‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 134 sur 162 · I. Régule, t. VIII · texte numérisé non relu

I. Régule, t. VIII

S. Rayiialdi.

fallait former, autour du f;o'l>!e empire d'Orient qui s'écroulait, une barrière île aeurs catholiques pour le défendre no do moios pour arrêter les envahissements de l'islamisme. 11 ne cessa p;is de s'oociiper de ces contrées.

Après avoir établi la hiérarchie catholique en Bulgare, en Bosnie, en Moldavie, il envoya en Albanie quatre évéques de l'ordre des Frères Mineurs, avec la mission de parcourir ce petit État et d'y augmenter le nombre des catholiques. Par son ordre, vîiigl-dntj frères Mineors par-

deprosélyles.\in;;l-<piaiiv religieux du même ordre allèrent aussi en Géorgie joindre l'éveque de Milève. Enfin, les Frères Mineurs allèrent prêcher la foi catholique en Russie ci jusqu'au pays des Tartans Mongols. Celte dernière mission fut la plus célèbre de toutes celles du pontificat d'Urbain V.

[1 est an cœur de l'Asie une vaste contrée que les missionnaires catholique; tout seuls ont explorée. Au milieu de grandes plaines et au pied des plus hautes montagnes de la terre habite un peuple immense. Race forte, disciplinée, réfléchie, elle a plusieurs fois renouvelé la face du globe quand, brisant les barrières où Dieu l'a renfermée, elle a débordé de tous côtés comme un torrent qui brise tout ce qui s'oppose à ses ravages. De la Tartane sont sortis les barbares qui se jetèrent sur l'empire romain et abattirent ce colosse; les conquérants qui, à diverses reprises, ont commandé en Asie, les maîtres actuels de la Chine, enfin, ce Cengis-Khan qui parcourut l'Asie en triomphateur, fit trembler l'Europe et fonda un empire 'plus étendu que celui d'Alexandre le Grand ou de Rome. C'est sur ce vaste plateau que se forment les nouvelles races et les nouveaux peuples. Quand les ancienne? race^ s'affaiblissent, des générations nouvelles descendent de la Tartane et viennent ranimer la vie qui s'éteignait au sein delà société humaine. L'Église, qui suit d'un œil attentif le développement des

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races et s'efforce de convenir les peuples conquérants afin de répandre plus aisément sa doctrine, l'Église n'eut garde de négliger la Tartane. A peine les chemins furent ouverts vers cette région lointaine qu'elle y envoya des apôtres, les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs. Les Tarlares

convertirent en grand nombre, gardèrent précieusement ta semence de la vérité et le souvenir de leurs anciennes croyances, quand leurs apôtres moururent et que les malheurs des temps ne permirent plus aux Papes de leur donner des missionnaires pour les instruire.

Les voyageurs qui parcourent de nos jours la Tartane sont étonnés des traces niiiuhrc-uses de christianisme que ce pays conserve. On y reconnaît encore l'Église un peu transformée par la superstition ei les pratiques diaboliques, mais c'est toujours une image de l'Église. On ne pourrait imaginer ces croyances, ces symboles, ces cérémonies là où l'Église n'eût pas existé. Quand on sait les efforts des Papes pendant deux siècles pour implanter la foi dans la Tarlarie, on ne s'étonne plus que ce pays ait gardé tant de traces de catholicisme.

Quand Gengis-Khnn r;ivni;i"M l'Asie et porta de tous côtés le for et la flamme, les Papes, qui voulaient préserver l'Europe des ravages des Tarlares, prêchèrent la croisade contre eux autant que contre les Turcs. Innocent IV, Alexandre IV, Urbain IV, furent les plus ardents contre ces ennemis. Entin, le grand khanKohila voulut faire la paix avec le saint-siége et envoya au Pape Nicolas III une ambassade célèbre pour lui demander des missionnaires. Le Pape accéda à ses désirs, lui écrivit des lettres fort belles et lui envoya cinq religieux de l'ordre des Frères Mineurs. Nicolas IV lit partir une nouvelle colonie de missionnaires en Tartane. Au commencement du quatorzième siècle le grand khan Kassan demanda de nouveaux mis-

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sion oaires à Boni face VIII, qui se rendit à ses désirs. Enfin,

1rs peuples chrétiens n'avaient plus le même zèle pour la croisade. (Jn ne peut douter que les missionnaires catholiques n'aient pousse" plus d'une fois les Tarlares à attaqner les Turcs. Ainsi, les Papes, en travaillant à la conversion de ce peuple, suivaient tes inspirations d'une politique élevée.

