‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 40 sur 162 · HteuU, i. t · texte numérisé non relu

HteuU, i. t

Lrbain V écrivit a tous les princes chrétiens pour les engager a se liguer contre l'ennemi commun. Le premier qui reçut les lettres du pontife fat l'empereur Charles IV. Urbain V employ ai 1rs arguments les plus propres à le persuader; il lui disait les efforts de Pierre de Lusignan contre les Turcs, la prise de Salalieh et des autres villes, l'alliance du roi de France et du roi de" Chypre. Il écrivit de mémo à Édouard III, roi d'Angleterre, ainsi qu'à Louis de Hongrie. 11 exhorta en particulier le rui de Navarre Charles le Mauvais à imiter le noble exemple du roi son beau-père, à déposer la haine qu'il nourrissait contre lui (U'jiui- si l'Mi-^li m;>>, :i lh - r i j i ■ i ■ Si-s !" n n« i!<: kl Kranri\ I.r-

Rodolphe de Souabr. au dogr de Venise l-aurent Celso, ainsi qu'au doge de Uènes Gabriel Adoroo, que le peuple de tléncs venait de porter au pouvoir peu de jours avant la mort de Simon Boccanégra, son ancien doge. Le Pape priait les deux républiques de mettre leurs flottes nu service de la croisade. Le doge de Venise avait déjà promis des vaisseaux à Pierre de Lusignan. Enfin, Urbain V invita les grandes compagnies à passer en Orient sous la conduite du roi de Chypre. Il voulait délivrer la France e! l'Italie des ravages de ces troupes indisciplinées et faire servir au triomphe de la foi et de l'Église des hommes de crime.

La pensée du Pape Tut comprise par les nobles et parle peuple. Les prédicateurs de la croisade et les exhortations de Pierre de Lusignan opéraient des fruits merveilleux. Partout on promit, la croit ; hienii'ii une armée formidable se ruera sur les infidèles. Mais le terme de deux ans que le Pape avait d'abord lixé pour le départ d. s croisés lui parut trop long. Il craint que les infidèles un mntucni abattus ne reprennent leur ancienne audace si on tarde trop de secourir l'Orient. Il devance d'un an le départ des

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croisés, leur assigne Venise comme point de ralliement et demande au roi de Hongrie des munitions pour les croisés ei le passage sur ses terres.

Le roi de Hongrie, l'Empereur et les autres princes de l'Europe ne comprirent pas les dangers qui menaçaient la chrétienté. Tous refusèrent de s'enrôler. Ils ne virent pas que leurs intérêts étaient dans l'Orient, que la tranquillité de l'Europe serait troublée pendant plusieurs siècles, si les boulevards do la chrétienté, Rhodes, Chypre et Constantioople, venaient J tomber entre U s mains îles ioGdèies.

Une nouvelle invasion de barbares menaç.iit l'Europe. Au lieu de s'unir pour conjurer le danger, les princes se faisaient ru unièmement la guerre, ue misérables querelles les .lissaient, ils sacrifiaient le bien général à des teugeanecs particulières. Comme aux siècles de barbarie, ils paraissaient insensibles aux gMiiiieschnsi s. Aucune peusee élevée oe dominait la politique des rois. La guerre élan partout. Avec une hauteur de vue qui étonne dans un pareil siècle, Urbain V devina que la nouvelle croisade ne réussira pas mieux que les autres si les princes de l'Europe n'oublient leurs querelles; que les barons déserteront bientôt le drapeau de la croix, si les rois ne se mettent à leur télé. C'est dans ce but qu'il tenta de réconcilier les rois entre eux et avec leurs peuples.

L'empereur Charles IV venait de rompre avec le roi de Hongrie; une guerre furieuse allait éclater qui mettrait le trouble en A 1 le magne et^ empocherait la croisade. Urbain V

de travailler à la réconcilia lion de ces doux princes. Il écrivit en même temps aux évûques d'Allemagne ainsi qu'aux grands de l'empire et de la Hongrie, les priant de s'interposer pour les amener à la concorde. Sur ces entrefaites mourut la mère de Louis de Hongrie, la reine Élisabeth. Le Pape écrivit une lettre de consolation au roi de Hongrie, qui portait à sa mère une vive affection. Il l'en-

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gageait à maîtriser sa douleur et à tourner vers le ciel tomes ses espérances. Celte lettre acheva l'œuvre du légat, désarma la colère du roi de Hongrie, qui lit la paix avec l'Empereur pour plaire au Pape.

