MADAME DE PAILLT A LA PRINCESSE DE LIGNE-LUXEMBOURG
« Paris, lo 26 décembre 1777.
» Voici, Madame, la copie de la lettre de M. de Mirabeau à Tévêque. En me la remettant hier matin, il me dit : c Soyez sûre que celte négocia- » tion réussira, la Providence vous aide. Il m*au-
> rait été ce malin d'écrire; mais, comme j'ai eu
> toute la nuit un violent accès d'étouffement, j'ai » employé ce temps à la faire. Elle se ressent peut- 1 être de mon état *, mais je crois cependant
> avoir dit tout ce qu'il y avait à dire. »
> Il supplie madame la comtesse de Brionne de lui pardonner la liberté avec laquelle il a parlé d'elle et de sa maison; il a cru qu'il était à propos de conserver, vis-à-vis de l'évèque, la
1 . Le marquis était malade, et fort préoccupé d*obtenir uue lettre de cachet, pour faire mettre son fils à la Bastille.
LA PRINCESSE GH, DE LIGNE. irs
manière ouverte qu'il a toujours eue avec lui, et que, de plus, sa lettre n'eût point Tair d'une lettre communiquée. L'abbé ^ en a été parfaitement content.
» Nous sommes convenus de tout ce qui entrerait dans la sienne, il traitera solidement l'article de la dot, il fera toutes les réflexions nécessaires. Il a même ajouté que, pour aider un peu l'esprit indécis de l'évêque, il joindrait à sa lettre un modèle de la réponse qu'il devra faire à M. de Mirabeau. Il a usé souvent de cette méthode avec succès, dans d'autres affaires.
> Il me parait peu alarmé de la concurrence du prince moderne % et, suivant la marche de son esprit, qui est de croire tout ce qu'il désire, il ne doute pas du succès de notre affaire, et il la mènera vivement. »
Le marquis de Mirabeau n'était peut-être pas un négociateur bien choisi, et, à coup sûr, n'était pas conciliant; mais, malgré sa violence, son caractère tyrannique et la bizarrerie de ses idées,
1. L*abbë fiaudeau, qui connaissait bien le caractère de l'évêque, ayant été attaché à son service en 1772, lors de son premier séjour à Paris.