‹ Histoire d'une forteresse; texte et dessinsChapitre 41 sur 92 · L.A l'UISK DE I^A UAILLE · texte numérisé non relu

L.A l'UISK DE I^A UAILLE

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core au poiu'oir des défenseurs et prenaient à revers les assaillants, prétendant entrer dans la chapelle I et dans le batinient des écuries D, incendiés.

Il fut résolu entre Anseric et son oncle qu'on abandonnerait le retranchement A A. Il était inutile de perdre des hommes pour le défendre, rennemi ne pouvant s'aventurer dans le rentrant formé par les deux tours de la porte et le bâtiment F. Il était préférable de porter tous les efforts de la défense en C, car, évidemment, c'était le point d'attaque.

Vers cinq heures du matin, le retranchement A A fut donc abandonné et, en effet, les Bourguignons se contentèrent d'y pratiquer des trouées sans aller plus avant.

Le duc, dès l'aube, avait fait jeter force traits enflammés sur les combles de la tour M -, mais l'arbalète à tour montée sur celle du coin Vpir les défenseurs, gênait beaucoup les assaillants groupés en dehors et se préparant à faire un vigoureux effort par la brèche C.

Ce fut vers midi que l'ordre fut donné par le duc d'attaquer à la fois sur deux points; alors le comble de la tour M avait pris feu. La première attaque assaillit vigoureusement le retranchement C. La seconde faisait un trouée dans les murs calcinés de la chapelle, afin de s'emparer de la palissade E. En même temps, deux arbalètes à tour, mises en batterie en dehors, couvraient les combles des tours ;7Z, n' et V de traits enflammés pendant qu'un trébuchet brisait à coups de pierres les hourds et crénelages.

Les défenseurs, postés au sommet de la tour V, en lançant des pierres et des carreaux d'arbalètes sur les flancs des assaillants qui s'acharnaient à l'attaque du retranchement C, leur faisaient beaucoup de mal ; leurs pavois ne pouvant les garantir de face et de flanc et, du oetit front du château, de bons archers envoyaient, par-dessus la tête

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HISrOlRE DUNE FORTERESSE.

des leurs, force sajettes aux assaillants qui se présentaient à la brèche G , car on était à portée de flèches.

Voyant qu'on ne pouvait mordre, le duc fit retirer ses gens et amener des mantelets qui furent établis perpendiculairement à la muraille et faisant face à la tour du coin, puis un petit bosson sur roues, solidement armé à sa tête d'une grosse pointe de fer. Les roues de ce bosson étaient pavaisées (fig. 46) pour préserver les gens chargés de le manœuvrer. Puis une vingtaine d'hommes, avec de lourdes pinces de fer, couverts, attendaient Teffet du bosson. Au

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quatrième coup contre la palissade, une douzaine de pieux étaient fortement ébranlés et les traverses brisées. Alors les pionniers, armés de pinces, se mirent en devoir de faire tomber les pieux ébranlés ou tout au moins les écarter. La colonne d'assaut se rua sur ces ouveitures. On se battit là corps à corps et si bien serrés que les gens postés dans la tour du coin n'osaient plus tirer dans la crainte de blesser leurs camarades.

Du côté opposé, les Bourguignons étaient parvenus à faire un large trou dans le mur sud de la chapelle, et masqués par ses ruines, attaquèrent l'angle du retranche-

ment E '. De la courtine de l'Est, les défenseurs, toutefois, leur envoyaient des pierres et des traits par derrière, et cette attaque était molle, le duc étant tout occupé à diriger l'autre.

Anseric défendait ce point d'après le désir du baron qui lui avait dit de reprendre Totlensive en s'appuyant sur le bâtiment F, pour peu que la chose fût possible.

Un des hommes postés sur les défenses de la porte descendit rapidement, et, passant par la poterne, vint lui dire que le retranchement C était forcé et son m:nde très- compromis sur ce point. Anseric alors, enlevant deux centcinquante hommes qu'il avait avec lui, sortit du retranchement par son extrémité Est, se jeta avec fureur contre les assaillants, les mit en désordre, et laissant une quarantaine de braves gens pour défendre le trou de la chapelle et la barricade B restée presque intacte, il traversa obliquement le terre-plein de la baille, franchit le retranchement A détruit en partie, et tomba sur le flanc gauche des assaillants, poussant le cri de guerre : Rochepont ! Rochepont ! . . . Les Bourguignons surpris par cette attaque imprévue, ne sachant d'où venaient ces gens-là, abandonnèrent le retranchement, le bosson et même la brèche C.

Les troupes du baron, à cette vue, reprirent courage et tuant tous ceux qui étaient restés en dedans de la baille, occupèrent de nouveau la brèche c, pendant qu'Anseric occupait la barricade C. Le bosson fut brisé à coups de haches et les mantelets, laissés par Tennemi, disposés pour réparer les palissades renversées.

Le duc était hors de lui, il avait brisé son épée sur le dos des fuyards. Mais il n'y avait plus rien à tenter pour ce jour-là, et tout ce qu'il avait conquis avec tant de peine était compromis. On voyait les défenseurs barricader les

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