I. Rnsponi, Je la Batifoiue île Lalran
37Il HISTOIRE D'BBBAIN V.
Nord. C'est donc avec raison qu'on a écrit sur les murs de celle chapelle :
Nnn nsl in lolo snnctinr orbe locuO.
Or. le 1" mars 1308, Urbain V célébra la messe dans le Saint des Saints en présence de plusieurs cardinaux, du sénateur et des bannerels. Quand il eut achevé l'auguste sacrifice, il voulut qu'on fit en sa présence des fouilles an-dcssous de l'autel. Ces recherches eurent un heureux succès. On découvrît les reliques les plus précieuses. Enfin, on aperçut les deux têtes des saints apôtres Pierre et Paul, qu'on croyait perdues. Kl les étaient renfermées chacune cîans un petit vased'argenl. A cette vue le Pape et tons les assistants iri-ssailiin'iii de joie. Ils iintihOn-nl :i genoux el vénérèrent ces têtes augustes. Urbain V tout seul osa les prendre dans ses mains, et. les yeux baignés de larmes, il baisa le front le l'apôtre dont il tenait la place et celui de son compagnon dans l'apostolat et le martyre 5.
Ces deux têtes reposaient sous l'autel du Saint des Saints depuis que saint Sylvestre, après avoir partagé entre la basilique de Saint-Pierre et celle de Saint-Paul le corps îles deux apôtres, réserva leurs tètes à la basilique qui devait être la mère de toutes les églises et dont le Saint des Saints était une dépendance. Innocent III les renferma dans un coffre de liniii/c d'où elles furent tirées pour être portées eu procession sons les Papes Houorius III, saint (irégoire IX et Nicolas 111. Depuis ce dernier Pape on ne les avait plus vues. On les croyait perdues quand Urbain V les découvrit.
La nouvelle de cette découverte se répandît promptement dans Borne et porta la joie dans tons les cœurs. Le
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peuple et !e clergé accoururent, et remplirent la vaste place formée par le palais Je Lairan et la Paierie. La foi des autres siècles s'était réveillée. Urbain V voulut montrer lui-même à la foule les têtes de ces deux princes de Home chrétienne. Quand j\ wt sntipf;uL sn piété par une ardente prière, il prit dans ses mains les drus reliques, et, chargé de ce trésor, il traversa Ira galeries qui séparaient le Saint des Saints de la loge que Boniface VIII avait fait construire à l'angle du palais, au milieu de l'esplanade. Celte loge était placée a l'extrémité de la grande salle des conciles. On y voyait les fresques célèbres où Cimabné peignit Boniface Vill proclamant le jubilé.
De ce lieu élevé" Urbain V présenta les deux têtes aux hommages du peuple romain. Mais, comme le peuple était insatiable de les voir et de les vénérer, les deux cardinaux Sudreet Capoccio reçurent des mains du Pape les saintes reliques et les montrèrent encore à la foule1. Comme le palais de Lalran était à demi-ruiné, Urbain V ne voulut pas laisser les deux têtes dans la chapelle du Saint des Saints, de peur qu'on ne les perdit pour toujours. De plus, cette chapelle devait bientôt être séparée de ta basilique de Saint-Jean de Latran, puisque les Papes allaient faire leur demeure an Vatican. La possession de ces reliques n'aurait plus le sens mystique qu'y avait attaché le Pape saint Sylvestre. Pour entrer dans la pensée de ce Pontife, comme aussi pour rendre a ces doux têtes l'honneur qui leur était dû, Urbain V se proposa de les placer dans l'église de Saint- Jean de Lalran sous un riche baldaquin. Il travailla deux ans à cet ouvrage. Enfin, il put faire la translation solennelle de ces reliques avant son retour en France.
Quelques jours après cette découverte, le roi de Chypre et la reine de Naples arrivèrent à Rome. Ils venaient offrir au Pape leurs hommages et implorer son appui, l'un contre