Casimir, roi de Pologne, avait répudié son épouse légitime pour vivre avec une juive du nom d'Esther, qui lui donna plusieurs enfants. Il ne voulut pas les présenter au saint baptême. Le peuple et les grands murmuraient, une guerre civile paraissait imminente, si le Pape, à qui la reine de Pologne avait demandé justice, n'eût déterminé Casimir à mettre un terme au scandale qui affligeait ses sujets.

fcto Suède on voyait des crimes encore plus affreux. Le roi Magnus se souillait de débauches honteuses sans respect pour la dignité du troue. L'ëvéque de Linkœping s'unît contre lui avec les grands du royaume. Le roi voulut se venger. Il dénonça au Pape le complot et lui demanda que l'évéque de Linkœping fût déposé. Lrbain V connaissait la conduite scandaleuse que tenait le roi. Il lui répondit qu'il ne pouvait sur sa demande déposer un évfique; le droit s'y opposait. Si quelqu'un vient au nom du roi accuser ce prélat et poursuivre la cause d'une manière régulière, le Pape prononcera son jugement. Celle réponse inspira du courage à l'évéque, au\ grands, à tout le peuple. On y vit la preuve qu'Urbain V n'embrassait pas la cause d'un roi impie. Tout le royaume se souleva. Comme le roi n'avait aucun partisan, il ne put se défendre. Les états s'assemblèrent, et élurent à l'unanimité Albert de Mecklembourg, qui appartenait à la famille des rois de Suède. 11 était Dis de la sœur de Magnus.

Mais le pays le plus agiié du toute l'Europe et celui de tous qui devait le plus attirer l'attention d'Urbain V, c'était la France. La France penchait vers sa ruine. Elle ne dut son salut qu'à la sagesse du jeune roi Charles V et au patriotisme d'Urbain V.

Pour se faire une idée juste des malheurs de la France.

M faut reprendre les choses de loin. A côté du roi Jean était un prince qui se; montra constamment l'ennemi de

du roi Jean qu'il avait épousée l'avait rapproche' davantage du irône. Ces liens devaient l'unir a la famille royale. Il en fut pourtant l'ennemi le plus acharné. Quand ]es Anglais victoriens s"emparaient de nos plus belles provinces, au lieu de voler au secours de son roi, il allumait la guerre civile et venait ajouter un fiVau du plus à Ions ceux qui désolaient la France. Prince inquiet, jaloux, vindicatif, cruel, parjure, rien n'était sacré pour lui. Il foulait aux pieds les liens du sang et la parole donnée. 11 eut des complices, mais il ne trouva point d'amis. La trahison, le meurtre, ie poison lui étaient familiers. Son nom est uni aux noms les plus sinistres de nos annales. Tout Français apprend

Quand le prince de G.illes débarquait en Guienne et envahissait la France, Charles délibérait avec quelques complices dans h- ctiàicasi de Itouen sur la manière de trahir la France. Le roi Jean, qui savait ses complots, arrive à l'improviste, s'empara de lui et le jette en prison. Mais bientôt la funeste bataille de Poitiers fut livrée, et pour la première fois un roi de France était prisonnier. La France fut en proie à l'anarchie. Les paysans se soulevèrent contre les nobles et les massacrèrent. Ils prenaient le désastre de Poitiers pour prélcue et attribuaient à la lâcheté des seigneurs la captivité du mi, tes factieux sachant dans tous les temps trouver des raison* peur justifier leurs crimes. L'armée des paysans grossissait de jour en jour; ils étaient au nombre de cent mille, répandus dans les plaines de ta Champagne; ils incendiaient les châteaux, ils massacraient les vieillards, les femmes et les enfants. Ils exerçaient des cruautés inouïes sur leurs victimes, et tirent même rôtir

quelque soigneurs. Mn peu de temps plus il'' renl chàteaui

devinrent la proie des flammes. Le nombre des victimes fut immense; on donoa à ces horreurs le nom de Jacquerie.

