‹ Histoire d'une forteresse; texte et dessinsChapitre 73 sur 92 · L OUVRAGE AVANCÉ DE VAUBAN · texte numérisé non relu

L OUVRAGE AVANCÉ DE VAUBAN

HISTOIRH d'iXIÎ FO R TI-RESS E, 287

vieux bastions, il leur donna de bons flancs et disposa le réduit comme Tindique le tracé D. Les voies de la ville haute furent élargies, améliorées et les maisons isolées des remparts. L'ancien pont en C avait été détruit par une crue de la ri\'ière, il ne fut pas rebâti, mais en P, on construisit vers 1G75 un nouveau pont de pierre avec une tête de pont terrassée. En O était encore en 1G80 une passerelle de bois. La ville s'était de nouveau étendue sur la rive gauche et Pimportance de la cité haute tendait à diminuer.

La figure 66 présente, à une plus grande échelle, le tracé de Touvrage avancé construit par Vauban. Devant les trois fronts de cet ouvrage, des demi-lunes avec tenailles en arrière défendaient les approches.

Quatre casernes furent construites en a. Des cavaliers s'élevèrent sur les bastions et les chemins couverts avec leurs places d'armes furent garnis de traverses. Cet ouvrage étant pris, le corps de la place pouvait encore tenir quelques jours.

La figure 67 donne les profils de ces ouvrages qui étaient revêtus et présentaient une bonne défense qu'un siège en règle pouvait seul entamer.

Mais il est utile d'indiquer les motifs qui déterminèrent le tracé de cet ouvrage et la méthode adoptée par l'illustre ingénieur.

Vauban fortifiait en raison de la place et n'était point de ces esprits routiniers qui une fois un système admis, prétendent l'appliquer en toute occasion.

Les forteresses qui, comme celle de la Roche-Pont, sont situées à l'extrémité d'un promontoire et ne présentent à l'assiégeant qu'un front étroit, donnent certainement à la défense certains avantages puisqu'elles n'ont guère à redouter qu'une seule attaque et ne sont abordables que d'un côté-, mais cette disposition ne laisse pas d'avoir ses

inconvénients, surtout si comme dans le cas présent un plateau en éventail s^ouvre en dehors de la place-, car

ifîplïïIÏÏiïïïïïmnïïIïïïïTïïnrfi^TTTrrr-

alors Passiégeant couvre les défenses de feux convergents auxquels Tassiégé ne peut opposer qu'un front étroit dé-

HiSTOiRii: d'une forteresse. 289

pourvu de grands flanquements. Du côte de TEst, le gros bastion, au milieu duquel Vauban avait laissé subsister la tour du quinzième siècle, qui lui donnait ainsi un bon cavalier revêtu, flanquait passablement la crête orientale du plateau extérieur; mais du côté de TOuest, ce flanquement se refusait complètement, à cause du rentrant donné par le promontoire. Pour parer à ce désavantage, Vauban inclina sa capitale quelques pas vers TEst'.

Il avait pensé d'abord à supprimer les flancs Sud des deux bastions extrêmes, mais alors les prolongements des faces Est et Ouest de ces bastions eussent été trop obliques pour battre efficacement les arêtes du plateau, tandis que les deux courtines remplissaient cet objet. Puis, Tennemi ne pouvait, sans risques, commencer alors ses tranchées sur les rampants de ce plateau et arriver rapidement devant des fronts insuffisamment flanqués. Vauban établit donc le tracé du grand ouvrage avancé d'après la méthode suivante (fîg. 68). Il donna au côté extérieur 180 toises ou 35 1 mètres ^ Au côté Ouest, a, c, 340 mètres, et au côté Est, b, d^ 020 mètres; c'est-à-dire qu'il plaça les points c et <i en raison de l'arête du plateau ; les deux angles a et ^ étant égaux entre eux. Sur le milieu du côté a b an pol3'gone, il éleva la perpendiculaire e f, ayant comme longueur, le sixième de a ^. De ce point extrême^, furent tirées les lignes de défense a g, b /z, sur lesquelles les longueurs des faces du bastion a A*, b i furent portées égales à deux septièmes du côté extérieur a b. Pour trouver les flancs du bastion, d'après la méthode adoptée ordinairement dans ses défenses des points k et /, il décrivait des arcs de cercle k /, en prenant i k comme rayon. Le point d'intersection de cet arc avec la ligne

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