Du l'Iessis-Mornoj
iNrHouucriûît.
avail fait briller précédemment fuirent sur lui le choix des cardinaux. On le vit parmi les rares évfiqnes venus à Home pour assister an concile convoque" par Boni face. Les menaces du roi dn France n'avaient pu l'effrayer. Il était si peu vendu à Philippe qu'il agit puissamment auprès des électeurs de ['Empire pour enlever la couronne impériale a son frire, Charles de Valois. Chacun sait combien il temporisa pour ne pus condamner la mémoire de lloniface VIII. Par le sage conseil du cardinal de Prat, dont la prudence fut si utile à l'Eglise dans ces temps de I rouble. Clément V chercha d'abord à gagner du temps, pensant que la haine du roi se calmerait. \l;ijs sans cesse Philippe revenait à la charge. Le Pape, ne voulant rien faire contre sa conscience ni animer ie roi contre le saint-siège, proposa d'examiner cette affaire dans un concile œcuménique, ait graod déplaisir du roi, qui lui en yurdu en vif ressentiment.
Le Pape eût sans dôme gae;né l'Italie, s'il avait pu le faire, il forma le projet d'y entrer à la suite de l'empereur Henri VU qui vint se faire couronner à Rome en 1312. Mais toutes les villes se soulevèrent à l'arrivée de ce prince, et l'Italie fut en feu des Alpes à la frontière napolitaine.
Home était divisée en d>'ii\ fartions, relie des Colonna et celle des l'rsins. Les Colimna tenaient pour l'empereur, les Ursins pour le roi de Naples. Tout à coup le roi de Naples entre à Home, s'empare du pont et du cliâtcau Saint-Auge. De son coté, l'empereur se rend maître du mont Crclius et du palais de Latran. 11 se mil en marche pour aller se faire sacrer à Saint-Pierre. Les Napolitains lui barrèrent le passage au pool Saint-Ange. 1,'ne bataille s'engagea. Il y eut beaucoup de sang versé, L'empereur battit en retraite et vint recevoir la couronne à Saiot-Jean-de-Lalran,
Cependant le Pape n'avait pas encore perdu tout espoir de rentrer à Home. L'église de Sa ini-Jean-de -Latran ayant été consumée par les flammes, il chargea le cardinal Co-
lonna du soin do la reconstruire. Il lui défendit de loucher à l'aule! en bois qu'on avait sauvé de l'Incendie, par la raison, disait-il dans la lettre qu'il lui écrivit à ce sujet, que nous nous proposons, arec l'aide du Seigneur, d'aller le remettre nom-même à son ancienne place '.
Clément V erra quelque temps en France, ue sachant plus où fixer sa demeure, allant de Lyon à Poitiers, de Poitiers à Bordeaux. Enfin, il choisit Avignon aux portes de l'Italie, avec la pensée d'aller nu jour à Borne, si les cirennstanees le permettaient. Mais les trotihlcs qui agitèrent l'Italin pendani «on règne l'en empêchèrent. II mourut en Franco laissant aux Italien.; toute, la responsabilité du grand acte qu'il avait accompli.
Jean XXII lui succéda après que lu sainl-siége eut vaqué deux ans. Les cardinaux italiens, esse/ nombreux pour faire retarder l'élection, sentaient si bien la nécessité d'avnir m l'ap ■ fraii' i^s qu'il- ) jr< > | ^ '■ r ■ m an\ cardinaux gascons un Français, le cardinal de Mandauol , évêque de Palestrine, autrefois archevêque d'Aix. Les Gascons refusèrent, la lettre que le cardinal dis lïsîns écrivit à Philippe le Long on est la preuve
La famille de Jean XXII était noble, et son élection fut canonique, deux choses niées par les Italiens dans le dessein de rabaisser un des plus grands pontifes qui aient illustré la chaire de Saint-Pierre. S'il était Français d'origine, il aimait l'Italie où s'était écoulée la plus grande partie de sa vie. II voulait y ramener le sainl-siége. II se considéra dans Avignon comme un exilé et refusa d'y bâtir un palais. Jean XXII reçut dans le cloître des frères prêcheurs, qu'il avait choisi pour demeure, les princes de l'Église et ceux du siècle, attendant le moment où il pourrait aller à Itotne habiter l'antique palais des pontifes. On
1. Ikgtsto do Clamant V, Uv. lit, le:ire XXXIII. 3. Finir?, Ht. XCII.
l'accusa d'avarice. Pétrarque, voyant le soin avec lequel Jean XXI! amassait des trésors, appela celte prudence la rage de l'avarice pontificale, rabies ponllficalis avaritise '. Quelle injustice ! Jean XXII , ayant le dessein de mettre (in aux troubles de l'Italie et de Renie, voulut enrôler beaucoup de soldats. Il trouva une manière ingénieuse d'accroître le trésor de l'Éïîlise.en faisant passer graduellement aux grandes dignités les clercs qui avaient des bénéfices moins considérables. Cet or lui servit à payer l'armée qu'il tint en Italie jusqu'à sa mort, et le trésor qu'il laissa en mourant était destiné à couvrir les frais du rétablissement du saint-siége à Rome.