Irpoml.mt le dauphin saisissait 1rs runes du çnmTrnement sons l'autorité d'un conseil de régence nomme" par le roi. De peur d'exciter l'envie, Il ne prit pas le titre de régent, i) se contenta provisoirement de celui de gouverneur. Il avait dix-neuf ans; dans un âge si tendre il montra tant de prudence que les peuples lui décernèrent le nom de Sage. Il n'eut pas cette politique astucieuse qui seme partout la ruine, la discorde, la guerre, qui divise ei détruit, mais plutôt relie politique Tranche et chrétienne qui n'a d'antres bases que la prudence, d'autres moyens que. l'honneur et la raison, d'autre but que le droit, le devoir et la justice.

La première mesure qu'il prit, ce fut la convocation des États généraux. II voûtait délibérer avec eui sur les moyens à prendre pour sauver la patrie. Les assemblées qui délibèrent avec calme sur les grands intérêts de l'État voient mieux et de plus loin que le souverain lotit seul ; mais quand la passion les anime, elles sont une cause de Irouhleel de discorde et deviennent, le pire de tous les tleaiix. Les Klais de 1356 étaient dévoués à Charles le Mauvais. Dès la première réunion, ils firent au dauphin plusieurs demandes séditieuses : enlre autres eliuses ils vnularen! qu'il tirât de sa prison le roi de Navarre. Les habitants de Paris soutenaient l'assemblée, c'était tout naturel. Charles comprit assez à temps le nouveau danger qui menaçait la patrie, et se repentit d'avoir convoqué les États généraux. Mais il n'osa d'abord résister ouvertement aux factieux, prit la voie infaillible des délais, faiipia rassemblée en temporisant et la forc,a à se dissoudre; puis il s'appliqua à guérir tout seul les maux de la France. 11 envoya dans toutes les villes des commissaires royaux pour les gagner

à sa oaune et demander des subsides. La plupart des villes lui obéirent, Lnlin il voulut rallier autour du trôna les gentilshommes en prenant leur défense contre les hordes indisciplinées des paysans.

Tout lui réussissait, quand Charles le .Mauvais s'échappe de sa prison, accourt à Paris où le prévôt des marchands Marcel l'accueille honorablement. Lo peuple s'élant as-

semblé, le

roi de Navarn

t veut le haranguer. Il lui parle

de sa priso

o, et des mauj

; que le roi de France lui a fait

souffrir; il

blâme les ac

phin. rapp

pj'il a pour la France, et ose

dire qu'il 1

aime plus qu

'aucun prince du sang, que le

dauphin lui

-même. 11 gag

ne le peuple à sa cause par ce

discours pu

•flde. Puis il di

mande une entrevue au dauphin

el lui arra.

■M, en préser,

ce du prévôt des marchands, la

cession de

la Normandie

. Philippe, son frère, qui coul-

son nom, <la:

is cette province, une armée de

Nnvarrais,

voulu! aussitôt se faire donner les clefs des

villes. Les t

ifficiers royaux

refusèrent de lui obéir. Quand

le roi de Navarre l'apprit, il entra eu fureur. Il crut qu'on le jouait, et il conçut un horrible projet. Sans respect pour le sang royal . fermant son cœur à la pitié que devait lui inspirer la jeunesse du dauphin, il lui fit boire un breuvage empoisonné. Mais le ciel, qui veillait sur les jours du prince et voulait guérir les maux de ta France par se prudence, le sauva. Les médecins arrêtèrent les effets du poison. Le roi de Navarre appelle alors l'émeute à son sf -cours. Il sonflli' piirmist l'esprit di> rvmlte. Toute la ville est en armes. Lue foule indisciplinée si! précipite à travers les rues sur le Louvre. Tout ce qui veut s'opposer à son passage est immolé sans pitié. Les gardes du Louvre sout massacrés, toutes les portes brisées; l'émeute arrive jusqu'au prince. Il délibérait en ce moment avec ses fidèles conseillers dans la salle où saint Louis tenait autrefois conseil. Au bruit de l'émeute qui gronde, il se lève, il se

