I. Voir la figure
et perdant peu de monde, tandis que Tassaillant avait plus de deux cents hommes tués sur le rempart et dans les fossés.
La nuit venue, Clodoald avec les mille hommes de réserve sortit brusquement par la porte centrale, dont le pont fortement barricadé, était resté en sa possession, et se jeta
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sur Tennemi ; il en tua encore une centaine, mais ne put reprendre Fouvrage. Il craignait d'ailleurs une autre attaque et ne se trompait pas. Vers le milieu de la nuit, les Francs se jetèrent dans Tilot de sable à Taide de radeaux, et là ils se retranchèrent en face du quai. On était à portée d'arc, et de part et d'autre on commença à tirer, sans, grand résultat.
La perte de l'avancée ne fit qu'animer les assiégés qui voulaient la reprendre aussitôt. Clodoald dut calmer leur ardeur en leur promettant de faire mieux que de reprendre cet ouvrage -, il ajouta qu'il y avait pour Finstant autre chose à tenter -, que Tennemi allait leur donner une belle occasion de le battre.
Clodoald renforça les défenses du front Nord qui ne pouvaient être prises d'emblée, fit mettre une bonne troupe à l'avancée de la porte de TEstavec ordre de la défendre jusqu'au dernier homme, et fit descendre autant de troupes qu'il en pouvait tenir dans les deux places d'armes du Sud et du Sud-Ouest. Il garnit puissamment le retranchement oblique, et descendant aux défenses du bord de l'eau, il mit là un chef en qui il pouvait se fier, avec des instructions particulières.
La journée suivante se passa sans combat. Les Francs se retranchaient dans l'avancée contre le front du Nord, et détruisaient le vallum. Ils apportaient dans l'îlot des bois, des fascines, de la terre, des pierres, et commençaient à combler le petit bras à l'aide de ces matériaux. Se couvrant de mantelets d'osier, ils jetaient des pierres dans l'eau, puis des fascines dans lesquelles étaient intercalés de gros cailloux afin de les couler entre les pierres^ puis, quand ces matériaux commençaient à émerger, ils posaient dessus des troncs d'arbres en travers du courant, et entre eux des fascines et des mottes de gazon. Les assiégés ne pouvaient guère s'opposer à ces travaux. Deux onagres lançaient toutefois des pierres sur les travailleurs -, mais ceux-ci, bien couverts et toujours en mouvement, étaient rarement atteints. Vers le soir, le terrassement n'était guère qu'à vingt pieds du mur du quai, et l'eau, assez basse d'ailleurs à cette époque de l'année, passait à travers les fascines no3''ées, sans risque d'emporter le barrage. Toute la nuit, les Francs ne cessèrent de consolider ce barrase et de Té-
largir ; puis ils apportèrent des bois, des échelles, et montèrent à son extrémité, à quinze pieds environ du mur du quai, une estacade de charpente préparée à Tavance. Au jour, les assiégés virent se dessiner sur Testacade, le bout d'une sorte de pont, garni d'un mantelet d'osier, et qui s'avançait doucement vers la crête du quai, (fig.26), Secondin a\'ait fait charpenter un tablier de pont de dix pieds de largeur*, ce tablier, posé sur des rouleaux qui portaient sur des poutres inclinées, était poussé par des soldats à l'aide de leviers, et tiré par deux câbles s'enroulant sur des treuils, à distance. Les hommes, munis de leviers, étaient masqués par de grosses toiles tendues devant eux qui arrêtaient les traits. Pendant ce temps, deux catapultes et deux onagres cou\Taient de longs dards et de pierres le 7'allum du quai ; des frondeurs et des archers fie permettaient pas aux défenseurs de se montrer.
Le chef qui commandait ces derniers, suivant les instructions de Clodoald, fit filer peu à peu ses hommes vers . les maisons; et quand le pont roulant atteignit la crête du valliim du quai, il n'y a\'ait plus derrière cette défense un seul Bourguignon. Les Francs, avec de grands cris, se précipitèrent sur le tablier, firent tomber le parapet d'osier et se répandirent en grand nombre sur le quai désert et silencieux. Redoutant quelque piège, ils ne se hâtèrent pas de gravir les pentes assez douces du plateau sur ce point, et de s'engager dans les voies dont les barricades ne paraissaient pas gardées. Ils se rangèrent le long de ce quai en assez bon ordre. Jusqu'à ce qu'ils fussent au nombre de quatre mille hommes environ. Ce qui ne fut pas très-long, parce que sitôt les premiers passés de l'estacade au valliim^ l'assiégeant a\-ait posé des poutres garnies de rondins, de branchages et de gazon, et que le pont avait alors atteint une largeur de près de trente pieds.
Dans l'îlot se réunissait un second corps nombreux,
HlSTOIRli d'une FORTERESSl-: