‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 9 sur 162 · VitUni, li.. VI, W · texte numérisé non relu

VitUni, li.. VI, W

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32 KISTOIBB D'URBAIN V.

Avignon qu'au moment où son parti commença à faiidir on Italie.

Louis Je Bavière fit un antipape dans Home, polis 1rs yeux du peuple romain, et quand Jean XXII troubla l'Église par des opinions singulières.

Louis de Bavière, ■.■\i-ojiiii) unie par Jean Mil, outre à Home à la tête d'une année nombreuse. Il traîne 6 sa suite une troupe de moines tnvmilkins en révolte contre l'Église. Il réunit le peuple sur la place Saint -Pierre. Un évequo fait un discours sur la délivrance merveilleuse de l'Église romaine opérée par l'empereur, compare Louis de Bavière à l'ange qui tira saint Pierre de la prison, et Jean XXII à l'impie Uérode. Ensuite le peuple procède à IVili'ciitin d'un Pape, et, forcé p;ir lus finies de l'empereur, il choisit Pierre de Corbière. C'était un frère mineur plein d'orgueil, qui remplissait dans l'église de Saint-Pierre les humbles l'utniions de pénitencier. Introîii.-é pur IViupi rem", il prit I'- iiimi dr Y. éij ni ■

de Venise le sacra. L'aniipape dépusa Jean XXII, lit sept cardinaux, et donna la couronne impériale à Louis de Bavière. Le schisme était consommé. Si le séjour des Papes à Avignon devait produire un schisme, comme on l'a prétendu, l'occasion était lavoralilc. Iiepuis vingt ans oi plus Honte était privée de ses pontifes, un raiilome de Pape lui était donné. Xicolas V siégeait en Italie. Il avait sur Jean XXII l'avantage d'habiter Homo et le palais do Saint- Pierre. L'empereur qui le soul'mait pouvail l'imposer par force ou reste de l'Italie ainsi qu'à Imite l'Allemagne. Pourtant le schisme dura peu. Trois mois après avoir été intronisé, Pierre de Corbière sortit île Hume. Le peuple ameuté l'appelait hérétique, excommunié, et faisait entendre conli'' lui des paroles do mort. Il va chercher un refuge à lise, d'où le peuple le eliasse encore. Enfin, un an s'est ù pein"

écoulé qu'il tombe au pouvoir du l'apc légitime, elle schisme est éteint.

Le peuple romain était hostile aux l'apes d'Avignon, je veux l'avouer; mais ses mauvaises dispositions n'allaient pas jusqu'au schisme, et, comme le faisait remarquer l'homme qui a le mieux connu celte époque, les Romains révéraient toujours dans le Pape le chef de l'Église et ne voulaient pas rompre avec lui '. J'en vois la preuve dans l'acte héroïque de Jacques Culoima. Taudis que l'empereur faisait briller en effigie sur la plaœ Saint-Pierre le Pape Jean XXII, le jeune Colontia parut sur la place Saint-Marcel, suivi de quatre hommes à cheval et masqués comme lui. Il lut à haute voix, en présence d'une foule nombreuse, la bulle d'excommunication que Jean XXII venait de lancer contre l'empereur et son antipape. Celle lecture achevée, il partit comme un trait pour Terracine. Le peuple ne s'opposa pas à sa fuite, parce qu'il révérait Jean XXII et applaudissait au courage du jeune Colonna.

Une occasion de schisme plus favorable encore se présente sous le règne de Jean XXII. Ce grand Pape s'était égaré à la fin de sa vie, et, donnant au monde un nouvel exemple de la faiblesse humaine, il avait émis des opinions condamnables sur la vision béatifique. La nouvelle en est portée aussitôt à Paris, en Espagne, en Allemagne. Les Fraticelles appellent Jean XXII hérétique et soufflent partout l'esprit de révolte. Louis de Bavière croit que le moment est venu de reprendre tout le terrain qu'il a perdu. Les universités, les ordres religieux, repoussent les opinions de Jean XXII. Le cardinal des Ursius, ennemi personnel du Pape, croit pouvoir se venger de lui et le renverser. Il s'unit au moine apostat Michel de Césène et à Louis de Bavière. D'Avignon il presse Louis de Bavière et l'évoque de Trêves de si? déclarer contre Jean XXli. Il pro-

î. De Soie, liv. Ul.

vuquc lu réunion d'un eu utile œcuménique pour déposer Ift Pape, Si ce complot sacrilège mit réussi, lo schisme se fin accompli. Mais bientôt !a pars se rél;thlit, la rétractntioD dp Jean XXil Mima tniis les esprits, et l'on vit que Ip séjour des Papes .:i Avignon u'éi.iii pus dans l'LCgliso une semence de troubles et de divisions'.

Le Pape n'est pas seulement le chef de l'Église univer- «■■ile ; tuas ses devoirs ne sont pas remplis quand il gouverne l'Église avec sagesse, qu'il veille à sa liberté, qu'il prévient les divisions et les querelles:)! estévêqilû do Home, pi ce nom exprime la douceur, la bienveillance, l'amour d'un pasteur pour son troupeau, d'un père pour ses enfants. U Papedoit, en sa qualité d'évéquu, travailler an bonheur de son peuple, il ne se montrera pas vraiment père et évëque s'il fait le malheur de ses enfants spirituels et s'il lais.se la ville de l.uine désolée en s'éloignant.

Or, tous les historiens attribuent aux Papes d'Avignon les malheurs de Home a cette époque. La perte des monuments anciens, la désolation de la cité, la corruption des

pas d'autre cause, à leur avis, que la longue absence des

maux produits pu' l'éloignomcnt des pontifes: ils ne veulent pas voir les muses vérilaliles des malheurs de Rome.

le sais que Home doit sa vie a la présence du Pape. L'expérience des siècles nous apprend qu'elle est riche et florissante quand elle possède le Pape. Elle décroît et languit lorsqu'il s'éloigne. Ni la guerre, ni le commerce, ni l'industrie, ni la culture des terres ne donnent la vie à Rome. Sa gloire et sa richesse sont dans le pontife qui lut amène l'or et les voyageurs île tout l'univers. Sans le. Pape. Rome sera, comme Sienne, Pise et Venise, une ville solitaire et déserte. t,'est à pciitu si les tuuplos, li's palais et les

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