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36 HISTOIRE D'URIAIH V.

l'affirme Cancellieri. Je ne puis là-dessus former que des conjectures; mais en pareille matière, quand les renseignements précis font défaut, les conjectures tiennent lieu do preuves.

Aux derniers jours du jubilé do 1350. il y avait journellement à Rome un million do [lèiei'ins. Or, peut-on supposer qu'une foule aussi l'onsidër.dilc pùt trouver où se loger et se nourrir dans une ville habiuV seultiiu'iii par 17,000 hommes? Do plus, on sait <]ii<< liomn fut assiogée à diverses reprisai sous le tribunal do Rienzi, par les Colonna et les Ursins qui no purent la prendre. Or. il est évident, pour tout homme qui tonnait l'enceinte de Home, qu'une ville de celte étendue n'aurait pu résister uo seul jour ù ses ennemis si elle n'avait eu qu'une poignée d'hommes à leuropposer. Hais ces conjectures, qui ont déjà par elles-mêmes quelque valeur, deviennent des arguments sans réplique si le témoignage des historiens vient les confirmer. Un auteur contemporain, cité par Muratori, rapporte qu'à la fin du règne d'Innocent VI, les Romains s'élant soulevés contre les nobles purent former une armée de 22,000 hommes'. Or, supposez que la moitié de cette armée fût composée de mercenaires, il y avait toujours de 11,000 à 12,000 Romains en état de combattre. Ces 12,000 Romains représentaient le cinquième de la population. Il y avait donc à Rome environ 60,000 habitants. Chose singulière ! ce chiffre est le mime qu'indique l-'erreti de Viccuce pouri'année 1313, preuve une depuis Clément V la population de Rome n'avait pas beaucoup décru.

Le manuscrit du Vatican où se trouve la vie d'Urbain V. manuscrit que je citerai souvent, confirme ces raisons. On y voit que ce grand Pape arrivé a Rome tra- , vailla à la réforme des mœurs, et qu'il y eut, grâce à lui, plus de vingt mille hommes qui s'approchèrent des sacre-

mrni= pour i;i pr-mi ■'■!■(' Inis île leur vie. '. !.■■■ texte a trop d'importance pour qu'on nn le cile pas : Viginti tniltia

nntea numquam f itérant amftui, nec communioncm recepermi. UcH ad hoc perfection haberent rtatem. Ces paroles font autorité. C'est un contemporain qui parle, et son témoignage est autrement puissant que celui de Cancellieri.

Suivant le manuscrit de Turin qu'a lu Papencordt1, on comptait à Home à cette époque l»U églises, parmi les-

On v voyait de plus 21 chapitres ou collégiales, ainsi que 2K couvents d'iiommes et 18 de femmes, l.e nombre des religieux était de (toi, celui des religieuses de 470. Les prêtres séculiers étaient plus nombreux, on en comptait 785. Or, pouvait-il y avoir un nombre si grand de religieux e.t de prêtres dans une ville de 17,001 âmes? Évidemment l'opinion de Caïui'llii ri est insoutenable. Klle ne s'appuie sur rien. Elle contredit même l'opinion des contemporains, qui nous représentent Itomc avec une population nombreuse. Pétrarque lui-même avoue que Home était liabitée par un peuple immense, lorsqu'il la visita ».

Je cile avec plaisir Pétrarque lorsqu'il s'agit des Papes d'Avignon. Comme il leur rl.iit hostile, son témoignage n plus de poids que les autres. Il disait en parlant de Rome : « La vue de celte ville n'a pas diminué la hiute « idée que je m'en étais faite, elle l'a augmentée. Rome fut 'i plus grande, ses restes sont plus grands que je ne me n l'étais imaginé *. «

Les auteurs attribuent généralement la ruine des monuments de Rome à l'abandon où les laissèrent les Papes

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