Urbain V marcha sur les traces de ses prédécesseurs. II comprenait le grand rôle que les Tarlares jouaient dans le monde et ne négligea rien pour les rendre chrétiens. Les missionnaires, que les P.ipes ses prédécesseurs avaient envoyés, étaient morts. Urbain V, pour empêcher la foi catholique de périr mit les N]i>.-in;ijiaiivs qu'il li 1 1 .1 il 1 nvoyer eu Tardes sli'ut.- <'|ii-;''i]i;i:i\. Il i hni-il |ii'iii !'e de. sein i:ti leninee

d'une doctrine profonde el d'un courage â toute épreuve, le frère Guillaume de Prato, maiire de théologie à Paris. Il le nomma archevêque de Pékin ou Cambalou, el vicaire apostolique. Vu l'impossibilité où ii allait être de recourir au saint-siège, il lui donna les pouvoirs les plus étendus dans la huile d'institution, qui est du 26 avril 1370 '. Donne Frères Mineurs que Jean de Prato put choisir à son gré, suivant les intentions d'I rbain V, l'accompagnèrent en Tartarie. Plus lard, le Pane envoya une autre colonie de soixante religieux du même ordre. En même temps il écrivit aux seigneurs et au peuple tartaro pour leur recommander les religieux qu'il leur damiait et les engager par toutes sortes de raisons à embrasser la foi chrétienne. Enfin, il écrivit au grand Khan lui-même en ces termes :

t. Régale, t. Y'Iït.

iemi naturel des l'Europe quand

HISTOIRE d'ubbain V.

Au magnifique Stigttwr le grand Khan roi des Tariares. Aimez Dieu et k craignes.

« La gloire et la splendeur de voire nom se sont accrues depuis que vous et vos prédécesseurs les rois des Tariares, comme nous l'ont appris di's hommes dignes de foi, vous vous êtes montrés t'uviirnblrs, pour [luinni'ur et la gloire du Dieu tout-puissant, aux chrétiens qui vivent sous votre domination et à ceux de vos sujets qui ont embrassé la Toi catholique, leur montrant beaucoup de douceur et de bienveillance. Par là, voire runiunméii et mile de vos prédécesseurs s'est répandue dans tout l'univers. Si vous aviez la foi, si vous renaissiez dans l'eau du saint baptême, si vous embrassiez ci pratiquiez, lu fui chrétienne, vous jouiriez du repos éternel avec les habitant!! de la eilé céleste. » Puis, i! trace l'éloge de l'archevêque.

Le grand Khan, à qui Urbain V recommandait avec une confiance naïve ses missionnaires, était ce Tainerlau célùhn; depuis par son courage et ses conquêtes. Il descendait par les femmes de Gengis-Klian et avait succédé en \ 360 a son

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autorité dans ses vastes Étais, il en sortit pour faire des conquêtes. Un moment, il se jeta sur la Pologne et la Russie qu'il ravagea. Mais bientôt il revint en Asie, la soumit tout entière et forma des débris d'une multitude de monarchies le plus grand do tous les empires que la terre ait vus.

De tous ses ennemis, ceux contre lesquels il s'acharna le plus, ce furent les Turcs. 11 resserra leur empire en d'étroites limites, les dé ht à Ancyre dans une bataille sanglante, fit prisonnier leur empereur llajazet, le promena dans toute l'Asie après l'avoir enfermé dans une cage de fer, et le montra aux peuples comme un trophée de ses victoires. C'en était fait des Turcs si les Gn<cs de

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Constantinople s'étaient joints à Tamerlan et les eussent attaquas pn même temps que lui. L'Europe Était délivrée de leurs ravages. 11 csi probable que les missionnaires d'Urbain V animèrent Tamerlan contre les Turcs. La gloire que ce conquérant acquit dans ses cipédilions rejaillit sur les religieux qui jetèrent dans son esprit la semence de la foi et sur le Pape qui travailla à sa conversion.

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