septembre
2. « Le comte de Browne reprit BruxeUes aux patriotes belges avec quelques compagnies de grenadiers et quelques housards, et, à force de soins, de fermeté et de ducats, qu'il savait semer à pleines mains, il mit tant d'ordre et de confiance dans la ville, que jamais elle ne fut si soumise, si tranquille et si heureuse. » {àlémoirei inédits du prince de Ligne.)
dégâts causés par la révolution dans leurs résidences, abandonnées depuis 1787. C'est précisément à cette époque que les lettres d'Hélène demandant le divorce parvinrent à son mari.
La famille de Ligne avait, à plusieurs reprises, exprimé le mécontentement qu'elle éprouvait du séjour prolongé de la princesse Charles en Pologne. Celle-ciavait d'abord répondu évasivement; puis, après avoir demandé des nouvelles de la petite Sidonie, elle avait fini par ne plus écrire du tout.
Le départ subit et le séjour prolongé d'Hélène en Ukraine avaient fait sensation à Varsovie. La princesse maréchale et d'autres grandes dames polonaises, qui passaient l'hiver à Vienne, racontèrent cette aventure, avec force commentaires. Les Ligne, comme on peut le croire, se montrèrent gravement offensés de l'imprudente escapade d'Hélène, et, loin d'accueillir favorablement sa demande de divorce, ils refusèrent nettement d'y consentir. On peut supposer que, si la femme que le prince Charles aimait eût été libre, la réponse n'eût pas été la même; mais évidemment il y avait un obstacle invincible à leur union. Sur ces entrefaites, le comte, qui dirigeait toutes les affaires d'Hélène, était parti
m LA PRINCESSE GH. DE LIGNE
pour Paris muni de ses pouvoirs, pour traiter avec les Ligne; car la princesse Charles, encore pleine d'illusions, ne doutait pas qu'ils ne consentissent à ses désirs. Aprivé à Paris, il eut une première entrevue avec l'intendant du prince de Ligne père, et lui remit une copie de ses pleins pouvoirs.
L'intendant repartit pour conférer avec le prince sur ces graves questions et quand il revint à Paris, le comte, ayant appris directement par Hélène le refus catégorique du prince Charles, était déjà parti.
Voici la lettre que lui apportait l'intendant.