‹ Histoire d'une forteresse; texte et dessinsChapitre 16 sur 92 · I. Voyez la fiîTure i · texte numérisé non relu

I. Voyez la fiîTure i

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et sur cet agger il fit dresser un ouvrage de charpente qui dominait le rempart de Tassiégé (fig. 21). Il se contenta.

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autour de la grande tête de pont, d'élever une contrevallation qui coupait les deux voies. Devant la porte de TEst

HISTOIRIi: D UNE FORTERESSE.

de la cite, Topération présentait de grandes diflicultés à cause de la forte inclinaison de la pente du plateau. Chaque nuit les traxaux des assiégeants étaient bouleversés par les défenseurs, qui avaient l'avantage de la position dominante. Secondin, après plusieurs tentatives infructueuses, dut se

Tign.

borner à établir au bas du rampant du plateau un ouvrage en terre et bois formant une portion de cercle, conformé-

ment au tracé ci-contre (fig. 22).

L'assiégeant arrivait à cet ouvrage, qui était hors de portée du trait du plateau, par une voie qui descendait doucement vers le bras occidental du ruisseau.

Il8 HISTOIRE d'une FORTERESSE.

Ces travaux ne s'étaient pas faits sans que Passiégcant cherchât à les détruire et sans pertes assez sensibles chez les Francs. Cependant quinze jours après l'arrivée de Tennemi, ils étaient achevés et bien gardés.

Voici quelle était la disposition des troupes de rennemi autour de la cité. Le grand campement sur le plateau du Nord renfermait 12000 hommes- les défenseurs de la grande contrevallation du même côté étaient au nombre de 2000. Le corps logé dans la ville basse était de 6000 hommes. La garde de l'ouvrage en face de la petite tête de pont, de 5oo hommes; celle de la contrevallation autour delà grande tête de pont, de 1200 hommes. L'ouvrage élevé au bas du plateau, en regard de la porte de l'Est, contenait 1200 hommes. Total : 22 900 hommes. Il restait, déduction faite des pertes depuis le commencement du siège, environ i o 000 soldats qui battaient l'estrade , dévastaient le pays, ramassaient des vivres et fourrages, et formaient un corps de réserve pour donner un coup de collier au moment opportun.

Ces préparatifs faisaient assez voir à Clodoald que l'ennemi agissait depuis ses premiers échecs avec méthode, et préparait une action décisive. Il avait reconnu facilement que cette action se porterait sur les points faibles de la place, c'est-à-dire sur le saillant du Nord et sur les bords de la rivière, en face de la convexité occidentale de la cité-, aussi avait-il fait barricader fortement toutes les voies de la ville donnant sur le quai et renforcer celui-ci par un vallum.

En outre, à deux cents pas en arrière de la tour carrée sur la rivière, au Nord, il fit, à travers les maisons et jardins, élever un autre vallum a^ 3, suivant obliquement les pentes du plateau et venant joindre la porte Sud-Ouest (fig. 2 3). Les habitations avaient été laissées comme masque devant ce retranchement; on s'était contenté de l'isoler

HISTOIRE D UNE FORTERESSn.

au dehors, en démolissant des clôtures et quelques maisons.

Clodoald ne pouvait rien tenter en avant du saillant du

Nord, Tennemi étant là en forces, devant lui ; mais dans rintérieur du saillant même, il fit creuser des fossés avec retranchements de terre et de pieux, ainsi que le montre la figure 24. Du dehors, Tennemi ne pouvait reconnaître

Texistence de ces ouvrages bas et masqués. Chaque nuit, il faisait sortir de la cité par la poterne qui donnait au fond

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du large fossé du front Nord, des espions qui lui rendaient compte des opérations de Tennemi.

Or, à la fin de la troisième semaine depuis le commencement du siège, ses espions lui rapportèrent qu'il y avait dans le grand camp beaucoup de mouvement-, qu'on apprêtait des fascines, que les soldats préparaient leurs armes, qu'on montait des engins. Un de ces espions, qui passait la rivière en aval et observait l'attitude de l'ennemi campé à l'Ouest, lui fit un rapport semblable. Clodoald jugea donc que le moment était proche oij l'assiégeant tenterait un grand effort à l'Ouest et au Nord.

Le vingt-deuxième jour du siège, en effet, dès le matin, quatre onagres, placés sur Touvrage en face de la petite tête de pont, couvrirent celle-ci de pierres ; si bien que les défenseurs étaient à peine abrités derrière les parapets et ne pouvaient manœuvrer les deux engins placés sur ce point. En même temps, des bateaux chargés de matières inflammables furent lancés dans la rivière en amont du pont de bois. Ces bateaux, bien dirigés, s'arrêtèrent en travers des piles de ce pont et ne tardèrent pas à y mettre le feu (fig. 2 5). Les défenseurs de la petite tête de pont voyant que la retraite allait leur être coupée, abandonnèrent Touvrage qui fut bientôt occupé par les Francs. Retirés dans la place d'armes en arrière du pont, les assiégés ne pouvaient que le regarder brûler.

A la même heure, couverte par des mantelets d'osier, une grosse troupe d'ennemis s'avançait hardiment contre les flancs Nord-Est et Nord-Ouest du saillant du Nord. Comblant le fossé avec des fascines, les assaillants se précipitèrent en colonne compacte contre le rempart. La lutte fut acharnée. Grâce aux maçonneries de l'aqueduc, l'ennemi ne put forcer le flanc Nord-Est ; mais il parvint à s'établir * sur celui opposé. L'assiégé fut obligé d'abandonner le saillant en se retirant de retranchement en retranchement

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