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brèches, et on entendait les cris des malheureux restés dans la baille, égorgés sans quartier.
Depuis le commencement du siège, les Bourguignons avaient perdu plus de deux mille hommes, et Tarmée du duc ne comptait, au 7 juin, que quatre mille cinq cents ou cinq mille hommes au plus. Les assiégés étaient réduits au nombre de mille combattants environ; mais ils étaient pleins d'espoir, assurés du succès, tandis que les assiégeants perdaient confiance. Leurs progrès n'avaient été obtenus qu'à la suite de sacrifices énormes, et cette dernière affaire pouvait achever de les démoraliser.
Le duc avait cru enlever cette place en un mois tout au plus, il se trouvait, au bout de trente-deux jours, avoir perdu le tiers de son armée sans être beaucoup plus avancé que le surlendemain de son arrivée. La suite, la méthode avaient fait défaut dans les diverses phases du siège, il le reconnaissait un peu tard. Si, au lieu de poursuivre leurs avantages au centre du front de la baille, les assiégeants s'étaient contentés de la prise de la barbacane pour empêcher toute sortie de ce côté, et, si avec de bons terrassements, ils s'étaient avancés en se couvrant, contre l'extrémité occideniale de ce front sur la tour M% en portant tous leurs efforts sur ce point et en établissant un beffroi roulant, ils prenaient possession de la cour occidentale, détruisaient successivement les ouvrages à leur droite, pouvaient se garantir contre un retour offensif sur leur gauche et entamaient h château par son côté faible-, c'est-à-dire entre les tours de la porte et celle Q. Ainsi pouvaient-ils prendre à revers toutes les défenses orientales en cheminant le long de la courtine occidentale par des brèches successives.
Le duc, il est vrai, ne connaissait pas la place et croyait