I. Ms. du Vatican, 40ÎK
U histoire d'obbain v.
sa mtre l'initièrent de bonne heure aux vérités de la religion. Dès qu'il eut l'âge de raison, il reçut le sacrement de confirmation. Bientôt après, l'évéque do Mende lui donna la tonsure cléricale.
Dès la plus tendre enfance il fit éclater les vertus qui devaient illustrer sa vie. Tout dans sa démarche, dans ses actes, dans ses paroles, faisait pressentir la rare perfection qu'il atteindrait un jour. Son esprit était constamment dirigé vers Dieu. 11 ne cherchait qu'à lui plaire. Laissant les jeux de l'enfance pour vaquer à la prière et à l'étude de la loi divine, il faisait l'élonnement de tous ceux qui fréquentaient le château des Griinuard. Sa mère l'admirait plus que les antres ; elle suivait tous ses pas, étudiait toutes ses démarches, et, ne sachant comment s'expliquer tant de raison et de vertu à un si tendre, celte pieuse femme lui disait souvent : « Mon lils, je ne vous comprends pas; « mais Dieu vous comprend »
Chez les enfants l imoH^i ui v est la compagne ordinaire de la vertu, et la lumière de l'esprit est produite par la pureté du emur. Le jeune Guillaume montra une raison précoce et fit de l'étude ses délices. Les maîtres que son père lui donna l'initièrent aux premiers principes de la grammaire et de la science. A l'âge de onze à douze ans, il vint à Montpellier achever les éludes qu'il avait commencées dans !a maison paternelle. Il y était au temps où Pétrarque étudiait le droit. Il n'eut aucun rapport avec le poète. Ce fut la destinée do ces deux hommes de s'aimer, de chercher à se voir, et de ne jamais se rencontrer. Arrivé à Montpellier en 1318 Pétrarque en sortit quatre ans après, c'est-à-dire en 1322, comme il le dit lui-même. Guillaume de Grimoard avant fait ses premières études au
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S. De Sait,-.
château de Grisac, il n'osl pinVrr: probable qu'il soit venu à Montpellier avant l'année 1321 '.
il étudia lus tel les- lettres et bientôt se lit distinguer
« sa Vie, que t'fspi-it dr. wjesw. fût. fkscemtn sur hd. <> En peu de temps il eut achevé ses études. De Montpellier il passa à Toulouse pour y apprendre le droit.
Toulouse était la maîtresse des études dans le midi de la France. On y accourait en foule de l'Espagne, de la France et de l'Italie. Une florissante jeunesse s'y réunissait toutes les années. C'est là que venaient se former ceux qui devaient commander un jour dans l'Église ou dans l'État. Mais partout où la jeunesse accourt les mœurs dé-
l'étude et ne son^'aieni qu'a passer agréablement leur vie. Guillaume devina l'Ocuc-il oii sa venu puuvait périr. 11 vécut dans la retraite et le silence, évila la société des jeunes dissolus et rechercha ceux qui avaient comme lui horreur du vice. C'est là que se formèrent les liens d'amitié qui l'unirent toute sa vie à Guillaume d'Aigrefeuille et à Guillaume Bragose, leur maître commun.
La science du droit civil était la voie qui menait aux honneurs. Les juristes étaient élevés aux premières dignités de l'Église. Un brillant avenir s'offrait donc aux regards de Guillaume; mais Dieu lui avait fait sentir la vanité des choses terrestres. Après avoir étudié pendant quatre ans le droit civil à Toulouse, il renonça aux gran-
inciil ii Dieu par la profession de la vie religieuse.
A quelques lieues de Mende, vers le couchant, s'ouvre une vallée gracieuse, qui forme un charmant contraste avec les gorges du Gévaudan. Une petite rivière aux eaux claires et tranquilles la traverse. Les montagnes sont
moins âpres ; plies ne présente ni plus aux regards des cimes déchirées cl des flancs ouverts comme celles du pays d'alentour, lin rideau de rochers sombres el accidentés clol la vallée, qui est ainsi de toutes parts enfermée et à l'abri des vents. L'air y est doux, le ciel pur. la terre fertile. C'est In qu'Aldeherl, é venue de Mende, et son frère Aslorge, avaient fondé, vers l'an 1061, un monastère, dont on voit les restes au Monastier, à un mille de Chirac. Il dépendait de l'aMiay tic Kjiini-Vicior <\<' Marseille. Anglic de (irimoard, oncle du jeune Guillaume, en était prieur. L'enfant l'avait sans doute visité dans cette retraite. Frappé de la beauté des lieux el de leur solitude, il crut pouvoir y vaquer librement à l'élude el à la prière, et vint y chercher un asile contre les séductions du monde. Son oncle lui donna l'habit de Saint-Benoît, et reçut sa profession quand l'année d'épreuve fixée par les règles fut écoulée.
Après avoir brillé par l'intelligence à Toulouse et a Montpellier, Guillaume se fit remarquer au prieuré de Chirac par son obéissance et son amour de la règle. Plein d'estime pour la vie religieuse, il ne quitta plus le saint habil qu'il avait revêtu, même quand il fut élevé sur la chaire do saint Pierre. Toute sa vie il dormit sur la rude couche que prescrit la règle de Saint-Benoît.
C'est dans le monastère de Chirac qu'il reçut les ordres mineurs, le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise. De ta venait son attachement pour celle maison et pour l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, dont ce prieuré dépendait.
Cependant, l'éducation ecclésiastique de Guillaume n'était pas achevée. Le prieur de Chirac, d'accord avec le père de Guillaume, l'envoya éludii-r la idéologie el le droit ewléshstique à Montpellier, Il y devint très-habile dans ces deux sciences, et y fut honoré, après de brillantes épreuves, du litre de docteur en droit ecclésiastique. Sa vertu fut admirée à Montpellier comme à Toulouse. Une science aussi aride que le droit ecclésiastique ne dessécha
pas son creur. Il montra la même piété que dans le cloître. Il observait dans Ions st-s [M)inis la règle de Saint-Beiiuit, ei récitait, au temps prescrit, les heures canoniales. On admirait taril lie modes! U- et de vertu unies à un nom si illustre, à des talents si rares. Si p!'é-ei!ce rroublnit les
distinction flatteuse. On l'appel. i à professer lu droit d;ins la ville moine de Montpellier, .-la chaire fut entourée de nombreux disciples. Le concours fut si grand qu'il avait à lui seul plus d'élèves que tous les autres maîtres. Il passait pour l'un des plus habiles canonistes de l'époque. C'est lui (|ui rédigea une consultation devenue fameuse sur les troubles qu'excitèrent à Montpellier les funérailles du roi Jr Majorque. C'était en 13I|6.
Si* ans plus lard. Clément VI l'appelait à Avignon et lui conGait l'enseignement du droit ecclésiastique dans ht ville papale. Un 1 .157, Pierre d'Aigrefeuille, ayant été transféré de l'évêché de Mende à celui d'Uzès, le choisit pour vicaire général. Il avait déjà exercé les mûtiius fonetions auprès de Pierre d'André, évêque de Clermont, pendant un court
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Pendant tout le temps qu'il enseigna le droit et qu'il