précipite an-devant des forcenés qui venaient d'envahir la demeure ravale. Deux maréchaux sont tués sous ses veux, leur sang jaillit sur lui. D'une voix émue, il crie au prévôt des marchands qui guidait l'émeute : « Eh quoi! en voulez-vous au sang de France? » Le peuple et le prévôt s'arrêtent. La pitié a touché leur cœur. Le courage et la tendre jeunesse du dauphin les désarment. Le prince est sauvé. Mats il comprit qu'il n'y avait point de sûreté pour lui dans Paris après un attentat si odieux. 11 en sortit et courut chercher un refuge à Compiègne. I! travailla, de ce lieu de sûreté, à conjurer les malheurs qui allaient fondre sur la France. Il oublia un moment les Parisiens, le prévôt des marchands, le roi de Navarre, et mit tous ses soins à arrêter les désordres de la Jacquerie,

L'armée des paysans se portait sur Paris. Le dauphin marche à leur rencontre, les atteint près de Meaux et remporte sur eux une grande victoire. On en fit un affreux carnage. Leurs cadavres furent précipités dans la Marne. A quelques semainesd'intervalle, l'armée royale les vainquit de nouveau dans les plaines de la Normandie. Les paysans se dispersèrent, et la Jacquerie fut réprimée. Le dauphin profita de l'enthousiasme des troupes pour reprendre l'offensive contre le roi de Navarre; il vint mettre le siège devant Paris. Charles le Mauvais, qui en élait sorti, accourut à la défense de rétro ville. Mais l'armée du régent l'arrête à Saint-Denis, lui présente la bataille et lui fait essuyer une défaite complète. Les Parisiens commencèrent â comprendre les vrais intérêts de la patrie. Ils reconnurent que le dauphin tout seul pouvait sauver la France. Pleins de confiance en sa valeur et en sa fortune, ils font la paix avec lui et ouvrent leurs portes a son armée.

Mais Paris comptait des traîtres dans son sein. Le prévôt des marchands, qui aurait dû recevoir plus tôt la peine de ses perlldies, était d'intelligence avec Charles le Mauvais, qui s'était avancé jusqu'aux portes de Paris. Il avait pro-

mis de lui livrer la ville et de le frire1 proclamer roi de

France. Dan . la nuit d

u ;il juillet, comme il so dirigeait

avec sis complices voi

dessein do l'ouvrir à Cl

taries h) Mauvais, il est découvert

par un bourgeois, M :ti 1 1

nos pères: Mouljoii- .Suti

U-Daits .' amassa la foule autour de

lui e! tua de sa main le

traître.

La trêve de Irais ans

jurée pnr le roi d'Angleterre après

la bataille de Poitiers v

eiiail d' expirer. Le roi d'Angleterre

débarque tout à coup avec une armée paissante à Calais et vient présenter la bataille au régent, qui se tenait renfermé dans P.iris et ne voulait pas exposer aux chances d'une bataille le salut de la patrie. Le Pape Innocent VI lui avait envoyé ses levais pour l'amener à faire la paix. Il refusa d'écouter leurs propositions. Une affreuse tempête éclate sur le camp d'Edouard aux environs de Chartres. L'orage renverse les hommes et les chevaux. Le roi, saisi d'effroi, promet de donner la paix h lu franco, si la tempête se calme. La paix se Ht. Elle fut signée à Brétigny (1360). Paix honteuse pour la France, puisqu'il fallut céder aux

et La Rochelle! Mais le récent v->\nii dans le démembrement de la France un danger moins grand que l'anarchie. Il estimait que les pertes de la couronne seraient largement compensées par la présence du roi. La France donna des otages, et le roi Jean, Étant sorti de prison, vint à Paris, puis a Avignon. Les pensées des hommes sont si faibles que les mesures les plus propres à conjurer le danger servent souvent à le faire mitre. Un signant la paix de Brétigny, le roi de France et le dauphin s'étaient proposé pour but la fin des troubles, et pourtant ce fut la paix de Brétigny qui mil le comble a l'anarchie. Les soldats qu'on licencia quand la liai* fut conclue ne purent se résoudre à rentrer dans leurs foyers. Ils se formèrent en compagnies de i outiers,se créèrent des chefs et parcoururent la France