Au commencement de son pontificat, il condamna Louis de Bavière et le moioe Occam qui avait mis le trouble et la division dans l'ordre des frères mineurs. L'empereur et le moine s'unissent, entn ni dans li.s Klats de l'Église, y font un schisme et créent on antipape, Nicolas V. Rome resta longtemps au pouvoir de Louis de liaviére. Jean XXII ne pouvait donc songer à y ramener la Papauté. Enfin l'empereur en se retirant laissa l'anarchie dans tontes les villes, qui voulurent se gouverne!' elles-mêmes et ne reconnurent plus de maître. Bologne jusqu'alors si fidèle aux Papes secoua le joug. Jean XXI! s'empressa d'envoyer une armée pour faire rentrer sous l'ohéissance les villes rebelles. Il en donna le commandement a son neveu le cardinal Poyet, avec le titre de légat et les pouvoirs les plus étendus. Celte armée fut assez nombreuse pour oser mettre le siège devant Milan, dont le seigneur était considéré par le prudent pontife comme l'ennemi naturel de l'Église au nord de l'Italie, liais cette ville était bien fortifiée : le siège fut levé.
Cependant le cardinal Poyet était maître de tous les États de, l'Église, à l'exception de Bologne. Jean X\ll crut
t. Rjw'F/nri'in Jih, VT.
U HISTOIBS D'DBBAIN V.
le moment favorable pour venir à Home. Il donna l'ordre, au mois de février 1333, de réparer le Vatican el d'y faire des préparatifs pour le recevoir. Mais Je nouveaux troubles s'élevèrent à tome. Les Colonna et les Ursinss'y faisaient une guerre acharnée. Louis de Itaviùro, en se retirant, avait laissé un parti puissant. Jean XXII prit la résolution d'aller attendre à Bologne la fin de la guerre civile. Les Bolonais lui envolèrent une ainliassude solennelle pour se donner à lui et l'engager, par cet acte de soumission, à venir au milieu d'eus. Jean XXII leur promit en plein consistoire d'être à Bologne avant la fin de l'année. Le cardinal Poyet fil entrer ses troupes dans Bologne, et bientôt une imposante citadelle s'éleva an cenlre de la ville.
Malheureusement, le seigneur de Milan, peu désireux d'avoir tm pareil voisin, lit des préparatifs di' guerre qui émurent .h mii XXI I et li-foreiVeni 1 différer son départ, comme la prudence le conseillait. Les Bolonais impatients se crurent joués. Ils prirent les armes, se soulevèrent contre le cardinal Poyet, et vinrent l'assiéger dans la citadelle aux cris redoublés de : Mort au légat et à ceux de la terre de France '. Le. légat est obligé de céder au nombre et à la furie des assiégeants. Il sort de Bologne, prend la route de France et arrive il Avignon un peu avant la mort de Jean XXII.
Villani et Muratori doutent que ce Pape eût vraiment l'intention de passer en Italie1. J'aime mieuxeroire à la parole que donno un Pape en plein consistoire, qu'à celle de deux écrivains connus par leur haine contre les Papes français, surtout quand Pétrarque, ennemi, comme on sait, de Jean XXII, affirme qu'à son retour d'Allemagne il trouva ce Pape, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, occupé de ces deux projets : la croisade et le retour du saint-siége à
I. .Vorrolur legatus ri ht ils Urra franco. De Sade, t. J. S. Annales Itatin et Chrnmqiip, i }'mi 13ît.
Rome. Le poPlc litii cetie occasion un sonnet devenu célèlire où se trouvent ces beaux vers :
F. 'I rtcario dl Cristo COU In somma Délit cliiuvi, e d--.\ 111:1111.1 -j] nîdci lorna, Sirch», «' altro urriilnti! nal dislnnu Vnlrà Dolo(ina n poi la iioliil Rom*.
La grande àme de Jean XXII ne se laissa pas abattre pa:la tristesse que lui causèrent les nouvelles d'Italie. 11 continua ses préparatifs de départ. La mort vint le surprendre au moment où il paraissait le plus disposé à relui il soupira après le jour où il pourrait sortir d'Avignon. Dans une maladie qu'il lit au commencement de son pontifical, ce qu'il regrettait le plus, c'était de mourir loin de Borne. 11 fit jurer à ses serviteurs d'y porter ses restes, et de l'ensevelir auprès des l'apes, ses prédécesseurs. Revenu à la santé, il se disposa à partir. Il envoya des légats à IJologne et à Home pour sonder les dispositions du peuple et réparer les palais apostoliques. Les légats trouvèrent les Bolonais très-animés contre la cour pontificale. Holirba- . cher lui-même en convient*. Les autres villes de l'État ecclésiastique n'étaient pas mieux disposées cl menaçaient
île w ivvolic!-. Elh'S >iY'i;iii:ri1 plus i.T.inleiHi>',S [Kir la main
ferme de Jean XXII, cl, connu» on le voit toujours à la mon des grands princes, le peuple avait passé du l'oliui-sain'e. et du respect à l'extrême licence. Mais le peuple ne se révolte jamais à son profit. Les Visconli , les Gonzague , les marquis d'Esté et les Malatesta profitèrent des troubles pour s'agrandir aux dépens de l'Église.