‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 41 sur 162 · HISTOIRE D'URBAIN V. 1S · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'URBAIN V. 1S

rigueur. Au lieu de les détruire, on fait mieux de les gagner à ta cause du bien. La confiance du souverain, l'occasion qu'il offre aux séditieux de laver leurs crimes par une action d'éclat, peut les transformer en héros. C'était la politique d'iirliain V. En faisant cet apppi aux grandes compagnies, il montrait, qu'il connaissait toutes les ressources du cœur de l'homme.

Tandis que le Pape envoyait de tous cotés ses légats et ses lettres pour rendre la paix à l'Europe agitée par la guerre, un grand personnage arrivait à la cour d'Avignon et venait en personne solliciter la puissante intervention d'Urbain V. C'était le roi de Danemark, Waldemar IV. Son royaume s'était soulevé contre lui, soit qu'il ne connut pas l'art de gouverner, comme tous les actes de son règne l'attestent, soit que son peuple fût naturellement porté à la révolte, comme le prouve l'hisioire du Danemark. Dans une bataille qu'il avait été forcé de livrer contre ses sujets rebelles, il avait eu un de ses fils tué à ses cûtés. Enfin, après quelques alternatives de victoires et de revers, il se reconnut impuissant à mettre, la pais dans son royaume et vint en personne à Avignon implorer le secours et les conseils du Pape. Il flt son entrée dans la ville en 1361, au milieu du Carême. Urbain V l'accueillit avec tendresse. Le roi lui ayant fait le récit de ses malheurs, il en fut touché et lui promit son appui. Il envoya trois légats en Danemark, avec la mission de faire rentrer les villes rebelles sous l'autorité légitime. Il leur donna le pouvoir de leur infliger les censures, si elles persistaient dans leur révolte. Tour consoler Waldemar et lui montrer l'estime qu'il avait pour lui, il accorda, suivant l'usage de ces siècles de foi. des indulgences à mus ceux qui feraient des prières pour le roi. Enfin il lui donna la rose d'or, le quatrième dimanche de Carême, avec toutes les cérémonies usitées en pareille circonstance. En retour de tant de bienfaits, le roi de Danemark promit de prendre la croix et

d'aller combattre les infidiles avec le roi de Chypre, se

pour 11 ménuiui- d'Klisàb.-lli. ni-'-n- «lu roi de Hmisrie. Ce roi jura de venger l'honneur de sa inôre ei déclara la guerre à l'Empereur. Le roi il- Danemark et celui de

lë^iis profilèrent des honues dispositions oit ils virent ces princes pour !p-s eu^iger ii se cn>ise.r. Ils juignin-rit leurs prièr"s et leurs efforts à ceux du roi de Chypre, qui venait d'armer à Cracovie. Ils ne furent p:is écoulés. Du promit beaucoup, on donna de. belles paroles, maïs aucun de ces princes ne prit la croix. L'Empereur écrivit au Pape pour lui dire tout.! J'alïeetion qu'il avait pour sa personne sacrée

C'était, en elfti. un ,i.rs désirs 1rs plus ardents d'Lrbain \ 'ie reporter le saint-sié-c .i iinme t-i de faire cesser le long exil d.' l'élise roui line, A mesure qu'il disposait tout pour la croisade, qu'il faisait un appel ans princes de l'Europe et lâchait de mettre la pais parmi eux, i! ne perdait pas de vue itorae et l'Italie. La prudence ne lui permettait pas de quitter Avignon tant que les troubles de

l'Italie ne seraient pas assoupis, et que la croisade n'aurait pas un commence me ni d'exécution. En attendant, il annonçait à l'Église universelle, par ses lettres, son prochain départ ; il sollicitait les secours des princes, et il acceptait les offres que l'Empereur lui faisait '. Il eût voulu pouvoir rentrer ù Rome aussitôt après son élection, mais les circonstances n'étaient pas favorables. Il fallait préparer de loin cette entreprise. Urbain V soupirait après l'Italie et Rome, siège naturel de la Papauté. Si les malheurs des temps le retenaient en France, son cœur était à Home. 11 voulut que dans son palais iiitii. lui rappelai le souvenir de cette ville. Ses prédécesseurs, Hennit XII, Jean XXII et Clément V, avaient commencé la construction du palais qui domine Avignon, masse à la fois irrégulière et imposante. Clément VI avait bâti la chapelle liasse; Innocent VI la chapelle haute à la voilte élancée, l'une des plus hardies qui existent. Un large escalier mtne. de l'une a l'autre. C'est là que se tenaient les chapelles papales. Urbain V voulut augmeni'T nue îtngmlieence. Avec l'énergie dont toutes les oeuvres qu'il accomplit portent le sceau , il lit creuser dans le roc. la cour d'honneur où conduit l'avenue qui forme l'entrée du palais. 11 ajouta au palais une aile et une septième tour, sans doute en souvenir :!es sept collines de Home. Il appela cette tour, la Tour des anges. C'est la plus hardie et la plus élégante de toutes. Enfin il créa, sur le penchant de la colline et. derrière le palais, des jardins somptueux. Toutes les constructions qu'il éleva étaient d'une rare beauté. Il les appela du nom de Borne, afin que le palais où il habitait et tes appartements où il entrait chaque jour lui rappelassent le souvenir de Home s'il venait à l'oublier. Ceul-

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être aussi voulait-il maatrer que lous ses vœux seraient comblés quand il habiterait la véritable Rome. Quoi qu'il en soit, il prépara son retour dans cette ville, et travailla avec ardeur à éteindra les troubles de l'Italie.

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