I. Voir la figure
I06 HISTOIRE d'une FORTERESSE.
vant devant la cité. D'ailleurs, cette armée attendait des secours. Le corps qui se présenta sur le plateau du Nord était de 20000 hommes, et celui qui apparut au-dessus de la ville basse, sur la rive droite, de i5ooo. Cette ville basse était à peu près déserte ; tous les hommes valides s'étaient réfugiés dans la cité et avaient envo3-é les femmes, les enfants et les vieillards dans les montagnes de FEst.
Le corps d'armée des Francs put donc entrer sans coup férir dans cette ville basse, et, comme de raison, se mit à piller. Clodoald, du haut des remparts, \it le désordre et prit ses dispositions. La nuit venue, il fit descendre un millier d'hommes dans la place d'armes au sud du plateau, fit renforcer le poste qui défendait la tête de pont sur la rive droite. Les Francs, occupés à piller, avaient à peine pris garde à la grande tête de pont, placée à leur extrême droite, et s'étaient plus particulièrementpréoccupés de la petite, en face du pont de bois. Vers la troisième heure de nuit, Clodoald fit ouvrir les portes et filer ses hommes en silence. A peine si les Francs s'étaient gardés sur ce point. Surpris par Tattaque de Clodoald, ils remontèrent dans l'intérieur de la ville basse en poussant des cris d'alarme.
Beaucoup étaient campés entre V emporiiim ^ et la tête de pont; les Bourguignons les tournèrent et les attaquant à l'improviste, précipitèrent dans la ri\ière ceux qui ne furent pas massacrés. En même temps, Clodoald faisait mettre le feu partout. Le vent soufflait du sud, et bientôt les habitations situées au bord de la rivière ne furent qu'un brasier. Lorsque les Francs ralliés voulurent prendre l'offensive, les Bourguignons étaient déjà rentrés dans la tête de pont et remontaient le plateau. Les Francs avaient perdu de quatre à cinq cents hommes dans cette échauffourée, et les assié-