HISTOIRE !>' URBAIN V
fïrhain V ; elle ne voulait pas laisser à la France le soin de le conduire. Au milieu de toutes ces galères se distinguait celle du Pape, parée ricliement, ornée de pourpre et de soie. La république de Venise l'avait fournie.
La flotte était mouillée dans le port de Marseille, m face de Saint-Victor, attendant un vent favorable. Kniln, le 19 mai, jour de mercredi, elle mil a la voile. Les couleurs du Pape, iïi~ Gènes, de Pise, de Florence, de Venise et de \nptes (louaient autour des mats : les mariniers poussaient des cris de joie H saluaient li' Papu, qui s'avançait sur le rivage au milieu d'une foule immense. Les premiers feux du soleil éclairaient la terre et donnaient un nouvel éclat à ceite scène imposante. Urbain V entre dans la galère pontificale, jette un dernier regard sur l'abbaye de Saint- Victor et sur la France, toutes deux si chères à son cœur. Il répand une dernière bitaftliction sur le m-uplr qui couvrai! le rivage et se pronernait, le vent enfle les voiles, les Ralèrcs lèvent l'ancre, m la floue italienne emporte vers la haute mrr le Pape 61 la rour romaine on dit que lescardi o.iuï fnoçais ne purent retenir leurs larmes quand ils virent le rivage s'éloigner et disparaître. Ils poussèrent de* soupirs, ils murmurèrent contre le Pape, ils loi dirent ; ■i 0 maniais Pape' Pi n im\'x cruel 1 où menez-vous vos m;illieureu\ étirants1?"
Urbain V supporta ces murmures avec la patience ei le courage que motm i Moïse quand il conduisait les Elé!>reux dans In terre promise comme maigre" eux, et qu'il les arrachait à la servitude de la terre étrangère. On ne dit pas ce qu'il répondit aux cardinaux. Sans doute il eut pitié d'eux, il les laissa exhaler librement leur douleur et leur colère. Mais pour ne pas les exposer aux périls d'une longue navigation, au lieu d'aller d'un trait à Corneto on il s'était pro-