‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 77 sur 162 · Sépclvuedi · texte numérisé non relu

Sépclvuedi

commença ainsi : « Atténuât i sir»f ociiii m^i suspkinttcs in excctmm; j'ai vu votre face, comme si c'était la face de Dieu, puisque c'est la face de son vicaire, de celui à qui fut donné le pouvoir de tout lier et de tout délier sur la terre, C'est à lui que le Seigneur a dit : Conduisez voire barque dans la haute mer cl ne craignez point la profondes des Oifjiaittris.» Puis l'orateur s'excuse et dit au Pape que le roi de France n'a pu venir pour des raisons secrètes qu'on lui expliquera.

Il v;ii![i> le zèle du [ni cl l'r i:ir filial (ju'rl juirti' à la ] i L i-

sonne du Pape et à l'Église romaine. Knfin il aborde le sujet qui l'amène auprès du Pape et parle en ces termes : <• Très-saint Père, votre lils aimant et dévoué veut s'entretenir avec voire Sainteté par mon organe et vous exposer tonte sa pensée, comme le fait un enfant qui parle à son père. Votre fils vous dit : Seigneur, où allez-vous? Domine, quovadis? Vous répondez : Je vais à Rome : Venio Romam. Voire tils ajoute : Vous allez de nouveau vous faire crucifier : ilerum crnci/i'ji. » Ci s paroles forniniit la division du

L'orateur exprime an Pape le regret que le roi éprouve en le voyant partir. Il lui dit sa douleur et ses larmes, et cite avec plus ou moins de bonheur les paroles des livres saints : a Nous crions ions : Mon Père, mon Père, vous Clés le char d'Israël et son conducteur. Voyez la tristesse et !e deuil répandus sur tous les visages; prêtez l'oreille, et vous n'eniendrez autour de vous que des cris de douleur, 0 notre père 1 pourquoi nous laissez-vous, et, dans la désolation où nous plonge votre départ, à qui nous confiez-vous? I)cs loups dévorai n s feront invasion sur votre troupeau. Invitdi-nl ipTijnu tnum lupi rnjiuces. »

Après avoir montré au Pape la douleur du roi et de la France, le docteur Oresmes discute les motifs qui poussent le Pape à partir pour Rome. Il en trouve cinq : l'ordre de Dieu, l'heureuse situation de Rome, la prorogative de cette ville où saint Pierre a établi son siège, l'exemple de ses

histoire n'iiKnniN v. 321 prédécesseurs, les liens qui unissent le Pape à son Église, enfin, le désir qu'éprouve Urbain V de revenir à Rome. Il faut rendre justice au <I;idenr Oresm-'s, il exposa dans toute leur force ces graves motifs. Mais il était difficile d'y répondre, et il s'en dispensa. Il s'attache uniquement à rabaisser Rome et à faire l'éloge de la France. Il montre Rome fondée par des brigands, et se ressentant encore de cette origine ; il dît que Rome ronge les mains de ceux qui l'habitent et poursuit de sa haine ceux qu'elle ne peut dévorer. Il invoque le témoignage de saint Bernard écrivant au Pape Eugène III : a Je connais le lieu où vous habitez. Vous vivez parmi les incrédules et les infidèles. Ce ne sont pas des brebis, mais des loups. Et vous, leur pasteur, comment vous y prendrez -vous pour les convenir?... Ce peuple passe pour avoir la lete Fort dure et un cœur indompté. Mais ce eccur est-il indomptable? Je l'ignore. Une seule chose vous excuse. Vous avez voulu agir avec ce peuplr de telle sorte que vous puissiez un jour lui parler ainsi : 0 mon peuple! que devais-je faire pour toi que je n'aie déjà fait? Mais il faut que vous vous disiez à vous-même : Sortez de la ville des Chaldéens, publiez que le devoir vous oblige a porter l'Évangile aux autres v.il- : V-'.u? n. l' i- i.in : [.is ■<• i--ir-- ■ ni j- i-*o»--.

puisque vous changerez une ville pour l'univers.

" Le peuple français n'c'l pa- ainsi. On pourrait dire de lui : Quel peuple esL comme votre peuple £ Israël? Retournez donc, très-sainl Père, retournez avec le roi. D'où je conclus que cette terre est choisie de Dieu, tandis que l'autre est abandonnée. Ainsi le vicaire de Dieu sur la terre ne doit

autres pères et !" pasii'M ■■'!■ - l'fclisc universelle: car là où Sl' trouve le Pape, là est Rome, là snnl les parvis de saint Pierre'.'

Page 1