont dégradées par le tir de l'ennemi.

Des braies composées de palanques sont fichées à trois mètres de la base de l'escarpe dans le fusse pour empêcher les éboulements de cette escarpe de combler ce fossé, et pour permettre de défendre son passage. Les maçonneries intérieures bien couvertes, empêchent les encombrements des terres sur la plate-forme intérieure et donnent des ca-

35î HISTOIRE D'UNE FOSTERESSÏ.

semâtes, qui permettent à la garnison dose reposer en toute sécurité, au moins le long des deux faces et de la grande traverse. Des blindages peuvent être établis sur les traverses des batteries et être facilement réparées chaque nuit, ainsi que l'escarpe en terre coulante. .

Il serait difficile de dire combien il faudrait de projectiles pour rendre intenable un pareil ouvrage, puisque l'on a vu, au siège de Paris, qu'une batterie de marine élevée en terre coulante sur la route stratégique entre les forts de Rosny et de Noisy, armée de trois pièces, avait reçu pendant vingt-quatre jours les obus allemands, sans qu'une de ses pièces ait été démontée, ni que son escarpe ait assez souffert pour ne pouvoir être relevée chaque nuit.

On doit, d'ailleurs, n'établir des ouvrages permanents qu'avec la plus grande circonspection : i° parce qu'ils exigent des dépenses très-considérables; i" parce qu'ils sont nécessairement connus et longuement étudiés par l'ennemi, qui prend ses mesures en conséquence.

L'important est de posséder une exacte connaissance du terrain à défendre, et de n'établir des ouvrages permanents qu'en seconde ligne et sur des points iiiœntcstablcmcnt favorables à la défense, même en admettant une artillerie à portée plus longue encore que celle actuelle.

Tout centre à défendre doit donc posséder des ouvrapes suffisants pour éviter une surprise; puis â une distance de six à huit mille mètres, une ligne de forts, croisant leurs feux si la chose est possible, ou tout au moins reliés par de solides batteries; puis enfin, aune distance de quatre mille mètres environ, des positions étudiées et connues â l'avance, favorables à l'installation, des travaux de f Tiiliration de campagne très -simple s, mais qui puissent à un moment donné offrir assez de résistance pour permettre de grands mouvements.... et reiLirder L'éia'Misji.T.ioiiE Je;; batteries ennemies....

En appliquant ces principes il l;: défense île la ville delà Roche-Pont, dont la position stratégique est d une iinpoi tance majeure, puisqu'elle relie llusiir.ç.in à Dijon, et forme un saillant sur les flancs d'une armée qui manœuvrait d'Kpinal et de Vesoiil sur I. ancres etOiaumnm, il faudrait établir autour de cette place, dont les anciennes fortifications n'ont plus de valeur (fig. 85), huit forts A, sur les arêtes des plateaux qui entourent la ville, et treize batteries ou redoutes B, un peu en arrière ou pour commander l'embouchure de lu rivière d'Abonné dans !a .Saune et er.fiier (es vallons. On occuperait ainsi le neeud des routes qui se dirigent en C sur Langres et sur Champlittc, en D sur Dijon et Beaune, en E sur Besançon et Dûle, en F sur Gray et en G sur Saint-Jean -de -Los ne. Une tête de pont H, protégée par des batteries qui domineraient

Cette défense pas-ive occuperai! un périmètre de .'oi:,au:echq ';i!,! mètres, et la jonc d'action des ouvrants permanents un périmètre décent kilomètres.

La défense purement passive exigerait, pour les huit forts, quatre mille huit cents hommes ; pour les treize batteries deu\ mille humilies; pour la p.arde des tranchées intermédi lires et ie service de l'enceinte de préservation, non compris fnrts et laiteries, ilh-linit mille linmmcs; réserve dans la place, deux mille cinq cents hommes ; total, vingt-sept mille trois cents linmmes. Tandis que l'investissement d'ectiï exigerait une armée de cent mille hommes. Maïs si ce grand camp retranché contenait une armée de cent cinquante mille hommes en sus des troupes nécessaires à la défense passive, cette armée pourrait encore, sur un périmètre trcs-élendu ou sur quelques points favorables, occuper, dans la zone d'action des forts, une enceinte de combat défendue par des ouvrages de campagne, qui

354 HISTOIRE tt'liMB FORTERESSE.

lui permettrait de prendre l'offensive a i de.' forts consiste" lit un

Ci; s de calibre, ut celui du-. Ivinurius (.-]'. quaiaulu-cinq

donnerait un total de deu* cent trente bouches à feu.

Des pièces attelées seraient, en outre, nécessaires pour appuyer les tranchées du la défense passive.

Chaque fort coûterait environ, ] 200000 fr. Les huit ensemble g 600 000 fr.

Chaque batterie ou redoute, coûterait environ 1 5o 000' fr. Les treize ensemble. . 1 ;io5 000 Total. . . . il 5o5ooofr.

Faire tête à une invasion sur tous les points à la fols, a toujours été ditlicilc; eu problème est aujourd'hui plus Jiili.

l'ennemi part d'une base d'opération étendue pour se Concentrer sur un p.iint que le dé!ensuur nu connaît pas. 11 n'a d. .fie qu'un u h.y.u à opposer au sommet d'un triangle J'acti.iii. Il faut su horner à préserver le coeur du pays et certaines ré^inns déjà protégées par la nature, qui punuuttciiL d'opérer sur les lianes des armées d'invasion; régions possédant derrière elles de vastes contrées d'approvisionne-

Supposons que dans cet échiquier défensif dont la Roche-Pont forme le centre, on réunisse une armée de cent cinquante mille hommes pouvant su porter, .soit sur Bel fort

Besancon, Ye-oul, I. autres ut Dij. .11 étant ullus-mémes en état d'arrêter l'ennemi, celui-ci est obligé ou de masquer cet échiquier avec une année de trois cent mille hommes.

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