■l'uni! frontière à l'autre. Iass routiers Furent maîtres du sol plus que le rai lui-même. Ils rançonnaient les villes, incendiaient les châteaux, ravageaient les campagnes. Le roi était forcé d. compter avec eux. Plusieurs fois ils vinrent assiéger le Pape hii-tiièmr dans Avignon. Il n'y avait plus de sécurité sur les roules, cl un brigandage bien organisé faisait trembler la France, Pour se dérober aux ravages des routiers, on n'osait plus

allait se refouler dans les villes. La culture des champs fut abandonnée, la famine se fit sentir partout.

Itobcrt Knollcs et Arnaud de Cervelles, dil l' Archiprètre, furent en fiance les deux chefs principaux des routiers. I* premier était Anglais. II. surprit la ville d'Auierre et la pilla, emportant avec lui tout le trésor de l'abbaye de Saint-Germain. Mais quand Guillaume de Grimoard fut

bert Knolles pour lui demander la restitution du trésor qu'il avait enlevé. Sa prière fut écoulée. Apres le sac d'Auxerrc, Rnliert Knolles se dirigea sur Avignon, dans le dessein rte la piller. Les seigneurs du Languedoc et de l'Auvergne s'armèrent pour la défense d'Innocent VI et fermèrent la route au brigand.

L'autre chef, Arnaud de Cervolles, après avoir mené une vie licencieuse, avait fait un appel aux soldats que le roi de franco venait de congédier. En quelques jours il eut réuni autour de lui plus de deux mille hommes. Il infesta principalement le midi de la France, passant continuellement d'un pays dans un autre, et portant de tous colés !e ravage et la mort. Les compagnies étaient mieux constituées que la Jacquerie, il était difficile de les extirper entièrement. On y observait une discipline sévère. Il y avait des dirfs puissants et redoutés qui maintenaient l'ordre parmi les brigands el menaient de l'unité dans les entreprises. Mais ce qui faisait la force des rnu-

ISS HISTOIRE D'URBAIN V.

tiers plus que tout le reste, c'étaient les relations que Charles le Mauvais entretenait avec leurs chefs. Il était l'âme de tous leurs complots. 1-e noyau des compagnies se composait principalement de Navarrais. Le roi de Navarre venait de rompre encore avec le roi Jean, qui avait réuni la Bourgogne à la couronne, à la mort de son duc Philippe de Rouvres. Charles, croyant avoir des droits sur cette province, les revendique les armes a la main et rallume la guerre civile. Urbain V voulut assoupir cette querelle. Il engage le roi de Navarre à se désister de ses prétentions et à déposer la haine qu'il porte au roi de France. 11 lui enjoint de retirer ses troupes du sol français, à moins qu'il ne veuille prendre part à la croisade et unir son année a celle du roi de France. Il lui envoya, ainsi qu'au roi Jean, les deux cardinaux Gui de Boulogne et Gilles Aiscelrn, qui étaient munis de pleins pouvoirs pour con-

Quant aux routiers que le roi de Navarre soudoyait sous main, Urbain V conçut le projet d'en délivrer le pays. Il leur proposa de se joindre aux troupes de toute la chrétienté unies contre les infidèles. Leurs armes, que lant de meurires avaient souillées, il les exhorta vivement a les purilier. en les employant au service du Christ. 11 leur montra le déshonneur qu'il y avait pour eux à exercer leur fureur contre des chrétiens et des frères; c'étaient les sectateurs de Mahomet qu'il fallait combattre. Ils devraient plutôt aller chasser les infidèles de la Palestine et effacer l'opprobre du nom chrétien '.

Urbain V poursuivit pendant tout le cours de son pontificat ce grand dessein. Il fit tous ses elforts pour engager les routiers dans une guerre aussi utile qu'honorable. Les méchants ne doivent pas toujours être traités avec

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