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HISTOIRE d'uUBAIN V. ([(,9
tèrc léger, comme Ips hommes de sa nation, et qu'il aimait les voyages, sive gentit ittius muiabilitatenativa'. Les plus modérés attribuaient le départ du Pape au désir qu'il avait d'aller apaiser la querelle qui venait de s'élever entre la France et l'Angleterre. Pour venger la mémoire d'Urbain V, il convient d'examiner ces diverses raisons. • Comment supposer qu'un Pape si grand, et dont chacun admirait la fermeté d'ame, ait eu la faiblesse de regretter le sol natal, lui qui le quitta, trois ans auparavant, avec beaucoup de résolution, lui qui passa toute sa vie loin du Gévaudan, son pays? Qu'avait-il à regretter dans sa patrie? Son père et sa mère étaient morts. Son frère était en Italie et il allait se séparer de lui pour toujours. On ne peut admettre de plus qu'il fût inconstant et volage. Il n'abandonna jamais les desseins qu'il avait une fois conçus. Pendant tout le cours de son pontificat, il ne cessa de travailler à la réforme de l'Église, de prêcher la guerre sainte, de travailler à l'extirpation des grandes compagnies. Le plan qu'il adopla au commencement de son pontificat, il le poursuivit jusqu'à la mort. Comment oser dire qu'il changeait aisément de résolution? Enfin, on a dit qu'il venait rétablir la bonne harmonie entre les deux rois de France et d'Angleterre, pour revenir à Rome quand la paix serait faite a. A quoi on doit répondre que la santé faible et chancelante d'Urbain V ne lui permettait pas de faire une seconde fois le voyage de Rome. S'il avait eu la pensée de revenir en Italie, il serait parti avec deux ou trois cardinaux seulement, il eût laissé à Rome la chancellerie apostolique qui pouvait en son absence expédier les affaires. Pourtant i! partit avec sa cour, les cardinaux, les prélats, les employés de la chancellerie. Il leur donna trois mois pour se préparer au départ, comme il l'avait fait en