CHAPITRE XIII
Urbain V travaille a la réunion dm ilem K;l:ws. rumen™ du. Balai™,
Urbain V, voulant pousser plus activement qu'autrefois l'affaire de la croisade, s'occupa de la réunion des deux Églises. 11 pensait avec raison que les Grecs et les Latins, étant unis par la même foi, uniraient aussi leurs erforls contre l'ennemi commun. Toutes les croisades échouèrent par la faute des Grecs. Leur perfidie paralysa le courage des armées chrétiennes. Les croises inspiraient une égale défiance aux Grecs et auxTurcs qui s'entendaient [juiir les détruire. Le l'api? Innocent III fil l'honneur aux Grecs de les croire capables de comprendre les intérêts e/nérauxde la chrétienté. Il «il pour <'iix beaucoup déménagements, il en eut trop peut-être. (Juand les croisés fondèrent à Consiamioople un empire lalm, ce Pape protesta énergiqueinem. frappa d'excommunication tous ceux ijui avaient prêté leur concours à ceue entreprise. Mais la perfidie grecque cl une su ne cnniiniirlle île trahisons prouvèrent aux Pontifes romains que le plus grand obstacle au succès des croisades, c'étaient les Grecs. Clément V, avec
sa sagesse accoutumée, prévit le moment où Constaminople tomberait au pouvoir des Turcs. )1 croyait les Grecs impuissants à la défendre. Il en concluait qu'il fallait dès lors les en chasser et faire de cette ville le siège d'un empire latin Au temps d'Urbain V, quelques hommes politiques pensaient de même. Quant à lui, il était persuadé que les Latins ne disposaient pas de forces assez grandes pour tenter une pareille entreprise: on n'eût jamais pu réunir une armée assez nombreuse pour faire le siège de Constantinople. Il valait mieux, suivant lui, travaillera la conversion des Grecs et les amener à se réunir sérieusement à l'Église romaine.
Le roi de Hongrie s'apprêtait à passer en Orient avec une armée formidable, pour ob'„:ir aux pressantes exhortations du Pape. Le roi de Chypre et Amédée VI, comte do Savoie, faisaient de nouveaux armements. Urbain V en avertit Jean Paléologuc, afin de lui inspirer de In confiance. Il le pressa de revenir lui et son peuple à la vraie foi, menaçant de l'abandonner s'il ferme l'oreille à ses prières ou que sa conversion ne soit pas sincère. « Rentrez, lui disait-il affectueusement, rentrez avec bonne foi et sans aucune feinte dans le sein de l'Église véritable. Profilez du temps que Dieu vous a donné. Si vous le faites, nous vous reconnaîtrons pour nos enfants bien-aimés, nous récompenserons avec un soin paternel votre pié lé en répandant sur vous nos grâces et en vous envoyant de nombreux secours. Maïs si, ce qu'à Dieu ne plaise, vous vous obstinez dans votre endurcissement, nous serons forcé, ainsi que parle l'Apôtre, de vous considérer comme des païens et des publicains. Quand des peuples chrétiens ou infidèles viendront vous attaquer, nous no pourrons, nous ne devrons pas vous secourir,' puisque vous serez
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séparés de l'Église. « Celle lettre est du 25 janvier 1366 '.
Le prudent Pontife craignit que les Grues, voulant obtenir les secours <li; l'Europe, ne lissent des promesses feintes de réunion avec l'Église latine. Il écrivit à Louis de Hongrie pour le prier dn différer son expédition. Le roi de Hongrie cl k: l'ape Ile devaient seeuiirir les Grecs qu'au moment
où la réunion serait accomplie ou sur le point de l'être; Jean Paléoioguo, se voyant perdu si on l'abandonnait, vint en personne à Bude, où se trouvait le roi de Hongrie. Il était suivi de ses deux lils, Manuel et Michel, il lit serment de rentrer dans le sein de l'Église et d'obéir à toutes les volontés du Pape si on lui promettait des secours. De son coté, le roi de Hongrie prit. IViigngrmeiu du le défendre contre les Turcs, s'il accomplissait sa promesse. Enfin, le roi de Hongrie et l'Empereur envoyèienuiu Pape des ambassadeurs pour le prier de ratifier les conventions stipulées à bude. Urbain V connaissait ies Grecs. 11 savait combien peu on devait compter sur leurs sermentset leurs promesses. Il écrivit à Jean Paléolo^ne pour lu félidter des lions semiiiieiits qu'il montrait et l'exhorter à persévérer. Il insista sur les heureux résultais que pouvait avoir son retour a la foi catholique. Mais, pour déjouer la ruse et les subtilités, comme aussi pour ne pas perdre le temps en vaines disputes, il lui exposa la formule de foi que las Grecs tigiièreiit ;;u concile de Lyon, et l'exhorta à la signer simplement, lui, ses enfants et tout le clergé de Constant inople. Ce n'était pas assez pour un Pontife aussi éclairé. Il pria l'Empereur de souscrire la formule qui avait été proposée à son prédécesseur Michel Paléoioguo dans le concile de Lyon. L'Empereur devait déclarer qu'il abjurait le schisme, qu'il rentrait de lui-même dans le sein de la véritable Eglise, qu'il reconnaissait la primauté de l'Église romaine, qu'il obéirait ù cette Église cl garderait la foi qu'elle enseigne jusqu'à son