Jfénioire! de la Société archéologique de Montpellier
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maies des routiers, les études seraient troublées. Cette considération dut frapper un Pape qui avait coutume d'entourer de citadelles les églises qu'il bâtissait. Il voulut donc défendre la science derrière des remparts inexpugnables; il conçut le projet d'enfermer la ville de Montpellier cl ses faubourgs dans une ceinture de remparts. Les travaux furent commencés en 13C6. On travaillait aux fortifications sur plusieurs points a la fois, et quand Urbain V vint faire la dédicace de Saint-Benoit el de Saint- Germain, l'ouvrage était assez avancé. Il conçut de plus grands projets encore pour la ville qu'il aimait tant. Mont-
mer par un large canal qui devait aboutir à l'étang des Lattes. Il y fil travailler activement; mais à sa mort l'ouvrage fut suspendu, et depuis on ne l'a plus repris. L'empereur Sigisraond, se rendant à Perpignan pour fléchir Benoit XIII, admira les travaux et les plans ingénieux d'Urbain V. Les guerres de religion furent funestes à Montpellier. Le mur d'Urbain V fut détruit par les sectaires, et quand le roi Henri IV parcourut ces belles ruines, il ne put s'empêcher d'exprimer ses regrets et son admiration pour ce Pape. Il dit que son cousin de ChâliUon avait défait en niais ce que le pape Urbain avait fuit en grand homme et en grand esprit.
Urbain V passa tout le mois de février à Montpellier; il paraissait presque tous les jours dans les rues, à cheval, suivi de toute sa cour. Enfin il se mil en route pour Avignon le 8 mars. Les consuls de la ville et une foule de grands personnages résumèrent. Arrivé à Avignon, Urbain V ne songe.i plus qu'à «es préparatifs de départ.
Albornos venait d'envoyer au Pape quatre galères. Cornez, son neveu, les commandait. Il avait reçu l'ordre de dire au Pape que l'État pontifical jouissait d'une paix pro-
fonde, qu'il pouvait y revenir en sûreté. Ce message raffermit le Pape dans sa résolution. Urbain V donna de grandes louanges au cardinal Albornos. [I céda pour dix ans à Gomez les revenus d'Ascoli, l'une des grandes cités de la Marche d'Ancone. En même temps, il écrivit aux frères du cardinal qui étaient en Espagne, les engagea a venir se joindre aux prélats ri aux cardinaux qui devaient le suivre en Italie, et leur promit de les mettre a la tete des villes et des provinces de l'État ecclésiastique'.
L'Italie était heureuse en apprenant que le Pape allait la visiter, niais la France était dans le deuil et la tristesse. Plus que personne le roi Charles V redoutait le départ du Pape. Il craignait pour l'Église romaine elle-même autant que pour lui et pour son royaume. Sa prudence lui faisait entrevoir mille dangers. Fils dévoué de l'Église, quand Sa barque de Pierre faisait voile pour d'autres contrées, il eût voulu l'attacher aux rivages de la France et l'arracher aux tempêtes qu'il entrevoyait. Sua dessein fui d'abord de venir lui-même dire au Pape les craintes que son départ lui inspirait. Le soin de l'administration de son royaume l'en empêcha. I) députa une ambassade solennelle dont le docteur Oresmes était le chef, pensant que le Pape écouterait volontiers le discours d'un homme qui était st bien entré dans ses vues au* premiers jours de son pontificat et avait prêché devant tous les cardinaux la réforme de l'Église. Les envoyés du roi de France arrivèrent à Avignon quelques jours après h retour d'Urbain V. Comme c'élaiila coutume que les P.qx^s rendissent compte a l'Église des motifs qui les faisaient agir el traitassent les affaires en consistoire public, les ambassadeurs du roi de France furent introduits et vinrent exposer leurs raisons en présence d'une foule immense accourue pour les entendre.
Le docteur Nicolas Oresmes prit la parole en leur nom et