‹ Histoire d'une grande dame au XVIIIe siècleChapitre 22 sur 69 · LE ROI STANISLAS-AUGUSTE A MADAME GEOFFRIN · texte numérisé non relu

LE ROI STANISLAS-AUGUSTE A MADAME GEOFFRIN

€ L'évêque de Wilna, en vous mandant que mon oncle ne jugera pas son affaire, aurait pu vous mander bien d'autres changements arrivés dans sa conduite et dans ses principes. Il est aujourd'hui rintime de ceux qui, non contents de me voir dépouillé des trois quarts de mon royaume, veulent m'ôter la plus grande partie de ma prérogative royale...

> Il est surtout question d'établir un conseil permanent qui peut disposer des grâces à la place du roi et avoir, de plus, une surintendance sur toutes les affaires entre les Diètes...

» Voilà ce qu'on veut faire de nous, et ce qui

LÀ PIUNCëSSE en. de ligne. 183

ne m'a élé manifesté, par les trois puissances qui nous démembrent, qu*à l'ouYerlure de la Diète. »

La création du conseil permanent, que redoutait le roi, fut décidée en août 1774.

La délégation de Pologne avait repris ses séances le 1*' août. Les ministres des trois puissances assistèrent à l'assemblée, et proposèrent le plan du conseil permanent ; ce projet rencontra la plus vive opposition dans les séances suivantes, surtout delà part des députés lithuaniens; cependant le bruit se répandit que le roi avait déjà consenti à rétablissement de ce conseil, et des députés furent envoyés aussitôt à Sa Majesté pour s'assurer du fait. Ce bruit était fondé, le roi, avec sa faiblesse ordinaire, s'était résigné. Se disant malade, il demanda un délai de quelques jours pendant lesquels il espérait secrètement que l'évêque de Wilna persuaderait les députés lithuaniens de consentir au projet *. On y fit quelques légers changements, et pressés par les ministres étrangers, le roi et la délégation furent forcés d'y souscrire et, le 7 août, le projet fut signé.

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