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Histoire d'Urbain V et de son siécle

Si l'histoire moderne, comme on l'a dit avec esprit, est une', conspiration contre la vérité, il en est ainsi de l'histoire ancienne et do l'histoire du moyen Age. Celle de l'Église ne fut pas toujours à l'abri de ce reproche.

Les impies, les hérétiques, les mauvais chrétiens, et quelquefois aussi les bons, conspirèrent à déguiser la vérité; les uns avec le dessein d'empoisonner les intentions des chefs de l'Église, et les autres dans un sentiment de piété peu réiléeliii' qui les pnussn à nier ce qui les blesse ou leur parait difficile à expliquer. Les plus grands hommes furent calomniés, et ceux que l'histoire a jugés le plus sévèrement ont trouvé des défenseurs et des apologistes.

Il ne Tant donc pas s'étonner qu'au milieu de tant de passions diverses, l'histoire de l'Église ne soit pas toujours traitée avec impartialité.

Maïs il est un point de l'histoire ecclésiastique où les im-

on condamnant les pontife qui ec réshln'enl pasà Home sii:p(; nraurol de )a papaufé. Pour flétrircel exil, on l'appela li captivité de. Babylone, comme si les Papes n'a va if ni pas ob^i à la nécessite, plus qu'à leur penchant, eu déplaçant le centre de l'Église.

Les écrivains du siècle dernier un! rhei e';-' mille raisons pour expliquer le séjour des t'apos à \vii;:;on. L'amour de la purie, un profond mépris pour Home et pour l'Italie, le désir de soûler une vie tranquille an sein du repos, l'oubli îles devoirs les plus sacrés, faut-il lo dire? tes liords charmanls du Rhône, les belles plaines du Comlat et le vin lie lleaune, c'est là tout ce qu'ils ont trouve, et, suivant eux, ces raisons frivoles expliquent tout. Chose étrange] les écrivains erelésiasiiques semblent êire de cet avis. Saint Antonin, Odéric Raynal, Fleury, Mura ton . parlent dans le même sens. Dan le osa dire que la Papauté était tomliée dans la boue depuis qu'elle avait éinipré. " t '

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Pétrarque nivrloppe dans une même condamnation tous les P.ipcs il' \vi^nnii, ci fa ■ i l'iiiend r- n-s ombles paroles : « Ce que l'histoire nous a appris, ce que les gémissements de la tragédie nous ont révélé est au-dessous de ce que

s'amusait autrefois - aujourd'hui l'ile sévit. Ali ! rendeznous Néron, rendez-nous Domilien! La persécution sera

plus déclarée, mais elle sera moins longue et moins

Ainsi parlait Pétrarque sur la lùte de qui les Papes d'Avignon répandirent tant de bienfaits. Il porte encore plus loin l'audace et le blasphème : « Là, dit-il, oa voit

N.'iurnil • là. Sémii'ismis iininV (lr ses flèches; là. l'inexorable Min os; là, Rhadamaute; là, on voit Cerbère qui dévore tout '. ■> n Avec de l'or, on apaise un prince cruel ; avec de l'or, on terrasse le monstre: avec <!c l'or, on a en main le fil salutaire; avec de l'or, on arrive jusqu'au seuil terrible ; devant l'or, les barrières tombent, les rochers se brisent, le portier s'adoucit, le ciel s'ouvre. Que voulezvous de plus? Avec de l'or, on acheté le Christ3! » Le poète concluait ainsi : « Les choses en sont venues à leur dernier terme. Depuis trop longtemps on se joue de Home et du genre humain ; la vertu et la vérité sont foulées aux pieds. Les barbares ont assez régné: il est temps que cette comédie cesse et que le- choses rentrent dans l'ordre. Puissé-je le voir et mourir 4! n

Les écrivains de l'époque ne se eonientenl pas de ces insultes ; ils outragent chaque Pape en particulier. Il n'en est aucun dont ils ne défigurent les traits, dont ils ne condamnent la vie. Clément V, le premier, est en butte a leurs calomnies. Il est pour eux un simoniaquo audacieux qui achète ta tiare et vend l'Église aux princes. Il eut, comme l'affirment Villani, Utlcric, lîaynal et saint Ànlonin, dans la foret de Saint-Jean-d'Angély, avec Philippe le Bel, une entrevue mystérieuse. La découverte toulo récente du procès-verbal des visites pastorales de Bertrand de Got ne laisse pins de doute à ce sujet. Mais comment savoir ce

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