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« et m'accorde la grâce de le réparer. J'y mettrai tous mes « soins et je tacherai de faire encore plus do bien que le « démon n'a fait de mal. »
Par son ordre on se remit à l'œuvre, l.a mort ne lui permit pas do voir terminer ces travaux. Au temps de Clément Vil et quand les actes de la canonisation d'Urbain V furent présentés à ce Pontife, les réparations n'étaient pas terminées. Kllcs ne le furent qu'à la lin du iv" siècle, époque a laquelle François de la Rovère, neveu de Jules 11 et son successeur sur le siège de Mendc, fit construire les deux tours qui font l'ornement de celle ville. Mnrs a peine adieu- , cet .injuste, édifice, l'un des plus beaux de l'intérieur de la France, fut abattu en 1581 par les vandales qui: Merle commandait.
Urbain V donna à la cailiédrale de Monde de riches ornements : un tableau de la sainte Vierge, avec un cadre en or, enrichi de pierres précieuses ; un ange en vermeil tenant une épine de la sainte Couronne, de nombreux calices en or et en argent, ainsi qu'une foule d'ornements
Enfin il lit bSlîr pour le îiioiiasiére des Uétu'dictius , qu'il avait fondé à Montpellier, une vaste église, érigée plus lard en cathédrale, quand le siège de Maguelone fut transféréà Montpellier. Il la dédia à la sainte Vierge, à saint Benoît, à saint Germain d'Auxerre et a saint Biaise. Autour de la nef on voyait quatorze chapelles. L'édifice était flanqué de tours fort élevées. Oite église impose par son architecture ; le goût d'Urbain V s'y révèle. 11 visait au solide plus qu'à l'élégance.
Quand l'église fut terminée, Urbain Vvint d'Avignon en faire la dédicace. Les principaux citoyens de la ville, ayant à leur téte l'archevêque de Narbonne, Pierre de La Jugée, allèrent a sa rencontre jusqu'à Castelnau; là il accepta le dais que lui présentèrent les consuls de Montpellier. Le duc
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d'Anjou atlendaii aux portes de la ville; (Iès qu'il aperçut le cortège sacré, il mit pied à terre, vint au-devant du pape, le complimenta ei prit la bride de son cheval. Le Pape, après avoir revêtu les habits pontificaux dans l'église des Augustins, se rendit à l'hôtel de ville après avoir prié quelque temps dans l'église de Notre- Dam e-dcs-Tab les. L'un des régents de Montpellier, qui avait connu Urbain V quand i! professait le droit dans cette ville, vint le complimenter. Le Pape eut la bonté d'écouler avec une religieuse attention le long discours qu'il lui fit, puis il l'embrassa et s'entretint longtemps avec lui. Le même jour, après le dîner, Urbain V visita la grande église. 11 n'en fut pas content et dit aux architectes : « Je vous avais commandé de bâtir une église, et vous n'avez fait qu'une chapelle. » Mais quand II vit le monastère somptueux qui s'élevait à coté Je l'église, sa tristesse fus. plus grande encore, et il ajouta ; u Vous avez fait la maison des serviteurs plus grande que celle du maître, s
11 donna à cette église un riche reliquaire contenant la tête et quelques ossements de saint Benoît, d'antres reliquaires renfermant h t.éte rte saint Germain d'Auxerre et celle de saint Biaise, ainsi que le bras de l'apôtre saint Jacques. 11 destina au retable du grand autel un basrelief en argent représentant la sainte Vierge avec des
Le 30 janvier 1 :i<ï7 ces objeis sacrés furent porlés processionnelleruent dans la nouvelle église ; l'archevêque de Marbonne officia. Le 2 février, Urbain V fit la bénédiction des cierges dans l'église des Frères Prêcheurs; le llj février était le jour destine ;'i la consécration de l'église. Urbain V consacra le grand autel au milieu d'une foule immense; il le dédia à la sainte Vierge et à saint Benoit. L'autel de droite fut dédié à saint Biaise et celui de gauche à saint Germain, Quand la cérémonie fut achevée, le Pape célébra la messe solennelle et fit un discours émouvant pourexhor-
1er les fidèles à la reconnaissance envers Ibcu: puis il bénit le peuple. Mais cette belle journée n'élail pas terminée : le soir, la foule se précipita de bonne heure dans la nef; les vêpres furent chantées avec une solennité inouïe. L'archevêque de Narbonne monta en chaire et expliqua les cérémonies de la dédicace; il termina en proclamant les indulgences que le Pape, les cardinaux et les évéques présents à la cérémonie accordaient au peuple'.
Voulant laisser un souvenir éternel de sa présence à Montpellier, Urbain V donna à ['église qu'il venait de consacrer les ornements qu'il avait revêtus le jour de la dédicace. Les douze cardinaux présents à la cérémonie, ainsi que les évéques qui étaient accourus a Montpellier, voulurent imiter sa piété et duiiiii-rviil également à l'église de Saint-Benoît les ornements sacrés qu'ils pur [client le matin. A ces riches présents, Urbain V ajouta un calice en or, des
des dalmatiques, des livres liturgiques'. Le Pape remit ensuite aux religieux du monastère une grande quantité de livres de théologie et de droit qu'ils devaient distribuer aux étudiants trop pauvres pour les acheter.
L'amour qu'Urbain V avait pour Montpellier alla plus loin : il diminua le tribut que. celle ville payait à la cour romaine depuis que le Cape llonorius III l'avait mise sous la protection spéciale du saiul-siége. héjà il l'avnii recommandée à la bienveillance du roi de France1. K.nlin il craignit pour Montpellier les ravages des grandes compagnies et les horreurs de la guerre civile. Montpellier était a ses yeux l'asile des sciences et de l'étude. Défendre cette ville, c'était défendre la science et les lumières de la civilisation contre la barbarie. Si Montpellier venait à tomber aux
I. Histoire de Monl^-lli-r, par V,\ar\e> d 'Ai fin* ni Ile. ï. Ms. 1020.