‹ Histoire d'une grande dame au XVIIIe siècleChapitre 21 sur 69 · MADAME GEÔFFRIN AU ROI · texte numérisé non relu

MADAME GEÔFFRIN AU ROI

« 2 mai 1773.

> Je vais tout de suite dire aussi un mot à Votre Majesté sur Tévèque de Wilna. Il est très vrai qu'il a des qualités aimables et très douces pour la société, mais son caractère est si faible, qu'il n'est pas capable de tenir aucune des résolutions qu'il prend avec le désir de les tenir. La première personne qui le cajole, qui lui donne le moindre soupçon, il ne sait plus où il en est. Il m'a écrit, et j'ai vu qu'il mourait de peur en m'écrivant pour m'apprendre le changement de son affaire. Il a la crainte que cela n'indispose Votre Majesté contre lui. Je Tai assuré du contraire en lui disant que j'étais persuadée que Votre Majesté ainsi que le prince chancelier seraient très aises de n'être plus obligés déjuger cette affaire, qui vraisemblablement ne le sera jamais.

» 11 a laissé ici l'abbé Bandeau, àqui il avait fait les plus belles promesses, ainsi qu'au colonel Saint«Leu, qui sont deux personnes qui lui sont

altachées; s'il les oublie, je ne sais ce qu'ils deviendront. Saint-Leu est attaché à Févêque de tout son cœur. »

Sur ces entrefaites, presque tous les sénateurs exilés ayant fait partie de la Confédération de Bar rentrèrent en grâce et revinrent en Pologne pour siéger au Sénat. L'évêque de Wilna arriva des premiers.

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