‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 160 sur 162 · HI9T01BI D'URBAIN V · texte numérisé non relu

HI9T01BI D'URBAIN V

La dévotion au Pape Urbain V s'accrut tellement, que les murs de l'église de Saint- Victor étaient littéralement, quatre ans après sa mort, couverts d'images en cire que 1rs iiil' li'. M'iiaieni déposer sur son tombeau. Les offrandes étaient si nombreuses, qu'en 1374, l'abbé de Saint-Victor crul devoir en régulariser l'application. Il délégua son vicaire général pour recueillir ces offrandes et les employer aux fortifications de l'abbaye.

En 1405, le roi do flapies, Louis II, fit placer une lampe d'argent devant le tombeau d'Urbain V. Aux premières atteintes de la cruelle maladie qui empoisonna sa vie et fit le malheur de la France, Charles VI se souvint du Pontife aux prières duquel les peuples attribuèrent sa naissance, et dans un moment de lucidité il écrivit en ces termes à l'abbé do Saint-Victor :

h Par la dévotion que nous avons à vous, à votre église, «et afin qu'il plaise à Monsieur saint Victor, en quel ii honneur elle est fondée, et au bon Pape Urbain dont le « corps glt en y celle, prier notre guarison d'une griefve « maladie qui nous est survenue, nous ly envoions nos « offrandes et vous prions et requérons que voos priez cl n failes prier Dieu, le benoîte Vierge, lesdicis saint Victor « et bon Pape Urbain, faisant dire messes et oraisons en n votre dicte église, pour nous, si qu'il plaise à Dieu, par « l'intercession do la benoîte Vierge, dudit Monsieur saint ii Victor et dudit Pape Urbain et des autres saints et " saintes, moyennant vos bonnes prières, nous puissions « recouvrer noire santé, et pour ce nous aurons toujours n votre dicte église pour plus amplement recommandée, a

Ce sont là des preuves incontestables du culte rendu autrefois au bienheureux Pape Urbain V. On l'honorait comme saint en France, en Italie, à Rome, partout. Il serait facile d'obtenir l'approbation de ce culte et do faire rendre suivant les ri'gles 1rs honneurs des saints à ce grand Pontife. La demande qu'en feraient au satnt-siége les

archevêques d'Avignon et de Sens, ainsi que les évoques de Clermont, de Marseille, de Mende, de Montpellier et de Nîmes, serait accueillie favorablement.

Déjà une pareille demande avait été faile au Pape Grégoire XI et au compétiteur d'Urbain VI, Robert de Genève, appelé dans son obédience Clément VII.

Cinq ans après la raurt d'Urbain V, Waldemar, roi du Danemark, se rappelant tous les bienfaits qu'il avait reçus d'Urbain V, demanda au Pape Grégoire XI sa canonisation. Le Pape lui répondit qu'il le remerciait du soin qu'il prenait de ia mémoire de son illustre prédécesseur, qu'il espérait que Iliui agréerait la pi-Hé de ce monarque, que. si pendant son règne et celui du roi on pouvait travailler à la canonisation d'Urbain V, il aurait soin d'en avertir le roi

Le pontificat de Grégoire XI fut trop agité pour qu'on pût introduire cette grave affaire, qui ne fut reprise qu'au commencement du règne de Clément Vil.

Le roi de Franco Charles VI, Louis XI, roi de Naples, lu duc de Berrj, le duc de Bourgogne, les archevêques d'Arles, d'Aix et d'Embrun, les évéques de Marseille, de Mende, île Rhodei et de Viviers, les chapitres et le resle du clergé de ces diverses églises, la commune de Marseille et celle de Montpellier s'unirent pour demander à Clément VII la canonisation d'Urbain V. Pierre Olivier, licencié en droit, chanoine d'Aix, fut nommé procureur de la cause ».

Pierre Olivier présenta celte demande a Clément Vil, qui, faisant droit à sa requête, forma une commission pour informer sur les vertus et les miracles du Pape Urbain V. Elle était composée de Séguin, patriarche d'Anlioche, administrateur du diocèse de Nîmes, de Raymond, évéque

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